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.Ni' ;i .Slen.iv ^^ Mi-iise; i-n 1/96

A Pans cl.cz A Bohlpl nnai (i« Aiirfiiilms 5o

LES

CANCANS POLITIQUES.

^^remicre J^tpratson,

AVAIST PROPOS.

Un bon enfant à qui les glorieuses Journées n'ont valu que des loisirs , vent sacrifier à sa patrie la seule chose qui lui reste , son temps. S'il avait de l'argent comme un sauveur du juste- milieu , il soulagerait de sa bourse la misère de ses concitoyens ; mais il n'a que bon pied, bon œil, surtout, malheureusement pour lui , bennes dents , et pas mauvaise langue. Il voit , il en- tend , il sait beaucoup ; ses amis prétendent qu'il ne dit pas mal. bien! pourvu que Dieu et M. Persil lui donnent vie, il tâ- chera d'iniftruire , ou du moins d'amuser ses nombreux con- frères les flâneurs de Paris et des departemens.

L'Italien Mazarini , pre'de'cesseur du corse Sëbastiani, juste- milieu de son temps , modèle de tous les ministres qui aiment à nager entre deux eaux pour sop.tirer de l'argent de tout côte' , s'e'criait lorsqu'on le chansonnait : Cantano! pagaranno. Il disait vrai ; on était plus re'signe' à payer quand on avait chante'. Or, comme la ve'rite' est de tous les temps, qu'on ne m'em- pêche pas de gloicr, je prendrai patience et bien d'autres au.' si.

Ils veulent, dit -on, notre dernier enfant et notre dernier e'cu ! He bien ! si le peuple boude, d refusera. Qu'ils me lais- sent faire, je mettrai tout le monde en gaîtë On ne refuse

rien quand on est de bonne humeur. Lisez vite mes premiers Cancans, messieurs et mesdames; dès rue j'en aurai recueilli encore assez pour reni-^'r mes huit [ s, on vous les don- nera pour votre sou , ous êtes conte *e ceux-ci , dans tou- tes les rues, et chez MM A»tier , rueSaini Louis, et Martin,, rue des Samts-Pères, n 7.

UN FLANEUR

comme il/ en a tant aujourd'hui.

L'Employé. Eh ! bonjour , m,onsieur Mayeux.

Mayeux. Appelle-moi citoyen , et souflVe que je te tutoie ; nous autres rcpublicains , nous n'aimons pas ces formes aristo- cratiques ou bourgeoises. Egalité, t de D... ! voilà notre

devise.

L'Employé. Et depuis quand ne serait-ce plus la nôtre, citoyen Mayeux? lious n'avons tous qu'à y gagner. 11 y a uri

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,"n que le gouvernement ne travaille iun(|iicmcnt qae pour cela ; aussi marche- 1- il franchcmenl 'Vaprès Je principe de la révo- lution.

!VIayei;x. Il est drôle avec son piiucipe 1 Quoi ! lu oses me parler de ton annc'e de mensonges et de malheur du ton dont je parlerais , moi , de la grande semaine ! Tu me prends sans doute pour un 22 1. Est-ce donc, faiseur de protocoles, parce que nous sommes Ions cgalement dans la dc'bine, que nous sommes égaux. ''Et qu.ind tu viens nous ctaler toute ta sale besogne et nous vanter le bonheur que tu nous .-)s procure, crois-tu donc que, Jean -Jeans éternels, nous allons gober ça ? Va , tiens, n'abuse pas de notre patience; nous voyons clair aujourd'hui; et, je t'en avertis, s'il vous prenait fantaisie de continuer votre

come'die de quinze ans, nous la sifflerions, ou, t de D...,

vous ferions baisser le rideau à coups de pavés. Ah! si j'avais pu monter sur une borne comme un journaliste, je te promets que j'aurais fait une belle harangue le 3o jliillet : le diable me redresse si je ne me méfiais pas déjà de tous ces farceurs -là. Brave Lafayette! pauvre grand homme! quelle prussienne ils uous lui ont tournée ! Et dire qu'il n'a qu'un bout de ruban

ble«i pour toute consolation! T de D..., ah! j'enrage; en-

cpre si l'âge ne l'avait pas rendu un peu Jobard; s'il avait encore son ardeur et son cheval de 92 , comme il vous ther- midorisei-ait toute cette clique! Tiens, demande plutôt à La Grenade; il en a vu , lui , des couleurs depuis 92 ; il a servi le petit chapeau , et il s'y connaît. Dis donc, La Grenade , n'est-il pas vrai qu'après l'autre qui est niort là-bas, le plus grand, c'est notre ancien?

La Gr'Eitade. Comme tu dis, mon fils : deux grands hom- mes , deux victimes de juillet! Mais, ne parle pas du Caporal; tu sais , je pleure comme un enfant quand je l'entends seule- ment nommer : c'est celui-là qu'était un républicain fini!

Mayedx. Ohl quand je dis, républicain ; en 98 , et

voilà tout; mais depuis il a furieusement tourné le dos

La Grenade. Comment, tourné le dos? Napoléon tour- ner le dos ?

Ma YEUX. Oui , il a tourné le dos à la re'publique.

La Grekabe. En es-tu sàr? car ça me paraît fort de sa part.

Mayeux. Oui ; mais comme bien d'autres aussi , pour ar- river là , il s'était fait républicain , ainsi que le prouve certaine letlre de Toulon dont j'ai bonne mémoire.

La Grehade. Quelle let'ic? Vovons cette lettre.

Mayeux. Ecoute.

« Citoyens représenlans, c'est du champ de la gloire, mar- « chant dans le sang des traîtres , que je vous annonce avec « joie que vos ordres sont exécutés: ni l'âge ni Je sexe n'ont été « épargnés ; ceux qui n'avaient été que blessés par le canon ré- « publicain ont été dépecés par le glaive de la liberté et par la

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u baionnelte ile IVgalite. SaJul et acimir;ifioii. Sig/ic Jiavrvs u Bonaparte, aifcj'&n snns-ciilotte. » Frimaire an II.

Qu'en dis-tu ?

La Ghejvade. Cest court', mais c'est fernoe.

L'Employé. C'est dégouttant de sang; ça me fait mel au cœur.

Mayeux. T.... de D..., ce qui me fait niai au cœur à moi, c'est ton iuste-milieu ; c'est ericore ton gouvernement à bon mar- che' de 1600 millions que tu nous plantes sur le dos. C'e'\ail bien la peine d'aboyer quinze ans cotjtre les 900 millions de la i^h- tauration ! Nous voilà joliment sa uve's!

L'Employé. Vous ne serez content, citoyen Mayeux, que lorsque vous verrez dresser les p'chafauds.

Mayeux. Donne-nous toujours notre programme, et ne t'M)quiète pas du reste.

LE VOEU D'UN FOU,

vSi le budget est deux fois plus fort qu'il n'était , tant mieuX'; Si les londs sont baisses de moitié, tant mieux ; Si les banqueroutes ^e multi^)lieut , tù'ut inieux ; Si les ouvriers manquent d'ouvrage et de pain, tant mieux ; Si nous avons une guerre générale , tant mieux; Si nous n'avons pas la guerre, mais la boute} tant mieux; Si nou> avons des troubles et des émeutes, tant mieux ; Si quatre-vingt mille Français iont obligés de garder comme ui» pays ennemi la moitié de la France, tant mieux, Pourvu que le ju^te-milieu nous reste.

Le jiisle-milieu est un animal (jiii a cent bouches poj.U' meu- tn- et pour manger. La belle, la bonne chose que le j'usle-ini- lieu !

Eœtrait au Discours du générai Lamarque.

« Après avoir sacrifié l'Italie et l'Autriche, vous sacrifiez la Belgique à rAngleterre ; et ici ne venez pas nous dire que c'est une guerre de principes : jamais opinion ne fut plus unanime. J'en oppelle à lou-> mes collègues , il n'esi pas une ville, un vil- lage, un hameau l'on n'a il vu avec indignation un prince anglais assis sur le trône do la Belgique.

« Le sang iraiiçais, a dit !e iniuistèie , ne doit cœder que pour la France ; et vous allez le répandre pour un prince e'iran- ger. (Sensation.)

« Cette politique ignoble <|ui sacrifie les Polonais nOMS fei'a assister avec quinze cent mille hommes, l'arme au bras, aux iunéiailles du p,euple le plus héroïque qui ait jamais c>oinbattu pbur son indépcMidauce.

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M. le gdneral Lainarque ne .'ait donc pas la nouvelle offi- cielle; il n'a donc pas vn les illiiminalions. Tl n'a pas vu sans doute, le jour de la fêle, comment le paillasse des Funambules et celui de M""^ Saqiii travaillaient les côtes à ces pauvres be- nêts qu'on avait habilles en Russes et en Pnissieus par ordre de M. Vivien. Si ce n'est pas secourir les Polonais, je ne m'y connais pas !

Des dcpre'dations sans exemple , des vols multipliés se com- mettent dans la ville de Sarlat et dans les environs. Quels en sont les auteurs? Si nous en croyons l'avis que le maire a fait publier à son de caisse, les liabitans n'ont qu'une voix poiu- accuser les reTugies espagnols. Et c'est à ces hommes que le juste-milieu , par ordonnance du ip juillet , vient d'accorder un cre'dit extraordinaire de 200,000 fr.! Que donnera-t-on à nos ouvriers français qîii ne volent pas et qui sont sans ouvrage?

« La royauté légitime est cette royauté indépendante qui a protégé nos pères, et de laquelle seule la France a reçu tout ce qu'elle a jamais eu de liberté et de bonheur.»

Devinez qui a dit cela. Belle question! c'est un carliste. Non , miinsieur, c'est un 221 (i). Pauvre peuple ! et tu crois ce que ces hommes-là te disent aujourd'hui !....

« Eh qdoi! le barbare a osé insulter le consul de la France, et lui donner un coup d'évenlaii. Vite, me» braves, aux ar- mes!.... » Et les braves s'élèvent, et trente vaisseaux déploient leurs ailes, fendent les flots, et déposent sur la plage africaine

trente mille de nos guerriers C'était par un soleil brûlant ;

point d'eau , point d'abri.... ; un désert immense! !! «J'ai soif, » disent les soldats; et le général, qui comprend, les mène au combat.

Bientôt un bruit aftreuï se fait entendre, un cri de gloire lui succède , et annonce au monde entier que le drapeau vainqueur flotte sur les murs d'Alger ; car l'Angleterre n'était pas la! On a beau dire, il y a de la gloire dans tout cela. Mais , attendez ; ne voyez-vous pas la-bas ce bonhomme à qui l'on admmistre le fouet poru' .ses méfaits!' Heim! ne pourrait-on pas!.... Oui, morbleu!.... c'est un citoyen! Il appartient bien à ce monstre de laire fesser nos citovens! Holài une flotte, des soldats! Non, r^on, point de soldats ; un diplomate, cela vatit mieux.... Et les vaisseaux déploient leurs ailes; mais le diplomate, qui n'aime pas le sang, arrange l'affaire avec le monstre , et le drapeau flotte iuv les murs de Lisbonne. Je me trompe , il ne flotte que sous

(ORoycr-CoUard.

lies murs de Lisbonne; car l'Angleterre, notre alliée, est là. Elle nous aime bien , l'Angleterre !

Maître Persil , procureur en la cour, Frappe' d'un coup qui lui bouche la vue, Au me'decin demandait l'autre jour Si l'on pouvait y mettre une sangsue. Le remède , dit-il , peut arrêter le mal ; Mais , entre nous , je doute qu'il opère ,

Car je crains bien tjue l'animal Ne prenne pas sur la peau d'un confrère.

Il y a eu un an le 8 fructidor, à deux heures trente-cinq mi-, imtes du soir, que nous sommes redevenus Gaulois.

Ce n'est pas pnr la grâce de Dieu , vous le savez , qu'on peut redevenir tout à coup Gaulois ; ce n'est pas non plus par le concours des grandes et hautes puissances, ni de leurs diplo- mates , qui ne savent pas même comment on s'y prend. C'est uniquement par la vertu énergique et irrésistible des paves , aux- quels on joint du sang de peuple.

Donc , à deux heures trente-cinq minutes du soir, tandis que les paves reprenaient docilement leur place, que le sang du peuple séchait au soleil sans réclamer de salaire , et que le sau- veur Dupin savourait avec délices les félicitations du juste-mi- lieu naissant, qui ne tarissait pas sur sa bravoure, et s'étonnait surtout du coursge avec lequel il était sorti de sa cave sans chandelle et sans blessure ; en ce moment, dis-jè, on vit paraî- tre au milieu de l'assemblée un descendant en droite ligne du célèbre Kokobai'dus, qui s écria d'une voix ferme et sonore: « Je suis républicain ! je l'ai tou jouis été, et je jure mes grands flieux , citoyens , que vous êtes dignes de vos aïeux les Vénètes. » A ce mot de Vénètes, il sëieva un grand murmure dans l'assemblée , et chacun se demandait d'un air inquiet : « Quels Vénètes? quels Vénètes? » Le descendant , qui s'aperçut du mauvais effet que son discours venait de produire, reprit d'une voix toujours forte et sonore : « Oui , vous êtes dignes de ce vaillant peuple des Gaules dont vous êtes les hoirs, les légitimes successeurs; c'est pourquoi vous allez tieveni" grands, libres , îieureux ; et votre pays , renouvelé des Gaules, deviendra flo- lissant au dedans, ie.>>peclé .m dehors, par la paix de l'Europe (jui hera de plus en plus allermie. Je vais prendre des mesures en onuséqueiice.

(1 Quant avons , peuple illustre, vous n'avez rien à faire dans tout cela : retirez-vous sans bruit, sans confusion , sans émeu- tes; (picceux d'entre vous qui n'ont ni pain ni ouvrage se re- posent et illuminent , jjarce que rillumination égaie l'espi'it, et qu'il est sûr et certain que les yeux tjui se j)Orlent en l'air pour

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voir l'cfFet des lampions, b'élcMrerit naturellement au-dessus des petilts mkères d'ici bas. »

Ainsi parla le descendant de Rokobardus, et le peuple cria : Bravo! et de son dernier sou courut acheter des lampions et fusées chez l'e'picier.

M. Mar&hal , l'horloger de la rue Saint-Denis , a e'ie' mis en liberté'. Voici pourcjuoi :

Attendu que M. Mare'chal n'est pas eau.-* des trois jours d'e'- meutes tpii ont tant afflige le cœur dej ministres;

Attendu qu'un horloger, par son état, est toujours un homme du mouvement ;

Atlendu, enfui, que, uialgre' les recherchés les plus scrupu- leuses, M. Persil n'a pu trouver chez lui (!e ressorts cache's, la Cour l'a déclare' non coupable.

Que fait-on dans la Chambre? En voici un e'chantillon.

« Affreuses saturnales ! excès épouvantables ! misérables actes

de destruction ! Je veux parler du renver^^emeiit des croix

Et ne croyez pas, pour cela, que j'aime les croix; non, j'aime nutant Brama et Boudha.

oJe trouvai l'Arcîievêclx; garde par un poste de brigand-s et d'incendiaires ; je vis des ouvriers occupe's à tras'aille.r sur le comble de la cathédrale , d'où il pleuvait alors sans relâche des pans de mur> des volets , des meubles , 'XQ'i chemine'es , d'im- menses portions du toit.

« Je vis aussi des gnrdes nationaux qui, étant en trop petit nombre pour rétablir l'ordre, piUaienl la bibliothèque, et je- taient tout par les fenêtres.

« La croix de 1 Archevêché tomba au milieu des rugissemens de joie el d'une expioj>ion d'applaudissemeui. C'e'.t pourquoi je dois rendre à la fotile innombrable du peuple qui nous pressait , la justice de dire qu'elle iie dciiaundait e£i aucune nianièrc te. renversement.

a Qui donc le demandait?...

« Je déclare que la cioix de la cathédrale de Paris a e'té abaltue par ordre de l'autorité.

a Qu'entendez-vous par l'autorité'?

« J'entends les hommes qui vivent sur le budget, et qai , par cette raison, .sont obliges de veiller au maintien des lois, à la sûreté des citoyens , à la conservation des propriétés.

« Répondez, messieurs de l'aulorité. Vous, monsieur le jM'éfel , par exemple , pour votre part du budget , vous êtes chargé de la conservation de^ monuu;ens?

Le préfet. «Mesi)ieurs, il e»t très-fâelieux de réveiller le chat qui dort; mais, puisqu'eulin il faut vous répondre, je dirai (jue je n'ai [)as donné d'ordre.

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« Et vous , monsieur le procureur du roi, vous êtes aussi un ami du budget : parlez.

Le pbocureur. « Je vais donner des fxplications On ne

m'a dénonce' personne, ce jour-là. (Marques gene'rales d'c'ton- nement. )

« Dans ce cas, monsieur le ministre, c'est à vous de nous instruire.

Le ministre. « Je ne suis pas plus savant que l'année der- nière.

M Vous verrez que nous ne saurons rien !

Le proctjeetjr. «Pardonnez-moi, messieurs; je me rappelle avoir donne' audience à un dénonciateur pie'montais, qui, in- terroge' sur les circonstances , a re'pondu positivement ces mots : Je ne saurais dire.

« Oh! à la bonne heure ! tout est c'clairci. »

Le roi de Hollande , qui avait entendu parler des seringues du juste-milieu , a cru faire plaisir à notre gouvernement en lâchanf ses e'cluses.

Toutefois , il a poussé la galanterie jusqu'à faire demander au ge'ne'ral Ge'rard si son armce savait nager.

Le 3o juillet i83o, un homme a e'tc battu pour n'avoir pas mis à son chapeau la cocarde aux brillantes couleurs de Jem- mape.<; ; le ï4 j'iiHet i83i , on l'a rebattu et mis en prison , parce qu'il en avait une : il demande celle qu'il doit porter.

M. Vivien ne craint rien tant que de voir planter des arbres de la liberté sur les places publiques. On ne conçoit pas cela de la part d'un homme qui aime tant à mettre les gens à l'ombre.

Si, au lieu de peupliers, nos rc'piiblicains avaieat voulu planter des arbres à fruits, notre gouvernement ne s'y serait pas oppose, lui, comme on sait, qui ne se bat pas pour des prunes.

Le stokficbe est un pois on qu'il faut battre long-temps avec un maillet pour qu'il devienne bon à manger. Pau-vre peuple !

Nous avions cru qu'après la come'die de quinze ans , nos acteurs se seraient reposés : pas du tout ; les voilà en train de jouer la petite pièce.

M. Ptrsi! s'est donne un violent coupa l'oeil droit, en de'cliar- geantsou pistolet en l'air; c'est impardonn.ible pour \\n homaae qui est liabilue à tirer comme cela. Que Dieu lui conserve son coup d'oeil droit !

Un Juif a fait, hier, un signe de croix en apprenant que le cholera-morbus approchait.

Nos liorames d'Etat ne voient pas d'autre moyen, pour nous tirer du mauvais pas nous sommes, que d'éclairer le pays : cela se fera sans doule an gaz. ,

Un journal a dit que notre gouvernement était trop vertueux pour garder la Belgique. Il fera donc de nécessité vertu.

Aia : Enfoncé, enfoncé.

Les cancans , les caucans Amuse'it les bonnes gens.

Les cancans, les cancans Sont faits pour passer le temps.

C'est quasi la re'publique , A* dit le grand citoyen. Prenez, prenez sans réplique, Français .' ça ne coûte rien. Les cancans, etc.

Vers un temps doux et propice Nous avançons à grands pas , Mais c'est à pas d'c'crevisse ; Pe'rier, ne confondons pas. Les cancans , etc.

Ce fier banquier, ce grand homme Plein d'audace et de crédit , En six mois , regardez comme Il est devenu petit. Les canons , etc.

« Que fei u Votre Excellence Pour nos braves des trois jours ? Ils sont tous dans l'indigence

Je vais leur faire un... discours. Les cancans , etc.

« Vous e'tiez dans l'esclavage , Sans liberté, sans espoir.

J'étais gai, j'avais d'I'ouvrage.

On ne peut pas tout avoir. » Les cancans , les caucans

Amusent les bonnes gens. Les cancans , les cancans Sont faits pour pas-er le temps.

PARIS, IJIPRIMEUIB DE DECODRCHANT , ROE d'eRFOHTH, 1.

POPULAIRES.

Celle semaine a élé gronde en évènempns ; cependant, je ne l'appellerai pas l.i grande semaine, je craindrais en la nom- manl ainsi, de profaner un lilre ([ui n'app^irtiedl qu'à celle qui a vu naîtrt; tant de héro , et q(ii « fait un si grand nombre de dupes: dans celle-ci, d'ailleurs, le sang n'a pas coulé; tan- dis que daiisi'aulre, Dieu sait î... les bras, les jambes,... comme çà allait!

J'appidlî-M-ai donc ma semaine la bonne semaine pour les can- cans, elle mérile bien ce nom, comme vous l'allez Toir.

Deux grauds généraux se sont rendus au bois de Boulogne pour vider une querelle d'honneur, toute la ville le savait et toute la ville tremblait : en arrivant sur le champ du carniige

ils ont mis habits bas , ensuite ils ont pris leurs pistolets

Les témoin.s commençoienl à pâlir!..,... ils se sont âjuslés. Les témoins se sont trouvés mal... ils ont marché l'un sur l'au- tre. — Les lémoins sont tombés ! Quatid ils se sont trouvés assez prés j>our s'embrasser, les lémoins n'y éiaietit plus!

Ils étaient allés chez le traiteur, comujaiider un déjeûner pour quatre.

Calcul fait, la somme de notre bugdet, convertie en sols qu'on placerait à côlé les uns des autres, ferait trente-trois fois le tour de la terre. C'est un budget universel-

On a placé dans la Vendée des sentinelles sur tous les clo- chers. Cela annonce des vues élevées!

Le juste-milieu y'flrfw et aujourd'hui.

Jadis.- Deux et deux font quatre.

Aujoard'huL Dis donc six, vieille ganache de stalion- naire, dis ou je te brise la mâchoire à coups de pavés !

Le juste-milieu. Ah! messieurs point de charivari, faites pbilôl des concessions, arrangeons-nous à l'amiable, prenons un lerme moyen, enfin élablis^ons une loi d'équilibre par la- quelle deux et <lcnx feront cinq, et vivons en paix ou fai- sons semblant.

Aujourd'hui. Point de paix si ca ne fait pas six !

Jadis. Pointde paix, soit; mais ça nepeul faire que quatre.

Le juste-milieu. Allons, que chacun y mette du sien, il nous faut la paix à tous prix ! !

( M

Jihlis. La ya'ix à tous prix ! Fi donc!... Quel pkt nutl

Le juste-milieu. J'y trouve pourtant bien mon compte.

Aujourd'hui. Vous mériteriez bien que je vous donna.ssc à chacun le vôtre.

Le juste-milieu. Bath! je mis fort, je suis à cheval sur I;» Chartp, et je l'a fais marcher comme je veux.

Jadis. Pour un point Martin perdit son âne.

Aujourd'hui. Allons, allons, canailles, je vais faire une émeute.

Le juste-milieu.- J'y enverrai des mouchards !

Jadis. J'en appellerai au temps et à l'opinion publique.

Lr juste-milieu. Il y a quinze ans que je la travaille.

Aujourd'hui. Les fonds baisseront demain.

Le juste-milieu. Je prendrai sur le provisoire pour les faire hjiU.'ifer.

Jrt^//5.— Le peuple ouvrira les yeux et sifflera les comédiens.

Le juste-milieu. Je l'aveuglerai par des illuminations et dos feux d'artiOce.

Aujourd'hui. Je mettrai lout»ù feu et à sang.

Le juste-milieu. Je vous ferai seringuer par Lobau , em- poigner par Vivien et pourrir dans les cachots.

Aujourd'hui. Ya tu n'es qu'un piston, un quasi restauré, un niolis, un A-peu près, un ventru un doclrinairc, u*n cuistre!

Le juste-milieu. Et toi un républicain, un buveur de sanp;, un sans-culotte.

Jadis. Vous êtes fous tous les deux; adieu, je me retire. (Il sort).

Le juste milieu. Je suis sûr qu'il va conspirer dans Tombre, il a un parapluie.

Aujou^-d'hui. Oui , fais le suivre , je le le conseille ! Au re- voir bon apôtre, (Il sort).

Le juste-milieu. Je te ferai suivre aussi, toi, avec ton cha- peau gris et ta cocarde. (Il se jette dans un fauteuil). Ouf! alil les maudit* garnements! Qu'on a de peine à manger le budget avec eux ! !!....

DIALOGUE

Entre un Préfet et son Secrétaire-général. (Extrait d'une esquisse dramafiqrie).

Le Secrétaire. Pardon , monsieur le baron , mai' tout à l'heure vous avez parlé du juste-milieu; vous en parlez sou- vent, et je vous l'avoue, je n'ai pas encore pu concevoir ce

nouveau système que d'ailleurs je professe avec le plu*

entier dévoûment comme tous ceux qui l'ont précédé.

Le Préfet. C'est possible , je ne l'ai conçu moi-même que depuis ma nomination ; or, voilà ce que c'est.

Le Secr. Oh ! bien ! très-bien ! je comprends.

( ^ )

Le PRtF. Eh non! .'jlleii.iez donc! ce n'est pas encore l'explication ; la voici : le juste-milieu consiste à frapper indis- tinclement a droite et à giuclie.

Le Secr. Bien ! bien !

Le Préf. Il consiste secondement à ne jamais dire ni oui ni non , mais à se retrancher soigneusement dans les peut- être, les je ne di:< pas , les nous verrons, les c'est possible.

Le Secr. Bien ! bien ! c'est très spirituel.

Le I'réf. Enfin à se tenir également loin de loules les opinions, pour s'épargner la peine d'en soutenir aucune.

Le Secr. Bien, bien, très-bien !... Mais quand j'y pense , et moi aussi voilà 45 ans que je l'aiâ du jusle-milieu sans m'en apercevoir.

Le Préf. C'est possible.

Le Secr. Ah ! c'en est cela

Le Pbéf. Comment ?

Le Secr. Vous avez dit c'est possible....

Le Préf. Peut-être... 1! est bien possible que j'aie dit c'est possible. Ainsi donc, pour joindre l'exemple au précepte, je suppose que nous soyons dans la rue; par quel endroit pa'j- seriez-vous ?

Le Secr. Eh! eh! voilà qui devient emliarrassant

Ma foi je suivrais les trottoirs.... L'un ou l'autre.... C'est le chemin le plus j)ro!ire.

Le Préf. Mais vous auriez torl, l'on ne peut suivre un trottoir sans être au côté droit ou au côté gauche, en sentez- vous la conséquence? homme modéré, un doctrinaire îie doit marcher que dans le ruisseau.

Le Secr. Au fait, c'est le juste-milieu.

Le Préf. Eh bien ! c'est dans le ruisseau de l'opinion publique qu'un ministère sage doit marcher. Car enfin, qu'est-ce que le pouvoir? Le pouvoir est une corde, suivez bien ma comparaison.

Le Secr. Paifaitement.

Le Préf. Une corde plus ou moins forte mais toujouis glissante, sur laquelle, nous autres fonctionnaire» publics, nous sommes appelés à voltiger et à nous tenir on équilibre au milieu de tous les partis.. ..

Le Secr. Bien , bien, bien ! Mais permettez, monsieur le baron, si la corde vient à casser?

Le Préf. Diable!.... C'est possible Oh! bien, dame,

alors

Le Secr. Oui! Alors, oh! bien dame.

Le Pre'f. La culbute l'on a toujours la ressource du

ruisseau.

Le Secr. Le saut périlleux...

Lk Préf. El voilà ce que c'est que le juste- milieu. Le Secr. Ma foi c'est fort ingénieux.

i 4 ;

Les trois Bédouins s'exercent au clissoir avec un aèle tout patriotique. M. le comte Lobau est très-satisfait de leur service.

Lors de réiection du loi Ladi.-las , en Pologne, un seul homme balança la volonté générale de la diète et arrêta la proclamation pendant plus d'une heure, par ce seul mot, je ne veux pas de lui. Au bout de ce temps il lui donna sa voix en s'ccriaiit : je suis content , je vois que nous sommes encore libres !

La dift'érence entre nous c'est que la voix d'un seul homme (Lafayette) a suffi pour fixer le choix de Sa millions d'autres.

PLVS D'EMEUTES DANS LES RUES.

L'émeute quitte les rues, les carrefours, les places publi- ques, elle a honte de son origine, elle rougit de sa naissance , et taillant tout à coup du grand, dépouillant ses haillons, re- niant ses amis, la voilà en habit d'étiquette qui s'élance sur un théâtre nouveau.

Ne ft;rm«;z plus vos boutiques nobles industriels! bazars, magasins, échoppes, paix éternelle à vos produits, circula- tion libre à vos pratiques.

Jeunes beautés que l'émeute condamnaft à une retraite si funeste ù vos charmes et à vos plaisirs , reprtnez votre essor, revenez peupler, embellir nos boulevards.

Jeunes gens aux pieds légers, à la mise élégante, amants passionnés de la paix; vous dont l'existence tient essentielle- ment à une sensation délicate et de bon goût, réjouissez-vous, plus d'émeutes.

Vieillards, rentiers, célibataires, enfans , promenez-vous eu paix, phis d'émeutes.

ïendjes épouses , plus de nuits inquiètes et solitaires ; plus d'émeutes, parlant plus de craintes.

Mais vous qui porltz avtc orgueil le nom d'un mari député, femmes sensil)les! si vous pouvez l'êlie cncoie au milieu des embarrasde votre nouvelle dignité, je vous plains! L'énieutoa franchi le seuil du sarcluaire , «Ile a pém tié jusqu'au sein de la ch^îi»^^^;^(*^i^itive, et elle dépluie déjà toutes ses fu- reuis^iiri)6^(^tez pas qu'elle f/t dépouillé dans l'enceinte

( s )

des élus quelque chose de cette rudesse populaire qui l'ac- compagnait dans la rue Saint-Denis? Non , la cruelle n'a rien retranché de ses forn^ie? acerbes , elle n'a rien fait pour la bonne compagnie de nos honorables!

Voilà, voilj oe que nous ont valu vo? pompes, hommes du jusle-milieu ! ('ette enieute qui lésait tête à Id grande ormee de Cordre public, qui bravait aui'acleusement vos grndniinîs à pied et à cheval, n'a pu tenir contre les rij^ueurs hydrauii-jues du clissoir ministériel. Elle a cherché un abri_, elle s'est luise à couvert et j'en eusse fait tout autant.

Vienne maintenant !M. Persil , viennent même M. Vivien avec ses archers et sa nuée d'estafiers! I/émeute se rit de leur colère, placée i un degré d'élévation tous I. urs efforts ne sauraient atteindre. C'est du haut de la tribune qu'elle menace aujourd'hui ceux qui la menaçaient, qu'elle condamne ceux qni la condamnaient, qu'elle br.ive enfin, sûre de l'impunité, les trois formidables sommations.

Bourade parlementaire dont on a régalé notre pauvre banquier ministre dans rêi/ieutc de la chambre.

II veut discuter malgré le règlement! Il nous traite comme des nègres! Quelle yiolence! Quelle dureté ! Quel orgueil ! A l'ordre, à l'ordre, à l'ordre, à l'ordre! C'est un pacha! Est-ce ainsi qu'on parle aux repré-^entants de la France? C'est déloyal! c'est inlâme! C'est un grand- yisir! 11 veut faire le maître!

L'affaire é.ait chau de ; et. ma foi , sans un Thiers , je ne sais ce que ce!- serait devenu.

Le drapeau tricolore semble n'être revenu que pour faire amende honorable cux pieds des nations, pour expier par des affronts ses vingt années dt; gloire acquise . au piix de tant de sang français. ..et pourtant, que de souvenirs il réveilla t;)Ut- à-conp dans les cœurs de ces vieux grenadiers de \/agram et d'Austerlitz ! avec quelle joie ils le revirent flotter sur la co- lonne immortelle!! ! Celte joie fut courte.... L'u:^ d'eux, en le voyant suriuooté d'un coq, s'écria : « Ce n'est pas le

nôtre! Au nôtre, il y avait un aigle, un aigle au vol

rapide ! » Vous avez raison mon brave, le coq , animal casa- nier, à aîles courtes et pesantes, aime à reslersur soti fumier, et là, il gratte, il éparpille, .... Il attend oour prendre sa part que les autres aient mangé; si par hasard on l'épouvante, il essaie de prendre son essor, mais» e n'est que pour aller bientôt s'abattre dans le t'o/.î/nrtjij^ê. C'est cela , monsieur, me dit le gr-nadier, eu me serrant la main; et son œil d abord en- flammé s'humecta Ils n'iront pas au Kremlin avec

cet oiseau-là ! non , mon brave , non.

( 6)

Les voilà donc ces braves, ces héroïques Belges! les voilà ces palriolcs buveurs de biene qui chuiilaienl si haut en avant ?narr/ions ,.... les voilà fuyant à toutes jambes à l'approclie des HoHandais qu'ils appelaient des lâches.. O blouses ci- toyennes ! 6 moustaches nationales! quel affront vous avez reçu !

A qui donc se fier maintenant pour le salut de la pallie , ti les blouses et les nion.^taclies disparaissent une heure avant !a première airioroe? r.«l-ce aux juifs qui les achètent, aux jiarbiers qui les rasent? Qu'importe, disent-ils, que la pairie

s'arrange , qu'elle se sauve elle-mâne 1 sauve qui peut!

e Que ne peut la i'iaycur sur l'esjiiit des mortels ! ! ! »

{AlliidU.)

Ballclin de la sanglante bataille de Louvaln.

Il n'y a eu personne de blessé; si ce n'est un officier de

la garde civique mort do peur dans un fossé sur la roule de Liège L'armée a fait sou devoir, tout le monde s'est bien con- duit. Le roi s'est distingué en pointant une pièce de cancn..,. Cependant la villeesl restée au pouvoir des soldats du despote.

RECETTE DU PLAT DE M. (.)• Air : ^ la façon de Barbai i. Veut on régaler ses amis

D'un joyeux pique nique, J'ai pour composer un salmis

Une recelte unique ; Chez moiG...lain l'a trouvé bon, La fari don ! La fari don don ! Il en a mangé Dieu merci !

Biribi ! A la façon de Biubari, Mon ami!

Je m'étais pom\u de Persil,

De ciboule et d'oseille; J'avais à certain alo^uazil Dit un mol à l'oieille: Je mis le tout dans un chaudron , La fari don ! La fari don don!

(i) Un auii invite son mil à dîner, il a , dil-il un pkt de sa façon à lui servir. Ce plat... était un agent de police qui, entre au dessert et oi- donne au malheureux tonvi\e de le suivre en prison 1 à part l'opinion de cet homme, que penseront ms lecteurs de la trahison de cet ami. ..1 que penseront-ils encore de raulorilê qui piêle la nain à de pareilles infamies ?

( 7 )_

ïl tout chantl, je vous l'ai ^ervi,

Biribi ! A la façon cle Barbari ,

IMon ami !

G...lain dit : C'est du ccq au lard ,

Non ce sont des car.^ltes, Au même instant, entre im mouchard

Qui lui met les menottes. Ah ! c'est du tigre en miroton , La fari don ! La fari don don ! Moi, je jouais l'homme surpris,

Biribi! A la façon de Barbari, Mon ami !

La Faculté de médecine s'oppose à l'évacuation de la Bel- gique.

On dit que Vécuyer du roi des Français est passé le i3 août à Strasbourg. Est-ce qu'un Roi Citoyen a des écuyers?

Un électeur ayant été appelé à faire serment,... répondit : Je ne sais pas y«rcr, mais, ajouta-t-il, j'ai mon fds le grena- dier qui s'en acquitte à merveille; je vais le chercher.

M. le maréchal Soult et M. le baron Dupin ont déposé leurs cierges entre les mains de M. de Sétnonville, qui s'est chargé de les mettre en lieu sûr pour un temps plus favorable.

Une personne disait hier dans un cercle : Si cet hiver nous ne donnons pas de bals pour les ouvriers, nous sommes bien sûrs qu'ils nous feront danser.

Madame de Lafayette a des vapeurs, on le conçoit, son mari ne lui fait que des révolutions !

M. le général Mouton préfère les exploits de Pojnpée,à ceux de César; ça doit êlre!

Quand ce brave général passe auprès de la colonne , l'eau lui vient à la bouche.

Depuis que la guerre est fuiic o:î sait poMiivciaent est l'année belire.

On se ph.int que la Chambre ne marche pas. Qui diable marcherait avec un pareil budget sur le dos.

( B)

AIR DE PONIATO\^SM.

ou Paiivrrs vwutoiis , ah! vous atcz beau faire ^ toujours on vous londra.

Sur l'iivciiir, ali ! bit;n fuii qui se lie, Coiitcntons-nous des liicns de chaque jour; Le temps promet, iruiis, souvent il oublie, El quand il pas«e, il pa.«se sans retour. Combien d heureux, trompés par l'espérance, Ont embrassé celle chimère là; Nous les verrons plongés dans l'indigence^ Long-temps gémir pour ça [Bis.).

Jeune insensé trompé dans $on attente, Couvert du sang qui jaillit de sou cœur Soulève encor sa paupière mourante Pour réclamer le prix de sa valeur. Tiens, le voili!.... Ah! dit il à son frère, S'ils n'ont donné que ce seul ruban-là, Oh! désespoir! ô douleur trop amère! Faut-il mourir pour ça [Bis).

Vn officier connu par sa vaillance, Sans autre bien que son noble métier, S'en vint s'offrir à certaine excellence. Je vous entends, dit le ministre allier! N'étiez- vous pas, pour prouver votre zèle, Près de ce Roi?.,.. Oui , Monsieur, j'étois là... J'ai rester h mon serment fidèle, Faut-il rougir pour ça [Bis.)^

Pauvre ouvrier, le chagrin te dévore, De trois enfants inulile soutien!

Tu veux mourir ! ah ! ne meurs pas encore

De les sauver, je coiuiais un moyen.... Vois celte fête. ... ah î loin de toi ses charmes ! Mais, va crier; ce soir on te paiera , Ah! dit le brave en essuyant ses larmes, Faut-il crier pour fa (Bis.).

BEIIARD, Éditeur, rue de Sèvres, n. 94.

Se vend chez Astier, Libraire, rue Saint-Louis, n. 45, et Martin, rue Richelieu, fi. 63.

Paril. lài^rimeri* de BilhaB*.

ENCORE '^^^

M. NIVEAU SUR SA PORTE.

M. Niveau-. On bat le rappel ! encore une cmeiile , ren- trons.

Maïeux Salut, citoyen Niveau.

M. Niv. se retournant- ~ Bonjour M. Mayeux ; quoi, tou- jours incorrigible, encore une cocarde, un chapeau gris !

Vous serez ariêlc, prenez-y gariie!

May. T. , qu'ils y viennent cette fois ; il ne sera pas

dit qu'un vieux re'publicain de ia Bastille baissera pavillon de- vant ime poignée de boutiquiers du juste-milieu !

]M. Niv.— C'est cependant ce que vous avez de mieux à faire , ils sont en force, il faut cc'der.

May. Plutôt ôlre mis à la lanlerne; T ! O cocarde

de la republique, vieiîie cocarde que Ihonneur d'avoir orne' la tête des plus illustres martyrs de la iibertc' , a lave'e de la bou'e d'avoir été formée d'un lambeau de la livrée de nos despotes (i) ; cocarde que j'ai replacée avec tant d'orgueil sur mon chapeau ! te voi'à donc proscrite ; et par qui , T ; par qui ? Par

des citoyens qui sont sortis tout blêmes de leurs caves le lende- main du danger j our chanter victoire ets,'emparer des places.

M. Niv. Mais pouiqnoi les laissiez-vous faite?

May. lis buvaient du coco, ils « hantaient la Marseillaise , ils donnaient à droite et à gauche des {)oigne'es de main ; cama- rade par ci, camarade par ; qui diable se serait doute de la trahiscn ? C'est c'gal , je vais cliercher une place pour planter un arbre de la liberté à leur nez à leur barbe, et il j ortcra des fruits, T [Il sort.)

M. Niv. Son espiit est aussi contrefait que son dos, on au- rait du mal à le redresser.

(i) La livrée du roi de France était bleue avec galon rouj^eet blanc, celle d'Orléans es-t rouge avec j^alon blanc et bleu. En prenant la nou* velle cocanie, en 1790, on crut prentlre les f ouleurs d'Orléans, on prit celle de tous les Bourbons.

Lorsqu'on proposa à Louis XVIII de prendre ia cocanie tricolore, il dit : « Je ne lerai pas à la nat'on l'injure de lui ôter sa couleur pour lui taire porter ma livrée. »> L'excuse est d'un homme d'esprit La cou- leur liiancho, en effet, était celle de la nation depuis quatre cents ans. Elle fut arborée pour la première fois lorsqu'on chassa les Anglais du royaume. Jamais l'étranger n'a foulé le sol de la patrie pendant qu'elle a guidé nos phalanges. C'était aussi l'aucienno couleur de l'hé- roïque Pf)logne. Quand on sait tout cela, on pardonne à Louis XVHI sa préiiilection.

Mayeux a bonne mémoire.

3

AIR DE PCÏIAIOWSM.

on Pauvres moutova , ah î ous rz beau faire ^ toujours en voutond .

Sur ravenir, ali ! bie fou qui se fie. Contentons-nous cleiien - de chaque jour; Le temps promet, nis, i- nvent il oublie, Et quand il passe, ibassi ms refour. Combien d heureuxtroi: t s par l'espéraoce, Ont embrassé cette limi e là; Nous les verrons piégés iians l'indigence,' Long-temps gjinrpour ça [Bis.).

Jeune insensé Iromp dai - son attente, Couvert du sangqujailii de son cœur Soulève encor sa pjpièi mourante Pour réclamer le pi: de raleaj".

Tiens, le"voilù! h! ilàson frère,

S'ils n'ont donné qu ce ^ il ruban-là, Oh! désespoir! ô dcleu. i op amère! Faut-il inouripoui ça [Bis).

Lin ofiTioier connu p; sa Sans autre bien qne^n n S'en vint s'offrir à crlaii Je vous entends, dits mi N'étiez- vous pas, pir p

Près de ce Roi? »ui,

J'ai roster à monerrr Faut-il rougi|>ou

Pauvre ouvrier, le riagi De tiois enfants imile - Tu veux mourir! a! ne De les sauver, je conai Tois celle frue.... aB loi Mais, va crier; ce sir oi Ah! dit le brave enssu} Faut-il crier our

illance, il' métier,

xcellence.

ire allier! iver votre zèle, onsieur, j'élois là... î fidèle, .1 [Bis.).

te dévore , tien!

;'urs pas encore

Il moyen.... !c toi ses charmes ! paiera ,

ses larmes,

[Bis.).

BERARD, Éditeit rue ue Sèvres, d. 9/

Se vend chez AsTiER,ÏJt ire, ruj II. 45, et Marti, n Riche

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M. NIVEAU SU SA PORTE.

M. Niveau-. On bat le rapp ! encore une cmeute , ren- trons.

Mayeux Salut, citoyen Niviu.

M. Niv. se retournant-— Bonur M. Mayeux ; quoi, tou- jours iticoirigible, encore une coirde, un chapeau gris !

Vous serez ariêtc, prenez-y g.'de!

May. T. , qu'ils y vienent cette fois ; il ne sera pas

dit qu'un vieux re'publicain de IsBastille baissera pavillon de- vant une poignée de boutiquiers u juste-milieu !

M. Niv.— C'est cependant ce qe vous avez de mieux à faire ^ ils sont en force, il faut coder.

May. Plutôt être mis à la lalerne; T ! O cocarde

de la republique, vjeilie cocarde ae Ihonneur d'avoir orne' la tête des pliis illustres martyrs de .'ibertc' , a lave'e de la houîe d'avoir ëlé formée d'un lambeau •; la livrée de nos despotes (i) ; cocarde que j'ai replacée avec lai d'orgueil sur mon chapeau ! te voi'à donc proscrite ; et par qi , T ; par qui ? Par

des citoyens qui sont sortis tout bmes de leurs cavci le lende- main du danger | our chauler vioire et Jv'emparer des places.

M. Niv. Mais pouj-qnoi les Issiez-vous faire?

May. lis buvaient du coco, il «hantaient la Marseillaise , ils donnaient à droite et à gaucheles poignées de main ; cama- rade par ci, camarade par ; qi diable se serait doute de la trahison ? C'est c'ga! , je vais chener une place pour planter un arbre de la liberté à leur nez leur barbe, et il j ortera des fruits, T {Il sort.)

M. Niv. Son espiit est aussi Mitrefait que son dos, on au- rait du mal à le redresser.

(i) La livrée du roi de France éiai leue avec galon rouge et blanc, celle d'Orléans es>t rouge avec galon jnc et bleu. En prenant la nou* velle cocarde, en 1790, on crut prend les couleurs d'Orléans, on prit celle de tous les Bourbons.

Lorsqu'on proposa à Louis " ^ndre 1 )loie,

il dit : « Je ne ferai pas à la 1 m pour

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2

Un ancien capitaine Un moment, mon voisin, savez-vous la nouvelle ? he-> Polonais ont remporte' une victoire com- plète !

M. Niv. En ilafe flu 29, n'est-ce pas ? eh bien ! elle est dé- mentie.

Le Cap. Dieu !.... êles-vons sûr de cela ?

M. Niv. On ne peut pas plus sûr ; de» lettres particulières ne lai-<sent maiheiiretisement aucun doute sur le re'sultal de celte affaire ; ils ont clé battus !

Le cap. On uoui a donc encore une fois menti ! Ils n'en font pas d'autre! Mon voisin , ce n'est- pas ainsi (pi'on ga^ne les vieux soldats. L'enij-ereur nous avait accoutumés à compter sur sa parole, suit qu'il nous annonçât une victoire lemportée ou noiis rn promît une piocliiini Mais au moius apprenez- moi quelque cliose de consolant sur la Belgique.

M. Niv. L'Angleterre lui a donné un roi... Saxe-Cobourg.

Le Cap. Vous me mettez au dese-.poir, mon voisin ; ces nouvelles, jointe-) à tant d'autres déceptions , achèvent de me dessiller les yeux: je vois claîrement ou nouî mèneront ces hommes si lonj.î-lemjiS vaniés par Toppositioij. Quoi î la Bel- gique livrée à l'Angleterre, fa Pologne anandonnée, les Autri- chiena en Italie, les Bédouins aux portes d'Alger, notre consul renvoyé et Haïti ! Oh! les malheureux ! Adieu, mon voisin, j'ai une plaie profonde

M. Niv. Encore un que la révolution n'a pas satisfait. Mais j'aperçois M. Gripaille , chef de bureau à l'intérieur ; celui-là ne se plaindra pas, j'en suis sûr (il va au-devant de lui ), eh , mon cher Gripaille, il y a un siècle que je ne vous ai vu. Il me semble que vous êtes maigri ; vous me paraissez sérieux, qu'avez- vous donc?.... Vous u'avez pas perdu votie place? Oh' non, votre opinion est bien celle du ministère ; équilibre et modéra- tion, vous ne lortez pas de là.

M. Gfiip. Non... non, ce n'est rien, quelques légères in- quiétudes... ma femme qui n'est pas contente.... peu de chose enfin.

ivl. Niv. Mais encore ? vous savez tout l'intérêt que je vous porte.

M. Grip. Eh bien, on a réduit mes appointemens... Qu'à cela ne tienne ! si l'on était sans intjuiétude d'un autre côté ; mais des jaloux vous nuisent dans l'esprit de vos chefs. Les mi- nistres sont fort accessibles aujourd hui à ces sortes de rapports ; d'un moment à l'autre on peut être victime d'une calomnie ! non pas que je veuille me forger des tourmens imaginaires, j'en ai bien assez d'autres sans cela ; vous le savez, n.n employé, maintenant, est un homme suspecta toutes les opinions, Jes vieilles liaisons d amitié se refroidissent, le ridicule, le mépris

vous poursuivent. Cela ne laisse pas que d'être affligeant

Mais je vais peut-être trofi loin avec vous ?...

M. Niv. Oh! mon cher Gripaille, vous n'y songez pas.

M. Grip- N'importe! il faut (|ue je vous quille, riuîiiie m'appelle au bureau ; depuis la révolution , il iaut être trois

heures plus tôt au travail, et pour faire Dieu sait <|noi !

{Il pnrl.)

M. Niv. Allons , celui-ci n'est pas plus coulent que les autres.

Uk Ouvriek. —Au nom de Dieu, monsieur, prenez pitic' de moi ! Je suis réduit à !a dernière des misères! Il l'aut bien que cela soit, pour que j'ose tendre la main ; je n'y suis pas nccoutume.... C'est horrible! Mai-..., mon vieux père, m\ femme, mes enfans!! Jl fallait me rcsoudie... la mort ou la honte! la mort ne délivrait que moi... j'ai choisi la honte! [Et (le grosses larmes sillonnaient ses joues amaigries par la chai^rin et une longue souffrance ).

M. Niv. Vous n'avez pomt d'ouvrage?

L'ouVBiER. Non, monsieur, depuis plus d'un an-

M. NiV. Vous vous êtes battu dans les trois jours?

L ouvrier baisse la tele et garde le silence.

M. Niv. Tenez, voilà pour avoir du pain; revenez me voir.

[L'ouvrier baise la main de son bienfaiteur , et disparaît).

M. Niv. Voilà ceux que je plains ! comme on les a trom- pés \

' I

Bonjour, GRAND PAPA des deux mondes, comment se porte votre petite révolution ?

C'est aujourd'hui qu'elle a eu ses iS mois accomplis; (ju'elle doit être belle et grande! Elle doit marcher sesile ; elle doit avoir toutes ses dents... Que vois-je? Comuic elle e>t chotive et maigre! Pauvre petite, elle qui promettait tant, qui parais- .sait si fortement constituée! Confiez donc encore vos enfans à des mains mercenaires! !

Je l'ai vu naîîre, j'e'tais à son baptême, elle fut nommée glorieuse, immortelle, mcmor.ible ; on la dota de tous les biens qu'un grand empiîe peut po^scd<'r, In'sors , armée, crédit, jj.iix!... Ah! la paix smlout. D'oii v.ent donc cpi elle n'a [jas proiite' de tant de belles clioes? Je n'ei^ sai» rien; demandez à ces gens qui vont et Viennent dans les rues et les cai ielb:u-s, ils vous le diront peut-être..., s'iU osent. Mais ils passent eu si- lence, la rougeur sur le front..., la tristesse dans le cœur Passez, passez; hommes dc.'encbantcs, j ai coni[)ris voire silence, j'ai lu vos regrets sur ces murailles tapissées daiii.:hes, sur ces boutiques fermées ou dâicries; je l*es ai mieux lus encore sur ces quais fouiniiUent des milliers d'ouvriers sans ouvrage et .sans pain ; ces groupes désœuvrés vous accu.sent ! Vous leur aviez promis le travail le jour votre main libérale s'est ou- verte avec profusion pour eux... Vous n'avez donc plus d'or à leur ilistribuer? Quoi! déjà plus.'

AVEZ-VOUS RÊVÉ CHIEN? AVEZ-VOUS RÊVÉ CHAT?

Ce soir M. Vivien s'etail couché de bonne heure.

La joui'no'e av;iit éltf excellente; il y avait eu beaucoup de dénonciations, quantité d'arrestations claiideslines, tons les nrion- chards s'étaient dialinguJs, et les prisons delà prélechire étaient au grand complet.

Aussi se disail-il en niellant son bonset de nuit : « On neut dormir en paix cpiand on a faille bien. »... Admirable rédexion! Le sommeil du juste! c'est cela!... Eh bien, il se trompait, car à peine avait-il fernu' l'œil, qu'un cauchemar épo-uvantable s'empara de ses sens, et vint jeter la lerreur dans son esprit!

Il lui semblait que dix-huit millions de parapluies, d'om- brelles, de cannes à dard, de bambous, de sarbacannes dan- saient la gavotte autour de lui, et le pressaient galamment de prendre part au divertissement.

D'abord il fait une horrible grim ice, et s'excuse sur ce qu'il ne sait pas danser. Mais ime jeune houssine de la compagnie s'avance, et bon gré mjl gré le force à déguerpir du lit , et à prendre place au bal... Il en était à son troisième entrechat, quand son valet de chambre, réveille en sin>3Ut, accourut. Vous hgurez-vous l'ctonnement de ce fidèle serviteui' à la vue de son cher maître exécutant une gavotte? D'abonI il pense que c'e:^l peut-être ime répétition, et qu'incessamment il y aura bal à la cour ; mais son illusion se dissipe bientôt à la vue des gan)bades et descabriole^ démesurées de son maître. Le pauvre homme se perd dans ses conjectures. M. le préfet e^t-ii devenu fou ? Est-il sous l'influence de queLpie songe libéial qui l'agite , ou de quelque lulin du mouvement, qui le force à agir contre son opinion? Dans tous les cas, se dit-il, cela ressemble fort à une peti e émeute intestine; or, je connais ua remède contre les émeutes... Cela dit, il s'arma d'un énorme clysoir rempli d'eau filtrée, et voulant amener la chose à bien, il proiiteadroi- tement d'un moraentoù le danseur exécute ime figure favorable à rexécution , et zeste, il lui adîninislre la lotion Lobeaii sans en perdre une seide goutte.

L'efiét fut aussi prompt que salutaire; le somnambule, at- teint dans sa partie la plus scu->ible, po.issi un cri auquel le va- let sournois répondit [lav ces mo'.s : J^ive le juste milieu ! par- don de la liberté grande.

a Vous avez nu bon roi, disent-ils à ceux qu'ils veulent con- « vertir, r.n honnête honmie de loi , pourquoi ne l'aimeriez- « vous pas? C'cil un devoir^ après tout; il faut l'aimer, et puis,

« n'êtes-vons pas Français? Ah! qu'il est beau d'ctre Frau-

« çais! son pays avant tout ! En conscience, vous lui devez le s.i-

5

«< crifice de votre op'nion. Allons, mellez-y du vôtre : nous « comptons sur vos principes, sur votre patriotisme

Oh! n'achevez pas, c'e-t trop fort, niessieurs les come'dJeiis, un peu de pudeur i songez qu'il n'y a guère phi.s d'un an que TOUS nous prêchiez la rc'volte 1 ! !

La guerre d'Alger fut un coup de maître'

La cause e'tait un couj^ d'éventail.

Bientôt la France changea comme un coup de théâtre.

Et cela pour un coup d'état.

lMai>i l'Ang'eterre nous pre'pare un coup de jarnac.

Le roi de Hollande vient de faire un coup de tête.

Sa victoire est un coup de main.

Le'opold tira pourtant un coup de canon.

Qui lui servit comme un coup de vent.

La Russie frappe un coup de foudre,

La pauvre Pologne attend un coup de grâce.

Pour moi qui jette un coup d'œil.

Je vois bien qu'on nous re'serve un coupfouré.

Qui donc nous sauvera ? un coup du ciel.

Le Thiers de la Chambre des de'putes vaut-il un homme or- dinaire ?

H y a trop de perruques dans la Chambre hau'e, il nous faut maintenant des pairs verds.

La me'decine re'trograde , on revient aux vieilles drogues.

Le ministère marchca puisqu'on chante partout ça ira.

La f)erruque de M. de Se'monvilie a cte' volc'e hier soir, la police est sur ses traces.

Le gouvernement alie'ne les forêts de l'Etal, nous savons bien de quel bois il se chauffe.

Si le gOMvernement se di'ienninnit à n'avoir pins qu'une chumbre, j e>pt're bien qu'il dimiMuerait son loyer.

Je ne m'ttonne pas si Vidoc fait des merveilles dans la Ven> de'i', on lui a donne carte blanche.

LE CHOLËRA-MORBUS.

Maintenant , c'est le cholera-morbus qui apparaît , f|!ii , pour montrer ce qu'il snit faire, sème 5o millions de cadavres entre rindc , oïl il a pris naissance, et le pays que nous habitons. Sa marche (inièbre, lente et progressive, laisse à l'homme le temps de rc'ilcchir, il semble dire : Je m'arrêterai si vous vous corrigez....

J.e choli'ra-morlîus aime surfout les champs de bataille , il va de l'un à l'antie, il s'y complaît , il s'y nourrit.

C'est de l'cgalité qu'on demande, on en aura, le chole'ra donnera celle des tombeaux : toi qui veux être souverain , qui crois en avoir canquis la puissance, chef ou satellite de la rc'- volle , toi qui provoquas par ton exeniple celte guerre de l'O- rient à la(juel!e la contagion de l'Occident sera due, viens avec moi dans ta maisoi! ; est la récompense : vois-tu ton vieux, père expirant ? C'e>t toti ouvrage ; entends-tu les cris «le'chi- rans d'une épouse atlorc'e ? c'est ton ouvrage ; tu comptes, c'est le dernier de tes enfans, il paie de sa vie ta coupable extrava- gance! sois libre maintenant, jouis de Ion indépendance! oh! race inibrtimée, mallieureux peu|>Ie que nous sommes, faut-il que tant d'orgiieil !.... Nos vieilles lois, nos vieux maîtres, nos vieilles habitudes nous eussent proservcs; mais rien de tout, cela

Ce carliste le prend bien au sérieux. J les entendre , nous devrions le choléra-morbus à la révolution de juillet, dont celle de la Pologne J'ut le résultat. « Car, disent-ils , sans la révolte des Polonais , les Russes n'eussent pas ap- porté de l'Asie ce terrible fléau sur les bords de la f^istule, d'oiL les grandes années que nécessite V effervescence révo- lutionnaire le répandront infailliblement par toute l'Eu- rope.

OH ! QUE LA FRANCE EST HEUREUSE ET PAISIBLE.

A Grenoble. On a voulu tuer un magistrat pour avoir jugé d'après sa conscience.

A Roanne. Des ouvriers ont brisé des machines. Le sous- prcl'et y est accouru, et leur a pleuré au nez.

A Epinal. Les gardes nationaux ont pris les armes po'.u' sou- tenir leur choix qui dé[)laisaiL au jeune préfet.

A Redon. Un sergent a tué un soldai pour s'amuser.

A Castelnaudari. On a brûlé des fermes, des maisons, des récoltes, sous prétexte d ojîinion^.

A Saumur. On s'est insurge dans IVcoIe militaire.

A Beaumont. La garde nationale, drapeau déployé', a brûle' les registres du receveur aux cris de Vive la liberté !

A Nimes. Les massacres n'ont pas cesse.

A Marseille. On s'est battu dans les rues à coups de poi- gnard .

A VÂrmée, Les officiers ont continue' à chasser leurs cama- rades pour s'avancer plus vite.

Pour nous e'gayer et nous distraire un peu,

A Pans. On fait des cancans.

En Belgique. Des concessions. .

En Angleterre. Des protocoles.

Mais partout des dupes et des malheureux.

Le peuple en ce jour le couronne Ce bon prince avide d'argent , On a beau dire qu'il se donne , Moi je crois plutôt qu'il se vend (i).

Charivari en faveur du juste-milieu i par une société d'amateurs.

PROGRAMME.

Première Partie.

La Persillade, romance sentimentale à plusieurs voix, avec accompagnement de casseroles, entonnoirs et lèchefrites. 2" Trio pour tambour de basque, trompette et triangle. 3" Solo de vessie.

Deuxième partie.

Duo pour chaudron et plaque de tôle ;

Concerto pour poëie, sac de noix, conques manne»y pin- cettes ;

Soîo de grosse caisse ;

Duo pour fifre et cornet à bouquin.

La soirée sera terraine'e par des exercices hydrauliques, dans lesquels le jeune Seringuet , e'Iève de M. Mouton, se fera re- marquer par son étonnante dexteVite' à manier le clysoir.

Nota. Afin de joindre l'utile à l'agre'able , et vu l'iiisance dont jouissent les ouvriers français, on lera une quête entre chaque morceau, pour les bonzes qui se sont insurges contre le grand lama.

(i) Fait en 1760.

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AiB : Au Clair de la lune.

a Tristesse et misère « Erichaînei)t nos bras ;

Je n'y puis rien faire, Ne vous plaignezjpns.

« La leçon est bonne.

Mais en ve'rite , N accusez personne, C'est la liberté' !

« Un roi sur la plume Bâille et ne tlorl plus ; Pe'rier se consume En vœux superflus. Qui diable chagrine Leur autorite' ? »

Amis , je devine , C'est la liberté !

« Dieu ! quelle me'prise ,

Un brave en prison.

Messieurs , qu'on me dise ,

Quelle est la raison 7

Sur quel fait repose

Sa captivité' ?

Dites m'en la cause ? »

C'est la liberté !

Un soir deux gendarmes Frappent : « Qui va ? »

Nous voulons vos armes.

Messieurs', les voilà : De ceite mesure

Je s'ïi"^ enchante ; Qui me la procure? »

C'est la liberté' !

« Qui nous vaut la gueire Sans gloire ni gain ? Qui fait la misère ? Qui fait qu'on a faim ? Qui fait qu'il nous reste Certain comité ? Qui nous vaut la peste ? b

C'est la lilierte' !

BERARD , Edileur, rue de Sèvres, n" g4. Se vend chez Martiiî, libraire, rue de Richelieu, n. 63.

Paris, Imprimerie de Bétlnine.

UNIVERSELS.

LA FILLE DE LA PUNITION.

« Jamais le mendiant ne s'arrête à sa porte ; le « voyageur se hâte de passer devant sa de- « meure : car le jour, on entend des juremens (t et des blasphèmes ; la nuit, des cris effrayans « et des chants sacrilèges. »

Je cheminais seul. Tout ce (jiie j'avais vu et entendu de triste revenait dans ma mémoire et pesait sur mon âme. J'étais ar- rive à une lande solitaire; un nuage noir et épais voilait la lune. Incertain de mon chemin, j'hésitais. Tout-à-cotip une voix grêle et perçante retentit au milieu du silence ; elle chantait un refrain de la révolution. Etonne!, j'écoute, et je distingue ces affreuses paroles :

Du sang ! du sang! il faut du sang Pour régénérer la république !

Saisi d'horreur, j'écoutais encore ; la voix cessa. Alors un rayon de la lune perçant une déchirure du nuage, je vis non

loin de moi une femme assise sur les ruines d'un calvaire

la croix n'avait point été rétablie. J'approchai ; elle ne .se leva point ; elle resta immobile, les yeux fixes ses lèvres pro- féraient des sons confus Subitement elle fit entendre une

plainte, tm gémissement, un cri impossible à redire : c'était comme le dernier cri d'un mourant. Je frissonnai, et je frissonne encore en cherchant à vous peindie ce que j'ai entendu. Jamais .son si plaintif et si lugubre n'avait frappe mon oreille... Je crus que j'avais effrayé la malheureuse que je voyais devant moi, et je lui dis : « Je viens vous denander le chemin : n'ayez pas peur.... Peur! répéta-t-elie. Oh! je n'ai jamais peur, moi! c'est moi qui fais peur aux autres. Quand les petits enfans m'a- perçoivent dans les champs, ils se mettent à fuir et à crier: Voila la fille de la punition .'... Aussi je ne .sors qus la nuit ; je viens m'asseoir ici , et , pour me distraire, je chante, n el avec un éclat de voix que les échos redirent au loin elle répéta : « Du .sang! du .sang ! U faut du sang ! » Un cri semblable à ce- lui que j'avais déjà entendu s'échappa de sa poitrine et inter- rompit l'horrible refrain. Alors je contemplai l'être horrible que j'avais devant les yeux : son corps était athlétique, luietcte énorme pesait sur .ses é; aules.... Tout ce que la laideiu' a de hideux, tout ce que l'imbécillité a de triste se trouvait sur son visage ; sa vue inspirait plus d'épouvante que de pitié. En me Voyant la vegardei', elle sic .semblait |)oint e:nbarrassce; ses re- gards restaient toujours lises; une de se;> mains tenait un cou- teau. Je vis du sang sur son vêtement gris. A ses pieds un agneau saignait encore; elle me le montra el médit :

« Mon pcie m'a ordonné de le tuer... C'est moi qui les lue

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quand il nous en faat. C'est mon plaisir loisque j'enfonce mon couteau dans son cou ; j'appelle sa mère ; elle vient pleurer au- près de n(îoi , et moi ça me fait rire. » En proférant ces mots elle riait d'un rire salanique.

Je remarquai abattus sur sur I herbe les restes de la croix ; la figure du Christ s'y voyait encore. La fille aliénée posait indif- féremment ses pieds sur l'image sacrée : cela ajouta à mon hor- reur... Tout à coup celle qui s'appelait la filU; de la punilion se leva, jeta encore un cri épouvantable, et s'cloigna chargée de son agneau san;;lant. Bientôt j'entenùis d'autres voix se mêler à Ja sienne: des juiemens, des blaspticmes vinrent juscjuà moi. Je médis: c'est sans doute la famille de l'alie'nce : je suis près de cette maison maudite oii le pauvre ne s'arrête jamais... Oui, monsieur, me repondit un hornm'î qui passait et que l'obscurité' m'avait empêche d'apercevoir. Je raapprochai de lui ; c'e'tait un vieux laboureur qui levenait de son travail. Vous connaissez- donc, lui dis-je, celle qu'on appelle la fille de la punition7 Si je la connais! elle est la terreur de fi contrée. Plu ieurs fois je l'ai trouve'e quand j'e'tais tard dans les chemins. En ce cas, lui dis-je, je votis prie de me donner quelques détails sipr cet être extraordinaire dont la seule pensée me fait encore frisson- ner d'e'ponvante Le vieillard y consentit, et chemin faisant

voilà l'histoire qu'd me raconta : « Une famille de patauds ha- bite auprès d'ici, me dit-il. Je ne veux pas vous indi juer l'en- droit : il faut montrer au doigt l'homnie de bien, mais il ne faut pas designer le méchant, de peur d'éveiller la vengeance. Cette famille était composée du mari , de la femme et d'un (ils. Ils avaient une habitation dans ces contrées, mais ne s'y étant pas crus en sûreté, ils allèrent demeurer à Nantes ; la femme reve- nait de temps en temps sous prétexte de visiter sa demeui'e ; mais son vi'ai but était d'épier les suspects pour les dénoncer au comité' de salut public. Plus d'une fois même elle contribua ac- tivement à les arrêter. Quand elle était à Nantes, son plus grand plaisir, sou plaisir de chaque jour était d'aller passer ses mati- nées sur la place du Boulfay. Dès le commencement du jour elle envoyait garder sa place pour de l'argent, et ne quittait le lieu des exécutions que lorsque la lassitude du bourreau lais- sait reposer rinstrunjent fatal. Cette femme (je rougis de lui donner ce nom) continua de repaître .'■a cruauté de ces sanglans spectacles, et cependant elle était enceinte!.'! Nos bourreaux lui laissèrent peu de jours sans plaisirs , et tout le temps de sa grossesse, elle ue manqua [)as de venir à sa place accoutu- mée. EII3 aimait à insulter aux victimes c mais ce qui la faisait hurler d'une infernalle joie, c'était ie dernier cri que poussaient les suppliciés. Dans cet instant , el!e se levait ; ses yeux biil- laient comme les yeux du tigre qui va ijoire du sang; elle tré- pignait de délire, et criait : Mort ! mort aux aristocrates!

Dieu a e'té juste envers eiie. Un enfant lui est ; c'est l'en- fant de la punitioo , c'est le monstre que vous avez vu. Celte fille est hideuse comme l'ame de sa mère; horrible comme le souvenir d'im crime. Tmbécille dès son enfance, elle n'a riea pu

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■mprendie, elle ne sait que le ci i ties mourants : elle l'a appris dès !e sein maferneî, et un elhoyable tic le lui fait repe'ter à ciiaque instant cki jour. Ses parents voudraient en vain oublier k' passe' : la fille de la punition est comme un remords in- raine pour le leur rappeler.

La fjile de la punitior. avait un frère; il était ne avant la ré- volution. Quand il l'ut d'âge à marcher comme conscrit, son père refusa de !e racheter, et pourtant il ctnit en ët.it de le faire : ,•,3 fortune lui avait peu coûte... Le jeune homine fut donc oblige de partir ; après cpiehjues campagnes qu'il avait faites sans gloire, il revint exténue de fatigue, de misère et de débau- che, comme guidé par la colère divine pour sjoi'ter au châti- ment de la funilîe coi<prd>le. Un soir, son père était debout devant sa porte, il vil un homme qui s'avançait vers lai, se traînant avec peine ; il lui cria :

« Eliangei-, pa>jez votre chemin, on ne donne pas ici!... » L'étranger répondit: « Je sais . bien que l'on ne donne pas ici... » Et ii avançait toujours.

La femme venait de de>cendre. Que nous veut ce mendiant? dit-elle avec emporlement.

L'inconnu continua d'approcher en disant : « Me me con- naissez-vOTis pas? Je suis votre lils... »

Le père répondit froidement : « Nous te croyions mort. » La mère ajouta : « Tu as donc un congé? Pour combien de temps? »

« Pour toujours, « répondit le soldat.

a C'est impossible ! ><'écria le père : nous ne pouvons te garder. »

« Eh bien ! vous ne me garderez pas, vous m'enverrez au cimetière... Je ne viens pas vivre, je viens mourir chez vous, dit le jeune homme... Ma mère, j'ai soif... » La mère appela sa fille; la fille vint et ne reconnut pas son frère!...

Au bout de quelques jours le .soldat fut plus mal... Il appela ses parents auprès de lui. et dans une agonie affreuse, il leur dit : a J ai voulu vous rendre témoins de ma mort.-., et ma fosse sera ici p:ès de vous, pour vous redire que c'est vous qui m'avez tué : vous avez sacrifié votre fils à quelques pièces d'argent. »

Pendant qu'il parlait ainsi , les deux coupables restaicni debout près du lit et gaitlaient un morne silence. Le malade s'agitait et étendait les bras... « li y a un Dieu !... s éci ia-t-il toiit-à-coup. )i Alors le père dit à sa compagne : « Femme^ viens-t-en : lu le vois bien , il a le délire. »

Ils sortirent tous d'jux, et qu:ind ils rentrèrent, ils trouvèrent leur fille assise sur le lit de so!i frère. Elle chantait ! il était mort! !!....

CE QU'ILS DISAIENT ET CE QU'ILS FONT !

Ils disaient au peuple: « nous vous donnerons la libellé », et les prisons sont pleines.

Ils disaient au peuple : « il ne faut plus de gendarmes»,

el nuii conlents d'en avoir beaucoup plus qii'auparavaul, ils en organisent encore plusieurs rc'jîiniens provisoires.

Ils (lisaient an j^euple : « Voms aurez In liberté delà presse », et voiià lonjours la loi du timbre t;t .e cautionnement; voilà le» saisies, 'es condamnations, les amendes (jui plenvent sur les jour- nali>tes et les libraires; voilà, enfin, ht Tribune (jni est à son 18" jUj^euient : nous ne parlons pas des presses brisées, l'aduii- uislration a fait bcmblant de s y opposer.

Ils f'isaicnl au peuple : « Vous jouirez de la Hberie' indi- viduelle .) ; demandez aux ouvriers de Paris, demandez aux departemens de l'Ouest et du Midi , cotnmcnf ils l'entendent.

Ils disaient au peuj>le : « On paie des Suisses fort cher, tandis (ju'on pourrait avoir à la place des rëgimens français » , et ils prennent à leur solde les rebuis de toutes les nations.

lis disaient au peuple: a Nous ie[)reiidpons le rao» qui nous convient parmi les nations », et aujourd'hui toute l'Etu'ope nous brave et .'.ous me'piise; l'AuijIeteire, réiernellc ennemie du nom français, nous jnue, et nous faisons campagne pour son compte.

Ils disaient au peuple : « Le secret de vos lettres est violé à la poste » } et, s'il faut en croire plusieurs journaux fpii l'af- firment, le nouveau directeur livre au pie'fel de police lotîtes les lettres tpi'jl demande.

Ils disaient au peuple : « Vous serez souverain, vous joui- rez de toi:s vos droits » , et sur irente-lrois raillions d'babitans ils n'accordent les droits de participer aux élections qu'à cent mille privilégiés, et le plus petit village ne peut même nommer son maire ni l'iusliluteur tle ses enians.

Ils disaient au peuple : « Le soldat français est fait pour la gloire» , et ils ne craignent pas de faire jouer à ceaiix qui sont assez vils pour y consentir, dans l'Ouest et dans le Midi, le rôle le plus infâme, celui d'espion et de moncbard.

Depuis quelques années le mouvement des affaires s'étant un peu ralenti, ils disaient au peuple : « Le commerce ne va pas, plaignez-vous », aujourdliui toutes les fabrii pies sont fer- mces ou à la veille de l'être; depuis un an l'ouviier est sur le pavé, ils lui disent : « prenez [jatience. »

Us disaient au peuple : kPIiis de cumul, plus de sinécures», et aujourd'bui encore M. Dupin, dit le Figaro, a quinze places à lui tout seul. Les reraplit-iL'

Us disaient au peuple : « La conqiiêle d Alger ne vous servira de rien, ce n'est pa^- vous qui en profiterez «>,et regar- dez ce qu'elle est devcnwe dans leuis mains? Demandez -leur sont passés les cinquante-quatre millions du trésor de la Ca- sauba ?

Ils disaient au peuple : « Voum aurez un roi qui ue cbas- seia [)as», c'est pour cela sans doute (lu'ils vendent le3 bois de l'Etal.

Ils disaient au peuple : «Vous n'aurez plus de garde royale» ; et à sa place, ils uous donnent pour un milToti cinq cent mille francs d'agents de police. Gjgnez-vous au change?

Ils (lisaient :iu peuple : « La Charte est inviolable o , et la premicie chose qu'ils ont Caite a etc de la changer.

Ils disaient au peuple : « On vous tcrase d'impôts » , et leur budget est deux fois plus fort qu'auparavant, sans compter les trois cents millions de lions siu' le tre'sor, sans compter les cré- dits ordinaires et extraordinaires, sans compter les emprunts volontaires et législatifs, sans compter le petit million qu'ils de- mandent encore; sous prctexte de la peste qui nous arrive ; car il faut que, jusqu'à la peste, tout leur proiile, La suite à un autre jour.

Parisiens ! vous êtes des ingrats. A ce mot vous i-ougissez et vous avez raison : l'ingratitude est un vice horrible qui ne sied pas mieux à un peuple souverain qu'à un autre... Lequel de vous s'est jamais avise de savoir gre à M. Vivien de tout le mai qu'il se donne pour vos menus plaisirs? C'est à lui que nous devons le feu de gaitc qui nous reste; chacjue matin il pcse la somme de consolation dont nous aurons besoin pour supporter telle ou telle mauvaise nouvelle, et selon le cas, il nous distribue les divertisseniens. Hier, par exemple, j'aurais parie que le pain était augnicnte, tant les chanteurs de> rues étaient nombreux et i!eployaieiit d'activité; chaque boulanger avait à sa porte un orgue de Barbarie qui célébrait l'abonuance sur l'air fie la Pa- risienne ; le musicien, fidèle à la consigne, appliquait son dos à la funeste affiche, et acoucissait autant qu'il était en lui 1 amer- tume de l'ordonnance. Oh ! que celui de mon quartier a bien fait ïcn devoir! il peut se vanter d'avoir loyalement gagne' son argent : depuis neuf heures du uiiilin, heure du déjeuner des maçons, jusqu'à cinq heures et demie, la manivelle ne s'est pas refroidie dans sa main; aussi, grâce au bruit qu'il a fait dans les alentours, on n'a pas eiiteinlu !e plus léger murnmre; une bonne femme seuleiT>eut, une bavarde a saisi l'instant d'une ri- tournelle pour crier : quel est donc le U..... qui fait augmenter le pain ? mais bien vite le madié chanteur reprit avec pus d'é- nergie son couplet :

"C'est la liberté des D-eux-M ondes ; C'est Lafayette en cheveux blancs. »

Je rtcomniande ce zélé bateleur k M. Vivien.

LOUVRIER MÉCO^TE.\T.

Pendant quinze ans ils nous ont carrillonné leur liberîe' pour iicus amtner à faire une révolution. ISous l'avons faite et pai'- fjite, Dieu merci ; ça devait aller tout seul , et voi à ipie ça ne va pas mieux, je dirai même que cela ne va pas si bien ; j'oserai même ajouter tjue cela va beaucoup plus mal ! A qui la faute/ Ce n'tst pas à moi. Quand le 2(j juillet au malin le (>atron vii.t me cUre : « Nigaudin, veux-tu g.;gner une bonne journée? A vos ordres , not' bourgeois; de (juoi s'agit-il? Tiens, me dit-il, tu es un bon patriote, voilà mon fusil de chasse, va-t-en deléndre la chajte et la liberté.» A ce mot-là j'ouvris l'œil,

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« Dame, monsieur, moi, comme de raison, je suis bon patriote, mais je ne connais rien à la polilique. Comment, reprit-il en colcrc, tu ne lisais donc p;is l(^ Constittifioniicl qrie je t'en- voyais tons les malins? Pardon, morisienr, mais je ne lisais que les assr.ïsinats, à cause que ma femme les aime ; pour l'article des coups d'c'îat, je le sautais, vu que cela ne me regarthiit pas. Atj contraire, mailieurcux, ça te regardait beaucoup, et la preuve c'est que, si tu ne te bals pas aujoi-rd \\v.\ pour empê- cher le coup d'état, lu n'as qu'à dcguei-jiir, il n'y a plus d'ou- vrage ici pour toi. » Sur une pareille menace, je ne me fis plus tirer l'oreille, je pris l'argent et le fusil, et Dieu sait si j'en ai delaclwi pem'ant trois mortels jours, si bien que toute la bouti- que est dcgiirigolc , et (ju à prcsent nous voilà d;ins le petiiri jusqu au coi... Joli cotnmeice que nous avons fait là! Oh! c'est biin ce (|u'on appelle tiO(|uer sou rbeval borique contre un aveu- gle! Au fait, qu'cit-ce (jueça nous faisait à nous autres quecelte charte lût violée ou non / Paixliil y cna bien eu d'autres (ju'elle, et puis c'est siLôt fait une cbart». Mais je vois ce que c'est; i! faut à tous ces gros maichands des e'paulettes et un brinbo- rion de ruban, ça annoblit !a boutique, etavecun roi boiugeois qui loue des boulicjues, ça va C'est égal, ils ont beau faire, tout et quand fois Us viendront nous dire que nous seions plus heureux qu'avant, je leiu' re'pondrai vous avez raison ; mais si on le com[»are à aujourd'iuii, celait tout de même im fimeux temps pour nous que celui nous étions si malheureux !

Un journal est en accusation pour avoir représente notre roi- bourgeois en habit de maçon. Tl a eu tort, je ne l'ai jamais vu sous ce costume; mais je l'ai vu plusieurs fois visitant ses ma- çons et les regardant (ravailler un pied sur lechellc. Derrière moi quelques farceurs disaient j « Soyez plutôt maçon, si c'est votre me'tier : ce qui était fort laid de leur part.

Un grand nombre de savans , après iilusieurs expériences laites au moven de ballons et de cerfsrvolanls lance's à une hau- teur prodigieuse, sont demeures convaincus qu'il y avait déran- gement dans l'air. C'est à cela, assurent-ils, qu'il faut attribuer le cholo'ra-morbus et toutes nos révolutions politiques. Diable ! ce n'est donc pns i'ajinourde la liberté qui nous enflamme. C'est la comète de iB32 qiu nou-^ travaille le cerveau : à ce compte, nous ne sommes m rëpublicaitis , ni doctrinaires , mais luna- tiques.

NOUVELLES POLITIQUES.

Les Polonais demandent à se rendre aux Russes aux mêmes conditions que l'empereur leur avait proposées au commence- ment de la révolution. Pour en venir là, c'était bien la peine de tant verser de sang 1 Au reste, la pauvre Pologne sait mainte- tenant fjuel fond.i l'on peut faire sur (ies clubistes.

Elle les a vus fuir à l'approche des Russes, ne lais ant dans la malheureuse ville (ju'iîs abandoiinaicnt que riieurire et dé- àaslre.

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Ainsi nous avons vu fuîr les patriotes de Louvain à l'ap- proche (les Holkndais ; mais ceux-ci, en lâcliant le pied, n'ont verse' que de la bière , aont laisse que leurs moustaches sur le carreau.

Les dernières nouvelles de Varsovie annoncent que les Poisses n'étaient plus qu'à une demi-lieue de celte capitale : l'arme'e navait devant elle d'autre obstacle que les retrancbemens e'icve's depuis peu.

Le Ccnslitutionnel a si souvent promis à ses bons abonnes qu'après la re'volution les allouetles leur tomberaient toutes rô- ties, que les voitè tous qui bâillent.

Les plus incre'dules croient aujourd'hui à la^im du monde.

M. de Sc'monville est d'avis qu'on observe le De'calogue : Tes Pairs et Mères honoreras ; il termine à présent toutes ses phrases par ces mots : Pairs omnia sœcula sceculorum.

Vous n'êtes pas de la branche aîne'e ? disait un farceur à un autre, vous êtes un joli cadet.

Les plaisirs avant tout. Nos de'putc's n'ont tenu que trois se'ances cetle semaine, à cause de l'ouverture de la chasse.

On ne saurait courir deux lièvres à la fois ! Ah ! s'ils pou- vaient chasser la misère !

Le 1 1 seplembre on fera jouer les eaux du parc de Versailles pour don Pedro et le dey d'Alger. Louis-Philippe traite ces messieurs commue Lobau les patriotes.

La pauvre Belgique ne s'en relèvera plus ; encore cinq proto- coles qui viennent de lui tomber sur le dos.

La Belgique , pour, devenir un royaume catholique, a c'te' obligée de demander un roi protestant à l'Allemagne, une flotte à l'Angleterre luthe'rienne , une armée à la France athe'e ; elle vient eucore de nous emprunter de«s commissaires et des ge'né- raux : elle^n'a donc fourni que le terrain.

LE 29 JUILLET i83i.

Air : De la Parisienne.

Allons gens de la capitale Voici la fête des pave's, Que \q juste milieu rc'gale Si c'est lui qui nous a sauve's.

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Et puisqu'il nous prive de gloire , Il faut bien qu'il nous donne à boire. En nvanl Iritiquons ; Je veux aux lurons Dans fous cabarets , guinguettes et louchons ,

Rafraîcliir la me'nnoire. [Bis.)

Buvons sec, mais qu'on se souvienne, Qu'il faut, fiers entans de Bacclitis, D'une rasade citoyenne Faire honneur aux nouveaux venus. Qu'on apprenne, en lisant l'Histoire ,* Que ce jour e'tait fait pour ()oire. En avant, etc.

Jadis d'une cave profonde , On vit sortir un avocat , Qui voulait vendre à tout le monde Pour du Tounerre du Muscat. Personne ne voulut le croire ; Son vin ne valait rien à boire. En avaiit , etc..

Amis, buvez, buvez encore, Disait le coq des vetc'rans , Avec le draf>eaii tricolore On est bon buveiu' à vingt ans. Je compris de tout ce grimoire. Qu'à ses frais chacun allait boire. En avant , etc.

Il fit monter uns bouteille D un vin , premier choix d'Orléans. Buvez, dit-il. ah! c'est merveille Si vous n'en êtes tous conten3 ; Son vin , qui diable l'eût pu croire ? N'e'tait qu'un rebut de comptoir. En avan, , elc.

Va-t-en , cruchon , vieille chopine, Va-t-en buveiu' à cheveux blancs, Le jus de ton ci û m'enlumine ;

Vieux b , tu nous mets dedans.

Tu peux te vanter avec gloire Qu en ce jour tu nous en fais boire. En avant , etc.

Sa vend chez BÉRARD, Editeur, rue de Sèvres, n. 94. Et chez Martin, Libraire, rue de Richelieu, n. 63.

Puris. Imprimerie de Be'lhune.

ÉTERNELS.

LES QUAND? QUAND?

Entre un Quesiionneur et un Marchand.

Quand serez-YOus content ?

Quand j'aurai de l'argent.

Quand aurez-vous de l'argent?

Quand il y aura du commerce.

Ç//a72f/ y aura-t-il du commerce?

Quand il y aura de la confiance.

Quand y aura-t-il de la confiance?

Quand le gouvernement ne fera plus de sottises.

Quand le gouvernement ne i'era-t-il plus de sottises?

Quand il raettia de côte Soult, Sébasliani, d'Argout , Mon- talivet, etc., et bien d'autres après eux.

Quand fera-t-i! retle reforme ?

Quand le Juste-Milieu sera tout-à-fait enfoncé.

Quand le Ju^.te-Milieu sera-t-il lout-à-fait enfonce' ?

Quand le peuple sentira qu'il n'a fait que perdre à la re'vo- lution , qui lui a promis plus de beurre que de pain ,

Quand il verra que les inîpôts augmentent au lieu de dimi- nuer,

Quand il s'apercevra que tout tourne à une ruine ge'- ncrale,

Quand il se vengera du Juste-Milieu par tm Juste-Me'pris", et le traitera comme il le mérite.

Quand tout celfi arrivera-t-il?

Quand la misère déjà trop certaine nous accablera tout-à- fait , ou que la guerre viendra consommer notre ruine.

Quand venons-nous cela ?

Bientôt , à moins que le Juste-Milieu ne revienne au bon sens?

Quand y reviendra-t-il ?

Quand Quand les coqs auront des dents.

Une gazette du midi se demande pourquoi la chambre des dc'pulcs , s'e'rigeaut eu assemblée constituante , a proclame' Louis-Philippe roi des Français.

Est-ce parce que Louis-Philippe e>t un Bourbon ?

Est-ce parce que Louis -Philippe est revenu deux fois à la suite des Autrichiens, des Cosufiues et desPandours?

Est-ce parce que Louis -Philippe a demande à combattre dans les rangs espagnols contre Napoléon ?

Est-ce parce qu'en i8i5 il fit des proclama lions en faveur

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de la iegitiniiiti et s'arma de noitveaic contre l'u^^rpateu^ et la cocarde de Jemmappes?

Est-ce parce que Louis-PLilippe a proteste' contre l'usurpa- tion de Bonaparte et dit que le principe de la légitimité' e'tait la seule garantie de la paix en France et eo Europe?

Ce journal est bien curieux.... !

Eh (juoi! sous l'empire du Coq on persécute les Poules î

Siècles futurs pourrez-voiis le croire! Un maucht d'ame- i:er a ële lance ces jours derniers contre une pauvre Poule accusée de carlisme; elle avait cîle' vue dans un lieu suspect,

portant effrontément une cocarde blanche! Une cocarde

blanche! juste ciel !.,... Le paysan eut beau se débattre avec lek gendarmes , et leur expliquer comme quoi une poule ne pouvait conspirer , on les emmena tous deux , pieds et poings lies , par devant le juge d'instruction.

Pourquoi ta poule a-l-elle arbore' la cocarde proscrite ?

Reponds, mise'rable Manœuvre sourde et coupable , exci-

talioD à la haine et au mépris du gouvernement.

Bah! dit le paysan , il n'y a rien de tout ça. Je va vous conter le cas : C'est une jeune powlelte qui pondait, et, sauf vot' respect, vos fines mouches ont pris pom- une cocarde, l'oeuf qu'elle avait au... au... au.... vous m'entendez bien. Si cette couleur-là' les chagrine tant, qu'ils disent à nos [x>ules de faire des œufs tricolores, je n' demandons pas mieux; îBais diantre l'autorité va-t-elle fourer son nez?

DIALOGUE.

La scène se passe à Saint-Malo.

Le Pi'ocureur du Roi de Saint-M..., et M. le Maire de P ,

village à un quart de lieue de Saint-M... [Hislorique).

M le Maire. (Bégayant beaucoup. )

Mo.... o.... o.... sieur lePro....o.... eu.... eu.... eu.,., eu.... reur du roi, je.... <■. .. e.... viens à vos.... os ordres. Le Procureur.

Fort bien , monsieur. C'est pour m'informer des auteuis du délit qui a été commis le 29 juillet dans votre commune , et vous remettre les trois mandats d'arrêt que voici, afin que tous en remplissiez les blancs.

Le Maire.

Je.... e.... e.... n'sais pas c'que c'est, mo ... o.... sieur le pro... o.... eu.... eu.... u.... reur du roi , je n' ce... o.... o...^ nais pas de délit.

Le Procureur.

Écoutez, monsieur, voici un rapport fait d'après M. D...^.*y un des citoyens les plus honnêtes de la ville.

3 Le Maire. Mo.... o.... siaiir D.... D.... D.... c'es.... est un c^.... ca.... ca.... aHiste, et pa.... ar con... on.... on.... se'q lient il a inen... en.... en.... ti.

hc Procureur. M. D....est un très-honnête homme, monsieur, et il assure que le drapeau a e'tc jeté' par un impertinent du haut du clo- cher en bas, et cela dans le cimetière , ce qui est d'autant plus fâcheux , que ces gredins de chouans ont cru qu'il voulait le faire enterrer , et vous concevez , M. le maire.... Le Maire. Mais mo.... o sieu, j' vous.... eus d'mandepa.... ardon , c' n'est pas un im....im.... pertinent.

Le Procureur. Comment, monsieur, ce n'est pas un impertinent! et vous allez le défendre? je prends note de cela; mais suivons. On ajoute que deux individus passant par-là , se sont jetés sur le drapeau pour le déchirer, ces individus ue sont pas tîes carlistes peut-être?

Le Maire.

Non, du du tout Mo.... o... sieur, c'est.... Z,e Procureur.

Cela suffit monsieur, continuons. On dit qu*eo6n comme on poursuivait l'un d'eux, l'autre a emporte' l'oriflamme aux trois couleurs et a disparu sur les sables de la mer. Or, ici il y a un délit , et vous devez connaître leurs noms. Le 31 aire.

J'ai i honneur de Yous o o.... observer que que que que c'est ti.... ti.... ti.... ti.... nulile, ca.... ca.... ca.... car les cou... cou... cou... cou... cou....

Le Procureur interrompant.

Comment, monsieur, inutile? et si on laisse de telles inso- lences impunies , dai.s six mo^s d'ici il n'y aura pas un dra- peau tricolore en France , et avant quinze jours il n'y en aura pas un dans la Bretagne; ces chiens de carlistes! Le Maire. Eh bien! c'est c'est c'est ju.... ustemeut ça; qu'est-ce que que que vous... eus... on; von... oulez f. . f.. f.. f.. faire à à à à des chiens ?

Le Procureur.

Pas de plaisanterie, monsieur le maire, ou je vous regar- derai comme complice ; sachez remplir votre devoir , et que d'ici à ce .soir je connaisse ceux qui ont lacéré notre diapeau , ou plutôt que ce soir ils soient à ma disposition.

Le Maire. Mais, mo... o.... o.... sieur , co... co... ce... comment faire ça ça ça ça....

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LiC Procureur.

Vous m'avez entenrlu, monsieur, qu'on ne rdpMque pas.

Le Maire-.

Mais, monsieur, l'im impertinent qui qui a jetc' le dra- peau, c'est le vent , et ceux qui qui qui l'ont de' <'e'. .. de'...

de de'.... de' de'.... cliiréc'e'taient des... es chiens.

Le Procureur.

Comment, monsieur

Le Maire.

Je dis que que que le vent a a a je e... te' le dra.... a

a.... peau parterre et et et que que que des cliieus l'ont.... ont de'chii'c'.

Co co.... comment von ... ou ou'ez-vous que que que

l'on arrête le vent et qn....qu.... qu'on traduise des chiens en police co,... co.... correctionnelle.

Le Procureur.

Mais, monsieur , que ne pariiez-vous ?

Le 31 a ire.

Eh! Mo... o... o... o... sieur de... de... depuis a.... une heure je ne fais que cela, Mais leju... ju... juste milieu n'^coii... coule persorine.

C'était pendant une nuit du mois d'août i83o, je rêvais que fe'tais à Paris , sur la place du Palais-Royal, au milieu de ce bon peuple, qui ne cessait de crier : f^ive la liberté .^ vii'c la charte, vii'e le Roi-citoyen ., et mille autres vivats, tous très- divertissans pour les amateurs. Je voyais sur le toit une bril- lante compagnie, an milieu de laquelle s'élevait un person- nage fantailique , aff'iblc' des attributs de la déesse de la liberté, qui jetait au peuple, d'un air goguenard et ironique, une multitude de petits papiers sur lesquels on lisait : Pro- gramme de Vhôtel-de-ville , ordre public , reconnaissance des puissances étrangères, confraternité avec les Polonais, sympathie avec les Belges, révolte des Italiens, honneur au héros des deux mondes ! Cette dernière devise m'c'chut pour ma part, je la lus à un de mes voisins qui me dit aussitôt : Levez les yeux, il y est aussi; je le vis en efï'et, cet enfant gâte de toutes les rëvolulions, ce courtisan de rois devenu en 89 courtisan de peuple , pour être lo premier de celte nouvelle cour, ii était obséquieux envers son maîlre , attentif à ses moindres caprices, au point d'ôler sa perruque brune chaque fois qu'on chantait le 4*^ couplet de la Parisienne , afin que chacuu pût hurler sans contresens visible , c'est la liberté des deujc mondes, c'tiJS,\.Lafayette en cheveux blancs; cependant je crus apercevoir sur sa figure /207?/e77^uc quelque trace d'iuquie'- tnde, j'en fis part à mon voisin, qui me dit : Ce n'est rien, tout

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an plus un regret , peut-être le souvenir de ce pauvre cheval blanc sur lequel il carracolait en 89 p(iur faire le joli cœur. Oh ! que non , dis-je à part moi , ce n'est pas cela , il y a qtielque anguille sous roche. Au même instant un (onnerre lointain se fit entendre, le ciel se couvrit de sombres nuages, le brillant soleil de juillet parut s'cleindre à l'horizon, toute la compagnie s'e- clipsa en un clin-d œil , la foule epouvantce s'enfuit, les attri- buts de la liberté disparurent ; il ne resta sur le toit qu'une grande machine mue par des hommes d'assez mauvaise mine. Je crus d'abord que c'était le glorieux moulin de Jemmappes. Non, me dit l'un de ces hommes, c'est le grand tciJgraphe, admi- rable instriunent de gouvernement, «qui nous sert à fabriquer » les nouvelles et à groisir le Ijudget. Regardez , vous allez le I) voir travailler. » Tl tira aussitôt une corde , et la machine fit un craquement terrible; à ce signal , je vis sortir de toutes les maisons une grande quantité' d'hommes pâles et défigures, leur front portail la sombre empreinte du malheur ; ils étalèrent tristement sur la place leurs meubles, leurs linges, leurs lils,en s'e'criant douloureusement : «Tout cela est à vendre, qui viendra nous acheter ? » Alors l'homme du toit cria a son tour : LIBERTÉ, PROSPÉRITÉ, ABONDANCE! vendez, vendez et apportez voire argent , la machine à longs bras vous appcrte une bonne nouvelle. A l'instant il fit paraître un transparent fuv lequel on lisait victoire complè/e ! Ceux qui n'avaient pas vendu paraissaient alors satisfaits. Rentrons chez nous, se di- saienî-ils , demain nous vendrons mieux. Ils rentrèrent donc, et les hommes (h) toit se pavanèrent. «Voyez, disaient-ils, comme avec un peu de gloire en transparenîon satisfait ces bonnes gens.» Celte plaisanterie m'irrila. Croyez-vous, leur dis-je, que ce moyen roussisse Long-temps? Oh! reprit-il, nous en avons bien d'autres à notre disposition ; et en disant cela, il me de'roula avec volubilité' une si grande quantité d'c mensonges , de mystifica- tions , de tours de passe-pas^e , que si je ne m'clais rappelé par hasard la charle-bcrard, j'aurais cru que celte pauvre vérité à ja- mais ensevelie sous tant de déceptions , avait pour toujours dis- paru de ce u)onde. Je m'apprêlais à lepliquer, mais il ne m'en laissa pas le temps; au moyeu d'un tube qui! dirigea contre moi, il me lança ime si grande quantité d'eau que je fiis inonde' de la tête aux pieds. En même temps il frappa trois coups sur la ma- chine, et j'en vis sortir un immense essaim de mouche» ar- uices d'a'guillous. Elles se seraient sans doute jetées siu- moi , SI un coup de canon tiré aux Invalide» ne m'eût réveille' on sursaut. C'était le roi-citoyen qui allait au Chanip-de-IMars. Sur !-on passage , le peuple cririt f^ii'e la liberté ! et je me rappelai avec émotion que c'était ainsi que mon rêve avait com- mence'.

LE PIEGE.

Saii-tu , Nigaudin , comment on prend les moineaux dans mon pays et dans bien d'autres? Je vais te la dire : On met

un prtit morceau de pain dans une cage dont on a soin de laisser la porte ouverte. Sur ce petit morceau de pain , on écrit le mot liberté; les moineaux accourent en criant à leur manière, vive la liberté; ils entrent dans la cage, se jettent sur le pain , et à l'instant la porte se referme sur eux. Com- prends-tu , Nigaudin, le dcsespojr de ces petits gourmands quand ils se voient ainsi victimes de leur sote crcdulitii ? si du moins le morceau (!e pain durait toujours, ou si on ne les plumait pas bel et bien !

Nos ministres avaient beau nous crier : Vous n'aurez pas la guerre ! Personne ne voulait les croire ; personne ne pouvait se mettre dans le cerveau qu'une armée de quatre cent mille hommes n'était imiqueraent destine'e qu'à des revues et à des promenades militaires. Aujourd'hui l'e've'nement prouve jus- qu'à l'e'vidence que la guerre est une chose impossible. Quant à moi, je verrais les Prussiens à Neuilly, mangeant les me- lons de notre roi-citoyen , que je croirais encore au triomphe de la paix à tout prix : tant M. Casimir me parait satisfait de son système !

Savez-voiis que c'est un vaillant homme que ce M. Casi- mir ! L'on a bien raison de l'appeler Tête de fer : quand une fois il a dit non , c'est non , et on le tuerait plutôt que de lui faire lâcher prise.

Se serait-on jamais imagine' quand nos troupes ont franchi !a frontière, tambour battant, mèche allumée, qu'il ne s'agis- sait que d'une inspection sur la place de Bruxelles? Non sans doute. On pensait à la pauvre Pologne ; on se disait en sou- riant : Ils y vont. C'est h route Magdebourg , Dresde, Lutzen, Berlin, tous nos soldats savent ces chemins là... On disait cela à Paris. Mais à Londres on a dit : Je leurs permets... de flèfiler deux ou trois fois devant notre préfet Léopold ? voilà tout... et l'ordre est venu de regagner le pays. Excusez si ça vous dérange. Oh! il n'y a pas de quoi. Allons, allons sac au dos ; vous fraterniserez une autre fois... Peut-on pro- tocoliser les gens de cette sorte!!!

On avait annoncé que M. de Mùntalivet ferait construire un superbe château avec le fruit de ses économies de juillet : il s'est empressé de démentir celte nouvelle par la voie des journaux. Oa était d'autant plus fonde' à croire que ce jeune ministre allait se mettre à bâtir, qu'on sait bien que chacun lui jette la pierre.

Le Juste-Milieu est un enfant bâtard, car il e>t du côté gauche.

M. Dupin voudrait ajouter à ses quinze emplois celui de sommeiller du roi , attendu qu'aucune résolution ne l'expo- çerait à perdre sa place.

7 M. d'Argout demande encore à la Chambre un cre'dit de cinq cent mille iVancs : la paix>le de cet liomme-là vaut de l'or.

M. deTalleyrand disait l'autre jour en montrant sa béquille: Voilà le soutien de la France!

M. de Talleyrand ne boite plus autant, depuis que le minis- tère anglais le lait marcher dioit.

Avis. DeSchon..., agent anii-matrimonial, rjuai d'Orsay, a l'honneur de prévenir le public qu'il s'occupe spécialement de Séparations légales et à l'amiable, divorces et généralement de tout ce qui concerne son e'tat. [Gazette du Languedoc.)

, La perruque de M. de Sémonville a bien besoin d'une restauration.

M. de Lafayelte monte sur ses hauts chevaux, quand on lui. parle de la re'volulion.

Sous Charles X , disait un ouvrier, quand un maître nous recommandait d'aller à la messc nous criions à bas le Je'suite , à bas lacongiégation ! et nous ne faisions que ce qui nous plai- sait. Sous Louis-Philippe on nous fait jeiiner bon gié mal gré, et l'on voudrait nous faire taire.

En dé.i)asquant partout C.le le directeur, Tu crois donc, pauvre sot, lui faire ôter sa place ? Au temps nous vivons, c'est le nieltre en faveur. Dis-en beaucoup de bien , si tu veux qu'on le chasse.

LE CHIEN DE CASIMIR.

Air ; De la complainte de Geneviève de Brahanl.

Approchez-vous, honorable assistance , Marchands , banquiers , médecins , avocats , Venez ici faire la différence D'un chien chasseur d'un qui ne chasse pusj

Favori traite,

La moindre bête,

Avec douceur, Car il n'est pas chasseur.

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D'abord il sait danser les olivettes , Il sait compter jusrju'à diï-liuit raillions : Il fait le beau , puis cent mille courbeltes , Dont je ne puis vous détailler les noms.

Comme son père ,

Il pourrait l'aire ,

Devant vos yeux Le grand sau^t périlleux.

Or donc , Messieurs , avant que sur la place, Ce chien savant vint amuser Paris; On n'avait vu chien de si bonne race Faire des toiu's à si modique prix.

Pour une obole

Il cabriole ,

Et poliment ^

Donne la patte aux gens.

Rappelez-vous que ce chien politique , Toujours docile à ses vieilles leçons . Sut tour-à-tour flatter la republique, Et puis lécher les souliers des Bourbons.

Sache conduite ,

Qui dans la suito

Le fit entre eux Prendre un jus te -mi lieu.

Allons, allons, faisons notre recette,

Mon favori, sans tarder, dresse-toi ;

Tiens , va chercher l'argent que l'on nous jette

Ici, maraud! apporte! c'est à moi.

Allons , Caniche ,

Sois donc moins chiche.

Donne ce bien , Car il n'est pas le tien.

BERARD, Éditeur, rue de Sèvres, n. 94.

Martin, rue de Richelieu, n. 63. Danzauvilliers, rue des Carmes, n. 82. Se vend J Bouchet, rue Saint-Martin, n. 119. chez \ Burion, rueSainie-Croix-Danlin, n. 1 19. Et au Bureau (.l'abonnement et de cor- respondance , rue Fey deau , n. 1 3.

Paris.-.-Impriincrie de Bëllrane.

PLUS

Plus de cancans, messieurs et mesdames; plus de ces petits cancans qui vous faisaient tant rire : le très-juste milieu les a tous fait saisir impitoyablement ! J'ai eu beau lui faire obser- ver que ça vous amusait, que c'était même, par le temps qui court , votre unique consolation , il s'en est moque ; il ne veut de joie en France que celle qu'il donne : et Dieu sait comme il en donne !

En attendant , voilà mes pairvres cancans au greffe , c'est-à- dirp dans le lieu le plus respectable du monde après la prison. Les voyez-vous d'ici entre le stilel de Louvel et le couteau de Papavoine... O Ciel! Papavoine... Une figuie grosse et plate, n'est-ce pas ?... une mère e'pîorc'e, deux pauvres petits enf^ns qui fuient?.,. Figure plate, une mère et ses deux enfans, oli ! quelle mauvaise pensce tout cela me donne ! ! !

Maudit juste-milieu , qui fait de la joie un dclit , et du badi- nage un attentat ! On croit faire des cancans pour s'amuser entre soi bonnement et sans malice, et pas du tout, on aiguise le glaive de la justice , on creuse un abîme sous tes pas , et qui pis est, on de'range M. Persil! Et quand une fois M. Persil est dérange' , c'est l'enfer ; on ne sait p'us à quel saint se vouer..,. O sainte Pe'lagie! priez pour moi !.,.

PRENEZ MA TÊTE.

Un homme avait fait des cancans; le gouvernement le sut, et s'effraya. Le même homme qui avait déjà fait des cancans voulut en faire encore , par la raison qu'une faute toujours en- traîne une autre faute, uu cancan appelle un cancan, abyssus abyssum advocat... Un commissaire de police , flanqué de quatre recors, se présenta au domicile de l'homme ; il^ s'étaient munis de cordes pour étrangler le calembourg au passage , et de poucettes peur lier les mains au coq-à-l'âne.

« C'est monsieur **"" que nous avons l'honneur de saisir ? Moi-même, messieurs; qu'y a-t-il pour votre service? Tout ce que vous avez sur votre table, monsieur. » Ils s'em- parèrent d une tlemi-douzairre de jeux-de-mots, de trois cpi- grammes , et d'une pointe déguisée en brochure. L'auteur dit qu'il s'en plaindrait en justice. 6

a Pas fie cancans, monsieur, rt:f)rit le commissaire, j'ai ordre de les arrêter tous ; en voilà cinq livraisons (!cjà que vous jetez sur la voie publique. De par la loi et le roi , je vous somme de me livrer la sixième, qui est !a pins coupable : vous y prêchez le de'sordre et le règne de la terreur. Vos numéros des Cancans, monsieur, vous le save^ , s'adressent la classe illettrée du peu- ple ; ils sont dangereux en cela même que vous les écrivez exclu- sivement pour les personnes qui ne savent pas lire, he gouverne- ment, monsieur, est instruit de tous les proverbes séditieux , dictons anarcbistes et cancans re'volutionnaire'» que doit contenir votre sixième numi-ro; donnez-le moi : est-il ?

M Le numéro qui piraîLra demain?

. « Justement , monsieur, c'est calui-là qu'il nous faut.

« Le sixième numéro? c'est celui-là que vous cherchez?

« Eh ! oui, monsieur, oui, sans doute; le nurae'ro de de- main, où vous attaquez le gouvernement en face.

« Il vous le faut absolument?

« Absolument ii nous !e faut.

« He' bien , messieurs , prenez-le, il est là. ~o là?

« , dit l'auteur en portant le doigt à son front.

« Quoi , monsieur, ce coupable nume'ro de demain....

« N'est pas encore fait, monsieur le commissaire. Mais pourtant, puisque vous avez ordre exprès de l'empoigner, je suis trop bon citoyen poiu m'opposer à la saisie : le voici, pre- nez ma tête ! »

Le commissaire de police trouva qu'il était beaucoup plus prudent de prendre la porte.

Figaro.

Il faut mieux s'adresser au bon Dieu qu'à ses saints , dit-on. Si la pairie avait eu le bon esprit de se recommander à l'émeute, elle n'en serait pas réduite à cette extre'mite' ; car l'e'meute est une puissance, c'est réellement le droit divin : p^ox populi, vox Dfi.

Le jour elle re'gna , en vertu des barricades, tous les pou- voirs tombèrent à ses pieds , et elle put s'e'crier : Ego sum qui sum! (Je suis ce qui est!) Roi, ministres, préfets, garde- cbampêlres, allumeurs de re'verbères , tout était à refaire , une ère nouvelle allait commencer.

diable la pairie e'iait-ellè donc en ce moment? Si elle se fût pre'seotée un petit programme à la main, elle fût sortie triomphante du déluge, l'cmeute lui eût donne' le baiser de paix, et toi. s ses vieux pe'che's eussent e'te' efface's;' personne alors ne lui eût dit : « Va-t-en ! » car

Le seul pouvoir qui crée a le droit de détruire^.

(comme l'a dit eu prose M. de Cormenin). Mais notre Cham- bre hante hésita à venir tendre la raain dans la rue, et pour- tant e!!e avait sous les yeux de beaux exemples : elle aima mieux garder l'incognito, et remettre sa popularité' à une autre fois.

« Ferai-je le gros dos et la pptte de velours en rampant, comme sous Buonaparte, ou conserverai-je le ton d'nrrogance qui me réussissait si bien avec les Bouîbous? » Elie rumina long-temps ces deux points, et débuta dans la nouvelle pièce par l'exhuma- tion d'une collection de vieux drapeaux ; nr.n^ on ia hua, el l'on fit bien : il n'y avait (\ue l'c'meule qui pût la sauver.

O toute-puissante émeute! heureux celui que tu proti'ges ? Si tu voulais retrousser tes mauclies et hurler deux ou trois fois en ma faveur, ma fortune serait faite.

LE CARLISME.

La mode dit que le carlisme esl un animal. Si j'étais mi- nistre ou de'putè, je lui dirais qu'elle en a menti ; mais, comme je n'ai pas cet honneur, et que je ne jouis pas de leur pre'roga- live , je me contente de lui dire que je crois qu'elle se trompe.

Je pre'tends, moi, que le carlisme, autrement dit légitimiste, royaliste, henriquinquiste, comme il vous plaira de l'appeler, est un homme comme im autre, mais un homme attaque d'une maladie incurable, suivant l'opinion d'tme ca^j^aczVt/ qui a as- sui ë, en pleine tribune, que le carliste e'tait beaucoup plus dan- gereux que le choiera ; donc il y a épidémie, contagion, peste !

Que nos médecins politiques passent quatre jours à se dire des sottises ou des vcritc's , finissent même par se prendre aux cheveux et laissent raoïîrir leur malade faute de soins, je le conçois.

Que M. D(i[)in vole des gendarmes, que M. Lamarque de- mande des lois exceptionnelles, un autre un supple'ment d'agens de polite, chacun son système.

Pour moi, j étudierai ia nature du mal, j'en déterminerai les progrès, j'en signalerai les symptômes, et je lui opposerai des remèdes. Je comm Dce.

S^'m/j tomes. Quant], -pcnclr 6, avec M. d'Argout, du malaise profond qui mine ia France, tout ce que vous verrez vous de- goiUera ; uuand vous vous croirez milheureux parce que vos affaires vont de mal en pis ; quand vous éprouverez des lassitudes dans les doigts eu payant vos ijnpôts; quand, coiffé de la cocarde tricolore, vous sentirez un poids e'noiuie s(U" la tête ; (|uand vous sourirez en voyant (pie le rouge et le bleu du drapeau de votre village s'effacent petit à petit; quand vous regretterez le bien-être dont vous jouissiez, et les places f>i e vous avez perdues, ijuand les gens qui vous remplacent vous feront poufler de rire par leiu-s balourdises; quand vous vous plain- drez du peu de liberté qu'on vous donne; quand vous sentiiez

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çn TOUS l'honneur national se révolter en voyant !a façon dont les étrangers nous traitent; quand enfin la rougeur vous mon- tera au front en pensant que vous ête-. Français , il n'en fau- dra plus douter, vous serez attaque' de carlismc.

Remèdes. Vous prendrez sur le champ le Journal des Dé- bats; sovm, le lirez attentivement, avec cre'dulite', et sans vous en- dormir, si cela est possible. Vous pourrez y ajouter les discours de M.Thiers et les assurances que nos ministres, re'pe'ie's par leurs orateurs et leurs journaux stipendies, nous donnent chaque jour de la bonne intelligence et de l'harmonie parfaite qui régnent avec toutes les puissances. Quand ces remèdes auront opcre', vous irez avec M. Madier de Montjau à la première émeute vous faire administrer une ou plusieurs douches de coups de plat de; sabre; si après cette opcration vous vous sentez heureux, con- tent, joyeux ec satisfait ; si vous ne voyez plus, comme le ge- ne'ral Lnmarque, que nous faisons halle dans la boue ; si vous trouvez le budget mesquin, Montalivet orateur, Sébastiani pro- fond politique et ia France grande et florissante, alors le danger j-era passe ; de ce jour et pendant le temps de la convalescence, nae'ditez siu- les <:ouceursde l'ordre Icgai, de la paix à tout prix, et dès que la peur vous prendra, vous serez un homme sauve', vous ferez partie du juste-milieu.

Dans un duel, un gentilhomme normand nommé Briqueville, qui se faisait aussi appeler de La Luzerne, du nom d'une terre dont il était l'acque'reiir, profita lâchement d'un instant son adversaire avait le dos tourne pour le frapper.

Briqueville, déshonore par cette action infâme, reçut, dit-on, du chtif de la véritable famille de La Luzerne, l'injonction de retrancher de son nom celui de La Luzerne, que jusque-là il avait porté sans réclamation.

Quelques personnes frappées de l'acharnement avec lequel un autre Briqueville poursuit des exilés qui, par leur position, lui tournent bien aussi le dos, se demandent s'il ne descendrait pas du sieur de Briqueville dont il est parlé plus haut?

L'INGBATITUDE.

L'autre jour, je vis venir à moi une jeune fille toute éçlopee- EUe avait perdu un œil, un bras, et elle se traînait à peine sur une jambe de bois : je cherchais dans ma mémoire à me rap- peler ses traits. «Begarde donc, me dit-elle en pleurant, comme ds m'ont arrangée ! N'est-ce pas (jue tu ne me reconnais plus? Non, lui dis-je. Oh! ça ne m'étonne pas; eh bien! je suis la Charte... Est-il possible? El qui donc vous a mise dans ce malheureux état?

Ah ! ne m'en parle pas ; ce sont tous ceux qui m'aimaient

tant, mes iiius fidèles terviteurs en apparence, ceux qui avaient jure de me défendre.

(Extrait d'un article delà Gazette de Bourgogne.)

Quel drôle de temps que celui-ci. mon voisin.

Plus nous avons de héros, et plus l'Europe se moque de nous ; plus nous sommes libres, et moins nous osons parler ; plus no- tre gouvernement est à bon marchd, et plus il nous coûte; plus nous avons de capacités , et plus nous faisons de bêtises ; plus nous avons de lumières , et moins nous y voyons. Singulière pfïanière de faire des progrès.

« L'argent en honnête homme érige un scélérat! »

M. Thiers, dans son discours du 3 octobre, dit que les élec- teurs sont les honnêtes gens du pays.

Voulez-vous être honnête.^ payez 200 francs d'imposition.

Et vous avez cru que ce pauvre Casimir, harcelé' de toutes parts , perdrait courage; vous ne connaissez pas i'homme ; les diflficultés l'irritent , les cchecs l'enflamment. Vainement lui crie-t-on qu'on ne veut pas de lui , il n'entend pas de cette oreille-là; sa vocation est de faire votre bonheur, et il le fera quand même : la preuve, entre raille de même nature, c'est qu'il avait fait appeler à Paris quatre nouveaux régimens de cavalerie. Ces braves soldats, en recevant l'ordre d'un de'part .si précipite, crurent qu'il s'agissait des Prussiens ou des Hol- landais, comme si l'on avait le temps de s'occuper du saltit et de la gloire de la France! Arrive» sur la place Louis XV, on leur a commande iaZre en main, el^tuis au galop, chargez... Ils n'osaient pas. « Allez, allez, frappez sans pitié cette canaille, qui veut se mêler d'autre chose que de payer ses impôts » O peuple souverain ! quand tu criais guerre aux rois, lu pro- nonçais donc ton arrêt, car si l'on te sabre impitoyablement, c'est pour t'apprendre à faire le roi. Cependant Casimir, convaincu qu'un nnni-.lre qui a juré de rendre le peuple heureux bon grc malgré, ne doit pas se borner à le corriger, mais qu'il doit en- core l'instruire, plaçait sur les épaules de son libraire un im- mense manuscrit, et lui ordonnait de le faire imprimer et vendre sur le champ. «C'est donc Ihisloiredes martyrs de la liberté, ou la lormule d'un spécifique contre le choléra morbus? demanda le libraire Mieux que cela, dit Casimir, c'est un extrait des œuvres du roi-citoyen; recueil précieux, dont la France raffo- lera... Je vous avertis qu'on se battra vingt-quatie heures à vor tre porte pour en avoir plus vile, mais n'en soyez pas étonné; dans ce diable de pays, on se hat toujours pour avoir les bonnes choses. Voilà un terrible ouvrage! «lit le libraire en s'en al-

laiit : du moins le^ (*{>teures ne me donneront f)as graod'peine à corriger; les compositeurs de l'imprimerie royale savent à mer- veille l'orthographe à^Jcmmapcs el Valmy,

LES PRISONNIERS EN VOYAGE.

« Parbleu ! dit un malin M. de Polignjc, je serais bien dupe de rester ici à m'ennuyer, tandis qu'il m'est si facile de faire un petit voyage à Paris. Pour le coup, M. le gnuveineur serait par trop ricliciile s'il me refusait celle légère satisfaction. D'ailleurs, ai-je besoin de sa permission? ne suis-je pas libre comme tous les Fiauç:iis, en vertu de la Chartc-veritL- ? » Et aussitôt il tire de son étui un excellent télescope, et le braque sur la capitale.

Mais, à peine eut-il apiiliquc son œil sur la lunette, qu'il re- cule en poussant un cri d'effroi « Grand Dieu! que vois-je? encore une émeute, une re'volulion ! Oh ! non....; c'est ma tête, ma pauvre tête qui m'en forge partout, la nuit, le jour, et jusque dans ma limette! » Et il marchait à grands pas en se frappant le front.

« Qu'est-ce donc, mon ami? dit en entrant M. de Peyron- net ; vous paraissez bien e'mu. Comme vous êtes pâleet de'com- pose'!... Ce n'est lien; oh! rien. Une illusion, un éblouisse- ment; que sais-je? J'ai cru voir une e'meule dans mon te'les- cope. Une émeute! Vous m'effrayez. Mais ce n'est pas pos- sible; i!s sont -si forts, disent-ils... Voyons, cependant. Eh ! mais, vous ne vous êtes pas trompe'; c'e^t bien une émeute, un soulèvement, une quasi-révolte.,.. Diable! des charges de cavaleiie, des blessiîs, des morts.... ; un commencement de bar- ricades. Avertissons le gouverneur; il est urgent «ju'il pre'pare un logement commode pour nos chers confrères : ils ne tarde- ront pas à nous arriver. Attendez doue... Non... je crois que cela ne sera pas nécessaire.... Voyez vous-même; il me semble que !e peuple les tient sur la place Vendôme... »

En ce moment un nuage épais couvrit l'horizon. Les prison- niers ne voyant plus rien, recommencèrent leur paitie d'échecs, qu'ils interrompaient de temps en temps pour faire quelques réflexions sur l'inconstance des peuples et les vicissitudes des choses humaines ; car rien n'apprend à philosopher comme l'am- bition déçue.... Oh! quand donc euverra-t-on faire un cours de philosophie à Péricr, Soult, SébasLiani , Barthe et compagnie? Je ne parle pas de Monlalivet ; il est d'âge et de force a aller étudier chez les frères ignorantins.

EPIGRAMME.

Un ASSO-MMEUR battait son créancier :

La garde arrive, et, pour finir 1 affaire, Les conduit tous les deux devant le commissaire. « MoQsieiU', dit en entrant l'impudent e^taffier.

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Je suis un ASSOMMEUR ; je n'en ai point de honle : La police me paie, et j'ëreinte les gens. Mais, quand l'Etat n'a plu-; bcscin de mes talens, Ne puis-je pas, alors, Ira'cailler pour mon compte? »

Le pape des sain(-simonians a e'ie' condamné à trois jours de prison, pour s'être refusé au service de la garde nationale. C'é- tait, cependant, une beJe occasion de paraître en public avec la crosse en main.

Depuis que les Belges se sont débari'assés de Guillaume, il est toujours sur leur dos.

Tous les coquins entrent en fureur, quand on les menace de supprimer La marque.

Le Casimir est use', usé jusqu'à la corde.

Le juste-milieu consent à tout, or à s'en aller.

Casimir Delavigne compose un chant patriotique pour les cir- constances actuelles, sur l'air du Libéra.

\ i_.

M. Lobau fait bien la pluie , mais il ne saurait faire le beau temps.

C'est une charge que leur ordre public.

La petite reine Dona-Maria prépare un programme pour le jour de son entrée à Lisbonne.

Maintenant , si le gouvernement veut nous mettre au-dessus de nos affaires, il faut qu'il nous loge dans les gi*eniers du Mont-de-Piété.

Un brave homme, qiîi fuyait devant les baïonnettes dans les galeries du Palais-Royal, ne put esquiver un violent coup de croi.se, qui le renversa. Comme on le relevait, il s'écria ; «Qui diable m'avait donc dit qu'on ne recevait ici que des poignées- de main ? » ( L'Ami des Lois. )

LE MINISTÈRE DE PAIX. Air : Et gai, gai, gai, mon officier. Et gai, gai, gai, petite paix,

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C'est toi fjui nous fais vivre . Et gai, gai, gai, petite paix, Ob ! quel bien lu nous fais !

Le peuple veut la guerre ; Entendez-vous ses cris ? Ah ! puisqu'il faut la faire, Faisons- dans Paris. Et gai, etc.

Pe'rier donne a la France Deux ou trois gros budgets, La paix, plus l'espe'rance, Et le reste aux Anglais. Et gai, etc.

Quand la Pologne en cendre

Réclame en vain nos bras! !

Pe'rier lui dii d'attendre....

« La valeur n'attead pas!»

Et gai, etc.

Pour amuser la France, Un ministre badin, Termine une se'auce Enchantant mon refrain : Et g;:^, etc.

Les voyez-vous, dans l'ombre, Arme's jusques aux dents? L'un deux, d'un regard sombre. Compose des cancans. Et gai, etc.

Madier, dans sa re'plique, Dit au roi-citoyen : « Sire, les coups de trique Me Ibnt le plus grand Dien,

Et gai, gai, gai, petite paix,

C'est toi qui nous fais vivre; Et gai, gai, gai, petite paix, Oh ! quel bien tu nous fais !

BERARD, Éditeur, rue de Sèvres, 94.

Se vend chez Martin, rue Richelieu, n" 63, et au Cabinet du correspondant, rue Feydeau, i3.

Imprimerie de G.-A. , Dentu rue d'Erfiirth , n. 1 bis.

Payez au porteur, pour solde des coq-à-rânc, épigramfties et chansons ci-inclus... 10 c Le Flâneur.

CANCANS

101 €A1(EAH

C'est à monsieur Troubletal que j'ai l'honneur de parler?

A vos ordres, citoyen; qu'y a-t-il pour vot' service?

Je viens vous proposerr.ne petite affaire, monsieur Trou- })lelat. J'ai enlemiu parier avantageusement de vos talens; ils ont fait du bruit dans le monde , et je ne >-eraii pas fâche de les mettre à profit : en un mot, j'aurais besoin d'une petite émeute. -

Vous faudrait-il ça tout de suite?

Mais, le plus tôt sera le mieux.

Et tenez-vous à ce qu'elle soit chaude?

Oh ! absolument , il me la faut très-chaude.

J'entends, j'tntends, dans le soigne; au reste, ça de'pcnd du prix (jue vous voulez y mettre : j'en fais àSosous par tête; mais c'est un peu mou... Pour avoir quelque chose de piopre , il faut mettre 3 francs. Avez-vous vu la dernière? Heini, ça ronflait, j'espère! Et quanti on dit, pas un homme d'empoi- gne'...; rien que les curieux, les amateurs. Oh! l'alîaire était bien monte'e... On entendait de temps en temps mes f^rosses voix populaires : A bas! à bas! à bas ! ! Le diable en aurait eu la chair de poule.

Combien voulez-vous que je vous mette de voix populaires?

Mais, je n'y tiens pas.

Ce n'est donc pas pour le gouvernement?

Eh ! non.

C'e>tsans doute pour la republique ou Napole'onlJ? Dans ce cas, il vous faudra des drapeaux tricolores, force drapeaux ; il n'y a que cela pour allumer le peuple...

Vous n'y êtes pas , monsieur Troubletat ; il n'est question ni de la re'pubiique ni de Napoléon If ; il ne s'agit que de faire briser la boutique d'un insolent pâtissier qui est venu s'établir à ma porte, et qui me souffle mes pratiques.

Oh ! c'est bien différent ; c'est une émeute bonrgeoi.se qu'il vous laut. Alors, deux fiacres qui s'accrochent devant la mai- .^on du drôle; une dispute s'engr.gc ; vos garçons et les .siens sortent en bonnats et tabliers blancs; moi, j'ai eu soin d'apos- ter des hommes qui ont aussi des bonnets et des tabliers blancs.

Ils tombent à l'improviste chez le voisin nui vom gêne, et son afFaire est faite. Ileitn ?

Permettez, monsieur Troubletat, je vois dedans bien des bounets blancs ; si on allait prendre vos hommes pour des carlistes?

Quel grand mal! Les carlistes ne peuvent -ils faire une émeute comme les autres? J'espère bien avant peu avoir leur pratique. J'ai travaillt; pour les républicains, pour les buona- partistes, pour le juste-milieu ; je ne serais pas fâché défaire un peu de commerce avec les carlistes. Vous concevez? ce serait une pratique de plus. Ajoutez à cela les petites fournitures bour- geoises, les commandes qui me pleuvent de la province... £h ! eh! eh! {Il se frotte les mains. )

Oh! je vois bien, monsieur Troubletat, que vous ferez de bonnes affaires , si cela continue.

Il y a de bonnes gens qui s'imaginent que, parce que la branche aînée des Bourbons dépensait tout son argent (ce qui, disent-ils, faisait aller le commerce), la branche cadette doit en faire autant. Cela ne s'appelle pas raisonner.

Comment, en effet , supposer à la maison d'Orléans, qui a recouvré à sa rentrée de l'émigration une niasse de biens telle- ment considérable, qu'elle pourrait suffire à la fortune d'une province entière ;

Qui vient de loucher dix millions pour sa part de l'indem- nité accordée aux émigrés ;

Qui récemment encore a hérité de la plus grande partie des biens de la maison de Condé ;

Qui, dans la personne du roi-citoyen, touche tous les mois un provisoire d'un million 5oo,ooo fr. de liste civile, et reçoit encore deux millions de rentes du roi de Naples... ;

Comment , dis-je , supposer qu'elle parvienne à dépenser tout cela?-.. Il y a impossibilité.

MM. les députés se plaindront - ils que la jeune cour imite les scandaleuses prodigalités de son aînée ?

ECONOMIE DOMESTIQUE.

Un personnage distingué, que la révolution de juillet a sin- gulièrement grandi , se promenait dernièrement, suivi d'un seul garde-chasse, dans la résidence bourgeoise de Neuilly, Tout à couple personnage distingué se baisse, et ramasse quelque chose oui luisait au soleil ; c'était une pièce de cinq francs... D abord il hésite, il regarde son garde-chasse, qui, de son côté, lorgne la pièce ronde et lui sourit éloquemmeut...Mais, réflexion faite, le personnage distingué met l'écu dans sa poche, et continue sa pi'omenade.

Un duc ayant fait voir à certains ambassadeurs sa magnifi- crnce et ses richesses, qui sivrpassaient , dit-on , celles de tous les autres princes, leur dit : « Eh bien , messieurs, croyez- vous qu'un homme qui possède tant de trésors ait encore quel- que chose à désirer ? Il ne doit souhaiter, répondit l'un d'eux, qu'un clou pour fixer la roue de sa fortiioe. »

M. Mayeux parcourant V album dun vieux carliste, qu'il vient de trouver :

LA VOLONTÉ BU PEUPLE]

Qu'est-ce ceci? tonnerre! voyons. « Le 26 juillet » Ça

me regarde; lisons. «Le 26 juillet et jours suivans 1789 »

Dis donc i83o! «En présence des mandataires de six millions

« de Français » Oh bien oui! en présence! on ne savait oi!i

les pêcher. «Des mandataires de six millions de Français »

Dis donc de quelques malins qu'on appelle électeurs, et qui se disent la nation. «On fit le dépouillement des votes des qua- « rante mille communes de France , convoquées extraordinai- « rement par le roi pour exprimer leurs opinions sur la Cons-

« titution du royaume » Décidément, il radote, il n'y a eu

de convoqués que quelques centaines d'étudians par les prési- dens de ventes de carbonari , et quelques pauvres ouvriers des faubourgs Saint-Antoine et Saint-Marceau par de gros manu- iacluriers : les uns et les autres se souciaient de la Constitution comme de l'an ^o; mais ils se battaient comme des enragés. Cependant, voyons jusqu'au bout ce que dit ce rabâcheur. «11 « y avait unanimité dans les cahiers sur les trois articles sui- a vans, parce qu'ils exprimaient la volonté constante delà na- « lion dans tous les siècles.

« Art 1*^'". Le gouvernement français est un gouvernement « monarchique.

« Art. 2. La personne du roi est inviolable et sacrée.

« Art. 3. La couronne est héréditaire de mâle en mâle.

« Sur les autres points , 00 trouvait quelques divergences ; « mais l'immense majorité s'était prononcée en faveur d'un « gouvernem-ent analogue à celui que nous a donné , vingt- « cinq ans plus tard, Louis XVHÎ , qui avait bonne mé- « moire.

« Le 26 juillet i83o, le peuple jouissait en paix, depuis « quinze ans, de la Constitution qu'il avait demandée en 1789 , « et acceptée avec enthousiasme en 18 14» lorsque tout à coup « on s'écrie que la Charte est violée par des ordonnances mi- « nistérielles... Les bons Parisiens s'indignent , courent aux ar- « mes, combattent, perdent six mille hommes dan» la lutte... ;

4 « mais ils triomphent... On dt vait croire la Charte à jamais « conso!i''ce, p;i.s du tout ! Huit jours nprès ( le 7 août) , deux « cent dix-neuf'dcpiilf's , (jiii lo'is av.Mtnt solennellement juré, n an moins dix t'ois, ol)/issnnreà celle Cltarîe; qui venaient de « renouveler cesciii entdansles college^^'l(■ctol•3^lx ; (|iii avaient, « dis 'ieiit-ils , man 'at spcViil de ladefendie; qui enfin du l'ond « des caves (où ils .•^'étaient prudemment réfugies pendant l'pc- « tion ) avaient <^x(-if(= !e peuple à -e faire tuer pour empêcher « qu'on n'y poiîâl atteinte... , investis par la victoire tl'un pou- « vo.r dictatorial , la dcVhiièrent, dcclarèrcnt la monarchie une «république, déirôncrent les rois heie' itaires, bâclèrej-.; en « quelques heures (comme dilCormenin) une nouvelle Charfe, « élurent i.n nouveau roi, et rendirent laFrame lieureu.se et « florissante, comme chacun voit. Pauvre peuple! » Il est bon , ce ciihsle, avec .son radotage de Charte et .-a France heu- reuse et florissante!... Liberté', e'gahte , e'meutes et re'compenses nationales, tonnerre! le reste, e'e^t des bêliscs.

L'EMEUTE AU BUREAU.

Ecoutez, messieurs et mesdames, voici un fameux cancrn, un on du, un bruit scandaleux, comme vous le voudrez. Non contente de régner en souveraine dans les rues de Paris, dans la Chambre des députés, et jusque dans le conseil des ministres, l'Emente a éîu domicile dans les bureaux d'une certaine préfec- ture. — Pas possible! Pai'donuez-rooi, dans le cabinet même de M. le prélet. Or, cette (ois, elle n'était pas luiuuilueuse , innombrable, aux mille têtes : non , deux individus en faisaient les frais, le préfet et son secréiaire.

Les voyez-vous, le poing fermé, l'œi! en feu, les cheveux hérissés , se ruant en lions l'un sur l'autre. « Je suis maître ici, je suis préfet! Moi , j'ai été secrétaire du grand Casimir ; j'ai appiis de lui à ne pas céder facilement ma j)lace ! Vous sor- tirez d'ici! Je ne sortirai pas! » et à chaque apostrophe ré- sonnait un coup de poing en guise de point d'exclamation. Les employés, témoins de la lutte, se tenaient dans une respectueuse neutralité ; mais ils se promettaient bien , quel que lût l'événe- ment , de se ranger du parti du plus fort ; c'est la règle. Bref, la victoire se balançait depuis long-temps, incertaine entre les deux champions, lorsque îe vigoureux préfet , cl'iui coup lancé d'une main sûre, abattit son rival à ses pieds. Aussitôt les as- .sistansd'appiau(!iret de congratuler le vainqueur; mais, hélas! il ne devait plus régner dans les lieux conquis par sa valeur : le .secréiaire , en se relevant tout poudreux de l'arène , appela de la victoire.

Le tiiomphe fut déclaré nul et non avenu , et le vainqueur renvoyé' par Ca^mir hors de cour et de la préfecture. Voilà ce

que c'est <\ue d'avoir cte secréiaire de M. Casimir ; on est natu- rellemctil bien ('ans ses papiers.

LA SORCIÈRE.

C'e'tait en i8l3; Is France était couverîe da soldats qu'on envoyait se faire tner eu Allemagne ou en Espagne; on parlait encore d'une leve'e de 35o mille liornnies, et ma mère ne ces- sait de pl( luer. Dcjà trois de >es enfans avaient pcri victimes de l'ambition et de l'avarice de Napoléon et de ses salellites ; mais ces gens-là étaient insatiables, Tun de puissance, les autres d'ar- gent et de distinctions. Aussi , chaque foisq^ela pauvre femuie me regai'dait , ses yeux se remplissaient de larmes. «Peux -tu bien grandir si vite ? me disait -elle avec un tendre reproche ; les enl'ans d'aiilrelois n'avaient pas si tôt la taille. » Je re'pon- dais, en me redre sant de mon mieux , que je serais grenadier , ce qui achevait de la mettre au de'sespoir. Je crois qu'elle eût prélërc me voir devenir bossu que le plus beau grenadier de Fr.'ince ; usais si quelqu'un voulait lui faire grand plaisir, il lui parlait de la paix. Oh! avec quelle joie el'e accueillait cette idée de la paix !! ! « Oui , la paix à tous prix ! » di.-ait-elle. Su;- ce point, elle pensait comme pense aujourd'hui M. Casimir, qui alors n'était pas i\\\ grand homme. ^

Un jour donc que ma mère était plus triste qu'à l'ordinaire, vu que le Monitsur n'était plein que de combats et de victoires , entra chez elle, clopin dopant , une vieille femme toute contre- faite, qui , sans autre préambule, s'écria d'une voix tremblol- tante : «Voici ia paix que je vous apporte ! » Nous partîmes d'un grand éclat de lire; mais la vieille, sans prendre garde à notre irrévérence, prit un siège, se plaça devant une table, et nor.s invita à faire cercle autour d'elle. «Si vous me prenez pour une folle, nous dit-e!!e, je n'en serai pas surprise; si vous me traite:^ de vieille aveiituiière, je vous le pardonne de bon cœur: c'est la faute de votre siècle, et non la vôtre; siècle d'il- lusion et de mensonge, qiu pèse sur vous de tout son poids, et vous captive sous sa maligne influence. Mais retenez bien ce que je vais vous dire. Rien d'imprévu n'arrive sur la terre! tout est calculé; chaque chose a son temps, soa heure, sa minute... L'heure delà paix va sonner ! je vais vous en donner la preuve. » La vieille sortit alors de sa poche uii petit tableau magique, sur le^juel elle écrivit d'un coup de baguette, en caractères gothi- ques, RETOUR. DE LA PAIX. «Comptez maintenant, nous dit-elle, le nomhie des lettres (jui entrent dans la comjiosition de ces mots , retour de la paix ; si je ne me trompe , il y en a quatorze. Or, nous louchons à la quatorzième année du. dix- neuvième siècle , autrement dit 1814 > rencontre complexe des nombres sybillins; c'est le letour de la paix.»

Ma mère, ne se sentant pas d'aise, lit un mouvement pour

6

embrasser la vieille. « Un moment , un moment , reprit celle-ci, modérez vos transports; celte paix ne sera pas longue, elle ne durera que quatorze ans , ainsi que le prouve l'opération sui- vante : I

8

I

4

t4 Après ces quatorze ans, le sang coulera de nouveau , et ce sera d'abord du sang français; les levées d'hommes recom- menceront jusqu'à ce qu'enfin le retour du nombre sacre' r4 ait ramené' les mcmes chances de bonheur, et remis de'finitivement toute chose dans son véritable équilibre ; < e qui n'aura lieu qu'en 1 832 , comme le prouve encore l'opération suivante : i

8 3

2

i4

A ces mots, la vieille disparut, nous laissant tous dans un e'tonnement difficile à de'crire.

Des paris sont ouverts sur la pairie. Va -t -elle signer elle- même son billet d'enterrement, ou se laissera -t- elle enterrer sans cette Ibrmalite' ?

Les pairs anglais , attaques avec chaleur, se de'fendent avec courage; s'ils périssent , ce sera les armes à la main. Nos pairs français, turlupines par les journaux, pelottes par les avocats de la Chambre des députes , et cependant pleins de re'signation , se laissent paisiblement étouffer dans la boue. Tant de longani- mité' finira par e'mouvoir leurs perse'cuteurs , et la pitié' fera en leur faveur ce qu'ils ne peuvent demander à l'estime.

On augmente d'un million la liste civile de tous les re'volte's de 1 Europe re'fugie's en France. Nous sommes si riches, nos pauvres sont si bien pourvus , le budget est si léger, qu'on peut être généreux.

Beaucoup de députés parlent d'un ton haut , M. Madier pré- fère le bas ton. Il prétend que la place de députe' ne vaudrait rien sans le tour de bâton.

Il a vu le bonheur de la France, il en est resié frappé.

M. Madier se conduit de manière à n'avoir pas d'envieux.

La pairie s'est vainement adressée à M. Dupin , il a refusé de la sauver ; mais elle a eu la consolation de mourir sous ses dra- peaux.

M. de St'monville dit que la France sera malheureuse tant que les fonds ne reviendront pas au pair.

Enfin, voilà M. Vigier député. Il faut avouer qu'il a joli- ment conduit sa barque.

Avec sa loi sur le divorce, M. de ScLonen ne craint pas la Sainte-Alliance.

Il n'y a guère que le juste-milieu et les chevaux de fiacre qui soient coutens de la re'volution de juillet. Voyez les pauvres bêles , comme elles s'engraissent à ne rien faire J

Un. journal dit qu'au lieu du lion, les Belges vont prendre pour armes un ccre'visse, avec cette légende : En avant, niar-

chonsi

.^ 1

Lord Grey, le fameux champion de la re'forme , ne veut abandonner ni le roi ni le peuple; savez-vous pourquoi? C'est qu'un certain c'vêque d'Angleterre est très-malade, et que lord Grey, en restant au minis^tère jusqu'à sa mort, pourra disposer de son sic'ge e'piscopal en faveur d'un sien neveu pour lequel il a des entrailles de père. Déjà , en plaçant neveux , cousins , ar- rière-neveux , etc. , il a fait entrer plus de deux millions dans sa famille. Admirez le dévouement des hommes d'Etat de ce siècle !

Le fossé qui enloiu'e le château des Tuileries est d'une grande profondeur... d'idée! Au bout du fossé, ia

AU POUVOIR. * Air des trois couleurs.

Du vieux Paris la nuit couvrait les dômes , Sur son grabat tout un peuple dormait ; Triste , obsédé de livides fantômes, Sous un dais d'or, un homme seul veillait: C'est qu'une voix , à travers le silence , Comme un remords tonnait dans son palais. La voix disait : « Qu'as-tu fait pour la France , « Pour son bonheur [bis] et pour le nom français'

« Quand le Destin jette de nouveaux trônes « Sur les débris d'un trône renverse ,

8

« Pour illustrer et vieillir ces couronne»,

« La gloire doit tenir lieu de paîse.

ft Au faible liras qui mollit sur sa lance,

« Notre pays ne [)<irtloiiue jamais :

« Qu'as-tu donc f;iit pour la gloire et la France ,

« Pour son bonljcur {//is) et pour le nom français?

« Vois, de Lisl)oiine aux locheis du Caucase,

« Ce nom si giaiid , vil jouet du mépris;

« Le l)ili de Loudre et l'arrogant ukase

« Ont décrète ce qu'eu fiit à i'aris.

« Vois ce beau nouj (pi'invoquait l'espe'rance,

« Il esl maudit par le s cœurs polonais ' ! !

a Qu'as-t(i donc fait pour la gloire et la France ,

« Pour son bonheur (ùis) et pour le nom français?

« Certe, ils savaient que l'honneur e3t un culte, « Ces nobles rois que l'erreur a chasses. « Soldats d'Alger, dites, sur une insulte , « Combien de jours autrefois sont passes? a Soudain vola leur sublime vengeance, « Et l'univers snlua nos succès. « Toi , qu as-tu fait pour la gloire et la France? «. Pour son bonheur (iiis) et pour le nom français?

« Tu nous ilisais : « Sous mon brillant empire,

a L'argent et l'or couleront par torrens ; »

« Et la misère, elfroyablc vampire, '

« A desse'cbë nos membres exjiirans! !

« Ab ! rends-nous les ces quinze ans de souffrance ,

a le commerce entassa >es bienfaits!

« Toi , qu'as-tu fait pour la gloire et la France,

« Pour son bonheur ijjis) et pour le nom français ?

BERARD , Editeur, rue de Sèvres , 94.

iV. B. Les personnes qui voudraient doubler leurs aumônes en distribuant ces mandats au porteur, les trouveront à raison de 25 fr. le looo , et i fr. 5oc. le loo ; aux àdressCD ci-dessous:

chez Martin, rue Richelieu, 63,

et au Cabinet du torreSj oii('aiit , rue Feydeau, n" t3.

IMPBIMERIE DE G.-A. DEKTD , ttDE d'eHFOETH, I bis.

Payez au poiieur pour solde île.' coq-à-l'àne, épigrammes et chansons ci-inclus... 10 c. Le Flâneur

FRANÇAIS.

NOS VOISINS.

Veut-o» devenir peuple souverain? Rien n'est plus facile. Un matin on se lève de mauvaise humeur , on pousse un cri quelconque qui est bientôt répe'te' par tous les oisifs do la ville; on prend son fusil , on va se battre deux heures .sur la place contre des hommes qui ne savent pas ce que vous leur voulez, et vous voiià peuple souverain, peuple he'ros, illustre, immortel: on s'applaudit, on se congratule, on endosse la fine blouse, ou laisse croître la romantii]ue nioustache. C'est à en perdre la tête de triomphe ; les marchandes de modes, les parfumeurs ne sa- vent plus auquel entendre : du ruban pour les nouveaux ma- gistrats, des cocardes pour la grande revue nationale, de la graisse d'ours à la rose pour les moustaches de la garde civique. Est-ce tout ? Non ; les darnes doivent aussi manifester leur clan patriotique; elles s'insurgent en masse; en un clin-d'œil elles s'affublent de colifichets nationaux, de babioles civiques, et tout ce beau peuple souverain improvise s'en va frétiller sur les pro- menades publiques, brillant comme la rose'e au soleil naissant... Héros vaporeux ! soldats zephirs! vienne l'orage du soir, et il n'en restera rien.... Oh ! que si fait, il en restera encore quel- que chose. Je vois ces mêmes hommes à genoux , leur lion mu- selé, bâté, les oreilles pendantes, et leur roi d'emprunt se des- séchant de honte. Plus loin j'aperçois un vieux soldat hollan- dais distribuant aux enfans de sa cantinicre de petits fusils belges, joujoux patriotiques qu'il a conquis d'un regard, sans seulement tirer son sabre....

LEUR VOISIN.

Veut-on devenir roi populaire ? C'est plus facile et moins dangereux. On se place sur le chemin d'iuie révolution qui fait semblant de vous rencontrer à propos pour la sauver de ses propies excès. Un compère s'clance dans vos bras, et jurant que vous valez tout ce qu'il vaut. Il vous bai-e, il vous tutoie de- vant le peuple; il vous garantit la république en posant une couronne sur votre tête. Cette nouvelle manière de proclamer

une république païaît bizarre et ridicule à ceux qui ont le temps de reflécliir ; mais ou a tant à l'aire, qu'on ne songe guère à ce qu'on fait, et moins encore comment on fait. Qu'on ne vienne pas au bout d'un an vous c'.erclier sur la place oh l'on vous avait rencontre', ce serait temps perdu. Tant pis pour ceux qui n'ont pas profile de vos e'pancbetnens bouigeois , qui n'ont pas goûte' les douceiu-s de vos caresses citoyennes ; il faut qu'ils s en

passent Ils seraient biea venus, les amis en guenilles d'une

certaine époque , s'ils allaient faire visite à leur camarade dans son château féodal !

A VENDRE POUR PAYER LES IMPOTS.

Qu'est-ce donc? Je regarde : c'est un habit de garde natio- nal accroche à un poteau. Touie la re'volution de juillet est là.

Un homme illumine sa fenêtre : il y met un drapeau ; il achète un hab.t de garde uatioual , nn bonnet d'ourson , un sabre, un fourniment. Il est citoyen libérai ; il va à l'exercice, aux revues, aux parades, aux repas de corps ; il monte sa garde, prend la demi-ta^se, le petit verre d'eau-de-vie, fume un ci- garre, lit le Constitutionnel j les Débats f etc. Jusque-là tout va bien ; niais'un jour, en descendant la garde, il trouve sa femme en pleurs, et point de déjeuner prêt. II eu demande la cause.... La cause ! elle est dans la cherté du pain, la perte du temps, le de'faut de travail, lenormite' des impôts, etc Le Constitutionnel ni le Journal des Débats ne lui avaient dit un mot de tout cela.

Voilà notre homme de'^enchante'. Il s'e'veille comme d'un rêve j il se tâle, il se regarde; il est honteux d'avoir ete si long-temps mystifie'. Quel parti va-t-d prendre? le seul qui lui reste, s'il veut dîner. Il met son habit en vente, « jurant, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus. »

VENTE PAR AUTORITÉ DE JUSTICE.

Le public est pre'venu qu'il sera proce'de', jeudi prochain, au palais du Luxembourg, à la vente d'une quantité' de bardes, défroques, vieux effets, etc., provenant de la succession de dé- funte dame Paieinette, morte du 7 août, sans postérité légi- time.

Ladite vente consistant :

i" En chapeaux retapés à neuf, surmontes de plumes de couleur changeante, teintes, dcteinte's, et reteintes plusieurs fois, suivant l'opportunité des temps et les bénéfices à recueillir ;

En nombre égal de perruques à circonstances, convenant à toutes sortes de déguisemens, métamorphoses et travestissemeus : les dites perruques, réduites à la Titus par les ciseaux du despo- tisme impérial, avaient e'te' restaurées sous les Bourbons, ce qui

l

«îonnera aux acheteurs la facilite de les porter avec ou sans queue.

En jolis petits manteaux sénatorio-re'publico-monarchiques doubles d'hermine, parsemés d'abeilles, fleurs de lis, e'toiles gauloises, etc., très-susceptibles de recevoir encore d'autres al- légories politiques.

En un assortiment de vieilles e'pe'es , recommandables par le long et pacifique usage qui en a ëte' fait dans les salons mi- nistériels, antichambres de consuls, d'emperenr, de princes, de rois, etc., aussi bonnes que neuves, et convenant merveilleuse- ment aux suisses de catlie'drales , musiciens, huissiers de cha- pelles, etc., etc.

En plusieurs drapeaux dits conquis sur les ennemis, très- propres aux décorations des théâtres forains, parades, exercices gymnastiques, convois de grands hommes et ce're'monies de toute nature, destinées à ramener 1 esprit public à des sentimens fa- vorables au parti qui donne les places, les pre'rogatives ou l'ar- gent.

6" Enfin, en une énorme liasse de parchemins et papier de rebut, composée de discoiu's d'ouverture, complimens de con- doléance et d'avènemens au pouvoir, pour républiques, empe- l'eurs et rois passés, présens et futurs ; félicitations sur la nais- sance des princes, avec variations et accompagnements pour toutes les circonstances; proclamations en faveur des vainqueurs quelconques, arrêts de justice pour ou contre, au choix ; chan- sons de table, hymnes patriotiques, républicains, impérials, monarchiques, etc., le tout destiné à être vendu au poids pour l'usage des boutiques et autres lieux... , pourrait être recueilli avec soin par des amateurs. Les girouettes des siècles futurs, les Sémonville , les Talleyiand, les Pasquier à venir trouveraient dans cette précieuse collection des enseignemens pour tous les cas politiques possibles, des iormules laudatives ou diffa- mantes, selon les circonstances, pour toutes les espèces de pouvoirs.

On vous offre la Belgique, je vous défends de l'accepter, en- tendez-vous? (^11 s'incline). Bien, très-bien; on fera quelque cho«e de vous... Maintenant il faut laisser faire les Autrichiens CD Italie, ou si non....

Mais....

Pointdemais; je l'exige (^Jl s'incline.) Bieu, très-bien.... Qu'est-ce encore que celte flotte que je vois, hein?.... Vous

ne voulez pas répondre ?...

Que dire? Dieu mt* pardonne, vous perdez 1 esprit. Avez- vous pu penseï- que je souffrirais...

Re lirez, rentrez. Ou dira ce que l'oti voudra ; q'ie lu'im.; porte ; arrangez-vou-î

4 '

Ah! pour Dieu, ne parlez pas sr haut; je vais leur faire accroire que c'est moi qui l'ai voulu.

C'est cela ; mentez si ça vous arrange, libre à vous.

Ensuite, si ça ne vous gônait pas tiop, je ferais quelque chose pour la Pologne....

Comment ! que dites-vous?

Allons, ne vous fâchez pas... Je dis... que, si vous vouliez avoir égard à ma position ; car, regardez, je ne suis pas tout à fait le maître,... je ferais semblant d'aller en Pologne,... rien que semblant... Vous entendez.

Si vous bougez, vous êtes mort-

Aye.'aye! que je suis mal à mon aise!... Les entendez-vous crier? Ils veulent absolument q.ie j'entre en Belgique... Je ne puis faire autrement, et... et... et m'y voilà pousse'.

Ah ! pour le coup, trère, vous allez me le payer ! A moi cosaques, liullans, baskirs...

Atlendez, attendez, j'cvacue... Ah! les diables d'hommes! Ce:^tegal, je n'y consens pas. Vous entendez vous autres, je

n'y consens pas... ; votre gloue est à couvert. Non ! non ! je n'y consens pas.

Otez votre chapeau, s'il vous PLAIT. [La scène est dans la rue de Rivoli, dimanche dernier, pendant la revue. ) Olez vos chapeaux messieurs (s'e'crie un officier d'ctat-major )F Otez vos ch^^e^ux^ s'il vous plaît. Dites doue, monsieur le de'- core' de juillet, voulez-vous bien ôter votre chapeau! Je ne veux pas l'ôter, je ne veux pas Tôtei', moi !

Messieurs, voulez-vous bien dire à cet autre vieux mon- sieur d'ôter son chapeau, s'il vous plait?

Je ne l'ôlerai pas, monsieur ; c'est un parti pris, et c'est une alfaire de conscience!

Alors allez-vous-en, monsieur, ou mettez-vous derrière les autres ! c'est bien la moindre chose !

Ah! mon Dieu, monsieur, je ne demanderais pas mieux que de m'en aller! Je ne suis pas ici pour mon plaisir, je vous assure ! et si vous voulez me faire ouvrir la ligne de vos dragons de la Charte, vous verrez que je n'y resterai pas long-temps!

Monsieur, de'pêchez-vous d'ôter votre chapeau 1 vous ne voyez donc pas. . . ?

Je ne vois rien, monsieur, parce que je ne regarde pas ; et ce que vous devriez voir, c'est que j'ai le dos tourne'.... !

Vieux entête que vous êtes !... vous mériteriez... ! Et vous donc, monsieur le jeune homme.., ! C'est à vous que je parle, à vous qui êtes monté sur la borne !... Voulez-vous bien ôter yolie cnapcau , s'il vous plait?...

■^Je ne peui pas 1 ôter, monsieur.

5

Comioent! vou^ ne le pouvez pas?

Il ne m'est pas possible d'ôter mon chapeau, monsieur !

Et pourquoi donc, s'il vous plaiû

C'est que je suis quaker., et qu'en vertu de la Chai te-vc- rite'....

Monsieur le commissaire (interrompt brusquement l'offi- cier), allons, s'iJ vous plaît, découvrir la têle à un j)aroissien de l'Assomption, qui vient de se fliire quaher^ afin de ne pas ôter son chapeau. . . .

(Les deux fonci ionnaires se mettent en mouvement avec un air d'into'e'i anre et d'hostilité' tout à fait attentatoire au libre exercice de lareligion du grand Penn, ancien ami du grand La- fayelle; roais ils se sont arrêtes, en observant que la grande majorité des spectateurs paraissait avoir embrassé subitement la raênie doctrine que le jeune homme. [La Mode,)

LAMENTATIONS DE NOS HOMMES D ETAT.

«Tout tombe, tout meurt, dit l'un d'eux (t). Ah! répond « uii autre (2), nous sommes sur un volcan, un abîme est sous « nos pas ; regardez autour de vous , n'apercevez-vous pas les « symptômes les plus effravans d'indifférence, de dégoût et de « découragement? Les électeurs viennent-ils anx élections, la « garde nationale répond-t-elle au rappel, ne donne-!;-elle pas « elle-même sur quelque point l'exemple de la sédition et de « la révolte? Là-dessus ini autre repreitd : La révolution de i83o « n'a produit qu'accroissement d'impôts et privation de travail (3) ; « elle est à I industrie et au commerce ce qu'est la grêle aux o récoltes d'un fermier, etc. (4) »

Ces tristes réflexions voui, font trembler! mais ce n'est pas encore tout. Un député (5) prcten ! que c'est un châtiment '.iu Ciel , et je le croirais assez , quand je réfléchis au mauvais usage qu'ils font de nos richesses : ils ont acheté pour 4 milliards 562 millions de liberté , et n'en ont donné à persontic.

Cependant, ie boa Casimir fait tout ce qu'il peut pour nous rassurer : il soutient que la Frasice est pbis florissante (pie ja- mais; mais on lui ni au nez , et le pauvre homme e^t obligé de dire qu'il s'est trompé (6). Alors il s'humilie, il est prêt à se frapper la poitrine, c'est à fendre le cœur!... Croiriez-vous cju'on rit encoie plus fbit? On fait plus, on dit qu'il se livre à des actes illicites , qu d emploie l'argent du peuple à répaiulre des brochures scaiidaleujes.... Quelle horreur! lui, un homme SI pur! un homme qui ne veut pas seulement entendre parler de la plus petite loi d'exception , de peur d épouvanter la France et d'allumer la guerre civile! un homme, enfin, à qui la plus tiiste justice, les visites domiciliaires, les expropriations par

(1) M. Lamarque, scaiice du 20 oct. (2) M. Cadet. (3) M. Voyei d'Agensoii. (i) M. Gaugier. (5) M. Bcrryer. (6) Séance du 25 nov

6 ordonnances, les arrestations arbitraires siifTîsent pour faire le bonheur de la patrie !.. Et cependant que de peine pour gou- verner un pays comme le nôtre, la vérité se dit sans pudeur, niênie à la tribune nationale! M. Clerc-Lassalle , de'pute, ne lui a-t-il |»as dit qu'il e'taitbien facile de juger à cent lieues, quand on avait un porfefeuille rouge sous le Inas ? N'a-t-il pas ajouté que tons ceux qui avaient perdu quelque chose au changement de gouvernement, avaient le droit de tout faire pour renverser notre bon roi Louis-Philippe, parce que, lui, avait fait tout ce qu'il avait pu pour renverser les Bourbons? Aprè> cela, cion- nez-vous des malheurs dont nous sommes menaces !

LES CONSEILLEURS NE SONT PAS LES PAYEURS.

« Nos ministres ont vendu Alger aux Anglais avant de l'avoir pris : quelle humiliation pour l'honneur national! » [Constitu- tionnel au i^"" avril i83o.)

Pauvre Constilutionncl! Comme alors il était bon patriote! comme il ttait chatouilleux sur le point d'honneur mtional!

Ecoulez, monsieur, le Contitutionnel ^ vous qui avez tant crie' , écoutez :

En i83o, une population enivrée dansait autour de votre drapeau tricolore, que l'arrace elle-même, notre belle arme'e, avait laissé substituer à celui qui venait de la guider à Lj vic- toire. Tous les trônes ébraniés paraissaient à la merci du fléau ré- volutionnaire. Mina et Valdès se disposaient à pénétrer en Espagne ; le Portugal était agité, la Pol )gne et l'Italie étaient en pleine révolte; la Belgique soulevée, n'attendait que votre aveu pour s'incorporer à la France ; cinq cent mille garder nationaux apparaissant spontanément vous les armes, appe- laient à Tinsurreclion , par cet entraînement sympathique des masses les unes sur les autres , tous les peuples de lEurope ; notre marine, parvenue en peu d'années à rivaliser avec la marine colossale de l'Angleterre, revenait victorieuse d'Alger ; le trésor public regorgeant d'or, s'ouvrait pour recevoir celui de la Casauba, le crédit de i Etat avait dépassé toutes les espérances....

Vos capacités libérales sont arrivées au pouvoir : comment se fait-il, monsieur le Constitutionnel., que tant d'éiemens de prospérité aient disparu, que les fonds soient tombés de 25p. loo, que les bois de l'Etat soient vendus , que nous ayons un budget de seize cents millions, qui laisse déjà un déficit de vingt mil- lions? pourquoi cent mille banqueroutes et dix mille boutiques fermées dans Paris? Pourquoi tant d'ouvriers demandant l'au- mône ? pourquoi si souvent des émeutes? pourquoi la Pologne écrasée, la Belgique expirante sous le joug de l'Angleterre, II- ' lalie envahie par l'Autriche, et Alger, Alger, qui vous tenait tant au cœur, blor|ué, et à la veille d'être repris par les Bc-

tlouins? pourquoi , enfin , la France est-elle eiitouiee d'ua triple rang de baïonnelles menaçantes! Re'potidei...

LES CARICATURES. On dit qu'il vient de paraître une caricature qui a pour îilre : les Deiijc Bâtons. On voit, d'un côte, M. de Bourmont qui saisit le sien , à travers une armée de cinq cent mille Turcs ou Bédouins , sur é^?, murs défendus par douze cents pièces de canon; un de ses fils renverse meurt à ses pieds.... Le drapeau blanc flotte au-dessus de sa tête. De l'autre côle' paraît un gê- nerai tenant à la main une proclamation dans |a(juelle il dit aux nobles enfans de la conquête : « Soldats ! vous avez porte le drapeau incolore sur l'Atlas... ( Quelle Parisienne ! ) Ce gênerai, i'ameox surtout pour avoir fait tirer le canon sur une princesse lâchement' abandonnée, envoyé récemment à la Casauba,pour découvrir quelques ordures, après avoir long-temps fouillé,/' ramasse un morceau de bois , je ne dnai pas , en s'écriant : « Je n'ai trouvé que cela , et je ne sais par quel bout le prendre. Gardez-le toujours, lui lépond-on; c'est votre talon de maréchal. »

On dit que la révolution de i83o ayant changé tous les noms et toutes les positions , on ne dira plus la dignité de maréchal de France, mais Ja charge... 11 paraît qu'en eflet la caricature a trouvé que celle charge était de son domaine. {Voir tout-beau lolo-beau , etc. , etc.)

On dit que l'amiral Duperré ayant obtenu, pour la marine, la grosse pièce de canon dite la Consulaire , qui était dans les forts de la marine., à Alger, pris par l'arroée de terre, a voulu faire l'essai de sa portée , et que voyant qu'elle ne portait qu'à une lieue et demie , il s'est écrié : a Je nem'éîonne plus s'ils ne m'ont tué personne; je croyais sa portée double, et j'avais ma- nœuvré en conséquence. »

On dit qu'à une vente decarbonari de Paris, présidée par M. de Briqueville , les frères portent pour décoration le couteau de Louvel , suspendu au cordon tjui termina la Pichegru) les jours du dernier Condé. Cette réunion se nomme la loge Sa in te-Adélaïi le

On dit qu'il est question de porter à 5o nriiilions la liste civile de Louis-Philippe. Nous regrellerions que cette somme ne fût pas alloi:ée : Charles X , avec ses 25 millions, a fait un grand nombre d'ingrats; et il n'y a qu'une voix pour dire qu'avec 5o , le roi-citoyen et populaire n'en ferait pas,

On dit que , pour imiter des princesses qui ont fondé un grand nombre d'établisseraens de charité, une demoiselle amante de la liberté ,

« Et qui fit trois enfans pour elle, «

se met à la tête de l'association des filles-mcres.

On dit qu'à une fête donnée dans un bâtiment devenu rë^ cemment qurisi-palais, on servait du punch au cidre. Vraie représentation d'un gouveinement à bon marché!

On dit qu'un tambour du ù^ batailon de la ... légion de la garde nationale, a élé nomme commandeur delà Légion d'hon- neur, pour avoir ét<! présent à la dernière revue. Un capitaine, un lieutenant^ un caporal ei deuï bizets ont eu ie même hon- neur, et pour la même cauie. St.-J. de Montalembebt.

LE MOUTON VAINQUEUR.

Air : Halte l'a , la garde royale est là.

Dans cette grande querelle On ne sait lequel a tort. Dites que Périer chancelle, Férier répond qu'ilestfort.(Z»w) Donnez à ce politique , En façon de compliment , Un soufflet diplomatique, Il vous dira dans l'instant : Je suis mor Je suis mor Je suis morbleu bien content.

Voyez dans ma galerie Les portraits de mes ayeux , Et djtes-nioi , je vous prie, En quoi je diffère d'eux, [his] Voyez d'abord mon grand père, Homme vil et dégoûtant ; Passons l'autre, c'est ma mère. Voici moii père, à présent :

C'est un por

C'est un por C'est un portrait ressemblant.

Avez leur aigle gothique. Mon vieux, on nous met dedans; On n'Ie tir' pas d'Amérique,

Au pied de celJe colonne, En plein jour à nos héros , J'osais donner ce que donne On l'iirr'ait plutôt du Mans, (Z)/5) L'apothicaire à huis clos, (bis) Quand sur c'te noble bannière Dans mes campagnes premières

J'ai vu r'iuir ses ab-ittis, J'aidit : v'ià zunedrôled'affaire: C'est p't'êt' le not' qu'il on pi is.

C'est un oi

C'est un oi C'est un oiseau du pays.

Je frappais les gens au cœur. Aujourd'hui sur les derrières J'ai retranché ma valeur.

Je suis mou

Je suis mou Je suis mouton le vainqueur.

BER.ARD , auteur et éditeur, rue de Sèvres, 94

N. B. Les personnes qui voudraient doubler leurs aumônes en distribuant ces mandats au porteur, les trouveront à raison de 25 fr. le looo et 2 fr. 5o c. le 100, aux adresses ci-dessous :

Se vend chez îMartin, libraire, 1 ue de Richelieu, n. 63,

et au Cabinet littéraire de M"»^ Henri ,

Palais-Royal, galerie d'Orléans, 197, côté du jaidin.

kiiprimerie le G. -A Dbstd, rue d'Erfurlli , 1 bis.

Paye» au portear, pour solde des coq-4-l'âne, ép^gramme» et cbansocw ci-inclus... 10 c. Lehlanmr.

LÉGITIMES.

LE LENDEMAIN

ou LB FESTIN PATRIOTIQUE.

Les balles ne sifflent plus , le canon a cesse' de gronder, des cris de triomphe se font seuls entendre... ; nos sauveurs raetteot la tête hors des soupiraux de leurs caves, respirent plus à l'aise, osent même se montrer dans les rues. En fouillant dans la^boue des barricades, ils trouvent je ne sais quoi de tricolore, reste informe des voiles du moulin à vent de Jemmapes. Aussitôt mes braves hissent avec suffisance ce rhiflon , improvisent'une mo- narchie domestique , bâclent une Charte à leur usage et conve- nance, et crient à tue-tête : France ^ admire ton ouvrage!...

Grand fut IVtonnement de celte pauvre France en appre- nant , deux jours après , par les conducteurs de Laffitte et Gaillard, que c'était elle qui, sans^s'en apercevoir, avait fait tant et de si belles choses.

D'abord elle se frotta les yeux , s'imaginant qu'ellejrêvail ; puis elle eut envie de niev le (ait; puis enfin , entendant retei;- tir les mots de gloire ^ de liberté^ Ae programme ^ d' éco- nomie ^ de gouvernement à bon marché^ elle se ravisa, et dit : « Voyons un peu ce que tout cela deviendra ! » Ayant dit voyons un peu... elle vit cfFectivcment une joyeuse assemblée de doctrinaiies, plus pansu l'wn , plus pansu l'autre, qui s'e'- taient installes che^ elle, et a^sis sans façon au grar,(< festin i\e» places et desdigmte's ; ils s'en donnaient à bou( he que veux-tu; ils se trouvaient tellecaenl en appctit , qiie les plats ne faisaient que paraître et disparaître devant eux ; on les eût jiris pour des Gargantua, tant ils y allaieot à h-eJles dents. Il est vrai que la -cuisine était bonne et copieuse : c'e'laient de gros budgets à la sauce piquante, des bois de l'Etat à 1 1 maître-d'hô'el, des rentes de toute nature en papillotes, une énorme liste civile à la bour- geoi>ei une petite guerre au coulis d ocrevisses , une vairie aux cornichons , ot force misère au naturel : ensuite venaient , au second service, un ordre public à la tartare, une stricte

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Justice au beuiTe noir , une Charte-vérilé panée et frite , «ne paix à la sau^e anglaise avec des tJlets mignons; puis une li- berté au court-bouillon, escortée & impots merveiiieuseroent engraissés au gro> sei ; et enlîn, às^nsXe jiiste-miUcii de la tabfe s'élevait un gros clindun }?.rçi d'or, entouré d'une quantité' de mauviettes et de petits pitrds.

Nos doctrinaires faisaient chèie de procureur, et buvaient force rasades à la santé de leur cn'dule hôtesse.

Or, cette bonne holesse, c'était la France elle-même ; on fai- sail bombance à ses dépens, en riant des mystifications qu'on lui faisait.... Mais rira bien (|ui rira îe dernier.... lîiJe était , elle voyait tout du coin del'fti!, et prenait des notes à la sourdine; en sorte qu'un beau matin elle protesta contre l'orgie ministé- rielle et doctrinaire, refusa l'impôt sur quelques points, s'a- meuta sur d'autres , s'abstint des élections presque partout, té- moigna son vif méconteritement, s'avi-a enfin d'avoir une autre volonté que celle qu'on lui apiorle fîe Paris par la malle-poste ou par la diligence. Je ne sais ce qu'elle fera de cette volonté ; mais convenez , messieurs les gastronomes , qu'il est cruel de payer la carte d'un festin auquel on n'a pas goûté, et qui vods est remise un beau matin par un préfet que le juste- milieu a tiré <les clubs et des tabagies de Paris, pour vous régenter à sa guise. La France n'est pas faite pour qu'on se goberge à ses dépens. Un jour viendra oîi , lorsqu'elle voitdru donner un repas, elle saura bien le commander, et taire elle-même ses invitations.

LES EFFETS SONT PAREILS QUAND LA CAUSE EST LA MÊMi:.

Ils ne cessaient de dire que l'histoire calomniait la reVolu- tion .... elle , si féconde en vertus, si prodigv;t; en bienfaits I Et ces millions de victimes! ce sang , ces bourreaux , ces têtes royales, la famine^ le maximum, les assignats ! Oui, ce sont de fâcheux accidens d'une ère de renouvellement et de bonheur. Mais, Toyez derrière eux ces grands hommes, ces aigles d'éloquence, ces génies! à leuis pieds tombent eu poudre tant de honteux privilèges, tant d'instrumens d'oppression livre's jadis aux mains de l'incapacité ; tant de titres surannés qui nour- rissaient lorgueil de quelques millier» de fainéans coirompus ; tant d'abus, tant d'usages absurdes et de préjugés golhir|Ues! !!

Et les voilà rasemblanl tout ce qu'ils rencontrent de vieui débris de la vieille révolution , dont ils préparent une seconde édition. —Ah! te voilà encore, mon vieux! Quoiqu'(U) peu

ganache, tu sera le pilier, la pierre angulaire de l'édifice

As-tu ici jours ton cheval ? Tu sais, ton cheval populaire, à la

couleur fi'oilale Il est mort; il fit trois fois dans un jour

le chemin de Versailles sans manger l'avoine. Les chevaux de

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roucoiis le font dix , et ne meurent pas. C'est qu'ils ne portent pas de he'ros de mon poids. De ton poidi!.... e'u bien, soit, Im ira> à pied comme le faubourien Et toi, quoique lu me caches ta vieille c;innagnole sous de beaux habits de cour, je te reconnais ; lu < s aussi de ce bon (euips. Jeune aiors, tu parlais de'jà en grand liomnie. Il faut encore des lanternes ! ! disais- lii à l'Assemblée. Viens, celte gloire le suHit ; ton nom feia le

reste El cet autre , n'e'tait-il pas au sie'ge de la Bastille?

0»ii . oui. Vieiic , frère; mets la cocarde et ton bonnet

Sublime!!! Mainieîiant , oh est le peuple? Il liavaille. A

lui toujours le travail et l.i peine! Diles-lui qu'il est souverain.

Et le peuple accourut , essuyant la sueur de sou fion.t , de peur

de gâter sa couronne La joie fut grande; on n'entendit pas

les eris des mourans , les plaintes des blesses ; on ne vit pas le deuil des mère.-), le desespoir des épouses, les larmes des amis; on enterrait les morts pour ne plus y songer; ou criait pour e'touffer les plainle^ ; on chantait pour ne pas penser. Mais cette fête n'eut pas de lendemain ; le soleil s'est chaque jour levé moins brillant; ceux qui avaient soif de gloire n'ont eu que de riiumilialion ; ceux qui voulaient de l'or n'ont eu que de la mi- sèie ; ousceux ([ui aimaient la France ont mis un crê[-e au bras. L'ouvrier, confus, tourne son œil humide vers l'atelier qu'il a quitte' pour devenir roi. 11 y a eu dans tout cela des cris, du sang , des larmes! Puis la détresse , bientôt la servitude.... Ah! c'est comme à l'autie.. .. l'histoire avait raison!

LE MOUCHARD.

On sonne à ma porte, j'ouvre; un homme bien mis se pré- sente, je le fais asseoir. « Monsieur, vous faites des cancans? Oui. monsieur; et qui n'en fait pas aujourd hui? Oh ! sans doute ; m;iis, j'entends, vous en laites imprimer? Oui , mon- sieur. — Ma foi, ils sont fort jolis, le dernier numéro surtout: oh ! la chanson du Chien est impayable. Vous trouvez ? Savez-voiis que je tremble qu'on ne la saisisse; elle emporte pièce. Mais je te vois pas cela ; c'e..t simplement une plai- santerie sans but , sans inlenliou. Oh ! cela vous plaît à dire. Allons, l'aliusion est claire. Du reste, vous faites bien; il faut liapper ferme sur ces mi-ér.ibles-là; ils nous font tant de mal ! Monsieur a aussi à se plaindre du juste-milieu? Com- ment, monsieur, si j'ai à m'en plaindre! J'c'tai, attaché à l'an- cienne cour ; Madame était remplie de boules pour moi ; la plus iieile perspective m'était ouverte. O maudite révolution , comme elle ma maliraiié! Heureii ement, tout espoir n'est pas perdu, et je viens de recevoir Lnie lellre demi-voix) de là-bas. Ah, ah, (l'Holy-Kood , sans doute? Justement. Oh ! nous nous entendons à merveille. II paraît que ça marche Mais vous

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derez en savoir quelque chose? Pas le moins du monde. Eu ce cas, je vais vous mettre au courant. ( Plus bas) Appre- nez (Jonc qu'avant quinze jours la rej^'ente et sou fils Eh

bien .' Doivent débarquer. Tenez-vous prêt, je vous eu aver- tis. Oli! c'est qu'il faudr.i se montrer. »

En ce moment cnJre un de mes amis; l'inconnu, en le voyant, prend son chajjean , et décampe.

« Sais-tu quel est cet homme? me dit mon ami. C'eçt an, mouchard. Qui te l'a dit? Personne, je l'ai devine. Et moi, j'allais te le dire.»

BOUTADE D'UN CONTRIBUABLE.

Qu'ont- ils fait'de cette France si flori-isante an moment ils à'en sont rendus maîtres? Qu'est devenu ce crédit immense dont elle jouissait , ce commerce qui prospe'rait , cette aetivilé qui rognait dans nos ports et dans nos ateliers? Toutc^-Ia a dis- paiii. Trois jouiS ont-ils sufli pour dévorer le fruit de quinze années d'abondance et de paix? Ils nous ont sauvc's, disent- ils ! et de quot donc, grand Dieu? Y avait-d du danger, pour nous , à devenir de plus en plus riches et florissans? Il tant qu'ils aient une manière de sauver les gens bien extraordinaire. Ne vont-ils pas dire aussi qu'ils ont sauve celle hcroïque Pologne, après l'avoir soulevée contre Nicolas, p'iis abandonnée au cho- léra et au canon russe?.... Pourquoi pas ?.... La Pologne n'est- elle pas trop heureuse d'avoir puye' du plus pur de sou sans; le prolongement du règne des doctrinaires? D'ailleurs, ne leur devra-t-elle pus quelques-unes des plus belles pages de son histoire? Cruelle^^dcrision ! . . . Eh bien , soit! à chacun son lot: aux Polonais la mort et la ruine, mais aussi la gloire ! Au juste- milieu la honte et l'argent; m U3 au filou que lui donnera-t-on? Des honneurs, sans doute, car la montre qu'il m'enlève, il proteste qu'il ne me la vole pas, il me la sauve j comme ces messieurs ont sauve la France.

Les mots sacrés de liberté et de bien public n'ont éié dans leurs bouches que des pièges pour plonger dan-, l'abîme des millions d'infortunés assez aveugles pour s'y laisser prendre , et devenir les victimes de leur m.ichiavclisme. Mais , enfin , ia vérité parle , leur masque tombe ; on les somme de tenir leurs promesses : les croyez-vous déconcertés? P.is le moius

du monde Effrontés comi'diens, ils ne repondent lieu; ils

vous regjrdcnt avec impatience, et, d'un ton insultant, don- nent à leurs gendarmes l'ordre de vous traîner dans lui ca- chot, oîi vous expierez long-lemps l'audace d'avoir ose leur reprocher leuri tuipitudes. iSonl-ce bien la les mêuies hoinu»es qui appelaient le goiivernement déchu un gouvernement de dé- ception et de tyrannie?... Ils nousexcilaieut à !a révolte, et leurs

s^des massacrent au moindre si^^ne de THéconlentement.... Ils <fveillaierit tians nos cœui s I amour naturel de l'ëgalilé et la haine contre toutes les siiperioritcr> sociales, et ils se iont places au- dessus de (ont , et ils ont crée la pire de tontes les aristocraties , celle de l'argent.... Ils s'eflorçaient, par d'a.->tucieux mcnsonî^es, de nous inspirer la crainte chime'rique de la dîiM et des droits féodaux , et ils considèrent la France comme si elle leur était tout à fait inféodée, ou plutôt coranii» s'ils en avaient fait la conquête...

Oui , ce sout Ijien les hommes de la tyrannie de'magogiijue de 93 et du despotisme impe'rial ; nous les reconiiaissons à la liberté qu'ils nous donnent , a la quantité d'or qu'ils absorbent, au sang qu'ils répandent ou qu'ils vomiraient répandre en ne parlant que de pliilantiopie et de paix. Nous les recomiaissons surtout à l'eflronterie de leurs aveux : « Pendant quinze ans , « disent-ils, notre vie ne fut qu'un ti«su d'imposture et de du- « plicite' ; nos actions e'iaient fausses, nos paroles mensongères, « nos serniens pertdes. Mais nous sommes redevenus francs, 0 loviiux , fidèles; le soleil de juillet a opère en nous cette mc- « tamorphosc. Fiez-vous à nous désormais, surtout pour vos « finances; de3intére,s^ement et économie, c'est notre devise : t. nou^ ferons vos alF.ùres à bon pjarchë ! Presque pour rieii , en effet, pour la bagatelle de iGoo millions, c'est-à-dire dtux (biiCê qu'il fallait à Charles X. Pauvre peuple,

Auras-ru «^cnc toujours des yeux pour ne point voîrl

Hier, M. Souït a cru d'un bon eflet de tribune de renouve- ler {' irifdme calôft^nie sur V infâme trahison dont on a cherché à flétrir d'honorables militaires. Ces paroles ont paru an moins cliauges dans la bouche de l'ancien ministre de Louis XVIII , de celui qui dirigeait les mouvemens de l'armée de i8i5, lors- qu'elle fut si /jflZ'//f'r?ien/ disposée pour accueillir Bonaparte, et le porter en triomphe de Grenoble a Paris.

Du reste, aucun Français, digne de ce nom, n'a oublié la noble réfutation de cette calomnie, pronouc.'â le i5 mars i8i5 à la Chambre des députe's, par le duc de Feltie, au inoineut oii M conduite contrastait si bien avec telle des véritables traîtres, de ceux que la postérité frapj era d'im juitc mépris.

BIGARRURES.

Un individu cité comme témoin devant le juge d'instruc- tion du tribunal de la Seine, a déclaré, dit-on, être agent de sûieté attaché à la peraouue de M. Séb... , il a exhibé les arnici, dont il est porteur en raison de sou niinlslère, un jioignaid et

(\cu\ pistolets floubles. Cet homme , si l'on en croyait les mau- vaises langues, serait un mameluck. que M.Se'b... , alors ambas- sadeur à (^onstarilinoplc, aurait cliuisi par ordre de Napoléon pour les expe'ditions secrètes de sa majeslc im[ieriale e( royale. La nourrice de M. Scb... l'aurait menacé de le sevrer, s'il ne renvoyait pas ce vilain homme qui lui fait peur. M. Se'b.... se serait rois à pleurer. La nourrice, attendrie, aurait chante' , f)0ur le calmer, dor/o , Vcnfant dort ^ et M. Se'b.... se serait endormi dani ses bras , après avoir ferme doucement sa porte , crainte d'interven- tion. Nous attendrons son re'veil pour enregistrer, dans un can- can officiel, !e 54' protocole de cette négociation importante.

On raconte qu'un personnage nouvellement illustre', oubliant tout à coup qu'il renUait chez lui , pria moileslement l'huissier de l'annoncer au maître.

Nos nouvelles grandeurs nous rappellent souvent ce laquais enrichi, qui, au sortir d'une visite, renioiitait derrière sa pro- pre voiture.

Les Belges ont fait fiapper une me'daille, avec cette légende: Au eue/ hardi. D'un côté, 1 on voit deux princes français pas- sant u«e levue à Bruxelles ; et de l'autre , un coq faisant le beau, se pavanant d'im air de protection, et chantant victoire sur un lion enchaîné et demi mort.

M. fl'Argout vient enfin d'entrer largement dans la voie des économies; il a supprimé la moitié des médecins des bureaux de bienfaisance , qui ne. touchaient aiscuu traitement.

En voyant de quelle l'açon on chassait les tra pistes de chez eux, un paysan leur dit : Ne craignez rien, mes révérends pères, Louis-Philippe protège la France et la Trappe.

M. Gisquet sollicite du ministère un fusil d'honneur pour la belle empiète qui lui a valu un si beau procès.

Lord Grey appuie vivement sa demande , et .Tohu Bull y so- lennellement convoqué sur le quai de la Ferraille de Londres, a volé en sja faveur une récompense nationale.

Quelques indiscrets se sont |ilainls à nos bons amis les An- ii^iais de la mauvaise qualité des fusils qu'ils nous cnt vendus si cher. Ils ont répondu , quant à la (jualité, que c'étaient des armes de paix , quant au prix, que c'était un secret d'Etat.

Celui qui part du Palais-Royal , parvenu aux Tuileries , esl à moitié' chemin pour arriver à la place de la RovolutioD.

Les ministres font acheter des fusils par M. Gisquet, et les contribuables craclient au bassinet.

Parmi les plantes exotiques et indigènes dont on doit orner le potager desTuileries, on admiie, dit-on, un maga'ifi{]uechoua:- blcinc que le juste milieu de'die à la re'volution de juillet.

Nous avons appris, avec satisfaction , que M. Gisquet, pre- mier ferrailleur de France, avait donne un magnifique assaut d'armes en faveur des ministres. M. Gisquet a prouve dans cette circonstance qu'fl n'e'tail pas à ses premières armes.

Bien des gens prétendent que les fii?ils de M. Gisquet ne sont que des pistolets de poche, et que plusieurs excellence-> en ont rempli leurs goussets.

LA GLOIRE ET LES BOUTIQUES. Air : Un jour Satan dit à ses pairs.

Le conseiller d'un roi nouveau

Prit un jour ses balances ; Il mit la gloire en un plateau ,

Dans r.'iutre ses quittances : Puis il fit adroitement Pencher le plateau marchand.

« L'avis des pacifique-. ,

Ma foi , dit-il , l'emportera ;

« Louons donc nos boutiques;

« Pour la gloire, on verra.

« Pour confirmer l'arrêt du sort

« Et payer nos avances , « L'Europe, en me voyant si fort, « Sans nulles réticences , « A la révolution « Donne l'absolution. « L'avis des pacifiques , « Ma foi , messieurs , 1 emportera , etc.

« La gloire est un mot sans valeur ;

« Le pojitil lui manque. « Les billets qu'endos.se l'honneur

« N'ont pouit ixmrs à la Banque.

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« Puis, en tous temps, les lauriers « Ont fait baisser les loyers. . v ^,

c L'avis des pacifiques , ^ •'

« Ma foi, messieurs, l'emportera, etc. i

« Ne nous laissons pas emporter

« A l'ardeur de ratla({ue : « Sayons-nous jusqu'où peut porter « l^a Innce du Cosaque? « Les tiônes nouveaux bâtis « Ne sont que sur pilotis. « L'avis des pacifiques , « Ma loi , messieurs l'emportera, etc. « La misère «'t le de'slionneur

M Font bièche au nouveau trône; « Ne pouvant parler euraiuqueur, ^

« Je demande l'aumône. « Mais souvent un pot fêle' *< Plus loin qu'un neuf est allé. a L'avis des (lacifiques , « Ma loi , messieurs, l'emportera, etc.

Aussitôt nos badauds en chœur,

Dans leur outrecuidance, D'applaudir à leur orateur. En narguant notre France. Surtout les mines à'Anzin (i) Dominaient dans le refrain : « Oui, >oyons pacifiques-, « Le charbon , morbleu , se verv^*' i ; « Nous louerons nos b*)utiques ; t pour la gloire , on verra. »

(i) Les mines de charbon d'Anzin appartiennent à M. Pé'ier. 9aoi cet incident , l'oq assnrc que la Belgique eût été réunie à la France»

BERARD, éditeur, rue de Sèvres , n" 94.

iV. ^. Les peréonnes qui voudraient quadrupler Iturs aumônes en distribuant ce» mandats au porteur, les tiouveront à raiion de 25 fr. le looo, aux adresses ci-dessrous :

Se vend chez Martin, rue Richelieu, 63,

et au Cabinet littéraire de M™" Henri , Palais-Royal, galerie d'Orléans. 197, côté du jardin.

Imprimerie de G. -A. Dentu, rue d'Erfiirth, 1 bis.

^ayea au porteur, pour solde des coq-à4'âiio, épigrammes et chansoDs ci-inclu8... I0c. Le Flâneur.

, \^ ^

OFFICIELS

Ce titre vous choque! cependant, chez un peuple à la merci des songes-creux , rien de plus officiel qu'un rêve, et c'est par nous cominencons.

LE RÊVE D'UN GARDE NATIONAL.

« J'avais manœuvre' toute la matinée au Champ-de-Mars, et je rentrais aucorps-de-gards, mourant de faim , transi de froid, le ccEur bourrelé de railles pensées affligeantes.

« Il est des monjens douloureux dans la vie l'homme a be- soin d'appeler à sou secours toute la force d'âme qu'il possède,

pour ne pas succomber au de'se<-poir J'avais laisse' le malin

naa femme et mes enfans dans le dénuement le plus complet, nous avions atteint le dernier pe'riode de la misère. Ce tableau déchirant de ma famille entière prête à succomber aux horreuis de la faim, venait à chaque instant du jour se piësenter à moi et bouleverser mon âme ; aussi avec quelle reconnaissance , dès que la nuit fut venue, acceptai -je l'offre que me Ct un ami de me remplacer !

« Il faut être en même temps époux, père et malheureux, pour juger de mon empressement à rejoindre ma Inste famille ; mais, hèlas! ce n'était poitr moi que changer de supplice!... Ma pau- vre femme, dès qu'elle m'aperçut,se jeta dans mes bras en s'effor- çant de sourire , tandis que de gros>es larmes, sillonnant ses joues flétries parle malheur, trahissaient sa douleur... Elle me montra mes enfans endormis. «Du moins ont-ils mange' ? » m'écriai-jc... Elle m'indiqua tlu doigt un reste de noiuriture grossière qu'elle m'invita à partager avec elle.,. C'e'lait comme pour ne pas mou- rir encore ! Bientôt après nous essayâmes de prendre quelque repos. Mais que le sommeil est lent à se rendre aux désirs (\ç.ii malheureux! Que de plainte», que d'entretiens douloureux avant de l'obtenir! «Hclas! me dit ma femme, ([u'est devenu le temps tout prospérait dans notre ménage, rien ne man- quait non seulement à nos besoins, mais encore à no, plaisirs! Après chaque jour de fête > au retour d'une promenade agi cable , nous rentrions joyeux, sans autre crainte que celle du j)arli- preireou delà congrégation , dont It Constitutionnel ne cessait de nous menacer, ennemis invisibles que nous n'avons jamais pu découvrir, et qui ne tîous empêchaient pas de faire honieurà ncM

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allai» es. Mais aujourd'liui!... N'achève pas, lui dis-je, celte (X)!Tipa raison me lait mal, c'e>t redoubler nos maux inutilement. »

« En ce moment, un oi'i^ue viutexocnfor sous nos fenêtres l'ou- verture (In Jeune Henri. « Je uesais pourquoi, dit-elle, cliaque fois que j'entends cet air, l'espeVance renaît datis mon âme; il me semble alors rjuà ce long deuil doit succcder un jour d'al- légresse et de paix ! » L'orgue continuait , et peu à peu nous nous endormîmes, bercés par de douces illusions; mais bientôt ce ne fut plus l'orgue que j'entendis, ce fut une ravissante symphonie exécutée par un nombre infini d'instrumens qui jouaient l'air de Chnrnuinte Gabrielle. Je me trouvai moi- même transporté dans ime vaste enceinte que j'eus d'abor'i quel |ue peine à reconnaître pour la grande cour du Louvre, tant elle était parsemée de (leurs, ornée de guirlandes et pom- peusement décorée des ricbe> lenlure> des Gobslins.

« Tout autour s'élevaient tle magnifique^ amphithéâtres encom- brés d'un peuple immense citigamment vêtu , qui s'abandounait aux transports d'une joie délirante Ma femme et mes enfans e'taienl à mes côtés, partageant l'ivresse générale. Dans l'en- ceinte se trouvaient réunis les grands-dignitaires du royaume, les nombreuses députations (le toutes Ie-> pi ovinccs , de toutes les gardes nationales du royaume, de toutes les cours de justice et de tous les corps de l'armée. Tous se pressaient au picil d'un trône richement décoré, qu'entourait une foule de jeunes en- fans de dix ou douze ans, beaux de grâces , de fraîcheur, d'en- gouement, et vêtus, avec une élégante simplicité, à la manière des anciens gardes-du-corps.

«En ce moment le canon des Invalides se lit entendre ; l'allé- gresse redoubla... Une femme entra, et tous les coeurs voîèrent au-devant d'elle La foule avide de la contempler se pressa sur son passage. Ou ertt dit que chaque spectateur reb.-^enlait pour elle les tran.iporls de l'amour le plus tendre; on cherchait a le lui témoigner par tous les moyens possibles : les uns se jetaient au-devant d'elle en lui tendant les bras comme à leur libératrice ; les autres, plus rapprochés, baisaient ses mains, qu'ils arro- saient de leurs larmes. . . C'étaient des larmes de bonheur, celles-là étaient douces à répandre!

« Au milieu de ces scènes attendrissanSes, descrisdev/Ve le roi! vinrent frapptr les oreilles; d'abord éloignés, ils se rapprochè- rent insensiblement, et bientôt ne formèrent plus qu'un concert général qui s'éleva jusqu'au ciel.

c Mais comment peindre l'enthousiasme , le délire de ce boa peuple à la vue du jeune prince qui entrait , ayant à sa droite le vénérable doyen dos maréchaux de France, à sa gauche le noble comlci de Rergorlay, et à sa suite tous ceux qui avaient conservé pure de toute souillure la dignité du nom français!

l

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a Mon imagination ne peut me fournir cl 'expressions pour re- produire tout ce que je vis , tout ce que j'entendis , tout ce que j'e'prouvai : c'était tout » la fois un me'lange d'émotions tou- chantes, grandes, ge'ne'i -uses, et des transports brujans, quoi- ue respectueux , qui se .nanifestaient par des exxîlauia tiens , par es cris , par des larmes , par des gesJes , par des clans qui e'bran- laient les cœurs les plus froids , et qui , eu parcourant toute l'assemblée comme une étincelle électrique, ne faisaient de tant d'âmes qu'une seule âme, de tant de senlimens qu'un seul sen- timent... Les mères croyaient revoir un fils , les jeunes gens un frère, tous un ami, un ange tulclaire et réparateur...

«Cependant, le jeune prince s'avançait rayonnant de joie et de bonheur de se trouver au milieu de son peuple; il saluait affec- tueusement tout le monde, et tout le monde le lui rendait avec îiflection Les plus fiers TepubHcains eux-mêmes paraissaient at- tendris : Raspail , Cavaignac, Trelat , avec une large cocarde blanche à leur chapeau gris, semblaient partager f ivresse gé- nérale. Mauguin, Lamarque, Cormenin applaudissaient avec trans[;ort; la joie était sur tous les visages ; on ne voyait de honteux que les plus infâmes auteurs de la comédie de quinze ans , ils se cachaient derrière les r arches du trône, comme pour lui demander protection contre j mépris public Un huissier les priait poliment , mais d'im ton ferme , de se tenir à une dis- tance respectueuse. Le prince pariait familièrement à tous les autres; il semblait heureux de les entretenir, comme eux-mêmes fêlaient de le voir, de l'entendre. Cependant, un sentiment de pitié lui faisait tourner quelquefois les yeux vers les comédiens. «Allons, messieurs, leur disait-il avec cet abandon, cette ai- mal)le naïveté de son âge qui n'ôtait rien à sa dignité, allons, ne faites plus la moue : je n'aime que les gens de bonne hu- meur ; il faut que tout le monde soit heureux : c'e-.t ime con- dition de mon retour, et la seule chose que je commanrlerai jus- qu'à ce que je [>uisse conduire nos braves à la victoire. Allons,

allons, faites comme mes cousins Que tout soit oublié entre

nous...; mais plus de comédie!... jo n'en veux plus qu'au théâ- tre. » Alors les vivats redoublèrent , l'orch stre joua f^we Henri IV \ et les Belges , qui venaient de mettre aux pieds du roi nne couronne qu'il avait acceplée , répétaient avec nous le lefia^n du I3('ai nais.

«La régente allait parler ; un silence religieux semblait atten- dre ies premières paroles, lorsqu'un maudit rappel me réveilla en .-tiisaiit pou!- all'-r, une arnie glaciale dans les bras, faueface à l'émeute. Celle fêle brillante avait disparu; cttte gaieté, ce bordieiii , cette aisance , celte concorde que j'avais vus partout dans mou rêve, avaient fail i)laoe aux plus accablantes réalités. Celait twi jours mon grabat, n)a misère, mes craintes, mou

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cWsespotr; c'était Parts dans la tristesse, avec see ateliers dé- serts, ses neçccians en banqueroute, et son peuple en haillons portant ses nippes au Mont-de-Piclc. Ah! pourquoi mon rêve a-t-ii fini si tôt? Pourquoi Chut! chut! M. Persil écoule. »

A M. LE RÉDACTEUR DES CANCANS.

Vous ne trouverez pas mauvais, njonsieur, qu'un homme du juste-milieu, et qui, à ce titre, jouit souvent du honheur de s'as- seoir à la table du grand Casimir , juste-milieu incarne , vienne en toute charité vous exhorter à ouvrir les yeux sur votre con- duite. Vous dites sans cesse des verite's insupportables dans un gouvernement comme le nôtre : elles rendent palpables les pe- tites fourberies, les patriotiques impostures que nécessitent les circonstances ; vos Cancans .'burmillent de révélations i'i por- tunes, qui sont autant de crimes de lèse-minJstres ; enfin, tous vos efforts 'ne tendent à rien moins qu'à de'senctianter le peuple , et à lui faire entendre que des vessies ne sont pas des lanternes.

Quel desastre, si vos projets se re'a lisaient ! Quel malheur pour la patrie . si vous par"eniez à vos fias ! On ne voudrait plus de re'gime sous lequel nous vivons ! la simplicité des pré- tentions politiques de nos amis ; leur admirable de'voiiement pour la France, l'honneur du nom français, si bien de'fendu par Sé- bastiajii , la prospérité du commerce, si bien assurée par d'Ar- gont ; les progrès prodigieux du crédit public; la joie enivrante de nos ouvriers tellement enrichis par la révolution , qu'ils ne font plus rien, et tant-d'aulres bienfaits de nos glorieuses journées, qu'il serait trop long d'onuratTer : tout cela disparaîtrait I... D'ailleurs, quelle ingiatitude de votre part! Si toute la France retentit de vos cancans, si tout le monde rit tie vos lazzis et de vos épi- grammes, c'est à ce gouvernement bienfaisant que vous en êtes redevable; les cent bouches de la renommée fussent restées muettes sur votre compte, s'il ne vous avait forcé d'écrire en vous destituant. Croyez-moi, monsieur, rentrez dans la Ixanne voie : venez participer aux faveurs dont jouissent les journa- listes qui chaque jour nous encensent. La table de nos excel- lences TOUS est ouverte i et, soit dit eu passant, elle est assez bien .'■crvie, sans^compter les miettes qui en tombent de temps en temps. Or, ces miettes, savez-vous ce que c'est? écoutez :

Si vous pensiez que remplir votre ventre tons les jours de vo- tre vie à côté de tant de braves gens qui ont abandonné géuéreu- hcmeat une famille vermoulue, une «lynastie qui avait eu l'im- pudeur de les combler de bienfaits , fût troo p. u de chose pour votre mérite, nous aurions à vous offrir une petite préfecture , ou une place de procureur-général , ou enfin toute autre charge de peu de travail et de gros rapport. Un homme qui fait des cancins tels que les vôtres peut viser à tout. Voyez l'aticien

récfacteiiv du Figaro se pavanant dans sa piëfecture. L'eau ne vous en vient-elle pas à la bouche ? Dans ce bon pays de France, on peut, en suivant de 'nobles traces, vendre aux enchères son indépendance, sa liberté, son honneur, etc. Nous en avons de beaux exemples sous les yeux. Voici donc, monsieur, quelle serait la marche à suivre pour mériter qu'une excellence dai- gnai jeter sur vous un regard de bienveillance (et vous pouvez pre'sumer cosnbien pent être lucratif un pareil regard ) : vendez vos Cancans à la manière de tels, tels et tels journaux , ))rocla- niezefîronte'ment votre indépendance, votre he'roïsme de carac- tère , votre puissance de volonté*, et votre fortune sera t'aile. J'ai l'honneur d'être, etc.

Le Plat, intendant de toutes les cuisines du minis- tère, rue du Bon-Marché , place des Dupes , tout près de la rue de la Misère.

COURS D HISTOIRE.

Aujourd'hui, messieurs et mesdames, je vous l'avouerai» je suis fort embarrasse' pour remplir mes huit pages. D'abord , pas le plus petit mot pour rire ; pas seulement un propos , pas un misérable cancan. \je juste- milieu, qui ordinairement fait tant de frais pour nous amuser, est d'une maussaderie , d'ime , monotonie assommante. Voici déjà vingt-quatre heures qu'il n'a pas fait de nouvelles bêtises, rien que ses bêtises ordinaires , qui sont devenues tout à fait triviales à force d'être répétées depuis nos glorieuses. C'est un vrai guignon. Si cela continue, nous sommes perdus nous autres pauvres cancaniers, qui ne vivons que des sottises d'autrui.

Et cependant gardez-vous de m'accuser de négligence. Pour suffire à vos besoins, j'ai couru, Dieu le sait ; j'ai battu le pavé à droite , à gauche , interrogeant le tiers et le quart. Que dit-on d'intéressant?.... Savez- vous comment vont les choses?... Ap- prenez-moi enfin quelques nouvelles Rien, partout rien !

c'était désespérant: Encore, me disais-je, si notre roi-citoyen avait quelque revue à passer : sans doute , en me rendant sur les lieux , je trouverais de tjuoi gloser ; on y rencontre toujours des gens mal appris qui ne veulent pas ôter leur chapeau , et des gendarmes bourrus, transformes par le juste- u)ilieu en professeurs de politesse , qui vous décoiffent les gens à coups de baïonnette pour gagner leur argent.... Puis des disputes s'en- gagent, de piquantes vérités jaillissent de mille bouches que la faim rend éloquentes et spirituelles. Pendant ce temps, sa ma- jesté passe devant vorij.; alors ou entend des gens, cpii portent la canne et l'épée , dire avec affectation , et en che-i ch uit a produire de l'écho : «Oh! qu'il est beau! qu'il e^t bien portant !.... Voyez donc comme il «.ourit agréablement!.... comme il esjt

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poli ! toujours, en tonte occasion ! Chapeau bas ! » Le ftiit est qu'il n'atlenH pas que des gendarmes lui ôtent son chapeau.... Bas, toujours bien bas, c'est son attitude favorite. Si même quelque vétéran de la révolution laisse tonïl>er le sien, il s'em- presse de le ramasser, et de le lui rend' e.

Le grand Lafayette reçut un jour cet honneur; et à dire ▼rai, c'e'tait ma foi bien juste. Quand on a donne' une coui-onne à quelqu'un, comme s'en vante l'homme des deux inondes, fait-il trop, le prince qui vous la doit, en relevant votre cha- peau ? Qu'en dites-vous, messieurs et mesdames?

Mais raisonnons un instant Lequel pre'fcreriez ^ vous du

chapeau ou de la couronne?. . Pour moi, j aime encore mieux iriou' vieux chapeau de vaincu qu'une couronne toute neuve, " lïit-elle citoyenne , fût-elle bourgeoise, et m'eût-elle cté, comme dit Chateaubriand, du haut cVune fenélre , lancée à la tête avec un pavé; ce qui, du reste, à mon avis, ne pourrait que Ja rendre plus pesante et plus diflicile à porter f>onr ime tête aussi légère que la mienne....

Non, non, point de couronne; ça m'irait mal, comme à vous, comme à bien d'autres.

Vx puis ça ne convient pas à tout le monde : certaines gens eussent mieux fait de ne s'y pas frotter; vous comprenez bien que je parle des usurpateurs... M. Persil , la colère vous monte au front ; calmez-vous : ce n'est que de l'histoire, et de l'histoire ancienne. Or, comme l'histoire n'a rien à de'méler avec les re'- quisitoires d'un procureur-général à pied ou à cheval , messieurs et mesdames, à défaut de cancans , faisons de l'éi'udition.

J'ouvre donc mon livie , et je lis : «Philippe, usurpateur, homme de basse naissance (quelr|ues-u:is le disaient pelit-hlsd'un cocher, d'autres lils d'un guichetier), fit luer Gordien par des soldats , l'an 249 1 et s'empara de l'empire- Je ne vous dirai pas toules les fêles qui eurent heu à ^on avènement; je ne vous par- lerai m des illîuninations ni des feux d'artifice, vous savez ce que c'est qu'un enthousiasme de quarante-huit heures : mais je vous dirai que peu de temps après on lui coupa la tête, ainsi qu'à son lils, par ordre de Decuis, qui lui succéda Terrible exemple! «Ne faisons pas aux autres ce que nous ne voudrions pas qu'on nous fît. » Passons.

« Jj'..n 238, Maxunien, élevé à l'empire par les troupes ré- voltées, fut mis à mort; ainsi que son fils, par les mêmes troupes, et leurs tèles furent reçues du peuple au milieu des re'jouissances publiques. » Et de deux I

«L'an 'i5i, l'usurpaleui Decius fut mis à mort par Gallus , chef des troupes ; sa mort , ajoute f historien , fut regardée comme une punition divine. » E' de trois!

•i L'an 253, los sol lats révolte'» '.U'.TOtit !es empt^reurs Gallu<

7 çt Volusien son fils, pour élire Emilieu , qu'ils firent périr au bout de (juatre mois. » Après cela, fiez-vous à des révoltés! Et de quatre!

«L'an 269, l'empereur Valérien , qui avait usurpé l'em- pire, fut pris par Sapor , roi de Perse, qui se servit de lui comme d'un marche-pied pour montoJ* à olieval , et le fit en- suite écorcher et mettre dans le sel. » Et de cinq.

« L'an 353, Maxences'étant révolté contre l'empereur Cons- tant, se fit élire à sa place; mais vaincu fleux lois par un gé- néral resté fidèle à son souverain, il se tua lui-même à Lyon. » El de six !

« L'an 365, Procope se fit proclamer empereur à la favc'ir d'une révolte; victorieux d'abord, il fut vaincu ensuite, et sa têie futenvovée à Valens, que la crainte avait décidé à abdi- quer. » Et de sept.

«L'an 4^3, Jean, lieutensnt-général de l'Empire, secondé par un chef de l'armé 2, s'empara de !a couronne, fit dé- pouiller les églises, et juger les prêtres par ses tribunaux. Son usurpation ne fut pas longue. Surpris dans Aquilce , il eut la tête tranchée, et le trône revint au prince hgituue. » El de huit.

«L'an 455, Maxime excita les mécontcns à se dcfaire de l'empereur Valentinien , et parvint ainsi à s'emparer de .-ou trône. Quelque temps ap.- .s , le; anciens serviteurs de Valeuti- nien, indignés de sa lâcheté, le mirent en pièces, et le jetèrent dans le Tibre. » Et de neuf.

« L'an 477» Basilique usurpa le trône de l'empereur Zenon , persécuta les chrétiens, et vingt mois après fut renverst; par le même Zenon, qui l'enferma avec sou épouse dans un château muré, ils moururent de faim. » Cuconstance qui devrait, ce me semble, dé<^oûter des l'.hâteaux Et de dix.

L'an 53 1 , Géliroer détrôna Hilderic , auquel sa naissance l'appelait à succéder, se rit des représentations des rois alliés d'Hikieric, fut vaincu, et attache' au char du triomphateur. » Et de onze.

i( L'an 6q8, Léonce usiu'pa l'empire en se faisant proclamer par des soldats; mais peu de lempsaprès, un autre ambitieux lui fit couper le nez et l'enferma dans un mouastèic. » Et de douze.

«L'an 712, Nicéphore ayant usurpe' le sou veiain pouvoir eo renversant l'impératrice Irène , se mit à dépouiller les églises et à persécuter les chrétiens, en disant qu'il se conduirait mieux que ^es prédécesseur». Quelque temps après , les Barbares bu- vaient du schaps dans son crâne. » Et de treize.

Maii je m'aperçois que noire cours d'histoire serait trop long , messieurs et dames, si je persistais à vous faire l'énuniération complète des usurpatetus de tous les siècles et de tous les pays, qui Ions ont fini misérablenienl leur vie J'aurais cq)er»daut

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été bien aise, en continiinnt mon r^cit , de tous faire arriver jusqu'aux rochers de Sainte-H'Jlèn'i , paur contenapler avec vous celte grande justice de la Providence , qui tôt ou lard s'appe- santit sur eux , quelle c\ue soit d'ailleurs re'tendue de leur puis- sance ou de leur génie ; mais ce sera pour une autre fois. Aussi bien , d'un moment à l'autre, nous pouvons avoir de nouveaux exemples à mettre sous vos yeux qiii vous intéresseront bien davantage.

UNE MÈRE A SON FILS.

Air de l'Exile : Pourquoi me fuir, passagère hirondelld

Ne maudis pas son nom , dans ta colère;

Dieu l'a juge! Lève les yeux, et voi

Un long me'pris flétrir sa vie erjtière.

Il est, mon fils, plus à plaindre que toi. {bis.)

Il a chasse' de leur vieil he'ritage

Deux orphelins confie's à sa foi :

Contre la veuve il a vomi l'outrage-

Ah ! n'esl-il pas plus à plaindre que toi? {bis.)

Mêlant tes pleurs aux larmes de ta mère,

Tu ne viens plus sur ce tombeau... Mais, quoi !

Il n'ira pas au tombeau de son père! ! !

II est encore plus n)alheureux que toi. [bis.)

Quand vient la nuit, sur la couche innocenté

"ru peux goûter le sommeil sans effroi

Le jour l'accable, et l.i nuit l'e'pouvanle!

Il est , mon fils , plus à plaindre que toi. {bis.)

Qiiand à l'autel tu portes ton hommage,

Le Ciel s'abaisse à l'ardeur de ta foi.

Lui , de son Dieu fait outrager l'image î

Ah! n'est-il pas plus malheureux que toi? {bis.)

Ton nom si doux, qu'invoque l'espe'rance ,

Vit dans les cœurs enchaînes à ta loi :

On le client ; ou pleure ton absence.

Il est , mon fils , plus à plaindre que toi. {bis.)

BERARP , Editeur, rue de Sèvres , 94»

N. B. Les peisonnes qui voudraient doubler leurs aumônes en distribuant ces mandats au porteur, les trouveront à raison de a5 fr. le looo , aux adresses ci-dessous:

Se vend chez Mautin, rue Richelieu, 11° 63,

et au Cabinet iittcraiie de M™® HE^Kî, Palais-Koyal, galerie d'Orle'ans. 197, côté du jardin.

Sipprimcm de G. -A. Dektb, rue d'Evfiirth, n" 1 his.

Payez au porteur, pour solde des co(|-;i-l'âne , ëpigrarames et chansons «l-inclus... 10 c. Le Flâneur.

PATRIOTIQUES.

A BAS LA MISÈRE.

Le temps des vivat etcles ovations populaires a fui loin , bien loin tle nous. J bas la misère est le cri des populations sf- famc'es:

T^ivreen iravinUant , ou mourir en combattant,

mettent sur leur bannière les pauvres eanus de Lyon! Malheu- reux ouvriers! comme vous ont trompe's ceux qui vous taisaient espe'ier cpie les cailles vous tomberaient toutes rôties! Voyez vous en êtes!

En leur donnant la mort, comme font vos frères du Lyon- nais , vous croiriez peut-être vous venger. Mais, non, ces fabri- cans libeiaux qui diminuent vos salaires, au lien de les doubler comme ils vous en flattaient lorsqu'ils vous appeîaientauxariiies, ne voulaient pas vous tromper; ils n'étaient, comme V(,us,que les cre'dules instrumens des vrais ennemis de voire prospérité' et de la leur : ils en ont e'te' les premièi es victimes. Leur donner la mort, comme font vos frères de Lyon, ce serait vous ôter à vous-mêmes votre dernière ressource et jusqu'à l'espérance d'un nieil'eur sort. Les morts ne font |)as vivre les ouvriers et pros- pérer les manufactures. Le désordre et la violence n'engendrent que misère.

Vous manquez de travail, parce qu'il n'y a pas de confiance; il n'y a pas de confiance, ]iarce qu'on n'est pas d'ace rd et qi l'on se craint mutuel'ement. Dan> 1 Ouest et dans le Midi l'on veut Henri V ; dans l'Est , Napule'(/n ; dans le centre , la re'publiqiie ;

à Paris, le ju^te milieu Avec des volonte's si oppcsées, il est

bien diflicile de s'entendre!

Si, comme les enfans, nous potivions tirer à la courte- païUe, pour en finir j'y donnerais volontiers mon consente- ment Cependant il y aurait toujours au moins trois { arlis

mécontens, et je voudrais contenter tout le monde.... bien ! que chacun prenne ce qui lui convient , et qu'après cela on vive en

II

3 '

bonne imtelligence, «©mine font nos Toisins les Suisses. Là, cha- que canton a le gouvernement qui lui plaît , et le pays ne s'en trouve pas mal. Il a plu aux habitans de Neufchâtel de prendre pour chef" de leur république le roi de Prusse, ils l'ont pris de- puis [)lusieurs siècles , et leurs affaires n'en vont pas moins bien. Ils prendraient un roi de la Cochinchine, qu'ils feraient bien, à mon avis, s'ils y trouvaient leur compte.

Pourquoi n'en serait-il pas de même en France? Quatre gou- verneinens, quatre ministères, quelle ample matière à cancans ! ma fortune serait faite.

AUTRE TEMPS AUTRES MOEURS.

La quasi-le'gitimite' vient de faire son coup il'Etat, et le peuple est reste impassible : pas un coup de fusil n'a c'te tire, pas un pave n'est sorti de son alignement , pas un atelier n'a e'ic vidd (il est vrai qu'ils le sont tous) ; mais pas un cri ne s'est fait en- tendre ! ainsi on n'appareillera pas à Cherbourg le vaisseau de l'exil , on ne jugera pas un seul homme à mort-civile, et les ponts-levis de Ham ne s'abaisseront pas pour de nouveaux hôtes.

Pourquoi cela.... ? Ne serait-ce qu'au solstice d'été que les coups d'État seraient dangereux? ou bien n'est-ce que de la main des rois le'gitimes que le peuple les repousse ?... Non, ce n'est pas cela.... Les choses ont change' de face, l'opposition dans nos mains est l'arme de la sagesse et de la patience, l'op- position, dans les mains de nos adversaires, c'iait l'expression de leur haine, de leur jalousie, d'une ambition avide et dcme- surc'e. Ils semblaietit appeler l'ille'galite' de tous leurs voeux, ils atteud.iient impatiemment l'heure de la révolte ; leurs arsenaux étaient prêts, l'or e'tait compté; chaque -conjuré, comme une senîinelle vigilante, était à son poste et n'attendait que le signal. Les trois jours ne firent qu'achever l'œuvre que quinze années de perfidies avaient préparées.

Non, non! le coup d'État de i83i n'éveillera pas la révolte, il n'excitera ni transport ni colère ; on haussera les épaules et voilà tout; il n'étonnera même pas , car il va bien à ceux qui l'ont fait ; il est des bouches qui peuvent mentir sans tromper : on s'y attend toujours !

Frappez donc, frappez encore, hommes à bon marché, ne craignez pas, notre heure n'est pas sonnée.... Eh î ne faul-il pas que nous voyons jusqu'oîi peut conduire le chemin que vous avez pris ; il ne manque à l'avenir qu'une leçon. Un jour vous la donnerez, mais nous ne fierons rien pour en hâter l'ins- tant, ce n'est pas nous qui vous inviterons à des fêtes de famille pour vous foire danser sur un abinie ! Nous ne vous souriron*

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pas avec la haine Hans le cœur, nons ne vous tendrons pas une maiw perfide en tenant l'autre sur un poignard prêt à vous Ciap- per, mais nous aurons nne voix pour préparer la ju.stice ! et cette voix aura du retentissement.

LES TUILERIES.

Le juste-miiieu est comme Jocrisse , il a la main malheureuse, il casse, il brise, il gaspille tout; laissez-le aller et il fera n)ai- son nette. Quand un jour la postes ite interrogeant l'hisloiie, arrivera à l'article juste-milieu, je lui conseille Tort de tourner rapidement le feuillet : pas de gloire , pas de ge'nie , pas <le vertus î Pauvres gens , si petits et si orgueilleux ! Passe encore s'ils se contentaient de ne rien faire, mais détruire ce qui est fait; c'est trop fort. Regardez ce beau jardin des Tuileries, dans quel e'tat ils l'ont mis ! od croirait que les Co>aques y ont passe ; que di— je? les Cosaques y sont venus et l'ont respecte' Il n'appar- tenait qu'aux Vandales de i83i d'y porter une main sacnle'ge et brutale. RTais ne faut-il pas, nous dit-on, que le roi-ciloyen ait ses aises? Eh ! quoi! cet e'diHce a'^sez vaste pour contenir toute la ntagp.ificence et toute la gloire de Louis XIV et des au- tres Bourbons, ce palais trop grand encore pour les jnitle vic-p toires de Bonaparte, ne saurait loger à l'aise un roi bourgeois? Allons, on se moque de nous! et que nous donnera-t-on , s'il vous plaît , à la place de ce beau jaidin qu'on nous ôle ? IVe. ie voyez-vous pas! des fosse's, des grilles, des murailles.... J'entends Ainsi la distance est de'jà si grande du peuple au roi-citoyen, qu'on trouve à placer tant de choses dans 1 inter- valle qui les sépare. Resignonà-nous donc , plus de poignées de mains.

LA RENCONTRE AU RETOUR DE LA BELGIQUE.

Eh! bonjour donc, mon pauvre frère! que j'suis aise de te revoir! Eh bien, y a eu furieusement de grabuge depuis que j'nous sommes quitte's; t'en a bian endure' là-bas, n'est-ce pas?

Oh ! j't'en re'ponds ! Y s'sont battus dans les rues, ils y ont tout casse', tout saccage' que c'est une pitié'.

Ah! c'est comme cheu nous!

Et puis après ils oui dit que ça irait mieux avec un roi nou- viau.

C'est comme cheu nous!

Si bian que Guillaume leiu' a donne' du fil à retordre , et les pourchasse comme des lapins de garenne. Va , à l'heure qu'il est, ils sont tretous pu mise'rables que les pierres.

C'est donc comme cheu nous!

Ik regr«ttont le temp» pawe.

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bonne imtclligencc, «©nriic que canton a le gouvevainc trouve pas mal. Il a plvmx pour chef de leur re'pu iqii puis plusieurs siècles , eleui Ils prendraient un loi dla C mon avis, s'ils y trouvaint le Pourquoi n'en serait- pas vernemens , quatre minière' ma fortune serait faite.

AUTRE TMPS

La qiiasi-le'gitimite' viit de est reste' impassible : pr un pave n'est sorti de son ignr { il est vrai qu'ils le sontous tendre ! ainsi on n'appaeiKei l'exil , on ne jugera pj un ponts-levis de Ham n. s'ab Ilotes.

Pourquoi cela.... ? N ser coups d'État seraient (nge main des rois le'gitimesiue I n'est pas cela.... Les hose^ dans nos mains est l'aoe dt position, dans les mair de de leur haine, de leur lou surt'e. Ils semblaient afeler attendaient impatieminet l'I c'taient prêts , l'or e'taitiom sentinelle vigilante, c'ta à se Les trois jours ne firenqu'e de perfidies avaient prearet

Non , non ! le coup (État il n'exciteva ni tianspdt ni voilà tout ; il n'étonno m l'ont fait ; il est des boches on s'y attend toujours

Frappez donc, frapfz ei craignez pas, notre hère n' pas que nous voyons asqi vous avez pris ; il ne nnqii vous la donnerez , maisiou^ tant, ce n'est pas nous ai v pour vous faire dansenur

nos Ycnsins les Suisses. Là, eha- qui lui plaît , et le pays ne s'en ibitans de Neufchâtel de prendre le roi de Prusse, ils l'ont pris de- affaires n'en vont pas moins bien, chinchine, qu'ils feraient bien, à ir compte.

le même en France? Quatre gou- quelle ample matière à cancans !

AUTRES MOEURS.

faire son coup d'État, et le peuple ip de fusil n'a c'té tire, pas un

ant , pas un atelier n'a e'tc vid(^

; mais pas un cri ne s'est fait en- a pas à Cherbourg le vaisseau de

seul homme à mort-civile, et les lisseront pas pour de nouveaux

-ce qu'au solstice d'ete' que les

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peuple les repousse?... Non, ce

ont changé de face, l'opposition

la sagesse et de la patience, l'op-

os adversaires, ctait l'expression

d'une ambition avide et de'me-

Ic'galite' de tous leurs vœux, ils

le de la révolte ; leurs arsenaux

; chaque tîonjuré, comme une

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■ver l'œuvre que quinze années

i83i n'éveillera pas la révolte,

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. peuvent mentir sans tromper :

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rapidement le feuillet : ps de g!( Pauvres gens, si petits et si oi^ contentaient de ne rien taire , i c'est trop fort. Regardez ce bea'; e'tat ils l'ont mis! od crci" di>-je? les Cosaques y sjrt tenait qu'aux Vandales de lO: et brutale. Mais ne taut-il pas . ait ses aises? El» 1 quoi! cet t' toute la magnificence et toute . très Bourbons , ce palais trop . toires de Bonaparte, ne saurai'. Allons, on se moque de no\ s'il vous plaît , à la place de te le voyez-vous pas! des fos-c , J'entends.... Ainsi la distance t-t roi-citoyen, qu'on trouve à placer valle qui les sépare. Résignons- nou^ d mains.

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Ah! c'est comme cheii nous! car l'zimpôls sont aux trois qnnrts plus forts qu'au|iaravant, ['commerce est mort, j'ian- guisson-i, rtrouhle e-.t dans nos campagnes

Tiens! c'est comme -bas! on n'sait si c'est la paix ou la guerre; on n'ose ni rerulcr ni avancer. La liberté y est pour- tant, puistpie ceux qui ccrivont queiiqn'chose contre elle, on les Courre au cachot et on leur de'molit leurs boutiques à impri- mer : mais ça n'empêche pas, ça va ban mal!

C'est comme cheu nous! ous qui v'nont d'nriêter ceiîx qui nous lésions gagner not' vie. Si ça continue , il nous faudra aller mandier not' pain.

C'est comme là-bas! Heureusement pourlant qu'on parle de raccommoder les choses comme elles e'iaienf auparavant.

C'est comme ch«u nous! on en parle tous les jours; mais il y a bian des gens qui s'y oppo'-ent!

C'est comme là-bas! Les ceux qui ont tout dans les mains, ne se seutont pas d'Ia misère; pourvu que leur pot bou.lle, ils s'moquont du pauvre monde.

Oh! c'est comme cheu nous, va, frère, ni pu ni moins! Ta re'vnlution n'est pas pu merveilleuse qu'la nôtre; elles sont bian d'Ia même famille.

LE CANDIDAT, L'ÉLECTEUR , encore au Ut.

Le candidat. Pardon, monsieur, de ma visite importune, il est bif^i matin.

L'électeur. En effet, monsieur. J'ai l'habitude d'être levé' à cinq heures, et [e.-.. ne pensais pas qu'une visite pu! me trouver encore au lit. L'affaire qui me procure Ihouneur de vous voir est sans fioule bien pressante?

Le candidat. De la plus haute importance , monsieur ; il s'agit d'une élection , et je viens solliciter votre'voix.

L'électeur. Je comprends votre empressemenl.

Le candidat. Il v a tant dTntrigans aujourd'hui , qu'on craint toujours de se l;iisser devancer.

L'électeur. A cette heure ce serait difïîcile.

Le candidat. AU \ nion<ieiu', malgré ma vigilance je m'y suis trouvé pris ; et c'est d'autant plus malheureux , que l'homme pour lequel je cherche à re'unir ties suffrages peut se flatter de mériter la confiance du pays; de bons juo;es le considèrent comme une de nos premières capacités constitutionnelles , un Jionime totalement nouveau, pur de tous fâcheux anlécé- dens , qui suit le mouvement des esprits , et se place à la hauteur des circonstances.

L'électeur. Son nom , s'il vous plaît ?

Le candidat. Un homme qui a fait de la politique une pro-

onde étude, plein de zèle })Oiir Vimlépi ndance nationale et le lutine pour nos oppresseurs ; Pétrissant V illégalité par- ent oîiil l'aperçoit, q. i du reste s'est sifjnnle dans les grandes ■jOurns'cs en di.stiibnaiit avec une admirable prudence ct;nl car- Joii'lies niix cotjihallaus, ce qui ii:i a valu îa de'coration de la ],cgion-d'Hoiiniiir.

L'éleeteitr. Mais encore... son nom ? Il faut bien que je : aclie son nom !

Le candidat. C'est surtout d'e'conomie politique qu'il s'est

< ccupe'.

L'électeur. Son nom.. . Son nom ?

Le candidat. Eh ! bien G t

L'électeur. G t? G...t le fabricant d'huile à quinqnets ?

Le candidat. Dites plutôt le propagateur des lumières phi- losophiques.

L'électeur. G...t, de la soric'lc Àidc-toi, le Ciel t'aidera'}

Le candidat. Cela prouve qu'il croit en Dieu.

L'éhcteur. G....t l'agent d'afFaires de C. P.?

Le candidat. Propre à passer toutes sortes de nnarche's.

L'électeur. Qr t!... C'e.>>t G t que vous me proposez, lepelit G...t! G ..t le marchand de sucre! G.,., le manchot,

< ,ui a suspendu ses paiemens...! C'est lui que vous voulez que je I omine drpute. Non , non , monsieur , il n'aura pas ma voix.

< i'cst un hon)ine que.... (pie.... je nestime pas !

Monsieur ! dit en se fediessant le solliciteur , ménagez vos

] aroles. Comment, monsieur, ce serait a lui? A lui-

fiéme, monsieur.

COUPS DE z.ai«ci:tte.

^\ Maigre ce qu'a pu ('ire M. Marra.st, qui le premier a éfenlé la mèche, il est positif que les fusils Gisquet font plus de

ruil et portent beaucoup plus loiii que MM. Soult et 1 e'rier ne 1( voudraient.

^\ On s'occupe beaucoup des travaux con;metice's aux Tuile- i' es. Jusqu'à présent, ils paraissent n'avoir pour objet que de perpc'tuer le souvenir des barricades. Cependant queKpies ama- tnirs prétendent que le saut- de-li:up qu'on y pratique est mer- veilleusement disposé pour faire la culbute.

-K** Q"6 faites-vous là? demandait-on à un campagnard qui i( gardait à travers les grilles du jardin du roi. Je somn)es venu pour voir la renne , et je n'avons trouve' que la girafe , I ('pondit-il.

^*^ Pour faire honneur au choux-blanc place' aux Tuileries par le juste-milieu , les hommes du mouvement se proposent de l'entourer d'une grande quantité de soucis.

^% La plupart des nouveaux pairs se soucient fort peu de l'he're'dité , attendu qu'ils ne sont pas des pairs de famille.

*^ Pour remplacer le> médailles vole'-s à la Bibliothèque, on vient d'y déposer le boulet arrive' miraculeusement, clans les trois jours, de Saint-Cloud à Neuilly.

^*^ M. et M"'^ Athalie ont ete' aperçus , ces jours derniers , dans une loge grillée de l'Opcira-Gomique. On donnait, par ordre, ies Hendez-voiis bourgeois ^ le Secret et Une Heure