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Ce livre fait partie :

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HISTOIRE

DES HOMMES ILLUSTRES

DE L'ORDRE

SAINT DOMINIQUE:

DES PATES, DES CARDINAUX, DES PRÉLATS éminens en Science & en Saïnteté ; des célébres Doeurs, & des autres grands Perfonnages, qui ont le plusilluftré cet Ordre, de- puis la mort du S. Fondateur, jufqu’au Pontificat de Benoît XIII.

OUVRAGE DÉDIÉ À SA SAINTETÉ, Par le Réverend Pere À TOURON, Religieux du même Ordre.

TOME SIXIÉME.

Chezf BA BUTY , rue Saint Jâques , à Saint Chryfoftome. \QUILLAU, Pere, rue Galande, à l’Annonciation.

D CEE EE ERP ET SCHSUSEELREERS M DCC XLIX. _ AVEC APPROBATIONS ET PRIVILEGE DU ROT.

x PE ee bhbhbbidhd ad do PCR ER CR ERCECREPEREREPECPEHP

BREF DE N.S. P. LE PAPE, Du 16 Juillet 1749 , à l’Auteur de l'Hifloire des Hommes. Illuffres de l'Ordre de Saint Dominique.

-Diledto Filio A NTONIO TouronN, Ordinis Prædicatorum.

BeneDicrus PP. XIV.

Dileéte Fili, Salutem , & Apof- tolicam Benedictionem.

_ AB Antonino Bremondio,

fnpremo Ordinis vefiri Magiftro redditum nobis fuit Volumen quintum Hiflorie clarorum Hominum Domini. cane Gentis , quod , ficuti priora , nobis pariter infcri- bere voluiffi : qua de replures de more tibi babemus grates, coque lubentins id facimus , quia diffireri non pofflumus , gratu:n ac jucundum accidif fe, in ejufdem nuncupatoria Epiffola meminifle te quinque illorumSinenfinm Martyrum, quos primi nos in medium protulimus , in ea quam ba-

buimus ad Fratres allocutio-

A Notre cher Fils Le Pere ANTOINE TOURON, de [Ordre des FF. Précheurs.

Le Pare BENOÎT XIV.

Notre cher Fils, Salut, ©r Béneditfion Apoflolique.

E Pere Antonin Bremond,

Supérieur Général de vo- tre Ordre , nous a remis le cinquiéme Tome de l'Hiftoire de vos Hommes Illuftres, que vous Nous avez dédié , ainfi que les Volumes précédens. Nous vous renouvellons aufi nos actions de graces ; & Nous le faifons d’autant plus volon-

tiers , que Nous ne pouvons

diffimuler , avec quelle fatif- faction Nous avons , que dans votre Epître dédicatoire, Vous n’aviez point oublié les cinq Martyrs de la Chine, dont Nous-mêmes avons fait la premiére mention , dans notre Difcours devant les Car- dinaux , à l’occafion du Mar- tyre, & de la Mort précieufe de Pierre Martyr, Evèque de

4 i

iv | - Mauricaftre : lequel fans au- cune difficulté , devroit être regardé comme le Premier Martyÿr dans l’Empire de la Chine, fi cette gloire ne lui avoit été ravie par cinq de.fes . Freres | Religieux du même Ordre ; qui, ri aupa- ravant, & dans la même Mi fion , ont répandu leur Sang pour le Nom de JEsus- CHRIST. Au refte, ce cin- quiéme Tome eft parfaite- ment femblable à ceux qui ont précédé : c'eft dire, qu'il eft beau , & élégant. Il fe- roit à fouhaiter que Melchior CEano, ce célébre Ecrivain de votre Ordre, vécût encore de nos jours, & qu'il pût lire vos Ouvrages : il ne diroit

plus que les Maîtres du Mon-

de , ces anciens Conquérans,

avoient eu de plus excellens

Panégyriftes, & de meilleurs

Hiftoriens , que nos invinci- bles Martyrs ; comme fi les hauts Faits des Céfars avoient cté écrits avec plus de no- blefle & de dignité, que les belles Aions de nos Héros Chrétiens. En vous aflurant de’ nouveau de notre affec- tion, & de notre bienveil- Jance , Nous vous donnons avec beaucoup de tendrefle, Ja Bénédiction Apoftolique. Ponné à Rome à Sainte MA- rie Majeure le 17 des Calen- des d’Août 1749, la neuvic- me.année de notre Pontificar;

ne, #bi de Martyrio, acpre- ttefa morte Petri Mauricafa trenfis Epifcopi férmonem fe.

CIMUS , qui primas certe inter

Martyres Sinarum Imperit

tuliffet, nifi quinque eju/dem Familie Fratres , dato pro Chrifi Nomine fanguine , banc gloriam illi multd ante- Preripuñlent. Ceterim Volu- men boc récens aliis quamfi-

millimum eff, quod idem eft

ac dicere pulchrum @- ele. gans. Utinam autem vefler lle Melchior Canus noffroboc: VIVeret evo , tuaque [Cripta: perlegeret , utique. non afle- ruiffet Domivatores Gentiwm © Cafares tubas S criptoref=

que meliores fortitos fuiffe.

quam Heroas nofiros , atque fortiffimos Muartyres , quaff corumt gefla fæliciori calamor Liteïts confignata fuiffent.. Du itaque gratum rurfus atque beneuolum prefitemur animum , Apoflolicam tibi: Benedittionem amantiffime: impertimur. Datum Rome .. apud Sanrilam Mairiam Ma. Jorem 17°. Calend, Sextiles: 1749 ,; Pontificatés noffri

ann0 17070..

Ows avons promis de donner l'Hiftoire BE] de nos Hommes illuftres., jufqu'au Ponti- El] ficat de Benoît XIII: & nous voici enfi JÉCARRET arrivés au terme défiré de notre Travail : | nous favons même pouflé un pew au-delà de ce qui avoit été promis, par le feul défir de tranf mettre à la poftérité connoiffance des belles Ac- tions de quelques grands Perfonnages ; dont l'Hif- toire édifiante pouvo glorieufement couroner celle. ci. On avoue néanmoins qu’il refteroit encore beau coup à faire , fr nous avions entrepris de parler de tous ceux, qui, dans la même Profeflon ; fe font dif. tingués par de grands Talens ; & par wne Vertu.pew commune. Il à bieri fallu fe prefcrire quelques bor-- nes: & dans le choix des Sujets, on n’a fouvent com . fidéré que les Fairs, & les Mémoires qui kes rappor- tent ; pour écrire la Vie de quelques-uns préférable ment à plufieurs autres ; qui, fans être’ ni moins {ca vans , IH MOINS vertueux, ont éx moins d'occalions de faire éclater leur rare méfite ou: ant manqué diE- crivain ;. qui fe {oit donné (A peme de recueillir toux se qui pouvoit leur faire honneur. ee

.. Nous ne nierons pas, que nous n'en aÿoñs-egninu plufieurs, qu'on nous’ reprochera peut-être d'avoir'om

| # iÿ

+

- . CE 4

v] PRE F A CE. bliés. Les Ecrits eftimés de quelques autres, & la haute réputation , dont ils ont conftanment joui pendant - Jeur vie, fembloient devoir leur affurer un rang par- &) Axronis mi nos Hommes illuftres {*): mais outre que les bons . Auteurs vivent toujours dans leurs ee Ouvrages, pe Gravina. & qu'il ne convenoit pas de trop multiplier les Vo- Rene Jumes de celui-ci , nous pourrions nous plaindre à . notre tour, du pen.de foin qu'on a eu.de nous four. Cowse'ns, nir les Mémoires néceflaires. Au refle ce qu'on au- J roit fouhaité de voir dans cette Hiftoire , on le trou- François vera fans doute dans les grandes Annales de l'Ordre,

CHaucHeMER. Jont on.nous fait efpérer la prochaine publication. JACQUES - |

QuéÉTIr, Dans l'un & dans l'autre Ouvrage , il fera aifé de remarquer , que la fainteté des Mœurs , l'ufage utile Micuez des Talens, & le vrai mérite, font de tous les Siécles, amet Nous ne vivons plus, il eft vrai, dans ces beaux jours Serrx, d'un Ordre naïflant ; , felon l'expreflion d'un Au- re DE teur, on comptoit le nombre de Saints par celui des. R A VESON. |

Rene Religieux. a belles Eaux perdent toujours quel- Drouis, &c, que chofe de leur pureté, à proportion qu'elles s’é- loignent de leur fource: Îles Enfans ne reflemblent pas tous à leurs Peres : telle eft la condition humaine, Mais , rendons gloire à Dieu : la vérité de l'Hiftoire n'en eft pas moins une preuve, que cet Efprit de pé- nitence , de zéle , & de fainteté , qu’on ne voit point aujourd'hui dans tous, on le retrouve toujours dans un nombre de Sujers, que Dieu s'eft choifis ; quel- quefois dans des Congrégations , & des Provinces éritiéres ; de faintes Réformes ont comme refluf- cité l'ancienne ferveur, & l’Efprit primitif du Siécle

d'or de l'Ordre de Saint Dominique. | . - Sans rapellér'ici ce qui a été dit dans les Volumes -précédens ; on ‘pie feulement' le Lecteur ide faire at-

PRE FACE. Vij _ tention 4 ce que nous ajoutons dans ce dernier, Dans

uel Siécle a-t-on un Pape plus faint qu'un Be- noit XIII? Quels Princes de F Eglife plus éminens en doctrine & en piété , que les Cardinaux Thomas- Marie Ferrari, & Vincent-Louis Gotti ? Quel Général de l'Ordre, depuis le faint Fondateur , a été plus il: luftre , ou plus richement pourvû de dons de Sagefle & de Conteil , que le célébre Pere Cloche ? Quels Miniftres de l'Evangile plus remplis de l'Efprit Apof- tolique , que les Saints Miflionnaires, dont l'Hiftoire eft éxactement rapportée dans le feptiéme & huitiéme Livre de ce fixiéme Tome ? Quel zéle du Salut des Ames, quel amour du Travail , quel courage dans ce Prédicateur François , qui a été de nos jours FApôtre de nos Colonies dans la Martinique , & des Caraïbes dans la Dominique? Quelle fermeté, quelle patience parmi les plus rudes épreuves , & quel défir du Mar- tyre dans ces illuftres Efpagnols , qui viennent de faire triompher la Foi parmi les Gentils , & fcel- ler enfin de leur fang, les Vérités qu'ils avoient long- tems préchées , les uns dans le Fonquin, & {es au- tres dans l'Empire de la Chine ? On pourroit parler de plufieurs autres , qui ont partagé avec eux le mé- me travail, ou qui le continuent encore avec le même zéle au milieu des Nations Infidelles # Voici ce que nous lifons dans les Actes de notre dernier Chapitre Général, tenu à Bologne en Lombardie, au mois de Juin 1748. | | |

« Nos Religieux de la Province du Saint Ro- Aa. C2 Bo. faire des Philippines ; après avoir établi cinq Mif-« HA lions dans la nouvelle Ségovie , & une fixiéme « dans la Province de Pangafinan ; ont heureufemient « pénétré dans les Ifles appellées de Batan, remplies «

vif PREFACE. # d'un grand nombre de Colonies de Barbares. îls » ont fixé leur demeure dans l'île de Cagayan ; où, « avec le Secours du Ciel , ayant commencé de pré- n cher les Vérités de la Foi, à des Peuples grofliers s.& fuperftitieux , ils ont déja ramené dans le fein de + l'Eglife une multitude d'Apoftats , qui s'étoient ré- » fugiés & confondus avec ces anciens Infidéles. La » main du Seigneur étant avec les Miniftres de fon » Evangile , & ne ceflant de répandre fes Bénédic- *-tions fur leurs travaux, ils ont découvert l'an 1739; » une nouvelle & très-riche Moiflon à recueillir dans » le centre même de la vafte Province de Euflon, » plus communément apellée Manille ; au milieu de Kquelle {e trouvent diférens Peuples , tout envi- » ronnés de plufieurs Montagnes , qu'on regardoit + comme inaccefibles. Cette porte, jufqu'à nos jours » fermée aux Ouvriers Evangéliques, vient d'être en- » fin ouverte à nos Prédicateurs. Il eft vrai qu'ils n’ont » pu furmonter de très. grandes difficultés , que par des » efforts incroyables , & par de très-longs détours, »“ Ils ont eu le courage de fe roidir contre toutes les » incommodités des froids , des glaces , de Îa faim, # de la foif, de a lafitude ; & ont généreufement » méprifé plufieurs autres dangers , parmi lefquels n trois de ces fervens Miflionnaires ont fini leurs n jours dans l'efpace d'une année. Le même zéle de # la Foi, qui leur a fait donner leur vie pour fauver » quelque Ame , foutenant les autres , & les faifant » efpérer contre toute efpérance , ils ont déja cucilli » les prémices d’une Moiflon fi abondante ; & afin » que les fruits en foient toujours plus précieux , ils » ont formé une Mifion , apellée de la Sainte-Croix, » dans ce vafle champ qui a été jufqu'aujourd’hui fans » aucune

82 !

PRE FACE xx aucune culture. Ils ont en nême terns frayé un che. « min, pour ceux qui voudront les fuivre | & entrer « dans la Province de Pangafinan , par celle de Cagayan. « Ce. chemin, déja utile au Public pour le Commer- « ce , le fera encore plus pour la Propagation de l'E. « vangile. Les mêmes Prédicateurs , qui font entrés « les. premiers dans cette Vigne, y ont travaillé, & « ÿ travaillent encore avec beaucoup de fruit. Ayant « appris en très-peu de tems la Langue du Pays, ils « ont compolé une Grammaire , un Dictionnaire , & « un .Catéchifme à l'ufage de ces Miffions. Ils ont fait «

lus ; car par la patience & la douceur , ils fe font « 1 bien concilié les Efprits , que ces mêmes Barba- « res’, qui fe couvroient auparavant de leurs hautes « Montagnes, pour fermer toutes les Avenues aux « Ouvriers Evangéliques , defcendent aujourd'hui en « foule de ces Montagnes , pour venir recevoir leurs « Inftructions. Ils vivoient autrefois, non-feulement « fans aucune connoiffance du vrai Dieu, mais aufii « fans Police , fans Loi , prefque fans aucune efpéce « de Société. L'Evanpile à préfent, commence d'adou- « cir leurs Mœurs : plufieurs fe font déja foumis avec « joye au joug de Jesus-CHRIST: un plus grand « nombre demande tous les jours le Baptême; & nous « avons un jufte fujet d’efpérer que cette grande Na- «_ tion , qui comprend plus de quatre-vingt Peuples, « fera bientot toute Chrétienne (*)».

: (*) Strenuè haëtenus & feliciter in] dicatoribusufque ad mortis minas ante ea Vinea excolenda ab iifdem labora-| obfiftentem , fummä induftrià , leni- tum eft : nam breviflimo temporis fpa-|tate, ac patientià ad rationalis pri- tio Barbaræ Gentis idioma ita ab iis|mdm, politicæque vitæ rationem inf perceptum eft , ut ejus Grammaticam, | titutam , mox fidei rudimentis imbu- Vocabularium , & Catechifmum in|tam, ad eam amplettendam ita alles Miflionum ufum ediderint,Ipfam verd | xerunt , ut defcendentibus quotidiè & Gentemexlegem atque efferatam Præ-l vicinis montibus Gentilium catervis

Ed

(*) Les RR. Peres Michel de Pantipolo, Nicolas Gon- zalez , Jean Davila, Am- broile Gomez.

A&. Cap. Bon. pag. 151.

x PRE FACE. Je ne fais que traduire.fimplement quelques lignes

des Actes déja cités. On y trouve de plus, les Noms, les qualités , & un petit Abrégé de la Vie de plu- fieurs illuftres Perfonnages , décédés en opinion de fainteté , pendant le Gouvernement du Pere Thomas Ripoll ; ceft à-dire depuis l'an 1725 jufqu'en 1747. On y voit un nombre confidérable d excellens Rel- gieux de prefque tous les Royaumes, & de toutes les Nations ; qui, toujours remplis de l'Efprit de leur Bien. heureux Patrtarche , n'ont pas vécu autrement que nos Peres , ni moins travaillé à la Vigne du Seigneur. En. tre les faints Miniftres qui ont porté au loin la Lu. miére de l’ivangile , plufieurs ont été Martyrs de la Foi & de la Charité ; & en mourant par les mains des Barbares , à qui ils youloient communiquer les richefles du Salut, ils ont prié pour ceux qui les fai: {oient mourir. C'eft un éxemple de l'Héroïfme Chré. tien , que quatre de nos Religieux de la Province du Pérou , donnérent l'an 1725 , dans les Mifhons de Cochanibans | & de Darien (*). |

On y voit aufli de faints Evêques , dont les quali. tés Paftorales , jointes à toutes les Vertus Chrétiennes & Religieufes, ont été une odeur de vie dans leurs Diocèfes, & pour leurs Peuples , à qui ils ont donné les plus beaux Exemples, & laiflé de précieux Monumens de leur tendre Charité. Tel a paru en Efpagne l'illuftre François Lazzo de la Vega , de l'Ancienne Maïfon des Comtes de Cordoue , Prédicateur du Roi Catholique Philippe V , depuis Evêque de Ceuta dans l'Afrique ,

Evangelii prædicationem avidiffimè | & amplius populos diffufam , divinä excepturis , jam plurimi eorum Reli- | Gratiâ cœptum opus perfciente , in gionis Catholicæ jugo colla fubmife- | unum Chrifti gregem coalituram, 4ë?, fint, fpem certiffimam facientes innu-| Cap. Beonon, page 114

merabilem Nationem per ottoginta |

PREFACE. x} transféré par Benoît XIII au Siége de Plaifance , & mort chargé de mérites l'an 1739. Tel eft encore le Pere Pierre de Ayala , Confeiller du même Roi Ca- tholique , fait Evêque d'Avila l'an 1728, & depuis

Nonce TE du Pape Clément XII, avec le _ pouvoir de Légat à Larere dans le Royaume d'Efpa_ A&. Cap. _ gne. Lorfqu'après de longs travaux , ce Prélat plus REP diftingué encore par une éminente Piété, que par fa Naiflance , fes Talens, & fes Emplois ; voulut abdi. quer fon Evêché , pour couler le refte de fes jours ° dans le filence & la priére ; tous les Ordres de fon Diccèfe préfentérent une humble Requête au Roi d'Ef- pagne , pour fupplier Sa Majefté de ne point confen. tir à cette retraite, qui feroit perdre à tout le Peuple d’Avila , fur-tout aux Veuves , aux Pupilles , aux Or- phelins , & aux Pauvres, le meilleur : tous les Pal. teurs, & le plus tendre de sous les Peres. Cependant les Vœux de notre Evêque furent éxaucés ; & il ter- mina dans le Cloître une Vie très-fainte par une Mort précieule l'an 1743. | - I ne faut point oublier le Pere Louis Maggi, de la célébre Congrégation de Saint Marc, Homme qui ne vivoit que de zéle pour la Converfion des Gen- tils. La Sacrée Congrégation de la Propagande l'avoit envoyé dans la Mifflion de la Chine l'an 1731, & ül s'y fic eftimer par fes vertus , fa prudence , fon cou- rage , fes glorieux travaux. En 1740 il fut facré Evé. que , & défigné Succeffeur du Vicaire Apoftolique dans la Province de Suchuen. On aflure mA pur dé. ja attiré plufieurs milliers d'Infidéles à la Foi , lorf- qu'il fut apellé au repos de l'Eternité dans fa quarante. cinquiéme année , au mois d'Août 1744. Monfeigneur Joachim de Martiliat, Evêque d'Ecrinée , lui admi-

b j

P.462,463.

xÿ P RE F A CE. niftra les derniers Sacremens , reçut fes derniérs fou: pirs > & lui fuccéda dans le Vicariat Apoftolique.

Le Pere Alfonfe Lofrios , Dominicain Efpagnol, dont la mort ne paroïtra pas peut être moins précieufe que celle d'un Martyr, pourroit étre auf placé parmi nos Hommes Illuftres. Nous nous contenter. ns d'en rapporcer ici ce qu'on en lit dans le vingt-feptiéme Recueil des Lettres Edifiantes publié à Paris par les RR. PP. Jéfuites cette année 1749. Le R. P. Pierre Lozano , de la Compagnie de Jefus , de la Province du Paraguay , après avoir décrit d’une maniére fort pathétique la défolation de la Ville de Lima , renver. fée par le Tremblement de terre du 28 Oétobre 1746, nous apprend que la petite Ville de Callao, qui étoit

comme le Port de Lima, fut en méme-tems oi u

abimée par les mêmes fecoufles de terre, & fubmer- gée par les eaux de la Mer, qui s'éleva à une hauteur prodigieufe. Le même Ecrivain ajoute ces paroles : « Dans les intervalles , les eaux baifloient , on » entendoit des cris lamentables, & plufieurs voix d'Ec. » cléfiafiques , & de Religieux’, qui exhortoient vive. » ment leurs Freres à fe recommander à Dieu. On ne » fçauroit, dit-il, donner trop d'éloges au zele héroï. « que du P. Alfonfe de Lofrios , Exprovincial des Do- » minicains , qui, au milieu de ce défordre effroya- » ble , s'étant en état de fe fauver , refufa de le » faire en difant: Quelle occafion plus favorable puis-je » srouver de gagner le Ciel, quen mourant pour aidcr ce » pauvre Peuple, @ pour le falut de tant d Ames? Ta » été enveloppé dans ce naufrage univerfel, eri rem- » pliffant avec une Charité fi pure, & fi définrércflée, » les Fonctions de fon Miniftére ».

-_ Nous pafferions les bornes , que nous nous fommes

A

PRE FACE si prefcrites dans cette Préface, fi nous-entreprenions de donner ici une légére idée de chacun de ces Ser- viteurs de Dieu, qui pouvoient tenir un rang düns ce dernier Volume. Mais, dirä-t-on peut être , pourquoi ne pas écrire leur Hiftoire , en abrégeant celle de

Benoir XIIL, qui remplit prefque les trois quarts de

ce Volume? La réponie elt courte : l'Ouvrage étoit achevé ; & l'impreflion bien avancée, quand nous avons réçu de Roïme les Aes du dernier Chapitre. D'ailleurs quel moyen d'être court dans une auf ri- che matiére? La piété, la juftice, & la recannoiifance ne nous engageoient-élles pas également:à ne rien omettre de tout ce qui fait honneur à la mémoire d’un tres-faint Pape , qui {era à jamais la Gloire de la Re. ligion , & le grand Ornement fon Ordre? . Entre les Grands Hommes’, qui , par leurs émi. nentés Qualités , ontle plus honoré leur Nation , leur Profeffion , & l'Eglife ; il en eft peu, dont la réputation ait égalé celle de l'illuftre Vincent - Ma- sie des Urfins. Sa haute Naiffance ; &:l'opulence de fa Maïfon , dont il devoit être le foutien & l'appui, le diftinguoient parmi les premiers Princes d'Italie. Le généreux mépris qu'il fçut faire de tous ces avantages, our fe rendre l'humble Difciple de Jesus:CHRisT; À fit paroître encore plus grand, plus digne de l'ad- miration de tous ceux , qui n'ignorent pas quel ufage on doit faire des Richeffes , pour en être. moins l'Ef- clave, que le Maître. Pauvre volontaire dans l'Ordre de Saint Dominique, le. Prince des Urlins a fait: voir par fon éxemple , que l'Homme fage ; apéllé à un Etac de perfection , peut trouver dans’ l'innocence de fa Vie, une félicité anticipée , qu'on chercheroit inu- tilement dans la joulance des biens fragiles de la terre. | b ii

iv PR EE F 4C E. Ne pouvant éviter Jes Digniés, qu'il n’aimoit pas: & qu'il s'efforçoit de fuir , 1l fçut les fanctifier, & en faire une nouvelle matiére de mérite. ; Iluftre Cardinal , & plus faint Archevêque, long- tems avant que d’être élevé au Souverain Pontificat , quels éxemples d'humilité, & de modeftie n'a-t-il oint donnés fous la Pourpre ? Quelle vigilance, quelle follicitude, quel amour de Pere n'a-t-il pas fait paroître dans la conduite de plufieurs Diocèfes ? Ce que les Evêques des premiers Siécles , ce que les plus refpeables Cardinaux avoient fait dans des tems dif- férens , pour l'édification de l'Eglife, & le Salut ou la confolation des Fidéles ; le Serviteur de Dieu l'a fait, fans jamais fe démentir, pendant plus de cinquante ans , qu'on l'a dans le Sacré Collége , comme le Modéle de fes Freres , l'objet de leur amour , & ce- lui de leur eftime. Les plus grandes diffcukés , les plus hautes entreprifes, n'ont pas été au-dellus de fon courage , quand il a fallu venir au fecours de tour un Peuple affligé, confterné , ruiné par de fréquens Trem- blemens de terre. MT | | Lorfqu'il a plu à la Divine Providence de le placer malgré lui, fur le premier Trône de fon Eglife ; quelle douce joye n’a .point d'abord répandu dans tous les cœurs, l'Exalcation d'un tel Pafteur , plus élevé par le mérite de la Vertu , que par l'éclat même de la Thiare ? Quel Peuple , quelle Nation / ne craignons pas de le dire ) quelle Secte dans tout le Monde Chrétien , n'a point applaudi à un choix, le Doigt de Dieu pa roifloit fi vifiblement:? Combien ls Nom de Benoit XJII ne devint.il:pas refpectable dans toutes les par. ties: de l'Ancien & du Nouveau Monde ? nn N : Pour punir les péchés de nos Peres, Dieu avoit per<

PRE FACE x tnis dans le quatorziéme Siécle , qu'un Homme le. plus ambitieux ; comme Je plus opiniâtre de tous les Schifmatiques , rendit ce nom odieux à toute la Ré.

blique Chrétienne, qu'il troubla pendant une longue jite d'années. Lés véritables Succeffeurs de S. Pierre, placés depuis fur le Siége Apottolique par une Elec- tion Canonique , avoient évité l'efpace de plus de trois Siécles , de prendre le même Nom : ils avoient voulu témoigner par là, toute leur horreur pour la coupable obftination d'un Antipape incorrigible. I} étoit donc arrêté dans le Ciel , que le Cardinal des Urfns, auffi folidement humbie , que Pierre de Lune ‘avoit tou- jours paru fuperbe & entêté, changeroit dans l’efprit. de tous les Chrétiens , l'idée peu avantageufe , que leur préfentoit auparavant le Nom de Benoit XII, L'un avoit fait voir jufqu'où pouvoit aller le çaprice or- gueilleux d'un Vieillard, que l'ambition dévoroit ; & qui, pour fe foutenir dans une Place d'honneur , en dépit des Loix , & du.cri général de tous les Peuples Fidéles , .comptoit pour rien les ‘horreurs d'un cruel Schifme , les gémifflemens de toutes les Eglifes, l'avi. liffement de la Religion , la perte des Ames, la con. fufion de tous les Etats, & le fcandale du Monde en- tier. L'autre , élü de Dieu pour être le Conducteur de fon Peuple , mais long tems arrêté par les fentimens intimes d’une profonde humilité , n'a pu confentir à fon Elévation , que par la feule crainte de s’oppofer à la Volonté du Tout-puiflant ; qui s'expliquoit par les fuffiages unanimes de tous les Cardinaux. | Toutes les Vertus montérent avec lui {ur le Trône: l'Hifloire de fa Vie & de fon Pontificat, eft le plus bel Eloge de la Vertu. Dans les plus grandes Occu- pations, & l'embarras des Affaires, on le vit toujours

wi) PRE FACE. uni à Dieu, & toujours attentif à la garde du Trou: peau : à cela 1l rapporta tout le refte. Plein de ten. dreffe pour le Prochain , & de zéle pour la Juflice ; il ne refufa jamais travail , ae à il fut queftion de foulager des Miférables , d'inftruire les Ignorans , de gagner des Ames à Jesus-CHRIST, de dé. fendre les Droits des Eglifes., de procurer la paix , & la füreté des pe ee A limitation de Saint Paul, & dans le même efprit d'humilité , il auroit pu dire quil avoit plus travaillé que tous les autres. Ceux qui furent les témoins de cette longue fuite de bon. nes Œuvres , dont tous les momens du faint Pape étoient remplis , fe lafférent plutôt de les écrire , que lui-même de les continuer. | Nous n'écrivons rien à préfent, qui ne foit fçu & connu de tout le Monde , quoique tous n’en pui. fent pas avoir la même connoiflance: mais c'eft pour la poftérité qu'on écrit. Ce que nous avons vy, ou ce que nous avons appris avec plaifir de la bouche des Témoins oculaires ; ceux qui vierñdront après nous, le liront avec édification. Négliger d'écrire des Faits qui intérellent l'honneur de la Religion , fous prétexte qu'étant publics & récens , ils ne peuvent être ignorés de perfonne , ce feroit précifément tom- ber dans le défaut, que nous reprochons tous les jours à nos Anciens : 1 ce n'a pas été une petite faute en eux , de s'être montrés d peu attentifs à nous inf- truire de mille belles Actions , qui auroient bien en- richi l'Hiftoire de nos Hommes Illuftres , nous ne de. yons pas nous attirer le même reproche. Bien loin de les imiter en cela , 1l nous convient d'éviter avec foin, ce que nous blämons avec raifon. | _ Je fens d'abord , il eft vrai , toute la difficulté,

êt

P R E F'A C Œ. ïävi êe. s’il faut le dire , tous les défavantages , ou lesiin- convéniens de l'entreprife : car , fans parler du. peu de proportion , qui fe trouve entre la grandeur du fujet ; & le peu de talens de l'Ecrivain , les cireénftances d'ailleurs font-elles favorables ? Ne dèvons-nous pas craindre qu'on ne nous accule , on d'‘imprudence, nous ofons tout dire ;: ou d'une politique timidité’; fi nous pañlons fous filence , ce qu'on publieroit fans inconvénient dans dés. tems plus reculés2 + : " ‘. ;

Nous pouvons efpérer auffi, que les-plus fages , fe: tont les moins portés à .blâmer le jufte milieu, que hous croyons avoir gardé. Îls n'iront point :s'imagi ner, par:éxemple , que certains Faits connus, 8e déja confignés dans des Mémoires publics , puiflent un jour être révoqués en doute , parce que nous n’en aurons point De On fçait bien que dans:tous Îles Siécles., dans les téms même les moins critiqués ; ce- Jui qui écrit l'Hifloire d'un Homme célébre ; décédé depuis peu d’années:, ne fçauroit avoir ‘une éntiére liberté de tout dire. Souvent. il fe. trouve arrêté pat les différentes. précautions , qu'il faut néeeflairement prendre , on pour ménager les. autres, pour fe ménager foi-même ; & il ne. fçauroit trop peler tou- tes. chofes, afin qu'en, louant fon. Héros:, l n'of- fenfe pérfonne. Ce n'eft. point.timidité ; ç eft pru- dénce : c'eft fagefle :& modération. , &:nqn, pas là. cheté. Au refte,, fi nous ne difons pas tout, ce qui eft: vrai, du moins ne dirons-nous rien de faux, | Telle eft.la: maxime , que-hoûs nous fommes d'a: bord.propafée.en prenant:la plume; & nous croyons pouvoir nôùs rendre ce témbdignage ; que nous n'as yons, jarhais. perdu vüe:cette Régle ; ‘dans tout le

C

+7

xvÿ P RE FACE cours de cet Ouvrage. Si parmi les Grands Hommes ; dont nous avons écrit la Vie , 1l en eit peu que nous n'ayons loué 'par quelque endrou ; c'e que dans le deffein de propofer des Modéles à imiter, nous n'a vons communément choifs que des Sujets , en qui les. grands Talens avoient été relevés par de plus gran. des Vertus. On s'eft toujours rendu extrêmement at- tentif à les repréfenter tels qu'ils ont été , ou tels qu'on Î:s a connus , fans outrer les louanges, & fans diflimuler leurs défauts , perfuadé qu'il ny a que les Jouanges. méritées ; qui honorent celui qui les re- çôit ,.. & célui qui les donne: Nous pouvons avoir été trompés D, re , (perfonne n'eft à l'abri de ka furprife ) mais nous n’avons pas eu l'intention de tromper. Cependant c'eft de cœur & d'efprit, que nous foumettons tout ce que nous avons écrit , & tout ce que nous pourrons écrire à l'avenir , au juge- ment , & à la correction de la Sainte Eglife notre Mere, Fafle le Ciel, que le récit des Vertus, & des belles Actions , par JefqueHes tant de dignes Enfans de S. Do- minique ont édifié l’Eglife, & 1lluftré leur Ordre, pro. duife quelques fentimens de piété dans l'ame de mes Eecteurs ; qu’il ferve à exciter une louable émulation Er i les:bons Religieux ; & à couvrir du moins d'une Jutaire confufton, ‘ceux ,. qui , infidéles jufqu'ici à tous leurs Engagemens , auroient oublié , que la Saintete même de leur Etat les fera paroitre encore plus coupables au Tribunal de Jesus-CHRIST ; rendra Pirrépularité de leur vie p'us inexcufable, & leur condamnatian plus terrible. La Gloire de nos Peres:, eft la récompenfe de leur fidélité à la Grace de leur Vocæion. La Priére , l'Humilité , la Pénie

d

tence , l'Etude , le Travail , le zéle.de:leur perfec. tion, -& du Salut des Ames c'eft ce qui 4 afluré leur félicité. Que ceux-là donc {e tromperoient,.qui:vou- draieñc'arriver au même terme par une. Buts voie f

C'eft pour .eux , Seigner , & pour mdi-même,

ue j'ofe vous adreffer ici, avec une humble con-

Rance » la priére que vous faifoit autrefois un de vos Serviteurs , lorfque: votre Graté toute puiflante , en éclairant fon Efprit , toucha efficacement fon Cœur ; afin que détaché de lui-même , & de l'amour impur des Créatures , il apprit à ne vivre déformais que pour vous , & pour votre Gloire :

« Faites , 6 mon Dieu , que nous nous tenions « fous vos aïîles , & que nous ne mettions nos efpé- « Confeff. des. rances qu'en vous. Protégez-nous , foutenez-nous, « ares eu portez-nous ; puifqu’il faut que vous portiez, & ceux « ? "” qui font encore Enfans dans la vie de la Grace, & « ceux même qui y font avancés. Toute noire force « n'eft que foiblefle | tant que nous ne. nous ap- « puyons que fur nous-mêmes ; & mous ne fommes « véritablement forts , que lorfqué nous ne nous ap- « puyons que fur vous. Notre véritable Bien n'eft « qu'en vous ; mais 1l y eft; & c'eft quelque chofe « qui fubfifte toujours, & qui ne fçauroit périr. C'eft « en «ous détournant de cet unique Bien , que nous « fommes devenus mauvais : il faut donc que nous « retournions à vous , Seigneur , fi nous voulons « ne point à Nous fommes aflurés d'y trouver « notre Tréfor , & notre Bien , qui fubfifte tou- « jours en vous fans aucune diminution : & nous « devons retourner avec d'autant plus de confiance # vers la Maifon patesnelle , que nous ne fçaurions #

Cÿ.

xx PREFACE.

» craindre de ne la pas trouver ; car quoique nouÿ » J'ayons malheureufement abandonnée , elle n'eft » pas moins demeurée qu'elle étoit : elle n'eft » point tombée en ruine pendant notre abfence : # une telle Maifon ne dépérit point ».

; | _ Fin de la Préface.

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Des Noms des Saints, G illufires Perfonnages, dont l Hifoire | cf contenue dans ce Sixième Volume.

LE PAPE BENOIT XIII

SOMMAIRE DU LiI1vrE XLI.

À NTIQUITE? G Nobleffe de la Maifon des Urfins. Naiflance de Benots ÆT XIII. Ses Commencemens. Ses premiéres inclinations, Prédilion. Etudes : ‘Livre d'Epigrammes. En méprifant les Grandeurs mondaines , le jeune Orfini *arompe les efpérances de fes Parens. Il fe rend à Venise. Demande P Habit de Sains : Dominique : le reçoit, avec le Nom de Vincent-Marie. Sa Vocation, traver- fee par fes Parens, cf éxaminée , ©* approuvée par le Pape, qui abrége les épreu- «ves du Noviciat, Ferveur du jenne Religieux : louée par un f[çavant Cardinal. - Fidéliré 4 la Grace: Saintes Pratiques. Dans quel efprit Orfini fait [a Profeffion : commence [es Etudes, Progrés Le les Sciences, Il eff Profeffeur 4 l'age de 21 - ans : Prédicateur ; G* Ecrivain. En finiflant [a vingt-deuxiéme année , il eff or- -donné Prêtre, Accomplifement d'une Prédiition. Plan d’une Vice Apoflolique. Hum- bles Sentimens. Bref de Clément X. Orfini refufe la ai ; Gil eff forcé de plier. : Quelles Vertus il fait paroître dans cette élévation: É dans prefque toutes les Con- égations des Cardinaux, Emploi du tems : Charité envers les Pauvres. Zéle à - étendre le Culte des Saints LeCardinal refufe un riche Archevèche ; É* en accepte #n fort pauvre : qu'il [e hate de vifiter , d'infiruire, de foulazer, Ce qu'il fair à Gra- -vina, an Mont-Gargan. Il fe rend à Rome see l'Elethon d’un Pape. Ses Ma- -ximes , fa Conduite dans les Conclaves ;il contribue à P Eletlion d'Innocent XI. Par fes Vifites Epifcopales, il renouvelle le Diocefe de Siponte. Ses Libéralités pour le Retabliffement de la Métropole, du Séminaire, © de l'Hopital, Autres Monumens -le Piéré , G de Charité. Synode Diocé[ain. Transfere 4 l'Evéche de Céfêne , il sonne à [es premiers Diocéfains de nouvelles preuves de [a tendre Charité, Réfor- -me d'abord le Clergé de Céfène : procure de grands avantages 4 tout [on Pen- <ple. Pendant que les Turcs affiégent la Ville de Vienne, le zéle Cardinal redouble fes Priéres, [es Pénitences., [es Exhortations. Ses Atlions de Grace après la défaite des Infidéles, Ce gwil ecrit à un Doileur de Paris. Les Eaux de Céfene caufent de “grandes maladies an’ ardinal : le Pape le transfére à l'Archevëché de Béneverit. A1 écrit ne Lettre de confolation 4 ceux de Céféne. Reçoit le Pallium. Zdée géné- vale de ce que le Saint Cardinal à fais dans l'Eglife de Bénévem. Son Eloge par We Sçavans Cardinal Lambertini.

ii

xxÿ TABLE DES NOMS :.

SOMMAIRE DU Livre XLII.

P REROGATIVES de la Ville de Bénevent. Ses différentes Révolutionss Grands Perfonnages dont elle a été la Patrie. Dignire de (on Siége. Réception du Cardinal Orfini dans La Ville de Bénévenr. Ses premitres attentions. Tendre Dévotion enyers la Sainte Vierge : Fruits de cette Dévotion, Sage Conduite envers Les Miniftres de l'Autel : Suites de cette modération. Fréquens Synodes: Objer & utilité de ces faintes Aflemblées. Abondantes Anmones. Magnificence dans La de coration des Lieux Sasnts. Sollicitude du Cardinal, Pourquoi il réduit le nombre des Paroiffes. Conférences Ecclefiafliques établies dans tout le Diocefe. Etat fiori[- fant de cette Eglife. Tremblement de terre, © [es fuites. Afiracle de Protcitien. Relation éxaile de ce grand Evénement. L'Archeveque devient le Confelateur de fon Peuple affiigé, © le Reflaurateur de la Ville ruine, Artemions particuliéres pour les Vierges confacrées 4 JESUS-CHRIST. Ce qu'il fait dans l'étendue du Diocefe ; S particuliérement pour le Chapitre de la Métropole. Mort du Pape Innocent XI. Eleülion, Caraîlére d'Alexandre VIII, fen Succefeur. Court Sé= jour du Cardinal Orfini 4 Rome. Hifhoire abrégee de Marcel Cavalier. Lestre 456 Pere Aléxandre. Saintes Occupations de l'Archevèque. Cours de [es Vifites toujours utiles. La mort du Pape le rapelle 4 Rome. Elctlion d'Innecent XII, Ses beaux Commencemens. Répone du Cardinal Orfini an Pere Alexandre. Charité ma- grificence du Prélat , qu refufe l'Archevèché de Naples, Il prévient , ou termine promptement bien des Procès. Dédicace de la grande Egif de Bénévent. Infiruc- tions. Difcours patétique. Autre Lettre au Pere Aléxandre. Fruits du séle, de la Sollicitude du Cardinal. Convocation d'un Concile Provincial. Le Métropols. tain en fait l'Ouverture ; le termine aprés trois Seffions. Analyfe des principasse Réglemens, fais, on publiés dans ce Synode. Lettre du Cardinal Archevëque an Pape. Bref d’Innocent XII au Cardinal Orfini. Approbation de fon Concile, pouilles des Evéques refervées à le Chambre Apoflolique par Clément VII, Ineom… véniens qui nasffent de là. Le Cardinal Orfini en demande l'abolition : ©: l'ob. tient, Bulle d'Innocent X11 À ce [ujet. Infcription en Aülion de Grace. Le Cards. nal Orfini rétablit La paix dans plufieurs Diocefes. Donne du fecours 4 l'Evêque, au Peuple d'Avelino. Fait plufieurs Fondations dans [en Chapitre, Rétablie pour le fpéiritucl , © pour le temporel l'Abbaye de Sainte Sophie, Analyfe du Synodi- ‘con, compofe © publie par le Cardinal Orfini l'an 1695. Difértsion du mème Cardinal , pour affurer 4 fon Eglife La poffeffien des-Réiiques ds l'Apôtre S. Ben thelemy. Il vifite toutes les parties de fon Diocefe. Riple quelques affaires dans ve Jui de Voliurara. Ses faintes Occupations à Bénevem. Charites, Libéralirés.

SOMMAIRE PU Livre XLIII oo

S Econp» Concile de la Province de Bénévent, affemblé as le Cardindi Or: fini. Reconnoif[ance , Trenflation des Reliques deS Bart elemy. Innocent XI? veut qu'on obferve le même ordre dans la Tranflation du Corps de S. Pie F. Fer= vcur du picux Cardinal, Sans mulsiplier les Décrets, 5 travaille 4 faire obferuer

DES HOMMES ILLUSTRES, &c. xxii frs enviens. Tous les Chapitres de La Province [e foumertent enfin à un Réglement seceffaire. Or cherche à arrêter La brigue des Bénéfices. Ce qu'on prefcrit aux Her. mites. Latre du koi Catholique Charles II au Cardinal Orfini. L'Archevêque éra- bis dans fon Diccefe les Religicufes de S. Dominique. [1 ‘crit an Pere Alexandre. 4 affife la Ducheffe de Gravina, fa Mcre, à la mort. Eloge de cette Princeffe, à [a piére , & de [a pénitence dans l'Etat de Religieufe. Mor: du Pape innocent XII, & du Roi Casholique Charles F1. Eleilion de Clément XI. Orfini opte l'E- véché de Frefcati, © en fait La vifite. Troubles dans le Royaume Naples. Re- volte diffipée. Ce que l'Archevèque fait dans le Diocefe de Btnévent. Honneurs qu'il precure 4 fon Chapitre. Heureux tiat il voit fon Eglife, [on Peuple, Second Tremblement de terre, Le Cardinal eff encore confervé pour étre la ss fowrce des malheureux. Courage, & fermeté de ce grand Homme, [upéricur à des Evénemens qui pourroient abattre-les plus forts. Après un Difcours très-patéiique, il préfente à Dieu les Vœux de [es Peuples ; prend de [ages mefures pour leur

foxtagement. Motifs d'un Voyage qw'il fait à Naples. Legtre idée de la profufion de fes Aumones. Charité accompagnée d Humilité. Nouveaux Etabliffemens : Picum fes É ntiies Fondations. L'Archeveque prépare le Cardinal Cantelmi à une Mort Chrétienne. Confiance des Fideles en leur Pafieur. Autres Libéralités prefque in- croyables, tant pour Le (pérituel que pour le remperel, dans le Diocèfe, dans la Mile de Bénévent. La paix eff rétablie dans une célèbre Congrégation. Mort ds Duc Dominique de Gravina, Frere du Cardinal. Deux de fes Niéces prennent Le Voile dans l'Ordre de Saint Dominique. Derniere Lettre du Cardinal Orfini as Pere Alexandre. Mort de Marcel Cavalieri, Evique de Gravina. Ses Ouvra- ges. Hifloire abrégée du Cardinal Gregoire Barbarigo , uni d'amitié an Cardinal Orfini. Bean trait de modeffic dans le Sains Evêque de Padoue. Sa mort précieufe. Notre Cardinal rend témoignage 4 [a Sainveté. Il rétablit le bon ordre, ° la paix dans plufieurs Provinces ; C fait refleurir le Regulariré dans divers Monafleres. p Dublie quelques Ouvrages. Continue [es Vifites. Apellé 4 ome, confulté par de Pape, il eff fait Sous- Doyen du Sacré Collége. Il procure divers avantages an Diocefe de Porto ; revient 4 Bénevent. Bref, que lui écrit le Pape. Mouvemens des Turcs. Sollicinde du Saint Archevêque. On veut le charger d'une Légation auprès de l'Empereur. Autres Lettres qu'il reçoit de Clément XI. Réponfe du Car- dinal. 11 fe rend à Rome. De retour 4 Bénevent , il met tout {or he enprieres ; ©" lui fait efpérer le Secours du Ciel, La Ville de Corfou cf délivrée ; & l Armés des Turcs battue en Hongrie. Epoque du cinquieme Siécle de l'Ordre de S. Domi- nique. Fête que l'Archeuêque de Bénévent fait célébrer à certe occafion. Sentimens Pratiques du religieux Cardinal. Il publie de nouveaux Ouvrages : & fait con- duire une fource d'Eau au milieu de Bentvent. Sageffe, modefiie , noble défintéref- fêment qu'il fait paroitre pendant La maladie , É* après La mort du Doyen du Sacrb Eoliége. 1 fais générenfement le facrifice du Décanat. Il demande cependant qu'on Pc le fens de La Bulle Pauline. Letires, Difcours de Sa Sainteté , qui applau- dit à toute La conduite du Cardinal. Le retour de lArchevèque dans Âr Diocefe, pramêne La tranquillité, €" La joye. Sainte union entre le Paffeur & le Tronpeas. comparée à celle qu'on avoit adnnrée entre S. Afléce, & le Peuple d'Antioche. En qui état fe trouvoit La Ville de Bénévent l'an 1719. Ce que le Cardinal Orfini continue de faire pour la rétablir entiérement. Nouvelles Libéralités. Monts de Piésé. M'ffion perpétuelle. Autres effers de le Sollicitude Paflorale. Zéle & fer- meré à dé:endre les Droits de l'Eglie. De quelle maniére le Cardinal vivoit avec ceux , qu'il bonorois de fon aitie, Son Palais comparé 4 l'Ecule de S. Hilaire, &

XxIv TABLE DES NOMS: , de $. Léandre. Combiens de [çavans Ecrivains, C d'excellens Paflewrs [ont jorrià de fon Ecole. Hifloire abrégée du P. Céfar-François Lucini, Evèque de Gravine.. MNonvelle Fondation. Mort du P. Cloche: Piête du Cardinal. Mort du Doyen du - Sacré Collège ; & du Pape Clément XI. Eleilion d'Innocent XIII. Son Difcours, au Sacré Collège. Le Cardinal Orfini répand de nonveaux bienfaits dans le Dio-. cefe de Porto ; © dans celui de Bénévent. Donne des Secours contre les Turcs. Prina

cipes de Religion qu'il infpire 4 [on Peuple. Ce qu'on à dit de [a Piéré , de fa. Doclrine. Ce qu'il continue de faire dans plufieurs Provinces du Royaume de Na- ples. Fruits de [es travaux dans fon Diocefe : ou il a répandu plus de deux Mil- lions en œuvres de Pieré. Réflexion de l'Archeveque de Ferme. Quelles furent les. refources du charitable Pafteur , dans [es immenfes largelfes. 11 eff juflement apelle

le fécond Fondateur de la Ville de Bénevent. Sur quels Modeles il s'éroit forme,

Parallele du Cardinal Orfini avec le Cardinal S. Charles Borromée. .

SOMMAIRE Du Livre XLI V.

M OT du Pape Innocent XIII. Conduire du Cardinal Orfini dans le fixième. Conclave, ou il s'eff trouvé. Il voit avec frayeur qu'on pene 4 l'élever 40 Souverain Pontificat, Îl tente tout pour éloigner ce fardeau. 11 à élk nranime- ment ; ne peut fe réfoudre à accepter la Papauté. On obtient enfin [on confente-. ment. Réflexion d'un illuffre Ecrivain. Joie dans le Conclave: dans la Ville de, Rome; © dans tous les Royaumes Chrétiens. Avec quels fenrimens de Religion, d'Hurilité le nouveau Pape entre dans l'Eglife de S. Pierre. Ferveur perfevé- rance dans la Priére. Retraïse de trois jours. Paroles remarquables du Nonce Do minique Palfionei : G du Cardinal Profper Lambertini. Premiere Ordonnance de, Benoit XIII contre le Luxe. Etendue des Devoirs d'un Succeleur de Saint Pierre. Avis de Saint Bernard. Letire du Pape à la République de Venife. Réponfe du SE. nat 4 Sa Suintete. Couronnement du Pape, qui difribre plufieurs Charges, fais de grandes largelfes. Son premier Difcours au Sacré Collège. Générofité de Benois, XIII. Il met [on bonheur 4 faire du bien à tous. Ses Libêralies envers le Cheva-. lier de Saint George, les Cardinaux, les Nonces, & les Minifires de la Cour. de. Rome. Abolition y quelques Impots. Belle Réponfe de Sa Sainteré ; dont les atten- tions s'étendent 4 tous les befoins des Pauvres, des Malades, des Prifonniers, &c.., Beaux exemples de Charité © d'Hnmilié dans les F:opitaux. Pourquoi Ber'oîn XIII fe met d'abord au-deffus de certains Ufages ? Sa préfence [on exemple fon, que Le Service Divin eff célebré avec plus de decence dans les Eglifes de Rome. Celles, du Royaume de Naples fe reffentent de [es bienfaits. Sévére envers les perfonnes [can daleufes, il eff toujours acceffible à ceux qui ont recours 4 [a Charité, & 4 [a Juf= tice. Il promet du fecowrs 4 Venife, © 4 Malte, menacées par les Turcs. E<horte: les Princes Chrétiens à La paix ; © [e mer en état de ne pas craindre les Infidèles, Publie le Jubilé. Sa réputation atiire bicn des Evêques à Rome. Sa Saintcië les re. çois tous avec bonté : décide promptement leurs Affaires ; @ les renvoye contens dans, leurs Eglifes. Affaire de l'Evéèque de Policajtro. Le Saint Pere refpeule les Prétres.. Averiiffement qu'il donne aux Evèques Réguliers. Il arrête l'inquiétude des mau- vais Clercs, affure le repos des Pafteurs. Décret en faveur des Cures © des Pass vres. Le Pape explique une Buile de Paul IV"; © renonvelle l'ancien ufage ,tou— chant la Cunfécrarion des Evèqus, Dédicace de l'Egkife des douxe Aporres. Pre. miere

DES HOMMES ILLUSTRES, &c. xxv *stiére Promorion. Benoît XIII fait réparer l'Eglife de S. Paul ; prend poffeffion de celle de Latran. Compliment du Sénateur de Rome; Infcriptions. Joye publique.

Sollicirnde Paforale. Soin de l'infiruilion des Pauvres dans les Hôpitaux : © des Anfidéles dans des Régions éloignées. Aülions populaires. Témoignages d'affetiion en- vers l'Ordre de S. Dominique. Bref en faveur de La Doitrine, de l'Ecole de S. Thomas. Seconde Promotion. Difcours de Sa Saintere. Générofité du Duc de Gravina. Lettre de Sa Saintete 4 la Communauté des SS. Jean Paul. Impôts fapprimés. Vigilance. Aülions de Charié. Ale de Juflice. Utilité des Conciles Provincianx. Ouverture du Jubilé. Ferueur perfevérante dans l'éxercice des faintes Fon£lions. Prifonniers délivrés. Pendant Année Sainte, Benoit XIII pourvoit aux befoins des Etrangers par [es attentions; les édifie par [es éxemples. Témoignage de lAr- chevéque de Ferme. Les Princes Catholiques les Proteflans admirent [es Vertus. Plafieurs Grands l'imitent dans [es Charités. Sa Sainteré vifite les Cardinaux ma- dades; © honore leurs Obfèques de [a préfence. Comachio reflitué au Saint Siège, Difcours du Pape 4 ce fujer : [a reconnoiflance envers l'Enpereur. Marques de difiinilion, dont il honore le Grand- Maitre, © la Religion de Malte. Œuvres de Mifericorde pratiquées , © recommandées par Sa Sainteré : qui paife quelques jours en retraite 4 Monte-Mario. Vigilance fur tons le Troupeau : fur les Egli(es de la Chine ; de l'Arménie. Mort de Lucini, Evèque de Gravina. Suite des Atlions du Pape pendant le Carëme : furtout dans a Semaine Sainte. Nouvelles Libéra- dires, Reliques de S. Jean Orfini, ancien Evèque de Trau. Brefs du Pape 4 la Ré- publique de Venife: 4 l'Ordre des FF. Précheurs : 4 l'Archevêque de Raguft. Trois principales Qualités, qui gagnens à un Souverain l'afféélion des Peuples , réunies en Benoit X111.

SOMMAIRE DU Livre X L V.

UELLES avoient êté les vues de Benoit XIII en montant [ur le Caire de

Saint Pierre. Convocation d'un Concile Romain. Le Pape en fait les prépa- tifs ; O l'Ouverture. Conclufion du même Concile. Pendant, S apres le Synode , le Pape publie quelques Confisturions Apofloliques , également utiles 4 plufieurs au- tres Provinces. Travaux multipliés. Le grand Armement des Turcs donne de l'in- quiétude aux Véniriens : le Saint Pere les raffure. Il appaife nne Sédition ; ter- mine quelques différends. 11 défend rigourenfèment quelques Jeux de hazard. Vai- ne © criminelle curiofité , juflement condamnée. Benoit XIII favorife ceux qui cnltivent les Arts, Cr les Sciences : particulierement l'Etude de la Théologie. Sous fon Pontificas la Poëlie n'efi point [ans honneur. Bernardini Prefeti, Poëte Chre- tien, eff couronne dans le Capitole, par ordre de Sa Saineré, Leitre x un Cardinal Archevique, pour lexhorter & faire finir les difenfions. Etat de l'Eglife dans les Pays-Pas. Conduite [chifmatique de “quelques Ecclefiafiiques , condamnée par le Pape. Mandement dreffé par Sa Sainieré , © publit par le Cardinal Vicaire de Rome. Sollicitude Paflorale. Priviléges accordés à différentes Eglifes. Bref de Sa Sainteré au nonvean Général des FF, Prècheurs. Difcours du Pape aux Religieux de fon Ordre, après le Chapitre Général de Bologne. Bref Apoflolique 4 l'Evèque de Gravina. Le Pape travaille à procurer mne Paix générale entre les Princes Chrétiens. Défend les Droits du Saim Siége. Lettres 4 fes Nonces, Réflexion pen Senfte d'un Anonyme. Zéle de Benoît XII por l'Etude des Saintes si La

XV] TABLE DES NOMS pour le Ainifiére de la Parole. Il veille à la fureté publique. À l'adminifiratios de la Jufiice. An foulagement des Pauvres. Défenfes du Jeu de hazard réitérées, Autres allions de zéle, de piètre, Honneurs rendus à un Ambafladeur de Venife. Sages Libéralités. Retraite a Monte Mario, Petit Voyage du Pape, Circonflances de ce Voyage, Suite de finies Occnpations. Clorure du Jubilé, Le Saint Pere com . smencc l'année 1726 par diverfes ailions de pieté. Fruits de fes Exbortations, de fes éxemples. Ce qu'il écrit aux Evêques d'Efpagne. Ordonne l'éxécution d'un Décret Apoftolique. Entreprife des Magifirats de Lucerne. Bref, que le Pape leur adreffe, pour les rapcller au devoir. Critique maligne d'un Anonyme, qui montre ar-tout autant de partialité, que peu de jugement. La fagcfe, C7 la modératiots de Benoit XIII préparent les voyes à un accommodement. Nouvelles attentions pour la fureté publique. Infulaires Aflaffins : arrètés, @ punis par ordre de Sa Sainterë, Libéralites, © a£lions de Piére. Reclemens pour le bon ordre, & la Difcipline, Ordres fignifiés à quelques Prelats, Le Pape édifie fes Freres dans le Couvent de Monte-Mario. Saintes Aülions pendant le Carême. Pauvres foulagés, Baptème de plufieurs Infidèles. Confccration de l’Eglife de Saint Jean de Latran. Miprife d'un Ecrivain, Nouvelles faveurs accordees 4 l'Ordre de S. Dominique : dont le Pape £ déclare le Protelleur. Il procure La réconciliation de quelques Princes Romains. Mort du Cardinal Paulucci, Minifire de Sa Sainteté , © Doyen du Sacré Collège, Charges données. Survivances, © Expellatives révoquées. Troubles prévenus , om appaifés. Le Saint Pere fait apeller les Procwreurs de diffrens Ordres Religieux : pourquoi. Morts tragiques. Allarmes dans le Royaume de Sicile. Benoît XIII re- double fes Prières, G La rigueur de [es Pénitences. Fait éxaminer La jufiice d'une Demande. Accorde des Graces à quelques Eglifes. Se prépare à mettre les Noms de huit Bicnheureux dans le Catalogue des Saints. Supprime la petite Paroiffe de S. Nicolas apellée des Prifons. Reforme quelques abus en faveur des Pauvres. Autres attentions pour Le fonlagement des Peuples. Deux Difcours de Sa Saintete. Baptème _ de quatre Juifs, & de fix Juives. Pourquoi ces Converfions étoient fréquentes [ous le Pontificat de Benoit XIII? Sa Saintete propofe an Sacré Collége un accommode- miens avec le Roi de Sardaigne ; & divers Sujets pour autant de Sicges. Création de neuf Cardinaux. Son Difcours dans le Confifioire du 9 Décembre 1726. Cano- nization de plufieurs Saints. Suffrages, © Difcours de M. Profper Lambertini, lors Promoteur de la Foi. Le Pape fupprime nn Ufage introduir depuis La fin du guatorziéme Siécle, Re is conforme 4 l'ancienne pratique dans la Canoniz.ation des Saints. Nouvelles Liber alités. Par quels motifs, © fur quels éxemples Benoît XIII avoit retenu l'Eglifé de Bénévent. Auentions particulicres pour ce Peuple. Aile de Jufice. Le Cérémonial des Evêques ef} corrigé par Sa Saintere , publie Rer fes ordres, Difpofitions pour un Voyage du Pape: [on départ pour Bénévent. De quelle manière il fait ce Voyage. Arrivée de Sa Sainteié à Bénivent : [es premiéres attentions. Sollicitude Paflorale, Vifises : Œuvres de Relision, de Chariré , 6 de Pitié. Dédicace de l'Eglife de Saint Philippe de Néri. Audience donnée à plu- feurs Princes, à quelques Prélats, © 4 tous les Curés du Diocéfe de Bénévent. Ce qu'on fait cependant à Rome, à Florence. Chrétiens enlevés [ur les Côtes apel- es de Sainte Félicité. Ordres du Pape à ce fijer. Suite de [es Occupations, De- Part, © Genérofité du Ponife. Paroles d'un Anonyme. Ce que Benoit X/11 fait 4 Capoue ; © an Mon-Caffin. Dédicace de certe Eglife. Difcours du Pape : qui RaÏe par la Ville d'Aquin ; [e rend 4 celle de Sexzxa ; on il figne la Bulle Pre tiolus, Analyfe de ce Décret ; qui a été confirmé par Clément X11, en faveur de le Doitrine d Saint. Thomas, Le Pane arrive & Rome. Ses premiers. fins, Précau-

DES HOMMES ILLUSTRES, &c. »xvi Nons contre les Armatenrs de Tunis. Sollicitude peur les Peuples de Sicile. Sa Sains teré effaye de terminer tous les Différends aves la Cour de Savoy. Lettre de Roy de Sardaigne au Pape, qui, par fa fermeté, furmonte bien des difficulres; © pourvoit aux prejfans befoins des Eglifes du Piémont. Invention des Reliques de Saint Clément. Paix Générale. Liberalités du Saint Pere. Il recoit l'Hommage du Duc de Parme, ° de Plaifance. Fait préparer une Famille Juive pour le Bapre- me. Aile de [évérite, © de juflice, néceffaires. L'Archevèque Eleéleur de Cologrre vient en Italie, pour y être facré par Sa Sainteté. Cure Confécration [e fait 4 Vr- terbe dans l'Eglife des FF. Précheurs. Libéralités du nouvel Arehevèque. Pro ; o- tion de quatre Cardinaux. Préfent , dont le Pape honore la Grande Duchee Florence. Pardon accorde 4 nn Aroffat pénitent. Déméles des Lucernois avec le Non. ce terminés. Saintes Occupations mulripliées. Récit de l'Archevêque de Ferme. Le Pape ordonne l'éxécurion des Réglemens faits par le Cerdinal de Tournon. Reçois

des Lettres , © des Priféns de l'Empereur de La Chine.

SOMMAIRE DU LIVRE XELVI.

D Erotrns d'un Paflcur felon Saint Gregoire de N'aziarve, remplis Exaëles mert par Benoit XILT. Il vent infbirer à tous les Fidéles un fouver ain refpett

pour le Saint Nom de Jr SU s. Confécration des Vierges. Bienfairs fpirituels

femporels accordés aux Penrles. Quelques Converfions. Bref a P'Evêque de Pavie,

pour faire conffa:er les Reliques de Saint Augufln. Diverfes Tranflations de ces Re-

Bqnes. Elles [ont trouvées . une Eglife de Paie. Difputes à ce fuier. Sa Sain-

seré fair éclaircir le Fait, Jugement de l'Evêque de Pavie, loné , approuvé, © pu-

DIE par le Pape ; qui annonce cer événement 4 toute l Eglife. Zéle des Univerfités

de Plaifance, de Modtre pour la Doëlrine de Saint Thomas. Le Saint Pere

répand de nouvelles Graces. Il déclare les cinq Cardinaux réfervés in petto ;

en crée deux autres. Bcarification de quelques Serviteurs de Den. Canonization de Sainte Alargnerite de Cirrine. Privilèges accordés à quelques Villes. Générofic du Pape envers le Chapitre de Sairt Pierre. Reconnoïiflance de ce Chapire. Aurres œnvres de zéle, de Religion, de Piété. Affaires de Sicile, de Pologne , ter- minées par la [içeffe de Sa Saimeré. Ce que Saint Gregoire de Nazianze 4 dit de la follicisude de Ssirt Paul, peut ere applique a Benoit XIII. Etendue de [e Cha: rite. Il prie, d fait prier pour la Sante du Roy Très Chrérien Entreprifes de quel- ques Religieufes réprimées. Nouveaux ordres pour prévenir, ou arrèter les Fac- fieux. Réflexions gémiflemens du Saint Pere [ur les défordres pablics. Il excite le vele des Pafteurs, par [es Lettres, [es exhortations , @ [es Exemples. Baptème de plufieurs Juifs. Bref de Benoit XIII au Général des FF. Précheurs. Sa Sain- tete n'approuve pas qu'on reçosve facilement les nouveaux Convertis, dans le Cler- Le, on dans les 1. aifons Religienfes. Dans nn terms de calæmite , elle fournir des vi œres aux Gèns de la Campagne. Exhorie les Peuples à la Pénitence, Adulriplie les Anmônes, Traite favorablement um pauvre Gentilbomme. Chatie #n Aureur fatye rique. ! rend des précautions contre les Fauffaires. Fait donner la chaffe à des Ps- rates, Pendant que le Pewole [e livre à de profanes divertiffemens , le Saint Pere redouble [ès priéres, [ès pénitences dans la retraite. Se prépare 4 la Canoniz4- tion de Saint Jean Nésorwncéne Aer fon Nom avec folemniré dans le Caralogie du Saints, Hiffire abrégée du Sains Marryr. Le Pape fixe le tems pour un fecvrd

d ij

2

wi TABLE DES NOMS

Voyage à Bénévent. Ce qu'il fait cependant à Rome. Création du Cardinal Cybo: Départ de Sa Sainteré. Ses Aëlions dans [on Eglife de Bénévent. Sujets de confile- tion pour le Peuple Romain. Celui de Bénevent cf} infiruit, édifié, [ecouru dans fes befoins, par le Saint Pere, qui pourvoit aux beoins fpiriuels © temporels des Malades. Affemble un Concile Provincial, Traite toujours avec honneur les Eve- ques. Termine un grand nombre d'Affaires. Donne [a derniére Bénéditlion à un Peuple chéri, É conflerne de [on départ. Les Peuples rempliffent tous les chemins, on le Sains Pere doit palfer. Joye des Romains à [on arrivie. Il diffribue [es Dons, fupprime des Impois. Continue les Fontlions Paftorales. Retour de quelques Chre- tiens , enlevés depuis plus de deux ans par les Corfaires de Barbarie. Courage Jermere du Pape dans les plus vives douleurs. Il so difcontinuer , ni moderer de travail. Il donne l Habit de Saint Dominique 4 deux jeunes Romains ; reçoit l'Abjuration d'un Gentilhomme Ecolfois Proteffant. Il fanitifie les foufrances, & le travail , par une Priére continuelle. Difcours de Benoit XIII dans le Confifloire fecret du 6 Juillet 1729.Créarion de deux Cardinanx. Mort précieufe de quelques ‘Chrétiens dans la Chine. Le Pape veille à la furetc des Cotes Maritimes. Fait punir deux Affaffins. Autre aîle de juflice. Libéralités. Le Saint Pere n'ef} généreux qu'à fes Ps Il n'accorde que difficilement des levées [ur le Clerge. Continue 4 don- ner de beaux Exemples de défintéreflement, de zéle. Application aux Affaires du Gouvernement , 6 de l'Eglife. Beaïification de quelques Serviteurs de Dieu. Retraite, & Occuparions. Emotion populaire dans quelques petirs Lieux, appaifee par la fagefe, & la bonre du Pape. Il prévient par [e prudence une rupture entre deux Cours. Des obffacles infurmontables s'oppofent quelquefois à [es bonnes inten- fions. Il réuffit dans quelques autres occafions. L'indif ofition du Saint Pere aug- mente 1oujowrs. Il ne laiffe pas de travailler avec La même application. Témoignage de l'Archevèque de Ferme. Le Roi de Pruffe promet de favorifer les Catholiques dans fes Etais. M. Salviaii vingt-nenviéme G dernier Cardinal de ia Création de Benoit XIII. Maladies populaires à Rome. Dernitre maladie du Pape: faints difirs de la Mort. Belles difpofitions pour mourir er Réflexions. Mort du Saint Pape Benoit XIII. Ses Atlions font [on plus bel Eloge. Avantages accroif-

. femens de le eligion Chrétienne, fous le Pontificat de Benoit XIIL. felon la Re-

marque d'un illutre Hifiorien. Le Corps du Saint Pape cj} mis comme en d'pôt dans l'Eglife de Saint t'icrre. On | depuis à le transférer dans celle de la Mi- verve. En quel érat il eff trouvé le 21 Fevrier 1733. Relation fuccinte de cette Tranflation. Portrais de Benoit XIII. Difiours de l'Abbé Affemani, prononcé dans l'Eglife de Saint Pierre. Rélation d’un fait confidéré comme un Miracle, Paroles du Cardinal Profper Lambertini , aujourd'hui NN. T. S. P. le Pape BENO1ST XF.

LIVRE QUARANTE-SEPTIEME.

IL. THomas-MartE FERRARI, Maître du Sacré Palais, Cardinal Prêtre du Titre de Saint Clément, | age 492 III. ANroniN CLocHe, foixantiéme Général de l'Ordre des FF, Pré cheurs, | 508 IV. GREGOIRE SELLER: , Maitre du Sacré Palais, Cardinal Prêtre du Ti- tre de Saint Auguftin , s81 V. Guisraums MarreL, Miflionnaire Apoftolique dans les Ifles de mérique, 397

DES HOMMES ILLUSTRES, &c. xxis LIVRE QUARANTE-HUITIEME.

VI. VincenT-Louts Gorrt, Patriarche de Jérufalem, Cardinal Prêtre du Titre de Saint Sixte, | 640 VII. François GiL DE FEDERIC, & | | VIII. MATTHIEU - ALONZE LeziNtANA , Miffionnaires Apofto-S 68e liques, martyrifés dans le Tonquin, l'an 1745, | JX. FRANÇoIs- FERNANDEZ DE CariLLAS, Miflionnaire Apoftolique ; Martyr dans la Chine, : 732 X. Pierre-Martyr SAnz, Evêque de Mauricaftre, Vicaire Apoftolique.

_ dans la Province de Fo-Kien, martyrifé à la Chine l'an 1747, 736

_ XI. François SERRANO , Evêque de Tipafa , & Coadjuteur au Vicariat Apoftolique, Martyr, 758

* XIS. Joacxim Roxo, Mifionnaire Apoftolique, Martyr, hd, XIII. François Diaz, Miffionnaire Apoftolique, Martyr, 759 XIV. JEAN ALCOBER, Mifionnaire Apoñtolique, Martyr, lbid,

XV, LETTRE écrite du Tonquin, qui fait connoître l'état de la Religion : Chrétienne dans ce Royaume, 72 XVI. Discours de N, S. P. le Pape Benoît XIV, touchant la Mort pré- . cieufe & le Martyre de l'Evêque de Mauricaftre, |

Fin de la Table.

. | . dii

EE TU

APPROBATION de A1 SALMON, Dolfeur de La Maifon O7

Société de Sorbonne, & Cenfeur Royal des Livres, |

» Ar li par l'ordre de Monfeigneur le Chancelier , les Livres XLI, XLHT,XLIIT, XLIV, XLV.XEVI, XLVIL, XLVIU , de l’Hiffoire des Howmes Ilufires de l'Ordre de [ains Dominique. Ce tixieme & dernier Volume de cette Hiftoire, ne céde point à ceux que nous avons du méme Auteur. Je ne doute pa; qu’il ne foit IG du Pubüc avec le même plaifir, & la mème facistaétion, Je n’y ai rien trouvé qui puifle en empécher l’impietlion,’ . A Paris ce 18 Novembre 1749. | : SALMON, Docteur de la Mailon & Société de Sorbonne.

APPROBATION desT héologiens de l'Ordre.

L A lecture que nous avons faite de ce fixiéme & dernier Tome de l'Hiftoire des Hommes Illuftres de notre Ordre, a mis le comble aux fentimens d'approbation & d'admiration , dont les T'omes précédens nous avoient déja remplis; puifque , avec la joie de voir cer excellent Ouvrage heureufement conduit à fa perfection & à fa fin, nous avons trouvé dans ce dernier Volume non-feulement toute la beauté, l'élégance, & le mé- rite des précédens ; mais de plus un fond de Matiére, & un choix des Su- jets les plus grands, les plus riches, & les plus intéreffans. L’Hiftoire du _très-Saint Pape BENOîÎT XIIT, qui remplit la plus grande partie de ce dernier Tome, en nous repréfentant un Souverain Pontife digne des pre- miers Siécles de l'Eglife, &' qui de nos jours a remrli le Monde entier de l'éclat de fa Sainteté, & de l'odeur de fes Vertu,, ....2roit feule a ce Vo- lume un prix & un mérite le plus diftingué. Quel accroiffement de richeffe & de prix ce même Volume ne reçoit-1l pas encore, par l'Hiftoire du Mar- tyre di Saint Evèque de Mawricaftre , immédiatement précédé par la glo- rieufe Mort de nos deux Martyrs du Fonquin, & auffi immédiatement fuivi du Martyre fes quatre Compagnons, tous Miffionnaires de notre Ordre dans la Chine, ces généreux & intrépides Défenfeurs de la Foi viennent tout récemment de répandre leur Sang pour JEsUus-CHRIsST, Qu'il eît confolant pour nous d’avoir été chargés de nous expliquer fur un Ouvrage rempli de tant de merveilles, & fi recommandable par la richeffe des Sujets, & par le rare talent de l’Auteur à les traiter; mais qu'il eft en même tems honorable pour nous, de voir l’approbation que nous avons donnée , & que nous continuons de donner à cet Ouvrage, magnifiquement & conftanment confirmée, & pour ainfi dire couronnée, par l’approba- . tion & les Eloges multipliés du grand Pape qui remplit ÿ dignement la Chaire de Saint Pierre, & qui.ne fe laffe pas de répandre fur l'Ouvrage & fur fon Auteur , les témoignages d'approbation & d’eftime les plus écla- tans & les plus diftingués, Nous fommes perfuadés que ce dernier Tome ne plaira pas moins à Sa Sainteté , que les précédens. Dans l’éxamen que

ces

nous en avons fait, nous n'avons rien trouvé que de très-conforme aux

Régles de la Foi & des Mœurs. À Paris, ce 23 Août 1749. :

+. A. l'Ordre des FF. Précheurs.

. «3 n Re

…. de l'Ordre des FF, Précheurs, | | | HISTOIRE

F. JeAN-ANDRÉ VassAL, Profeffeuren Théo: re, de .

- Ta ÆF. BERNARD MONTPELLIER, Profeffeur en Théologie,

Fe LS OR A:

+. B L E.

ÉRÉÉSREN ET ALPHABÉTIQUE

Des Noms de tous les Saints ; @* des Hommes Illufires, di l'Hifloire. eff contenue, dans les [fx T'omes cet Ouvrage, dans les deux derniers Livres de la Vie de S. Dominique. Ceux-là PR par le To. & ceux-ci par le Liv,

A

ER : To. IL. p. io. ACCIAJOLI ( Zénobe ) Préfet de la Bibliothèque <! Ve- ; tiCa,, _. = To: III, p. 708. ‘; ADVARTE ( Diégue) Evêque . …. _- - - To. V,p. 181. Acnr( Thomas de Léontine ) Patriarche, - - Liv. p. 67. ÂALBALATE ( André) Archevêque. : & e - To. Ï, p: 367. B. ALBrRT LE GRAND, Evêque, Docteur > - Liv. 1, pe 79. . ALCOBER ( Jean.) Martyr RS - 5 = - To. VI1,p.7ç9. ALPORRANDIN : Evéque de Gubio , «: : - - . To. II, p. 486. * ALDOBRANDIN ,; Evêque, Vicaire du Pape Gregoire x > To.l;,p. 380. ÂLE’XANDRE LE Luco, Martyr, - - To. V, p.376. ALEXANDRE { Nocl ) Doiteur de Paris, - = = To. V, p. 804. ÂLPHONSE DE Burços , Evêque, -. - .... . - To. IL, p. é93- B. ÂLVAREZ DE CORDOUE, - . s_S'i'er Ao-llls P. ‘08. ALVAREZ DE TOLEDE, Cardinal, . = .- « To.lV,p.168. ALVAREZ (Diego) Archevêque de Tranÿ, - - - To: V,p.123. S. AMBROISE DE SIENNE» - - ‘= To. I, p. 441. AMISIS PE‘SOLAR ; Compagnon deS. Dominique, Ce Liv. V,p. 578. B. ANDRE’ DE FrANcHIsS, Évèque, + = - 2: To.ll,p. 478, ANDRE DE LA Tour, Archevêèque, - - "To. Il, p.495. . ANDRE’ LE LONJUMEAU, Ambañfladeur , & Nonce , >. = To. 1, p.167. ANDRE BF CONSTANTINOPLE ; Archevèque de Rhodes, To. Ill, p. 264. - AÂNG£ DE PEROUSE, Evêque, - - - > To.ll, p. 130. ANNIBAL ANNIBALI ,; Cardinal, - | _ To.Ï], p. 162. Annius { Jean de Viterbe) Maître du Sacré Palais, > “+ To.lll,p.6fçs. ANTOINE LE Qu » Fondateur, - - - + To. V, p.413. $. ANTONIN , Archevêque, Ambaffadeur, - To.ll!, is 3 19. rs T SEGARRA ; Confefleur du Roi d’Arragon To. 1, p. sos. acques = L = | AS€ELIN » OU ÂNSELME, None. _ - - - To. ], p. 145: 5. AUGUSTIN DE-GAZOTHES » Evêque, - - - . To.ll, pag. 1. AviLA ( Jofeph-Marie) Evèque, - | - To. V,p. 387. L EL ( Martial ) Général des FF, Précheurs , To. Ill, p.497. ; B. | | E- AD1A {Thomas de ) Cardinal, - - To.IV, p, 116: Bazarpis { Jacques de) Evèque, + To.Ill,p.17%

: BanDez Vincent / Général des FF. Prêcheurs -: = To. Ill, p.67$. Tome VI, À

Vie de S. Thomas

Ibidem.

À] TABLE GENERALE ET ALPHABETIQUE BANNEZ ( Dominique ) Docteur de Salamanque, - To. IV, p.750 BaroON ( Vincent ) Auteur François, = - -, - To. V, p: 489 BaRRIENTOS-{ Lopez de ) Evêque, + = To. III , p. 441

B. BARTHELEMY DE BOLOGNE ; Archevque » Apôtre d'Ar-

menie , =: = To. Il, p. 108

B. BARTHELEMY DE BRAGANCE , » Evôque ; ue, Nonce RE Liv. V ,p.5ç08

D.BARTHELEMY DES MARTYRS ;, evêques - - To. IV, p. $93 Breccaria ( Hipolyte-Marie ) Général: des FF. Prècheurs, To.IV ;, p. 727

BenaAvipes ( Michel ) Archevêque, - = Oo. IV ;p. 771

B. Benoiïr XI, Pape, - - - _ To. I, p. 6çf Benoit XIIL, Pape, & à nu To. VI, p.1:

. BeNoîr D'ANSINAGO ; Evêque » Nonce, - - To. Il, p. 194

‘: : Benoîr ( Jean de) a _— To. Il, p. 653 BEQuIN (Raymond ) Parriarche , Ur. ° - To. II, P. SI

BERANGER DE | Légat , Archevèque ; = To. 11; p. 63 BERNARD D’ALBUQUERQUE ; Evêque ; - - = To.IV, p.45

BERNIER | Jérôme ) Cardinal, _ = Tom. V; p.x BerrHA ( Thomas de ) Evêque,, - - = - To. 1, p. 28ç BERTHANO ( Pierre) Cardinal, - - To. IV, p. 183 BERTRAND DE GUARRIGUES» Difciple de S. Dominique, Liv. VI, P. 6 BLancuis { François-Archange de) Cardinal, : - - To. IV, P. 46 BoNAVENTURE DE VERONE ; Compagnon de S. Dominiq. Liv. V, P. $80 BoncaAmaio ( Jacques ) Evêque Légat, - To. 1, p. 171 Bonezz1 ( Michel) Cardinal Légar, - « - To. IV, P- 699

BonN1IFACE DE.FIESQUI ; Archevèque Légat , =. - To. l,p. $67 BONvisE DE PLAISANCE, Compagnon de S. Dominique , Liv. V,p. $79 Bosquer ( Albert} Evêque,. - . - Livv, P. $4$ | Bzovius { Abraham } Annalifte, _ = = To. V, Pe 14

C:

| C ABRERA (Alphonfe de ) Prédicateur du Roi d’Ef-

pagne - - To.IV,p.73f CAJÉTAN (Thomas de Vio) Cardinal Légat, To. IV, p.: CazescaAs ( Emanuel ) Auteur Grec, - - - - To.1l, p. 654 Cazesrius ( Ange ) Evêque, - To. IV, p. 636 CAMPANELLA ( Thomas) Philofophe ; - - - To. V, p. 225$

CanNDipE ( Vincent )/ Maître du Sacré Palais, + . To. V,p. 364 Cawo ( Melchior ) Evêque , Théologien ;, = : - To.IV ,p. 193

CAPELLO { Marius-Ambroife ] Evêque, EE To. V,p. $06 Cairirias ( François Fernandez de ) Martyr, - - To. VI, p. 732 Carisuccui { Raymond ) Cardinal, - - .- To. V, p. 649 CARBONEL { Thomas] Evêque, - - - To. V, p.613

CarraccioL1( Nicolas) Cardinal Légar, - = To.ll, p. 603 CARRANZA | Barthelemy de ) Archevëque Primat, - - To. IV, p.421 . CARRE’ ( Jean-Baptifte - se To. V, p. 346 CasANovA [ Jean de } Cardinal Legat, - - . - To.lll, p. 196 CasaATE ( Thomas de } Cardinal, - - - To.ll, p. 622 CaAssETA ( Salvi) Général des FF. Prêcheurs ; = - To.lll,p.s16

_ CATHARIN ( Ambroife ) Archevêque, - To. IV ,p. 127 | Ste CATHERINE DE SIENNE » ; Vierge du Tiers Ordre de Saint Dominique, = - - To. Il, p. 4938 CavaLtErI { Marcel | Evêque , - T. VI, 6$ »16$. CeLLANI ( Pierre ) premier Difciple de S. Dominique > Liv. VI, p. 674 .. CENDRA ( François de) . - = To. L p. 483 . CENDRA | Pierre de ) To. I, p..481

$. CESLAS s Fun des premicrs ; Digiples de S. Dominique ; Liv. VI LP: 622

» 1% .

DES NOMS DE TOUS LES SAINTS, &e iÿ

CHARLES D'ALENÇON , Prince du Sos Frames Atche- -

vêque, - ; se, To. Il, p. 481 CHATAGNE” { Antoine ) zélé Miffionnaire, ji - To. V, p. 782 CHRISTIANI ( Paul } Catalan Sçavant dans les Langues > To. l;,p. 484 Craconius { Alphonfe) Ecrivain, : To. 1V ,p. 74$ CranTEe's ( Ignace ) Evêque, - _ - To. V, p. 475

. CrantTe's ( Jofeph-Marie) Evêèque, - To. V,p. 480 CLair DE Borocne , Difciple de S. Dominique, = Liv: V,p.x66 CLEMENT, Ecoflois, 5 cé. Éi: VI, p.736

CLERE'E ( Jean) Confeffeur Louis XII > » LP: +. To. Ill, p. 63ç LOCHE ( Antonin) Général des FF. Prêcheurs , + . To, VI,p. 508

CoErFeTEAU ( Nicolas) Auteur, Evêque, . - - To. V , p.47 CorLonxe (Jean) Archevêque, ° > - . To. 1, p. f09 CONRAD D'ALLEMAGNE; - - + Liv. V, p. 581 ConraD D'AsTE , Général des FF. Précheurs +. To. Hi; p. ç03 CooLs ( Reginal) Evêque, + To. V,p. 717

. CONRAPIN DE BRESSE, - = =, To.lli,p.1££ . CoNSTANTIN DE Mepicis, Evêque Ééget, = + To.l, p. 166

CoNTENSON ( Vincent } Théologien. François Si To. V, p..498 bai Jacques ) Difciple de S. Hyacinthe , = To. L pe as

D... MU

B. Dr Mower, = = »- To. I,p.z2rr

DANTE' naee ERÉAUE » _ = es. + To. LV, pe 639 DavrzA ( Augu NU EvSdtEs ee + - : —- + To.lV,p.764 Des ANDES ( Noël) Evêque, : = - = © - To. V, p. 268 DezzA ( Diégue ) Archev EME To. HI , p. 722

Diaz (François) Mactyr, - To. VI, p. 759 Disco ps CHAVES; Conféffeut de la Maifon Royale d'Ef-

pagne , 2 »« To. EV ,p. 741!

. DIETRER DE Nassau ; Archevêque 1e ; Eledeur de Trèves, To. I, p. 737

DOMINIQUE DE FLORENCE, ÂtC -e : =! To. Hl;p.irt

= Donar ( Fhomas) Parriacche , PE To: HI, p. 667

Doucin (Guillasne Evêque , Nonce Apoñolique » To. Il, p. 314

Duran DE SAINT PourÇa«IN ; Evêque, - . ».To, Il, p. 136

Es. RAYMenwp»; Général des FF, Précheurs -"- To. IT, p.6re

Eue-Rorsrr, Evêque, +. +7 "E Ets V,p. ‘44 ETtENNE , Archevêque ; Ce = e " Liv. V,p. 584 Enuric (Nicelas ) Auteur Catalan OO à. ‘3 To. Il, p. 632 F.

Fasss ( Jean ) Evéque , - . = To. IV, p. 66 Fasn:s ( Sixte) de Eucques, Général ‘des FF. Précheurs > To. lV, p.721 Fe’neric ( Gil de) Martyr, . - To. VI,p. 688 FERDINAND DU CHATEAU , Ambaffadeur 5. + To. IV, p.694 FERRARI bc Cardinal, - = - To. VI, p.492 Forsrio (Fr ançois ) Théologien Portugais , = - To. IV, p.472 FoscHArARI (Gilles ) Evêque, -: - - - - To.IV;p.239 Fourre’ ( Jacques) Evêque, . - . To. IV ,p. 161 FRANCO DE PEROUSE, Archevêque, & Apôtre dans la

Perfe , - To. I, p. 778 FRANÇOIS DE CAmER1No F Miffionnaire en Orient, 8 Ar |

chevèque ; Se : er To. Il » Pe 147

x i

iv TABLE GENERALE ET ALPHA BETIQUE

FRANÇOIS DE LA CROIX, Evêque, Sn | FREAUVILLE Nicolas de Le ) Sie Légar, > -

G-

Gars Auguftin Cardinal ; L - Garce's ( Julien)-Evèque, . -. |

‘GASPAR DE LA CROIX; Mitfionnaire , | premier Prédica. teur de Ja Foi dans la Chine - - = GASPERT ( Hugues) Evêque, - - . - :

= GaATTi1 { Jean-André } Eveque, RE GAUTIER DE VINTERBON,; Confeflcur du Roy d'Angle- terre ; & Cardinal, -

GEOFROY DE Di eu. Confeffeur de Sainc Louis Roi

de France ,- - - =- . - O0. [ , p. 292 B. GILLES DE SAINTE- IRENE - - © - Tom. 1], p, 36 = GoaARt Jacques) Miilionnaire, & Écdivdin; = . V ,p. 357 GODEFROY DE BosDuc, Evèque , : = 0. IV ,p. f$E Gopieu ( Guillaume de} Cardinal Légar Apoñtolique; - To. 11, p.174 B. GONÇALE’Ss D'AMARANTHE ; Tom. L P. 61 Gorri ( Vincent-Louis) Cardinal, - - - To. VI, p. 640 - B- GUALA ; Evêque ; Nonce, - = - = Liv. V ,p. 39 CIDONIS. { Bernard) Evêque , Nonce, . - To. I, p. 94 ;: GuIENcOURT-{ Jean ) Conécifeur du - Roy 4 France .

Henry IL, , - - - To. IV ,p. 1$$ GUILLAUME DE CHartREs, Chapclain de S. Louis, - To.I, p. 3or GuiLLAUME DE Horun , Ambañladeur, Archevêque, To. I, p. 603 GuILLAUME DE LAUDUN , Nonce, Archevéque , - - Toll, p. 318 GUILLAUME DE MeczesFtip ; Cardinal, - To. E, p. 727 GUILLAUME DE MONTFERRAT ; Difciple de Saint Do- - minique, ,: + Liv. V,p. (53

; GUILLAUME DE MorsecA , Archevêque , = To. 1, P. 410 -GuiLLAUME DE Tripozi, Miffionnaire en Orient, - To. 1, p. 288 . Gui DE Suiziy, Archevèque, :- - 7. + To. I, p. 40$ . Gui pe LA Tour-pu Pin; Evèque,. + + + «To. > Pe 474 H. Have (-Antoine ) Evêques = + +: 3: :To.IV;p. 238 B. HENRI AMAND DE SUSON ; - To. Il, p. 436 HENRI D'ALLEMAGNE ; Compagnon de S. Dominique s Liv. VI, p.72 HENRI D'Urrecur , -. Liv VI, p.71 Henri Poonotis, Evêque, Légat Apoñtolique - + To. I, p. 240 HErcuLANI: ( Vincent) Evêque, - = = To.IV,p. 543 Houvarp : Philippe-Thomas) Gardinal, “+ = To. V,p. 698 * Hucouin DE Rimini, Evêque, -. -,. - +. Tol, p. 64 . HyGoLiN DE SAINT Marc, Evêque, : Le _ - To. Il, p. 311 Huçurs Ayseuin , Cardinal , - 7 +: To.l, p. 573 . HyçuEs .DE SAINT CHER, Cardinal Légat, ; Ne - To. I, p. 200 Hum&err I. Dauphin de Viennois, 7 7 To. Il, p.36$ HUuMBERT DE Romans, Général des FF. Précheurs - To. I, p. 310 S HyYAciINTHE > l'Apôtre du Nord, - + Liv. VI, p.588 Hi DE MANTOUE; Evêque -.. + * To. Il, p. 134 .. JACQUES MEVANIA». + 0e =... » To. 1, p. 619

To. V,

12f To. II, 2

P- 3$

To. V , p. 198 To. IV, p. 107

To. VI, P. 729

To. Il, p. 48 - To. HT, FE. {3

- To. I, P- 719

. JACQUES DE PLaisANcE, Evêque, ; . .B. JACQUES SALOMON ,

: DES NOMS DE TOUS LES SAINTS, &c. v - Tom. L, p.133

a TT co 7 To t,p. 763 JACQUES DE puraGins , Archevêque, - To. 1, p. 583 Jaxsensoy ! Melle illuftre Dctenfeur de la Foi, - To. V, p. 284 ( Corneille - M 7 + + To. V,p. 289 ———— ( Dominique ) - - - - To. V, p. 291 ———— ( Léonard 2 =. _- To. V, p. 294 Jean 11, Archevèque d'Upfal, 7 - + To. l,p, ç22 B. JEAN-DominiQue ; Cardinal de Ragufe, Légat, - To. Il, p. 702 . JEAN DE DERLINGTON , Archevêque , Ambañfadeur ,. To. I, P. 41$ la » Evêque en Géorgie, -. To. II, p. 120 _ Jean DE Lau, "i a: s 7 - To. I, p. 733 B. JEAN Micon, faint & LES Prédicateut , . To. IV , p. 489 . JEAN DE Montnotr, Théologien au Concile de Flo- rence ; . E - " - - To.lll, p. JEAN DE Mouzins, Cardinal, - - - To. Il : à : EAN DE NAVARRE ; Compagnon de S. Dominique, - Liy. VI, p. 656 *#JEAN DE NEuCHATEL , Cardinal, - - . . T6. 11, P. 623 EAN DE POLE, Archevëèque, + - - -To.I, P. S16 EAN DE PORTUGAL ; Evêque, = - = To. V;, p.126

EAN DE Puinorx; Evêque, Viceroi, - =. - To-IIl, p EAN DE RAGUSE , Nonce à Conftantinople, - + “TG.IIl, D. 246 EAN DE SAINT GILLES, -

3 RE NE TC UNE 1, p. EAN DE $. THoMAs, Confefleur du Roi Philippe IV, . V,, U ns EAN DE VERCEIL , Général des FF. Prêcheurs, Légat, To. 1, p. 418 . JEAN DE Vicence, Difciple de S. Dominique, - - Liv. V, p.18 EAN LE TEUTONIQUE; Evêque, _ = + Tom. 1, p. 9 LDEPHONSE HENRIQUEZ,; - = + - To. V, p. 588 INNOcENT V; Pape, . - s = . To. 1, p. 344 OSEPH DE TEXARA, Prédicateur du Roi Hentill, To. V , p. 39 . JourDAIN DE SAxE, Général des FF. Prêcheurs, - Liy. VI, p. 69$ UCONDE ( Jean de Vérone) . É * To. III, p.70 USTINIANI ( André ) Evêque, . = . To V, p.11 = ÉAusate Evêque, - 7 T7 * To.IV,p. 302 ———— ( Auguftin ) Evèque, ue 7 To. IV, p. 26 ———— ( Déce) Evêque, - - - . * To. V. p. 241 ——— ( Jérôme ) Evêque, . = 7 To. V, p.13 ———— ( Paul ) Evêque, & Nonce, "+7 = To. Ill, p. 649 ( Timothée ) Evèque, - 7 7 To.IV, p.195

{ Vincent ) Cardinal, - -

LA To. IV , p. $27 K -

K ILouaARst: ( Robert ) Primat d'Angleterre Car- . + LE ON À É 7 To. I, p. 397

L.

L: NUZA ( Jérôme-Baprifte de ) Evêque; . = To. V,p.s Lapasse | Barthelemy de ) Evêque ;, Nonce Apoftolique ; To. III, p. 38

$ t Las-Casas ( Barthelemy de) Evêque, Protecteur des In-

diens ; - = Ne _+ To. IV , p. 240 Laurent AnGzois , Difciple de S. Dominique, = Liv. VI, p.659 LE®ANDRE ALBERT, Auteur Italien, - . - To. IV, p. 1213 LepesMA ( Barthelemy de) Evëque, . - To, IV ,p. 767 Lemos ( Thomas de ) Auteur Efpagnol, - =, : To. V, p. 103 LeonarD DE Daris, Général des FF. Prècheurs , Légac |

Apoftolique ;, : = = L #. + :: To. li,p.i3o

| + 1}

V]

= - - To. IV ,p. 558 Louis 5 VALLADOLID, Ambañfadeur, - - To. II], p. 207 Luccini ra Evèque, - a 7 T.VL:191,280 Luccini ( Louis-Marie) Cardinal, - = To. VI, p. 192 M.

Mais ( Vincent) Cardinal, - - To. V,p. 449 Maxerzi( David) Archevêque, - se 1, p. 136

- MaLvenNDA ( Thomas ) Commentateur de l'Ecriture Sainte , _ - - = - To. V , p. 78 B. Manez DE Gusman, Frere de Saint Dominique ; Liv. VI, p. 648 B. MarAMALDI( Gui) : - do. IT, p. 627

Mazza ( Thonras ) Commiffaire Général du Sainr Of

* Nicozas pe S. SAruRNIN » Cardinal , p To- JI, p. 577

. Louts BERTRAND : Apôtre des Indes Occidentales,

TABLE GENERALE ET ALPHABETIQUE

LEoNARD DE PERousE, Maître du Sacré Palais, - = To.Ill » P. sos

LeonarD DE Scio ; Archevêque ; Nonce à Conftanti-

nople , . . . - - - To.lIll, p.356 LeziN1ANA ( Matthieu-Alonfe) Martyr, - - To. VI, p. 309 Lisezii ( Hyacinthe) Archevêque, Vice-Légat, - * To. V, p. $79 LoayzA { Garcic de ) Cardinal, = L To. IV, p. 93 LoayzA (Jérôme) Archevêque, - - - To. IV , p.410 Lopez ( Gregoire » Chinois, Evêque, - - To. V ,p. f87 Loprez ( Jean) Evêque,

Louis DE GRENADE,

MariaLrs ( Xantes ) Confciller de l’Empereur Ferdi-

nand Ill, - RCE - To. V, p.430 Marinis ( Dominique de) Archevêque , Vice-Légat, - To. V; P. 4ç9 Maninis { Léonard de } Archevêque , Légat Apoltoli- |

que , - se . - To. IV ,p. 393 MarTEL ( Guillaume) Miffionnaire, - - To VI,p. 87 ARTIN PoLonois, Archevêque, Primat, - - To. I, p. 374 MassouLir ( Antonin) Théologien François, = To. V, p. 7ç1 Marrnteu , L Abbé ;Difciple de Saint Dominique , Liv. VI, p.61

B. MATTHIEU CARRIERT; _. - = o. Ll,p. 476 ._ Mauczerck { Gautier) Evêque, . = - To. 1, p. 127 B. Maurice , Prince de Hongrie, + - = . To. 11, p. 159 Mazarin (Michel) Cardinal, - . To. V, p- 278

ce , - - = - 2, © 10-V p.614 MicnaELis ( Sébaftien ) Reftaurateur de la Vie Régu-

iére » - - e = - V ;, p.19 Mice pe FaABRA, Confeffeur du Roi d’Arragon Jac-

ques 1, - ne - Liv. VI, p.662 Micuet-FRANÇOIS DE Lire, Evêque, - - To. Ill, p. 663 Moxcape ( Guillaume de) Evêque, - "To. I, p. 741 MonrrA DE CREMONE, Docteur de Bologne, - Liv V, P. 74 Moxnroy ( Antoine de ) Archevêque, Primat de Galice, To. V > P. 791 MoRANDI DE SIGNIA , Evêque , - To. 1, p. 393 Muxio DE ZAMORA, Evêque, . e = To. 1, p. 609

N.

N AVARETTE ( Dominique) Archevêque, - - To. V,p.ç27 Nazamius ( Jean-Paul) Ambañfadeur, " : To. V, p. 258

. NicoLAS DE GIOVENASSE, - : ? æ Liv. V, p.567 NicoLAs DE Hanars, Patriarche, - : To. I, p. $29 Nicoras DE PRATO , Cardinal , - : - To. I, p. 70$

O. | To. IV ,p.48ç

en RS, a np ee us

DES NOMS DE TOUS LES SAINTS ;&c. vij

Nicer (Pierre) Théologien Allemand , - To. lIIl,p. ç2 Niver (Jean) rhéologien , Nonce du Concile de Bâle, To. Il, p. 21

O. O Do ON ; OU OTHON DE LA SALE, Archevêque » - + II, p. 44

OPHovius "(Michel | Evêque, To. V, x 170 OsmaAn OTToMAN, Fils de l'Empereur Ibrahim ; - To. V, p. 539

P. De. { Santés ) Auteur leuens, = - To. IV, p. ss

PAPERONI , Evêque ;, - To. 1, p. s1

PARv1 { Guillaume ) Evêque, = = - To. IV, p. 38 ._ PascaL DE FontTEcAsTo, Evêque ;, : . To. III , p. 697 B. PauLz DE HonGrte, Martyr; - - Liv. VI,p.638

Pau {Pierre / Miffionnaire Apoftolique » > To. V, p. 840 PERAULT ( Guillaume ) Evêque, - - To. 1, p. 182 Puiripre , Supérieur des Miffions dans la TerreSaintes Liv. VI, p.739

. Puicippe DE PERA, Auteur Grec, = - - © - To.Il,p. 651 S. Pr V,Pape; - 0. [VP D. 306. PIERRE D'ÂLCALA » Vicaire Apoftolique dans la Chine » , To. > P-. 739 Pierre DE BERGAME, Théologien, - o. III, p. $29 Prenre DE HERERA , Evêque, - = - = = To. V, P. 126 PIERRE DE LA PALLU , Patriarche, - - To.I1l,p. 223 S. PIERRE GONÇALE’S; ou S. ELME, - - To. 1, p. 49 B. Pierre DE PALERME, Vifiteur Apoftolique = To. III , p. 304 Prerre De Rerms, Evêque, - . - Liv. VI, P,732 PIERRE DE SAINT ÂSTIER ,; Evêque , = _ To. 1, p. 303 S. PIERRE DE VERONE ; Martyr, - Liv. V,p. 480 PimMenTeLz ( Dominique ) Archevêque Cardinal, - - To. V,p. 337 Piny ( Aléxandre ) Auteur François, - + ° To. V; p. 774 PIROMALLI ( PAUL) Archevèque , e - To. V,p. 435$

PORE’E ( MAR Evêque, Ambañfadeur ; = + = To. LI, p. 144 Q U1riINi( Jérôme) Patriarche, - - To. Ill, p. 673 R: ;

Rasa (Pierre) Evèque, - = To. UT, p. 336 Raouz DE FAENZA ; Compagnon de S. Dominique , - Liv. V, p.562

B. RaymonD DE CaAPOUE, Général des FF. Prêcheurs, To. II, p. 660

RAYMOND DE FELGAR ; Evêque, - Liv. VI, P. 679 S. RAYMOND DE PEGNAFORT ; Général des FF. Précheurs, 0 1, p.1 RAvMonp pu Ponr, Evêque, - - = - To. 1, P. 754 Ravmonn-MarTiN, Auteur Catalan, - - o. I, p. 749 RAyMonD DE MEVILLON; dd : 7e 0. L; P. $60 ReINIER , Evêque de Maguelone , . - To. I,p. 310 REINTER DE PISE» - - - -- To.l, P. 319 REINIER DE PLAISANCE » L -. - To. 1, p. 313 -_ RenauD, Primat d'Irlande, - - - - - Liv. Ÿ. P. $ç2 B. RENAUD DE SAINT GILLES a - Liv. VI, p. 688

Riccarpt ( Nicolas) Maître du Sacré Palais ; - To, V. p. 218 Ricuanrp , Evêque de Cherfonne ; : = To. Il, P. 147 Ricozo: DE Mont-CRoïx ; Miionnaire dans l'Orient, To. 1, p. 759

vij TABLE GENERALE ET ALPHABETIQUE

ROCABERTI Ge de ) Archevêque, - - Tom. V, p. 7 Ropozpue ( Nicolas ) Général des FF. Prêcheurs, = To. V » P. 296

RocEr CALcAGNI, Évêque, : _ _ To. I, p. 413 RoGEr DE LEONTINE, Evêque, Légat, Oo. - To. I, p. 176 RocLAND DE CREMONE, Docteur de Bologne, = Liv. V, p.69 Rosezzt ( Nicolas) Cardinal, .. _ - To. II, p. 410 RossAT cu de) Evêque ,' = - se: To. I, p. 642 Royo ( Joachim) Martyr, - - - - To. VI, p.768 RurriN (Philippe de‘) Cardinal Légat, . - To. IL, p. 65 Rurro ( Thomas-Marie ) Archevêque, - - - To. V, p.618

, : ne " ; È $, B. S ADpoc; Martyr,. - _ .

= u Liv. VI , p. 646

ALTERELLI ( Simon) Archevêque, Primat, + - To. 11, p. 138 SALUCES ( Auguftin ) Prédicateur des Rois Philippe II, | & Philippe III, -— - à - To. IV, p.7;8 SANZ (Pierre-Martyr) Evêque, - = = To. VI, p. 736 .. SARRIA ( Thomas de) Archevêque, . . - To. V,p. 570 SAVELLI ( Jean-Pourdain ) Archevêque, - - To.l, p. 646, SAVONAROELE { Jérôme) - à - To. Ill, p. $6g: SCALIA os Cardinal , : _ : To. V,p. 212 ScALIA ( Déodar) Evêque, - : = = To. V,p. 211$. SCALIGER (Pierre) Evêque, . - à : - Liv. V, p.550 SCANDENLAND ( Jean) Évêque, - - = To. II, p. 466 SCHOMBERG { Nicolas) Cardinal, è . - To. IV , p. 48 SEELERI ( Gregoire } Cardinal, - = , To: VI, p.8# SERRANO ( François } Martyr, . - .. - To. VI, p.78 SERRONI ( Hyacinthe ) Archevêque, - . To. V, p. 600

Siccus ( Séraphin) Général des FF. Prêcheurs, + : - To. V, p. 88 SILVESTRE MozOLiNI- Maître du Sacré Palais, = To. II], p. 716

SIMON DE CONSTANTINOPLE, Auteur Grec, = - To.ll, p. 649 SIMON DE LANGRES, Evêque , Légat Apoftolique, To. II, p. 690 SIMON DE LE'ONTINE , Evêque, - - - To. I, p. 527 SIXTE DE SIENNE»; - - - d To.IV,p. 2187 SorTo ( Dominique ) Confeffeur de Charles V, - - To. IV, p. 20$ Soro { Pierre de ) Theologien du Pape , au Concile de

Trente, : = - - + 7 To.IV,p.216 SouzA ( Louis de) Auteur Portugais, + + + To. V,p. 147 STRoOzz1 ( Alexandre) - - - - To. II, p. 433 STROZZI ( Picrre) 0: : * - To. Il, p. 4371 SuBIANI ( Hyacinthe) Archevêque, - - To. V, p. 373 Suore-({ Guillauine ) Cardinal, VU. . “lo. 1l; P. 469 SUERE GoMEz » Difciple de S. Dominique , . Liv. VI, p. 667

T

f à AmMsaAc( Jean ) premier Recteur de l’Univerfité de ‘Prague , = : - - _- To. Il, p. 460

TANCREDE DE SIENNE, . - - - Liv. V,p.66x Tancrepr ; Officier de l'Empereur Frédéric I1, - Liv. V, p. ç62 TaprA ( Pierre de) Archevèque, - = - To. V, p. 393 TAULERE ( Jcan) _. : : . To. Il, p.334 TAvVoRA ( Ferdinand de ) Evêque, - r - To.IV,p 449 TavorA ( Henri de) Archevèque, - - To.IV,p.4çr TEXIER ( Barthelemi } Général des FF. Précheurs, - + To. Ill, p.488 THpMas Anczois, Cardinal; r e To. Il, p. $76

THoMas .

DES NOMS DE TOUS LES SAINTS, &c. îx

TuHoMas DE CANTIMPRE = To. : P P. 255 .THOMAS DE FERME; Hart des FF. Précheurs , = To.l s P- 694 Tuomas DE Jos, Cardinal, - . = To. T » P. 74 ToromeEi ( Annibal) . ne. . - To. Il, p. 298 Toromet ( Enée) = To-Il,p.310 Torometr { Michel) = - = To.ll, p. 308 Torre’s ( Chriftophe de ) Atchevêque ; : - To. V, p. 318 Torres | Thomas de) Evéque ; - ue To. V, p. 131 Triver ( Nicolas ) Ecrivain Anglois, . - To. Il, p. $8 Turcus { Thomas ) Général des FF. Prêcheurs SO To. V, p. 314 TURRECREMATA ( Jean de) Cardinal Lépat, - - To. II], p. 396 TURRECREMATA ( ‘Thomas de) Grand Inquifiteur d’Ef- à pagne , - ù * : : = To. IT, p. 543

V.

Vis ane tient: . _ - To. IV, p. r11 VARELLI { Barthelemy ) Evêque - + + To.I, p. s25

B. VENTURIN DE BERGAME, - + - = - - To.Il, p. 274 VERVINS ( Louis de) Archevêque , To. V ,; p. 69 VicroriA { Diègue de J célébre Prédicateur Efpagnol > To. 4 à P sf VicroriaA (François de } Docteur de Salamanque , - To. Pe {2 VINCENT DE BEAUVAIS; - To. I, P I VINCENT DE LiISBONNE Confeffeur de Jean 1, Roi de

Portugal, - - - —- - To. II, us

$. VINCENT FERRIER ; . - - Tom. Ill, Ursins ( Gentili des ) Archevèque Légat, - - To. 1, p. A Ursins ( Latin-Malabranche des ) Cardinal, - - To. l, p. 542 Ursins ( Matthieu des) Cardinal, - - - To. Il ,p. 101

Ursins ( Vincent-Marie des ) Voyez Benoïis XIII. a To. VI , p.s

X.

D { Jérôme ) Cardinal - - « To. IV, p. 77$ XuRON | Jacques ) Difciple de Saint Dominique > + Liv. V,p.5$56

Y. BY vs Maveuc , Evêque, - - + + = - To. IV, p. 7; Fin de la Table Générak,

Toge PI, CLR

ER RAT A,

P Ag. 182. lig. 3. porté le 221 d'Août, lif portée, 196. lig. 38, Vénérable Frere, lif. Vénérables Freress 323. big. 2. éxaminé de nouveau, Lif. éx1minée. 328. lig. 3Q. de Nobleffes, lif. de Nobleffe. 355. lig. 25. furent publiées ; lif: publiés. 366. lig. 7. quelque ee. d'Oraifons, if: d'Oraifon 417. lig. 14. réfolut de ne cefer, lif. refolu. 496. lig. 24. des Gens de biens, lif. de bien. S04. lig. 41. des fuites, /5f. eûr, f43. lig. 23. de mieux réglée, if. réglé, 696. lig. 17. n'eut ufé aucun reméde , lif. d'aucun reméde. | 759. dig. 17. à Girone, lif: À Grenade. | : 778. lig. 19. aprés Confefleurs, mettez un point, :

. Les fautes d’imprefion, qui fe tronvens dans quelques Textes Latins, Jens faciles à res u4#r quer. |

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BREF DE N:.

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S P. LE PAPE;

du 20 Mars 1750, à l’Auteur de l'Æiffoire des Hommes Illufires de l'Ordre de Saint

Dominique.

Dile&o Filio ANTONIO Touron1o,Ordinis = Prædicatorum. BENEDICTUS PP. XI.

DileeFili, Salutem,& A pof- tolicam Benedictionem,

pe DITUM modo Nobis fuit ab Ordinis tui Supremo Magiftro, Volumen [extum Hifto- rie Virorum Illuffrium Dominicane Gentis Nobis pariter infcriptun ;

qua de re , ficuti alias confuevi-

mus, îta nunc etiam debitas tibi babemus grates ; neque enim conci- pere animo poteris | quo perfunda- mur gaudio, dum illud legentes, oculis f[ubjettas noffris eleganti Pe- nicillo tuo intuemur imagines co- rum Hominum | quos novimus, Jufbeximus | atque dileximus : at- que in primis BENE DICTUM XZITZ Pontificem Maximum , qui optime de Nobis meritus fuit, tum Cardinslem Thomam - Mariam Ferrarium | qui quinquaginta GC otlo abhinc annis , dum Sacri Pa- latii dMagifirum agerct , in Roms-

A notre cher Fils le Pere ANTOINE TOURON, de L'Ordre des FF. Précheurs.

Le Pare BENOÎT XIV. Notre cher Fils, Salut, @ Bénédiétion Apoftalique.

N, TOUS venons derecevoir des mains 1 N de votre Général le fixiéme Tome de l’Hiftoire de vos Hommes Illuftres : ce dernier Volume Nous étant dédié de même que les précédens, Nous réitérons le remerciment, que Nous vous avons fait plus d’une fois : vous le méritez ; & il ne vous feroit point aifé de com- prendre avec quel plaifir Nous lifons l’'Hiftoire de ces Grands Hommes, que Nous avons connus , chéris , eftimés ; & dont vous Nous tracez fi habilement les portraits. Le premier qui fe préfen- te, eft le Pape BENoîr XIIT, dont le tendre amour pour Nous n’a ceflé de Nous combler de bienfaits. Après lui vient le Cardinal Thomas-Marie Fer- rari; qui, en qualité de Maître du Sacré Palais , Nous conféra , il y a déja cin-

uante-huit ans , le Dégré de Doëteur

ans le Collége de la Sapience Romai-

ne * ; & ce ne fut pas fans Nous faire

rougir, qu'il déclara publiquement en notre prefence , que Nous étions le premier qu'il eût jugé capable d'être admis , dans l’'Examen qui précéde le Doctorat. Vous décrivez enfuite les belles A&tions du Pere Antonin Clo- che, ce célébre Général de l'Ordre de Saint Dominique, & celles de deux Jiluftres Cardinaux , Louis Gotti, & Gregoire Selleri: le premier , que Nous avons pratiqué familiérement l'efpace de trente années , eut toujours pour Nous une affection finguliére : & les

deux derniers ont été honorés avec.

Nous de la Pourpre Romaine, par Je même Pape BENOÏT XIII. Il Nous a été encore fort agréable de trouver dans ce fixiéme Tome, le Difcours que Nous prononçames dans le Con- toire du 14 des Calendes d'Oûo- bre 1748 , à l’occafion de la Mort pré- cieufe de Pierre Sanz, Evéque & Mar- tyr de votre Ordre. C'eft pourquoi dans l'intention Nous fommes de vous témoigner notre bienveillance , Nous vous donnons avec beaucoup de tendreffe , la Bénédi&tion Apofto- lique. Donné à Rome, à Sainte Marie Majeure, le 13 des Calendes d’Avril, l'année du Jubilé 1750 , la dixiéme de notre Pontificat,

« M. Profper Lambettini, le 31. Mars il prit avec tant de diftinétion Je Dégré de

n4 Sapientie Aulz Dottorali Nos Laureæ infignivit ; fimulque non fine verecundia noffræ palam affe- ruit, fe tum denique in previo ad Doéloris infignia recipienda experi- mento, privatoque judicio Nobis pri- mo album fuum calculum adjeciffe, Deinde reprefentas imaginem An- tonini Clochii , infignis Prafetti Dominicane Familie , quem diutur= na triginta annorum neceffitudine complexi famus ; ifque Nos femper fingulari benevolentia eff profequu- tus : tandem Vitas S, R, E. Cardi- nalium Ludovici Gotit, © Grego- rii Sellerii, quos ab codem Parente BENEDICTO X1I1]'4«d Purpuram Nobiftum procreatos af- peximus, Gratum denique Nobis fuit eodem in Volumine invenifle Concionem illam, quam de pretio. s4 Morte Petri Epifcopi, © Mar- tyris Dominicani habnimus ad Fra- tres , 44 Calend. Olobres anni 1748. Quam ob rem dum tibi be- nevolentiam noffram offendere cupi- mus , Apoflolicam Bencditlionem peramanter impertimur, Datum Ro- ma apud Sanilam Mariam Ma- jorem , 13 Calend. Apriles anni Jabil, 1950, Pontificatus noftri anno decimo,

167$, n’avoit que dix - huit ans, quand

Docteur,

NOTRE TRÉS-SAINTPERE LE PAPE BENOÏÎT XIF.

LAEIRES-SAINT PERE,

CEST toujours avec un nouveau re[peét, mêle de crainte de confiance, que j'ofe met- tre aux piés de VOTRE SAINTETE, la continuation de mes Ouvrages.

Quel profond refpeit, TRE’S-S AI N'T PERE ,"# 'infpire point naturellement la Majefic du Trône? Eb de quelle crainte ne

E PITRE.

doivent pas remplir un Ecrivain les yeux eclas- rés d’un augufte Mécenas, dont lélévation de génie, le goût , l'érudition, les Ecrits font l'admiration , on le défefpoir des Scavans ? Mais en même tems quelle confiance n'eff pas capable de donner cet accès toujours gracieux d'un Souverain Pontife , qui n’eft pas moins le Proteéleur, l'appur , que l'ornement de la République des Lettres |

Depuis que, par un trait de bonté, dont le flateur [ouvenir ne s’effacera jamais de mon

efprit, VOTRE SAINTET E" a bien

- voulu , non-[eulement agréer la premiére par-

tie de. cette Hiffoire , mais en faire auffi la

leéture:, CT m'exborter & la continuer avec une nouvelle application ;. je [ens que ma crainte céde à la confiance, [ans que la confiance mette des bornes au refpeët. Vos exbortations, TRE'S- SAINT-PERE, we font trop glorieufes ,

pour ne pas m'impoler la douce néceffité d'obéir

aux ordres dd VOTRE SAINTETE.

Le plus rude travail devient toujours facile

quand il eff ainfs récompenfe ; les plus lon

gues vezlles ne fatiguent jamais, dès qu'il eff permis d'en efpérer un fruit auffi capable d'ex- citer l'émulation.

Les beaux efprits qui cultivent avec [uccès: les Lettres 7 les Sciences, dans la premiere

E P IT RE.

l’ille du monde Chrétien, ont-1ls eux - mêmes un autre motif : Et fçauroient-1ls en défirer un

lus puillant , ou plus propre à leur faire dé- a les Éfodté Is sd nt tous les jours ( ce que la polerité n'apprendra qu’a- vec étonnement ) qu'un grand Pape, au milieu des plus importantes affaires, €7 [ans en nc- gliger æntune , [emble ne chercher fon repos , ne trouver quelque délafféement, que dans tout _ ce quépeur perfectionner un Scavant dans tout genre diérudition. | |

. Dans'ces:[favantes Afemblees , où, [ous les yeux de VOTRE SAINTETE”, dbz- Biles Académiciens réphndent tant de lumaéres, fur tout ce qui peut appürtenir ,ou à l'Hifoire de PEghfe 7 des-Conciles, ou à la parfaite connoiffance de la ‘Liturgie [acree , à celle des Antiquités Romaines , ils reçoivent toujours plus qu'ils ne peuvent donner. _ Quel beau [peëtacle pour l'Eglife, © pour .PUnivers entier, voir s'élever dans Rome, fous:la direétion ,; © par l'ordre de VOTRE SAINTETE, quatre célebres Académies; qu, toutes eclairées de vos lumières , comme de l’aftre bienfai[ant , qui les a fait naître , qui les fait briller , portent déja par-tour la clarté; €? vont tran[mettre dans la fuite des fieécles, de goût de l'étude, la [ageffe, lintells-.

x i

E PIT RE. gence , la belle érudition ; en un mot, avec tous les ornemens de lefprit., tous les trefors des Sciences, €T votre amour pour elles! C'eff par vos foins, TRE'S-SAINT PERE ,que les montagnes de la Capitale du monde, [ont aujourd'bus arrofées des eaux d'une fetence [ublime : la terre, illuftrée par tant de productions d’efprit, [era encore plus ral]a- fiée du fruit de vos propres Ouvrages. Mais de quels Ouvrages! La Sasntete 7 la Religion en font l'objet ; la verite €7 la [olidite les plus beaux ornemens. Quelle ontlion! quelle piété! quelle: excellence enfin © dans le plan, dans la correction! Les Grégoires y reconnot- troient leur céleffe morale, @r les Leons leur. éloquence mêle, noble, perfuafrve.

Qu'il me [oit permis de le dire, TRE’S- SAINT PERE, on ne devoir pas en at- tendre moins de votre plume , dans des Ouvra- ges médités ; après qu'on avoit f; fouvent ad- miré , ( comme on admire encore dans toutes les accafions ) la fublimité, la jufteffe, 7 toutes les richefés de votre efprit , dans ces difcours, qui ne coutent jamais à VOTRE SAÏI N- TETE’ plus de tems à les faire, qu'aux facrées Congregations à les entendre : difcours . chaque parole efi une décifion , chaque déc. fion un Oracle. os

E PITRE

Je ne parlerai point ici, TRE'S-SAINT PERE, de cette magnanimité, de cette ten- dre charité pour les Peuples , qu'on ne [çauroit exprimer, que par les [entimens même , qu’elle fait naître dans tous les cœurs. Les Grands Cr les Petits, la Veuve, 7 FOrphelin approchent avec confiance de votre Trône : 7 als ne[e re tirent jamais [ans confolation. Que de graces, que de largeffés, que d'abondantes aumôênes dépofées dans le [ein du Pauvre! Et que voit- on de toutes parts, fous le Régne du plus cha- ritable , comme du plus religieux des Pontifes, qu'Hôpitaux rétablis , qu'Eglifes réparées , que: Peuples [oulagés ? | | : Vos plus cheres CT plus belles Provinces, dévorées comme l'héritage de Jacob; foulées par des Etrangers, Cr long-temps opprimées par une Guerre opiniâtre, qui, en défolant les V’illes,. 7 les Campagnes, fait gémer POrnt du Ses- eur ; n’ont-clles point éprouvé , n'éprouvent- elles pas fans relâche, que: fi on peut épui[er: vos tréfors, on ne [fauroit épuifer les bontes: de votre cœur Paternel ? Les bornes d’une Epi.- tre en mettent 101 de bien étroites, au récit de vos bienfaits. Qui pourroit méme dire , TRE’S- SAINT PERE, ceux que votre main. droite

cache-en quelque maniére à votre main gauche ? Qu: pourroit. dignement louer cette genérofité

EPITRE

chretienne ; qui, enrépandant des graces , vou- droit en faire oublier le nombre &T le prix, €T en défendre-( s’il étroit poffible ) le [entiment, CT la penfée méme? Quelle grandeur d'une ame bienfai[ante ! Quel noble défintére[fement 1 I] n'y a que la chair C7 le [ang qui n'ayent point de part à vos faveurs.

Uniquement touche de ce qué mérite toutes Les attentions d'un Succeffeur de [asnt Pierre, quelles bornes, TRE’S-S AINT PERE, une charité, qui croît toujours, donne-t-elle à votre vigilance , €7° a votre [ollicitude? Le Troupeau de JESUS-CHRIST, confié à vos foins , C7’ répandu dans toutes les parties du monde, vous appelle, €T vous trouve juf- ques dans les extrémités de la terre. Un xéle achif, auffi éclairé que perféverant, me vous permet point d'oublier les befoins des Peuples les plus éloignes, ni de méprifer des larmes des perfonnes [elon le monde les plus abjeites. Auffr le Ciel [e bäte-t-1l de bénir une charité, que le Ciel infpire. Déja la fuperftition , l'infide- te, le [chifme €7 l'héréfie [emblent vouloir tomber à vos piés.

_ Les Grecs, autrefois vaincus à Lyon, €7 à Florence, avotent trop t6r oublié les Viéioires de Grégoire X, ©" d'Eugène IV, 7 par conféquent ( oférai - je le dire, TRE’S-

E PITRE. SAINT PERE?:) celles des [pavans Dif- ciples de faint Thomas ,qui les avoient [ouvent confondus dans divers Conciles. Mais ces Grecs, éblouis aujourd'hui par leclat de vos lumiéres, CT de vos vertus ,ou juftement jaloux du bon- beur de l'Eglife, qui obéit à un Chef fi digne d'Elle , viennent déja de toutes parts reconnof- tre la Chaire de [aint Prerre , 7 [e foumettre à un premier Paffeur, qui [ait faire aimer toutes les vérités qu’ Elle enfeigne.

Par quelles [ages €7* admirables Loix , VOTRE SAINTET E’#u-t-Elle post pourv4 à tous les Gefoins des: Eglifes? Avec quelle attention digne d'un Souverain, 7 d'un Souverain Pontife , ne vous effarcez- vous pas d'en remplir les Sièges ; @7 de ne donner les premiéres places qu’à des Hommes: éminens en doctrine €7 en vertu: L'Ordre de S. Domin:- que, TRE S-SAINT PERE, n’oubliera: jamais l'honneur que VOTRE SAINTETE’ vient de faire à l'un de fes Enfans , en le pla- çant parmz ces Prences de PEglfe, que TOUS. avez vous-même choijis ; > à qui ce choix ef} encore plus. glorieux. que l'éclat même de la: Pourpre dont 1ls brillent.. Ceux qui viendront | après nous s n'apprendront qu'avec. reconnoi[-

F-#é » Ce que NOUS. VOYONS. quec une 1016 fenfr- ble. Mass ceux. qui nous.ont précédé , ces Hom-

E PITRE. mes 1lluftres, dont je fuis charge d'écrire l'Hif toire, €7° de faire connoître les belles aëtions, s'ils étoient encore [enfibles à ce qui nous touche ici bas, ne le [erosent-ils pas à la protection, dot VOTRE SAINTET E? veut bien bonorer le récit fidele de leurs vertus ?

Pour mt, TRE’S-SAINT PERE, ue pouvant marquer tous les [ent:mens de ma fulte reconnoif[ance , que par le filence, l'admiration, ou par les vœux finceres que je ne cefférai de faire au Tout-Puif[ant, pour la con{ervation de votre Perfonne [acrée , €7 dla gloire de votre Pontificat ; je dois me renfermer dans ces bornes, €9 me contenter de l'honneur

de pouvoir me dire avec le plus profond refpeit ,

TRÉS-SAINT PERE,

f

DE VOTRE SAINTETÉ,

Le très-humble, très-foumis , & très - obéiflant Serviteur , & . Fils, F. À TouroON, de . l'Ordre des FF. Précheurs,

C

“HISTOIRE . DES HOMMES ILLUSTRES DE L'ORDRE D E

SAINT DOMINIQUE.

LIVRE QUARANTE-UNIÈME.

LE SAINT PAPE BENOIT XIIL

ses) ExoîT XIII, avant fon Exaltation aux premié- Livrs 4 KA Fil res Dignirés de l’Eglife, étoit connu fous lenom XLI. | de Frere Vincent-Marie des Urfins. Ce feul Nom B;xoir XIE. Ÿ EX nous fait d’abord connoître fa noble Origine ,& em All Antiquité de fa Maïifon, fi diftinguée parmi les * Familles Patriciennes de Rome, de Naples, & de Venife , fi célébre par le mérite des Grands Hommes qu’elle a produits ; & illuftrée depuis tant de Siécles , foi par fes Ti- tres, foit Len fes Alliances avec prefque toutes les Maifons Sou- veraines de l’Eurcpe, | | . Tome VI, À

LIVRE X LI.

Benoiïr XIII nue mire mcme f

I. Antiquité & No- bleffe de 11 Mai- fon des Urfins.

2 HISTOIRE DES HOMMES ILLUSTRES

Si le Saint Pontife, dont l’éminente Piété a long tems édifié le Monde Chrétien, & dont nous entreprenons d'écrire l'Hif- toire , devoit emprunter une partie de fa gloire, de celle de fes auguftes Ancêtres ; nous pourrions, à l'imitation de quel- ques Hiftoriens, parler ici de ces généreux Défenfeurs de la Liberté publique, & du Saint Siége ; de ces Héros célébres , qui ont fouvent déconcerté tous les Projets des faétieux Gibe- lins ; lorfqu’à la tête des Armées, ils n’ont pas donné de moin- dres preuves de leur zéle pour la Religion , que de leur habi- leté dans l'Art Militaire. En remontanc enfuite de Siécle en

._Siécle, jufqu’à Antiquité la pe reculée , nous trouverions

II. Naiffince de B:noïc XILL

III Ses beaux com- MCncemeNs.

que , par leurs Alliances avec les Aniciens, & les Frangipanis; les Urfins ont eu des Confuls Romains, & des Préfets du Pré- toire, avant la Naïflance du Chriftianifme, ou du moins avant que les Empereurs euffent embraffe {a Foi de JEsus-CHRrsT. Mais laïflons ce foin aux Généalogiftes : oublions encore ce grand nombre d’illuftres Prélars , de Cardinaux , de Papes, de Saints même canonifés , que l’Ancienne Maïfon des Urfins a donnés à l’Eglife: &, en nous renfermant dans ua fujet, qui cft aflez grand par lui-même, contentons-nous de dire , que Benoît X1{[1, à Gravina le deuxiéme de Février 1 649, eut our Pere, Ferdinand Orfini, Duc de Gravina, Prince de So- fafra , Comte de Muro; & pour Mere, Jeanne Frangipani de la Tolpha , Dame non moins recommandable par la Piété, que par la nobleffe du Sang (1). . | uand le jeune Prince des Urfins n’auroit pas été l’Aîné de fa Maïfon, & l’Héritier préfomptif de celle & Duc de Brac- ciano , qui, fans avoir de poftérité, touchoit déjà à la fin de fa carriére ; les excélen'es qualités, dont la Nature lPavoit enri- chi, & ces femences de vertu, qui parurent en lui dès fa plus tendre enfance ‘ne pouvoient que le rendre infiniment cher à fes Parens ; & les engager à lui donner une éducation digne de fa Nuïffance. Les incl na:ions de fon beau naturel ne fe por- toient qu’à ce qu'il y a de bon & d’honnèête. A proportion que fa raïfon fe développoit, fon Jeune cœur s’ouvroic aufli aux Le- (1) Bene litus XIII antequam ad Roma | ‘que honorum gradus , ampl'ffimæque di- ni Poniificatûs fafticium eveheretur , Frat:1 | :ones fluftrarunt , Ferdinando Gravinarum Vincen‘ius Maria Urfinus appellabaur 1: | Duce, & Joanna Frangipane Tolphia, po= Pacritius Neapolitanus ac Venetus , f:Age [itremo genere hujus p'æclariffimæ Stirpis nere Romanus, ub1 Uriinam Gentem,fum |q'iæ eadem cum Anicia cenfetur , parenti- mo quidem loco femper habitam , alii fan- ous natus eft Gravinæ 1v Nonas Febrnaæ €titate præftantes Viri, & Romanæ Eccle |.1i anno 1649. Petri-Francifci nomeu for+

fiæ Cardinales, atque etiam Pontifices mi-|utus, &c. Archi. Firm. Bened. XIII. Vas 3imi, muliæque Regiæ cognationes, excel- pag. 1. :

+

" DE L'ORDRE DES. DOMINIQUE. .3 éons de fagefle , qu'on commençait à lui faire ; & il fembloit les prévenir, La molefle, l'oifiveté, le vice , il les avoiten horreur. Ceux qui étoient chargés de travailler fur un fi riche fond, ne fe virent jamais dans Fobligarion de s’oppofer à fes penchans naturels, ni de lui faire quelque violence, pour le rendre at- téntif à ce qui étoit de fon devoir. Leur unique attention fut toujours de perfectionner, ou de cultiver habilement, ces bel- les difpofitions à la Piété, & aux Sciences. Jufques dans fes amu- femens, on pouvoit déjà remarquer d'heureux préfages de ce qu'on lui a faire dans la fuice. | Le Sage l'a dit : On juge par les inclinations de PEnfant, fi un jour fes œuvres feront pures & droites : Ex #udiis fuis inteligitur puer. Lorfque S. Ambroife, dans fes jeunes années , préfentoit la main à baïfer à fa Mere, & à fa Sœur Marcelline, difant qu'il feroit Evêque ; le Saint-Efpric, fans doute, parloit par fa bouche, & le formoit dès-lors pour l’Epifcopat. Lorfqu’on voyoit Saint Charles Borromée , encore Enfant, ne s'occuper qu’à dreffer des Autels, à orner des Chapelles, À chanter les Cantiques du

LIVRE X LI.

Benoîr XUHI. GERS NES EEE"

Pcovecb. XX, 154

Seigneur , & à imiter les Cérémonies facrées de l’Eglife ; il n’e-

toit pas difficile de prévoir dans ces Jeux innocens de fon en- fance , les préludes du Divin Miniftére, dont il a depuis rempli fi faintement les Fondions. Nous difons la même chofe du jeune Orfini. Son âge ne lui ge pas encore de comprendre la fainteté de notre Re- igion ; & déjà il ne trouvoit de plaifir que dans fes Exercices, ou dans l’imitation de ce qu’il voyoit faire aux Miniftres de l'E. glife. Il n'étoit que dans fa quatriéme année, lorfque, pour. fa- tisfaire à fes défirs, il fallut que fa pieufe Mere eût la complai- fance de lui faire un petic Habit, fur le modéle de celui, que portent les Religieux de Saint per Il aimoit à s’en revêtir de cems en tems ; & alors raflemblant les Pages, & les autres Domeftiques de la Maïfon, il déclamoit en leur préfen- ce, & d’un lieu élevé, quelque morceau de Sermon, en imitant le ron de voix, & les geftes des Prédicateurs ; & en congé- diant ceux qui venoient d'entendre fa petite déclamation, il

. faifoit fur eux le Signe de la Croix, comme pour leur donner la Bénédidion (1). |

(1) Inipfis puerilibus annis quis aliquando futurus effet non obfcuraindiciapræmonftra. runt. Vix quadrimatus erat, cm veftes Do. minicanas fibi parari à matre obtiouit, qui-| mebat , & benè precabatur, &c, Echard. bus identidem veftitus, Ephebos fimilibus; Tom, IT, pag. 814. Col. 2. pro fuo defiderio veftitos congregans, iis ex

Ai

fuperiori loco conciuneulam habebat ; tüm impohtä capiti fuo mitrà ceu Epifcopus af-

IV. Ses premiéres inclinations.

tantibus fublatâ manu figuram Crucis expri= *

Livre X LI.

Benoit XIII.

V. Prédiétion, de- puis accomplie,

4 HISTOIRE DES HOMMES ILLUSTRES

La Duchefle de Gravina voyoit tout cela avec plaïfir ;, parce

qu’elle ne le confidéroit alors que comme un jeu d’Enfant, qui ne tiroit point à conféquence. Mais elle auroit fe so, ( comme elle Île fit dans la fuite) ce qui lui avoit été prédir, avant la naïffance même de fon Fils. Ce n’eft que fur le témoi- gnage de PArchevèque de Ferme, & du Continuateur de Ita. lie Sacrée, que nous en parlons. Ces deux Auteurs Italiens rap- portent, qu'un Religieux Dominicain , dont ils louent le me- rite & la vertu, ayant rendu une Vifite de civilité à la Du- cheffe, qu'il trouva avec plufieurs de fes Demoifelles, occupée à un Ouvrage de Broderie, il lui dit que l'Enfant , donc elle étoit alors enceinte, entreroit un jour dans l'Ordre de Saint Do-

_minique, dont il feroïit un des beaux Ornemens ; & que de l’Ou-

VI. Etudes du jeune Orlini

VII. Vaincs cfpéran- ces de fes Parens.

vrage même , qu'elle avoit actuellement entre les mains, elle en feroit une Chafuble , dont fon Fils fe ferviroit , lorfqu'il chanteroit fa premiére Mefe. La Piété connue de ce Religieux, ne put concilier alors beaucoup d'attention à fes paroles. On Jes entendir comme on a coutume d'entendre de fimples com- ser , qui contiennent moins une véritable Prédiction, que l’expreflion des défirs de celui qui parle. Tout ce Difcours ce- pendant fe vérifia depuis ; & la Princefle en vit le premier ac- compliffement (1). |

_ Croiflant en âge, Orfini, comme un autre Samuel , deftiné à fervir dans la Maifon du Seigneur, croifloit en Sagefle & en

Piété : il continuoit à prendre avec dociliré les Leçons de fes

différens Maîtres : & à tous les autres Exercices convenables à fon Rang, il voulut ajouter l'Etude des Belles-Lettres, de PHif. toire , de la Philofophie, des Loix, & des Canons. Il aima auff la Poëfie , il s’y éxerça quelque tems , & il y réufht. Dans fa premiére jeunefle, il compofa fur différens Sujets de Piété, un Livre En Mo , qui fut donné au Public (2).

Après la mort du Duc Ferdinand, pendant que la Ducheffe fa Mere, & toute la Famille, ne fondoient leurs efbérances, que fur le jeune Orfini, déja en état de fourenir avec gloire es 3

{r) Prægnanti matri vaticinantis in mo- -dumBaccalaureus quidam Prædicacorum Or- dinis , prokitate ac doétrinà fpeétatiffimus. .… Cm quadaim die eandein invififfec, ac fuis cum Ancillis in Gvnccæo Cafulam , Phiyg'o opere pingentem deprehendiffet , primä vi-

\

‘ce eandem Cafulam à nafcituro filio a ‘hi-

beud im , ac Prædicatorum Ordini eundein adfcribe: Jum edixit. Quæ verba, licét tunc temporis audientibus haud vero proxima, &

ranquam infulfa cecidiffent ; cum primus na- torum Dux, ac ampafhimæ dirionis Dynaf- ta futurus ab omnibus crederetur : attamen ita accidir. Îte. Sacr. Tom. VIII, Col, 175$: | (2) Adeo verd in litteris profecit, ut Epi- orammatum Jibellum renera adhuc ætate in lucem ediderit : Epigrammatum autem om- nia argumenta facta , nihil prophanum. 4r- chi, Firm. pag. 2. |

: DE L'ORDRE DE S. DOMINIQUE. s$ clat de fon illuftre Maïfon ; il s’occupoit lui-même d’un tour autre objet. Les Honneurs , les Dignités du Siécle, les Eee Richefles , dont il devenoit le légitime poffeffeur, par la mort de fon Pere ; & un fecond Héritage, non moins opulent, qu’il croit à la veille de recueillir ; tout cela le faifoit eftimer heu. reux, par les À ste , qui ne portoient pas leurs vües au-delà des biens préfens. Mais le feul amour des Biens futurs, poflédoit tout le cœur du fidele Difciple de ee us-CHRIST. Dans la faifon des Plaifirs, & à la fleur de l’âge, environné de tout ce que la chair & le fang ont de plus tendre ; de tour ce qu'un mé. rite naiflant a de plus flareur ; & de ce que la figure de ce Mon- de peut préfenter de plus impofant, le Duc de Gravina ne pen- foit qu'aux joyes de l’Eternité. Prévenu par la Grace, & réfolu de laifler à fon Cadet fes beaux Domaines, il prenoit déja fes mefures, pour faire à Dieu le Sacrifice de lui-même dans une fainte Retraice. Maître cependant de fon fecrer, il ne fe laifloit point pénétrer ; maïs en eflayant fes propres forces, il jeunoit, & il prioit, pour fe fortifier ainfi contre les affauts, qu'il pré- voyoit bien qu'on ne manqueroit point de lui livrer.

Si l’on juge par-la de la Religion du jeune Prince des Urfins, & de fes premiers progrès dans la Vertu , peut-on ne pas admirer fa tendre piété ,& en même tems fa prudence , fa générofité, l'élé- vation de fes fencimens; ou, fi on veut, la grandeur de fa Foi, qui nous donne lieu de dire de lui , ce que l’Apôtre a dit de Moyfe ? Cet Ami de Dieu, deftiné à être un jour le Chef & le Conduéteur de fon Peuple , fe déroba à l’éclar, & aux délices de la Cour ; & fçut méprifer tout ce que le Siécle eftime, pour . aller d’abord fe cacher dans l’obfcurité du Défert. « [1 aima « mieux être affligé avec le Peuple de Dieu, que de jouir du «

| fi court , qui fe trouve dans le péché ; jugeant que «

‘ignominie de JEsus-CHR1ST étoic un plus grand Trébor, ce que toutes les richefles de l'Egypte, parce qu'il envifageoit « Ja récompenfe ». Ce n’eft pas qu'on ne puifle être Riche & Saint €n même tems: mais la Sainteté ne fe trouve pas avec l’atrache- ment aux Richefles ; & il eft rare, il eft toujours difficile de les pofléder, fans s’y attacher. D'ailleurs, quar:d il plaît au Souvé. rain Maître de nos Deftinées., de nous faire connoître fa volon- té, en nous montrant la route, qui nous doit conduire à lui; c'eft à nous à obéir. Nous nous perdrions en préférant à fa voix, celle de la Nature, ou des Paffions. Toute autre vuye, que celle qu’il a daigné nous montrer, ne pourroit fervir qu’à NOUS ÉBArEr, |

Livre XLI.

BENOîÎT XIII CRE

VIII Mépris des Gran- deurs mondaines.

Hebr. IT, 25.26

Livre _XLL Benoit XIIT,

IX. Oùifini va à Ve- nile : Pourquoi.

X. 11 demande l'Ha- bic de Saint Domi- pique.

_.Bullar. Ord. Tom. VI, pag. 691,

6 HISTOIRE DES HOMMES ILLUSTRES Bien inftruit de ces Maximes, Orfini avoit mérité autant par l'innocence de fa Vie, que par la ferveur de fes Oraifons , connoître les deffeins de Dieu fur lui: & tout fon empreflementc, fut d'y répondre. Il n’ignoroit pas quels obftacles , il auroit à vaincre dans l’éxécution: & il comprenoitaflez, que tandis que toute fa Famille feroic les plus grands efforts, pour traverfer fa Vocation, nos Religieux de Rome, ni ceux de Naples n’au- roient garde de la favorifer ouvertement. Il continua donc à metre fa force dans la Priére, & le filence. Son Confefleur fut le feul Confident de fes deffeins : & pour faire dans un autre Pays, ce qu’il ne lui auroït pas été poflible d’éxécuter dans fa Patrie , il prit la réfolution de voyager. Agé de dix-huit ans, il obrint fans peine de-la Duchefle de Gravina , fa Mere, la per- miflion d'aller vifiter les principales Villes d’Iralie, & ne vou- luc être fuivi que d’un petit nombre de Domeftiques. Arrivé à Venife dans le mois d’Août 1667, il fe préfente d'abord au Couvent de Saint Dominique, & demande avec autant d’humi: lité que de ferveur, d'être reçu au nombre des Difciples du Bienheureux Patriarche. Le célébre Vincent-Marie Gentili, Provincial de la Provin- ce de Lombardie, depuis Archevèque de Gênes, fe trouvoit alors dans le Couvent de Saint Dominique, à Venife; & ce fue à lui, que le Serviteur de Dieu expliqua fes fentimens , avec cette candeur, & cette noble fimplicité , qui lui étoient natu- relles. Le fage, & expérimenté Supérieur , auffi capable de ju- ger fainement de la folidité de fa Vocation, qu’incapable de ces timides confidérations, qu’une faufle Politique appelle pruden- ce & fagefle , n'eut point de peine à reconnoître, quel Préfene le Ciel faifoic à fon Ordre , en lui adreffant un Sujet d’une fi haute efpérance. Il voulut avoir plufieurs Entretiens avec lui ; & fonder, pour ainfidire, tous les replis de fon cœur. La fa- gefle de fes réponfes, lui fit eftimer la maturité de fon juge- ment, la vivacité, & la jufteffe de fon Efprit ; & il admira en- core plus la puiffance de la Grace, qui agifloit vifiblement dans ce jeune Seigneur, pour lui faire regarder le Fafte mondain, comme une ombre & une pure vanité, les Délices de la vie, comme de dangereufes tentations; les Richefles de la terre’, comme une poffeffion fragile, incapable de contenter le cœur; & l'honneur de commander à des Vaffaux, comme un embar- ras fatiguant. Saint Gregoire de Nazianze avoit autrefois ad-

miré, dans fon Ami Saint Bafile ; ces mêmes fentimens , que

l'Efprit de Dieu n'a coûitume d'infpirer qu’à de grandes Ames;

: DE L'ORDRE DES. DOMINIQUE. ;

lus élevées fans doute par cet endroit, que partout ce que Lrvre Fon appelle élévation, & grandeur, dans le Monde. X LI.

Mais fi le nouveau Difciple de JEzsus-CHri1sT jugeoit fi Box x117 fagement du jufte prix de ces biens périffables, qui n’avoient == captiver fon cœur; il ne parut ni moins inftruit des obliga= tions de l’Etar qu'il vouloit embrafer ; ni moins ferme dans XL. la réfolution de les rémplir dans toute leur étendue, On ne laif- ,,©s éxamine fa fa pas de lui repréfenter, que le facrifice de fa Volonté, fous °°" les Loix de l’Obéiffance, feroit aufli long que fa vie ; que les auftérités de la Régle fe trouveroient peut-être, finon au-deflus de'fa ferveur, du moins au-deflus de fes forces ; & que quelques épreuves , qu’il en eût déja faires en fon particulier , il ne tar- deroit pas à fentir, combien la Vie du Cloître étoit différente, de celle qu’il pouvoit avoir menée dans le fein de fa Famille,

A tottes ces repréfentaciqns, & à plufieurs autres fembla- x1r.

bles, Orfini répondit en peu de mots, qu’il ne demandoit l’Ha- ee bic de Religieux, que pour porter tous les jours de fa vie la fes. Croix de JEsus-CHR1IST , & marcher à fa fuite ; que s’il ne pouvoit rien par lui-même, il pouvoit tout avec le fecours de la Grace ; que felon la Parole du Sauveur, fon joug eft doux, & fa charge légére, & qu’il efpéroit que celui qui lapelloic à fon Service, ne lui refuleroit point les forces néceffaires pour le fervir, puifqu’il ne fçauroit fe contredire lui-même.

Une confiance fi Chrétienne, accompagnée d’une humilité | non moins édifiante , abrègea les épreuves. Le jour de la récep. XIIL tion fut marqué felon les pieux défirs du Poftulant. 11 renvoya ne er audli-tôt fes Domeftiques, fans les inftruire de fon deflein: & | tandis qu’à Rome le Duc de Bracciano, fon Oncle, ménageoit pour lui, mais fans fa volonté , une grande Alliance avec une jeune Princefle, digne d’avoir un tel Epoux; Orfini prit de plus faints Engagemens avec le Seigneur, en recevant l’Habit de Saint Dominique, avec le Nom de Vincent-Marie , au lieu de celui de Pierre François, qu’on lui avoit donné au Baptême (1).

La Grace de la Vocation , & l'amour plein d'eftime & de refpe&, qu'il avoit déjà conçu pour fon Ordre; & qui, loin de fe dé- mentir dans la fuite des années, parut toujours plus vif, lui f- rent compter le jour de fa Réception, parmi les plus heureux, & les plus beaux de fa vie. Sa fermeté néanmoins devoit être

- {1) Petrus Francifcus pofthabiro Familiz [ lit ; ibique Prædicatorum Ordini, in San@i Prncipatu, fibi uti primogenito debito, di- | Dominici Eænobio , nomen dedit , Vin- vino affinte Spiritu, fpecie quadam ac ob- | cenrius-Maria appellatus, &c, Archi. Firm. éeatu luftrandi Itakiam , Vencrias fe contu- | pag. 2. : ‘: . ne

8 HISTOIRE DES HOMMES ILLUSTRES | Lrvnrz encore éprouvée: le Monde, qu'il avoit voulu fuir, le pourfui- XLI vit dans fa fuite. | | La démarche qu'il venoit de faire ,ne put être long-tems ca- chée à fes illuftres Parens ; dont la douleur fut encore plus gran- de que la furprife. Nous n’entreprenons pas d’exprimer tout ce

xiv. que l'amour & le: dépit d’une Mere afligée lui firent effayer , Ses Parens tra- pour ramener. Chez elle un Fils, qu’elle aimoit uniquement. Il |

BeNoîr XIIL mr emmener gif

eau fuffit de dire, que, dans la pourfuite de cette affaire, la Du- cheffe de Gravina ne parut pas moins ardente, que l’avoit été autrefois la Comtefle d'Aquin, dans une occafion toute fem- blable : fes raifons fembloient même rar fpécieufes. Celle. avoit voulu faire quitter l’Habit de Religieux au plus jeune de fes Enfans, tandis qu’elle en avoit plufieurs autres , qui com. mandoient les Armées de l'Empereur + & celle-ci redemandoit fon Aîné, l’Héritier , l'appui, & l’efpérance de fa Famille. Mais la Vocation de Thomas d'Aquin, & celle du Prince des Urfins

_ étoit la même: leur fidélité fut égale : on tenta inutilement de l'ébranler. Les priéres, les larmes, les plus vives inftances ,les plus fortes follicitations, les bons, & les mauvais traitemens, furent toujours fans effet contre des cœurs, que l'Amour de Dieu remplifloit, & qui avoient réfolu de ne jamais aimer le

Monde. XV. L’Autorité du Vicaire de Jesus- CHRIST avoit été em que Pape ve bloyée-dans le premier cas : on voulut l’employer aufli dans le J'éxaminer.

fecond. Nous verrons que le fuccès ne fera point différent. Ce que le Pape Innocent IV avoit bien voulu accorder aux impor- tunités de la Maifon d’Aquin ; Clément IX, qui venoit de fuc- céder à Aléxandre VII, ne le refufa point aux inftances de celle de Gravina. Le Général des FF. Prêcheurs reçut ordre de faire conduire de Venife à Rome le nouveau Religieux , afin que le Saint Pere püt éxaminer lui-même fa Vocation, &: en juger. Cet ordre fut promprement éxécuté. . XVI Aux piés de Sa Sainteté, le généreux Novice n'eut befoin Orfni aux piés ni d’un fecours étranger , ni d'un difcours long-tems médité , de ClémentIX Dour donner les preuves les moins équivoques que fa Vocation venoit du Ciel ; & que l’'Efprit de Dieu, qui avoit conduit fes as, parloit encore par fa bouche. Modefte fans être intimidé, il parla avec tant de fagefle, fit paroître tant de prudence, tant de mépris pour les Grandeurs mondaines, & un défir fi ardent de porter le Joug aimable de. JEsus-CHRIST, par ka pro- feflion & la pratique des Confeils Evangéliques ; que le Pape, Jes Cardinaux, coute la Cour de Rome, ne purent ui

DE L'ORDRE DES. DOMINIQUE 9 .& admirer: c'eft-à-dire qu’on penfa à Rome, comme on avoit fair à Venife, Les Parens, ou ceux qui devoient agir, & parler pour eux , eurent une entiére liberté de propofer tout ce qu’ils voulurent : & on peut bien croire qu’ils n’omirent rien, pour perfuader au Novice, que la Nature & la Piéré le devoient ren- dre fenfibleaux juftes.défirs d’une tendre Mere, qui ne foupiroit pour lui; & aux vœux de toute une Famille, qui lui ten- doit les bras.

Orfini avoit le cœur trop généreux, pour ne pas aimer beau- coup.la meilleure des Meres : on n’ignoroit pas d'ailleurs qu’il avoit toujours vêcu dans la plus étroite union avec fon Frere, Dominique de Gravina, & avec fes Sœurs. Mais il fçavoit que Jesus-CHrisrT, dont l'Evangile fut toujours fa Régle , a promis le centuple, & la Vie éternelle, à celui qui abandon- nera tout pour le fuivre : & il demmeura ferme dans cette Ma- :xime : que lorfqu’il s’agit du Service de Dieu, la véritable Pié. nous doit faire oublier & nos Parens , & toutes les Créatu- res. Mae Mere, @ mes Freres, difoit le Sauveur du Monde, [ons ceux qui écoutent la Parole de Dies ; @ qui la pratiquent.

. Quand on fe défend avec de telles armes, on ne peut que Âortir viétorieux du Combat. La Victoire du pieux Novice fut entiére. Le Souverain Pontife , après l'avoir écouté. avec une Bonté paternelle, ne pouvant fe refufer aux graces, que VEfprit du Seigneur répandoic fur fes lévres, prononça en.fa ‘faveur, en FF st que fa Vocation à l'Ordre de Saint Domi- nique étoit vifiblement furnaturelle ; & qu'on ne fçauroit dé- formais la combattre , fans s’oppofer à la Volonté de Dieu, Non feulement il approuva, dans les termes les plus exprès, la conduite, & toutes les démarches du Difciple de JEzsus- CHRIST; mais, pour le délivrer au plutôt des importunes fol- licitations de fes Parens , Sa Sainteté jugea à propos. d'abréger le tems ordinaire du Noviciat , en permettant qu'on reçut fes Vœux folemnels, fix mois après fon entrée dans le Cloître (1).

Nous avons remarqué ailleurs que la même grace avoit été ‘accordée à Saint Thomas d'Aquin, par le Pape Innocent IV. Le même Efpric avoit fans doute infpiré l’un & l’autre Pontife :

{1) Clemens adolefcentis animum explo- raturus , juffit illi ue Romam veniret. Ubi

tis Jaudavit ; verüm ctigrn probationis an- num , facris Legibus indi@tum iis, qui Reli-

Frater Vincentius- Maria coram Pontifice

fuir, ir yehementer caufam oravit vocatio- .fis fuæ , ut Clemens non nifi divin volun- tate id fa@um effe intellexerir. Non folûm ‘Maque querelas Matris, & Confanguineo- -fum compreflit , Confiliymque Adolefçen-

Tome VI,

gionem profeffuri funt, ad fex menfes con-

traxit , ade pro certo habuït Fratrem Vin-

centium-Mariam divino Numine ad Eccle-

fiam tradu&tum præmaturä virtute excellere,

& majora quæque protendere, &c. Archi.

Firm, pag, 3.- - B

LIVRE X LI.

BenNoîT XIII:

XVIL. Ses Sentimens.

Luc. VIIT, 2e |

XVIII.

Sa Sainteté ap- prouve {a Voci- tion , & abrége les épreuves du No+ viciat.

Vie de S. Thoinas» Liv.},pag-72.

LIvRE X LI.

Benoit XIII. D —————

XIX. Ferveur du jeu ne Religieux.

X X, Loute par un féavant Cardinal.

ro HISTOIRE DES HOMMES ILLUSTRES

& leurs faveurs tombérent fur des Sujets également difpofés à les mettre à profit pour leur avancement fpirituel. Clément IX ne fçavoit pas que le jeune Religieux, dont il afluroit la voca- tion & le repos, feroit un jour compté parmi fes plus illuftres Succeffeurs : mais la Providence , qui le préparoïit de longue main à la fuprème Autorité , fembloit prendre plaifir à diftin. guer ainfi toutes les époques de fa Vie. La reconnoiflance du faint Novice égala fa joye ; & cetre dés étoit d'autant plus pure, qu’il ofoit déja fe promettre que a chair & le fang ne viendroient plus troubler les chaftes Dé- lices de fa Retraite. En fe féparant du Siécle corrompu , il en vouloit perdre jufqu’au fouvenir , pour ne plus s'occuper qu’à méditer jour & nuit la Loi du Seigneur, & devenir un Homme Nouveau en°JEsUus-CHRIST. Qu'on fafle ici quelque atten- tion à fes premiéres démarches, elles relévent par bien des en- droits, l’excélence, & le mérite de fon Sacrifice; foit qu’on veuille réfléchir fur ce qu’il abandonne avec tant de réfolution ; foit qu’on confidére, & l’état d'Humilité qu’il choifit pour fon partage, & cette admirable ferveur d’Efprit, avec laquelle il fe hâte de fe dévouer aux rigueurs de la Pénitence, dans un tems les noirceurs du péché n’avoient pas terni la pureté de fa Confcience. Le Lecteur judicieux y remarquera fans dou- te, je ne fçai quoi de beau, d’édifiant, d’héroïque ; dont la Grace feule pouvoit être le principe , & qui n’avoit point Sr aux vives lumiéres du plus fçavant Auteur de notre iécle. « Qui pourroit ( difoit le Cardinal Profper Lambertini , au- » jourd’hui N. S. P. le Pape, BeEnoîT XI V ) qui pourroit » ne point admirer la Conftance, la Religion, la Piété, & tou- » tes les autres Vertus, dont Benoît XIII a donne de fi grands » éxemples, dès le commencement de fa carrière > Parmi ceux » qui or les douceurs de la Retraite aux follicitudes du n Siécle , & à l'embarras des affaires, il en eft qui ne quittent » rien, ou qui ne quittent que bien peu de chofe. On en voit »aufh , qui, pour imiter la Pauvreté volontaire de JEsus- » CHRIST, renoncent à un riche & opulent Patrimoine, aux

Honneurs, aux Plailirs, & à toutes les commodités , donc

» ils auroient pu jouir dans leyr premier Etat. Un Naturel do- » cile , ami du filence & du repos, fembie conduire les uns dans

le Cloître ; tandis æ l’ardeur du zéle, ou la vivacité du Saine

» Athour, qui remplit, & embrafe les autres, les fait courir, » ou voler, dans le même Afyle ; fans que rien foit capable

DE L'ORDRE DES. DOMINIQUE. «11

d'arrêter leur courfe, ni dela retarder. Telona vu Benoît XIII, « lorfqu’à la fleur de fon âge, & dans la vigueur de fes forces , « Aîné d'une puiffante Maifon, diftingué par les graces de l’Ef- « prit, & les avantages Corps, comblé de Biens & d'Hon- « neurs , il a fçu méprifer la plus riante Fortune, À sel fe mettre « à la fuite de Jesus-CHrrsT. Une Mere tendrement aimée « s'oppofoir à fa Vocation ; parce qu’elle ne prévoyoit pas « cela devoit le conduire , pour fa propre gloire, & l'utilité de « tout le Monde Chrétien, Mais ni les repréfentations, les fou- « pirs, les larmes , & les careffes d’une telle Mere ; ni l'illuftre « Alliance , dont on traitoit déjà , ni aucune autre confidéra- « tion , ne purent l’empêcher d'entrer avec joye , & comme « en triomphe, dans l'Ordre de Saint Dominique, la Grace « l'apelloit (1), &c. »

Les progrès du fervent Religieux répondirent à de fi beaux cofnmencemens. Plus le tems qu’on lui avoit accordé, pour fe préparer à confommer fon Sacrifice, étoit court, plus il fe ren- dit actentif à profiter de tous fes momens, fans négliger aucun des moyens qui pouvoient l’avancer vers la Perfection. Faifant dès-lors fes délices de la Priére , du chant des Pfeaumes, & des Saints Cantiques, il parut d'abord non-feulement accoutu- mé, mais familiarifé avec les divers Exercices de Mortifica- tion, de Charité, & d'Obéiffance, qui fe pratiquent dans les

Communautés les plus régulières. On ne le voyoit jamais oifif,

jamais lâche, ni diftrait fur fes Devoirs. Il À me peu; &ilne parloit jamais de lui-même , ni de fa Naiflance, & de ce qui

uvoit lui faire honneur felon le Monde. La Bible, fa Régle, Ja Vie des Saints, & en particulier l'Hiftoire des Grands Per- fonnages de fon Ordre, furent les premiers Livres , qu’il vou-

LiIvRE X LI.

Benoîr XIII,

XXI Fidélitéili1Gra ce : Saintes lrin- ques.

luc lire : il les lut, non par un fimple motif de curiofité, mais.

par le feul défir de régler toute fa conduite fur les Maximes de JEsus-CHR1ST; & de prendre rs {es Modéles, ceux qui avoient plus heureufement travaillé à leur propre fanttif- cation, & au Salut du Prochain : ainf appliqué à fe revêcir de

(1) Quofdam reperias, quos naturz boni- tas, vel dociliras ad illud vitæ genus incli- net; nonnullos contra, qnôs mira vis , ar- dorque animi agat, incitet, urgeat. Quoram numero quis ambiget BENSDICTUM fuif- £ , quemt in tantà Familiæ nobilitate prio- tem natu, præftantem ingenio , firmä uten- tem valetudine , deliciis, & opibus omnis eaeris affluenrem , neque Parentis carifli- mz monits, fufpiria, lacrymæ., quibus illa

nefcia tum futuræ & Gnati, & univerf Chrif- tiant Orbis utilitatis & gloriæ , currentem à propofto fine detorquere , aut retardare Vi- ribus omnibus contendebat , neque blandi- tiæ & obleftamenta Nuptiarum , neque rei Domefticæ adminiftrandæ ftudium tenue= runt, quominus iter, quo properabat, con- ficeret, & religiofo Divi Dominici cœmi {e fe alacer, & Ovans adjungeret. De Servor.

Doi Beatif. Ce, tom, LIT, Fe Nancup.peg: 6. | Bi

12 HISTOIRE DES HOMMES ILLUSTRES

Lrvre l’'Homme-Dieu, & à ne vivre que de fon Efprit, Vincent-Ma- XLI. rie faifoit rous les jours de nouveaux progrès, dans la pratique Brnoîr XIII, toutes les Vertus. Il ne comptoit que peu de mois depuis ENOÏIT XIII. Lu are A: fon entrée en Religion; & déjà, diient les Hiftoriens, le Cou- vent de Saint Dominique le confidéroit comme celui de fes fer- vens Religieux , dont la Piété, & la folide Vertu, jetroient un plus grand éclat.

Il ne paroifloit pas qu’on püt défirer autre chofe à ce fidéle imicateur des Saints, que la Grace de la Perfévérance. Cependant on à proportion que le moment approchoit , il devoit prononcer Sacrifice , par a 15 Vœux, on remarquoit en lui un accroiflément fenfible de Profefion Rci- ferveur. Si l’'Obéiffance n’en avoit arrèté les pieux excès, il au- Bises roit paflé ( ainfi qu'il fit dans la fuite) plufieurs jours & plufeurs

nuits, fans accorder à fon Corps aucun repos , ni aucune nour- riture. Une Oraifon continuelle étoit celle de fon Ame; & le plaifir qu'il goûtoit à méditer la Loi du Seigneur , lui faifoit

uelquefois oublier fes befoins corporels. C’étoit commencer . bonne heure ce genre de vie, que nous lui verrons continuer fans variation , & fourenir avec le mËme courage jufqu’à l’âge décrépit, parmi les follicicudes du Saint Miniftére. Devenu, felon lue de l’Apôtre, un Vafe d'honneur, fan@ifié & ML au Service du Seigneur , préparé pour toutes fortes de

onnes œuvres, Vincent-Marie des Urfns acheva fes fix mois de Probation, ordonnés par le Pape. Il avoit pris l’'Habit de Saint Dominique le 12 d'Août 1667, & il fit fa Profeflion fo- lennel le 13 de Février 1668 (1).

X XIII. On ne différa point de l’appliquer à l'étude des Sciences, fous es pret Ja conduite de plufeurs habiles Profefleurs ; & le fuccès fut tel, FAST qu'avoient fait efpérer les qualités de fon Efprit, non moins fo-

lide, be vif & pénétrant. Une occupation , qui eft fouvent pour plufieurs autres un fujee de vanité , ou une occafion de contenter la curiofité, & un prétexte pour négliger les éxer- cices de Dévotion, ne fut pour le Serviteur de Dieu qu’un nou veau motif de ménager fon tems, & de vaquer avec plus de fer- veur à la Priére, afin d'attirer fur lui les lumiéres, dont il avoic befoin. Plus il eftimoit fa Vocation, plus auf il défiroit fe met- tre en état d'en remplir tous les Devoirs, pour lutilité de fes Freres, & l'édification de PEpglife. Il n’ignoroit pas que fans la Piété, la Science eft fouvent ftérile , quelquefois même dange-

(1) Ille Iætus & alacer, quai de fæculô} bi depofcere , nunquam de gencre & Partriâ viétorià adeptä , regreflus ad fuos, virrutum | quidquam locutus, xrrr Februarii, anno omniuin fplendore inter Tyrones eniterc ,| 1668. folemnibus Religionis Votis fe ob{-

iafimo loco efle, vilffima quæque officia fi-] trinxit, &c. Archi. Fir. pag. 3.4. :

DE L'ORDRE DE S. DOMINIQUE. :3

reufe : & il étoit encore plus perfuadé , que fans le Secours Di- Livre vin, l’Efprit de l'Homme toujours borné , & toujours capable xXLI. d'erreur, ne fait que de médiocres progrès dans la phetee E =

Le . D, : ENOIT XIIL des Vérités furnaturelkes. Sur ce principe, & avec des inten- mm tions toujours pures , Orfini prit d’abord pour Modéle de fes - Etudes, Saint Thomas d'Aquin fon Maître, & Saint Vincent. Ferrier fon Glorieux Patron. A leur éxemple , il ne négligea jamais ni la leéture des bons Livres, ni les Exercices M PEN res de l'Ecole ; mais le Crucifix étoit fon premier Livre : & s’il écoutoit avec docilité les Leçons de fes Profefleurs , c’étoit néanmoins dans l’Oraïfon , plutôt que dans une Etude opinii- tre, qu'il cherchoit l'intelligence de ce qu'il venoit de lire, ou d'écouter. |

Sa Confiance ne fut point vaine. Le Seigneur , quiaimeäfe xx1v. communiquer aux Âmes ES & qui diftribue libéralement ire {es Dons, à ceux qui fe difpofenc à les recevoir, le remplit du Éhnsi double don de Sagefle, & de Science. Toutes les fois qu’on le mit dans l’occafion, ou dans la néceflité , de faire paroître ce Tréfor- de Lumiéres , qu’il avoit déja acquis, on eut le plaifir d’éprouver , que dans. un âge peu avancé, Orfini n'étoit pas moins habile Théologien, que fainc Religieux. C’eft ce que Jon vit, non fans étonnement, dans les A@es es , qu'il foutint dans plufieurs Villes d'Italie, à Naples, Bologne , & à Venife ; tantôt en préfence des plus Sçavans Théologiens de fon Ordre , afflemblés dans un Chapitre Provincial de Lombar- _ die, & cantrôt dans un Cercle encore plus augufte, , avec les Ambafñfadeurs de plufieurs Princes, fe trouvoient le Nonce du Pape, à la cête des Prélats, & le Doge de Venife, avec fes Sénateurs, & rout ce qu'il y avoit de plus diftingué dans la No- blefle. Le génie, la préfence d’efprit, l’érudicion , & la mo- deftie du jeune Soutenant, lui firent dès-lors une réputation, qui devint toujours plus brillante, & qu’il foutint autant par fa Vertu, que par fes Talens. a A peine avoit-il atteint fa ange année, que fon mé- xxv. rite le fit placer parmi les Profeffeurs. Il enfeignoit la Philofo-. ee À phie dans la Vilie de Bref, ss as y apprit la mort du Car. °°" dinal Antoine Barberin, Neveu du Pape Urbain VIII, Camer- lingue de la Sainte -Eglife, & Grand Aumonier de France. Les éminentes qualités de ce Cardinal, qui, par fon habileté à ma- nier les Efprits, avoit procuré la Païx à l’Iralie, le firent géné- ralement regretter. Mais fa Mort, arrivée le 3 d’Août 1671, fut particuliérement fenfible à tout l'Ordre de faint Domini- | B ïïj |

LIvRE XLL.

Benoît XIII

XX VI. 11 fair POraifon funébre du Caid:- nal Proteñteur,

XXVII. Traité Apolo- gétique.

XXVIII.

Touchant les Evêques Répu- hers.

14 HISTOIRE DES HOMMES ILLUSTRES

que , qui perdoit en lui un puiflant Ami, & un zélé Protecteur. Le Pere des Urfins, plein de ces fentimens de reconnoiffance, dont les Ames vulgaires ne font pas ordinairement capables, voulut payer an Tribut de louange à a mémoire de l'illuftre Défunt. Il fe chargea de faire fon Eloge funébre;&ce Difcours, prononcé dans notre Epglife de Brelle , répandu depuis dans toute l’Iralie, fac avec plaifir, & relù avec édification (r). Par cette feule Piéce, on pouvoit connoître quels écoient les talens de PAureur pour la Chaire. Mais les Habitans de Brefle en avoient d'autres preuves, dans fes fréquentes Prédications : car il n'avoir pas attendu l’âge de pouvoir être élevé à la Prè- trife, pour remplir cette partie du Divin Miniftére.

On pourroit être furpris, qu'un jeune Religieux, qui don- noit tous les jours plufieurs heures à l’éxercice de l’Oraifon, & à la Méditation des Saintes Ecritures ; Sa à d'ailleurs de faire fes Lecons de Philofophie, & de former des Difciples, trou- vit encore du tems pour expliquer aux Fidéles les Devoirs de

Ja Religion , & pour combattre les Vices publics. Le Serviteur

de Dieu faifoit cout cela ; & à ces différentes occupations , il ne craignit point d'en joindre encore une nouvelle : on le vit en même tems Profefleur, Prédicateur, Ecrivain. Son Traité Apologétique de l'Etat Religieux , fut un des premiers fruits de fon ps 2 & de fon amour pour les Régles.

Entre les Eyèques tirés de différens Ordres Réouliers, pour la conduite des Eglifes , on en voyoit plufieurs , qui conti. nuoient toujours à porter l'Habit de leur premiére Profeflion ; comme ils fe faifoient un devoir d’en obferver toutes les Pra- tiques , qui n’étoient point incompatibles avec la follicirude Paftorale. Il y en avoit auffi, qui, en devenant Evêques, cef- foient de paroître Religieux ; ou qui ne regardoient pas du moins comme une obligation, de porter cette marque exté- rieure de leur ancien Engagement. Le Scavant Jofeph Ciantes, Dominicain, Evêque de Marfico, dont nous avons fait con- noître ailleurs les Talens, & les Vertus, avoit pris la peine d'é- crire pour foutenir cette opinion, & cette Pratique. Orfini en- treprit au contraire de combattre l’ane & l’autre, par l'autorité

des Canons, par les Textes des Saints Docteurs, par Péxemple des plus Saints Evêques , enfin par l’ancienne & [a nouvelle

(1) Mox in Philofophiæ ac Theologiæ cur-ftiatus, Brifciæ Philofophiim docuit : ubi riculo Thefes Neapoli, Bononiæ, ac Vene-| Antonium Cardinalem Barberinum , Ordi-

‘tiis propugnavit magnä cum laude ingenii | nis Prædicatorum Proteétorem defunêtum ,

fui, Cœperat enim virtus animum mentem. | funebri Orationi, qua Typis mandata fuit, que illus infiere ante diem, Indè Sacris ini- | difertè Jaudavit, &c. Archi, Firm. pag. 4.

DE L'ORDRE DES. DOMINIQUE. 1:15

Difcipline de l’Eglife. Il publia pour cela un 2. Ouvrage ; dans us outre plufieurs autres preuves de fon fenriment, il fait voir que felon celui de Saint Thomas, fuivi par les plus graves Théologiens, un Régulier élevé à la Dignité d'Evêque, ou de Cardinal, doit toujours garder fes Obfervances régulié- res, qui ne fe trouvent point oppofées à fa nouvelle Dignité (r).

Aurefte , ce que notre Auteur foutenoit alors avec tant de zé- le, & par le feul amour de la Vérité , il l'a depuisautorifé par fon propre éxemple , & par une Décifion folemnelle. C’eft ce que le Cardinal Profper Larmbertini n’a point manqué de faire remar- quer, dans fon excellent Ouvrage de la Béarification des Ser-

LIVRE X LI.

po 1) Benoir XII D +" À

Saint Thom. 2. 2- q. 88. a 13, &_q. 185$. 8 8

viteurs de Dieu, & de la Canonifation des Bienheureux. Car :

après nous avoir appris , que toute l’Eglife d'Orient, d'accord avec celle d'Occident, a toujours fait une obligation aux Evé- ques Réguliers, de porter l'Habitde leur Profellon Religieufe, avec les marques de la pr , dont ils font honorés dans l’E- glife , ce Sçavant Cardinal ajoute ces paroles.

« On ne fçauroit plus douter de la vérité de ce fentiment « depuis la Bulle Czfodes , donnée à ce fujet l'an 172$, par le «

Pape Benoît XIII, de fainte Mémoire ; lequel ayant d'abord «

fait Profeflion de l'Ordre des FF. Prêcheurs, en a toujours « depuis éxactement gardé la Régle, ir cinquante-trois « ans qu'il a rempli les Fonétions Paltorales : ce qu'il a auffi « continué tout le tems qu’il a été affis fur la Chaire de Saint « Pierre (2);» & il a expreflément déclaré, que c’étoit une obli- gation pour tous les Réguliers, foit Moines , ou Religieux Men. dians, qui étoient, ou qui feroient dans la fuite, élevés à quel- que Dignité Eccléfiaftique.

Il convenoit fans doute à celui, qui éroic le fidéle Difciple de JEesus-CHRIST, avant que d’en être le Vicaire, de nous fixer par l'autorité de fes Décrets, après nous avoir inftruits par fes Leçons, & édifiés par fes Exemples. Dès fon entrée dans l'Ordre de Saint Dominique, Orfini pæut porter l’efprit de . Mortification bien au-delà'des auftérités prefcrites par la Ré- gle. Il s’étoit fait d’abord une fainte habitude de prendre fur fes

(1) Apologeticam Epiftolam pro Regulari Babitu à Regularibus Epifcopis deferendo , in Jofephum Ciantes ex Ordine Prædicato-

ram, Marforum Epifcopum , qui adverfam fententiam tuebatur, edidit ; &c. Archre Fir.

172$ , Quæ incipit : Csffodes , poftquam ete- nim ipfe Regulam Ordinis Fratrum Prædi- catorum , quam fuerat profeflus, adamuf- fim obfervaverat per totos Se mtatres annos , quibus onus Epifcopale fuftinuit :

PAZ. 4.

. (2) De cujus Sententiæ veritate abfonum eflet dubitare poft editam à fanétæ memo- .tæ Bencdiéto XIII, Conftitutionem anno

quod ipfura præltitit toto tempore , quo in Summo vixit Pontificatu, bæc fubdit in præ- di&ä Confitutione : Sratuimus, stque fanci- mas, Qc. De Serv. Dei Beat. T. 111 ,p. 513.

Voy. Je Carl, Prof Lambert, de Servor. Dei Bear. Liv, JIL, Cl. XXXVY, P: $13e

XXIX. Efprit de Péni- tence,

Livre X LI.

BEeNoïîir XIII

X XX. Orlini eft ordon- Prêtre par Dif- penfe.

16 HISTOIRE DES HOMMES ILLUSTRES repas, & fur fon repos, le tems qu’il vouloir employer plus uti- lement à la Prire, ou à l'étude de la Religion. Peu content de s'être retranché une partie de la nourriture , & de pouffer fes méditations bien avant dans la nuit, il s’interdit encore l’ufage

du vin , afin d’ouvrir-plus facilement fon cœur à la Sasefe. Cette Vie’, également pure & pénitente, & les nouvelles preuves qu’on avoit de fa capacité, ne pouvoient qu’arrêter fur Jui les yeux de tous fes Freres , & attirer les attentions particu- liéres des Supérieurs. La régularité de fes Mœurs étoit une Odeur de vie pour les uns ; il fe rendoic utile aux autres dans l'Exercice du Miniftére : & dejà fa réputation étoit grande à la Cour de Rome, il auroit fouhaité être inconnu. Vin. cept-Marie Orfini finifloit à peine fa vingt-deuxiéme année, lorfque le Pape Clément X voulut qu’il fut ordonné Prêtre par Difpenfe ; & le Cardinal Pauluzzi Alrieri lui impofa les mains. Les difpofitions , que le fervent Religieux apportoit à la Grace du Sacerdoce , ne permettent pas de douter qu'il n'ait reçu la lénitude de cette Grace, & la fuite de fa Vie fut la preuve la plus fenfible qu’il ne négligea jamais les Dons, dont il avoit plu

au Seigneur de le remplir.

X XXI. Sa premiére Meffe dans l'Egli- {e de Gravina.

.y célébrer fa ee Mefle: & ce fut alors qu'on fit

XXXIL Sujet de confo- Jrion :

_ Après le Sacrifice que la Ducheffe de Gravina avoit été obli- gée de faire ,en confentant à celui de fon Fils, il étoit jufte que ce Fils reconnoiffant donnûit à fon tour quelque fujet de confo- lation à fa Mere. Il le fit en choififfant l'Éplife de Gravina ae

ervir pour la première fois cette Chafuble , dont nous avons parlé. Si la Princefle avoit {çu garder jufqu’alors le fecret , fur une Pré. diétion , qui ne lui faifoit point olaifr elle en fit un aveu pu- blic, lorfqu'elle en vit enfin l’accompliflement (1).

Religieux ; à qui elle étoit une nouvelle preuve que fa Vocation venoit de Dieu. Il confidéroit avec une joye fecrette, les Mifé- ricordes du Seigneurefur lui, & fur fa Maiïfon. La Duchefñe fa

Mere, après lavoir long-tems pleuré & regretté, paroifloit en- .

fin foumife aux ordres de la Providence. Le jeune Duc de Gra- vina , fon Cadet, à la veille d’époufer la petite Niéce du Pape

Cette déclaration ne pouvoit être que fort agréable au Saine Î

(x) Ut Sacrarum Litterarum ftudiis proli- xids vacaret , incœnatum dormire, & pofñt noëturnam pfalmodiam fomnum non repe- tere, mos illi fuir. Contraéto itaque cibo ac fomno , à vino quoque abftianit , ut animam fuam transferret ad Sapientian vigefimo fe- cundo ætatis anno vix expleto , à Palutio

. Cardinal de Alceriis, ex Apoftolic difpen-

fatione Prefbiter ordinatus , amantiffimam Parentem confolaturus, Gravinam acceflit ; ibique cm ad Aram faceret, Cafulà ufus eft, quam dum Mater prægnans .... pingee bac , à Religiofo Viro Ordinis Prædicatorum intellexie, à Puero quem geftabat in utero, futuro D. Dominici Alumno , primè defe- iendam fore. Archi. Firm, pag. 4.5.

Régüant R

DE L'ORDRE DE $. DOMINIQUE. 17

Régnant , étoit deja en état de foutenir l'honneur de la Fa- Er y nr mille : &, ce qui le touchoit de plus près, il fe voyoit lui-même XLI. dans l’heureufe fituation, qui avoit fait le grand objet de fes dé. firs. Eloigné du fafte , aufli-bien que des périls du Monde, & confacré au Service des Autels, i ne vouloit plus être occupé que de ce qui pouvoit le conduire à la perfeétion de fon Erar, dans les Exercices d’une Vie Pénitente & Apoftolique. Le zéle du Salut des Ames le dévoroit , & fa grande jeuneffe n’étoit trs un obftacle au fuccès de fon Miniftére, parce que fa Vertu

oit connue ; & qu'on ne pouvoit ne pas fentir l’onétion, & la force de fes Difcours.

Ces préludes de fon Apoñtolat promettoient de plus grands Fruits pour l'avenir. Engagé à prêcher le Carême fuivanc dans le Diocèfe de Bologne , notre Prédicareur s'étoit rendu fur les Lieux vers la fin de Février 1672 ; lorfque le Pape Clément X,

"fe hâtant de mettre fur le Chandelier cette Lampe déja fi écla- - tante, déclara la réfolution il étoit, de le revêtir de la Pour. ù pre Romaine (1). Orfini n’en apprit la premiére nouvelle, que xxxrrr. comme un autre auroit pu apprendre celle de fa dégradation, Erde uiftee. ou de fon fupplice. Il en conçut un extrême chagrin ; & il fe ropofa d’abord de ne jamais confentir à fon Elévacion. Une €minente Dignité, l’objet de l'ambition de tant d’autres, & de leurs Vœux les plus ardens, lui parut un dangereux écueil , ou du moins un embarras bien oppofé. à ce genre de vie, dont il oùûtoit la douceur, loin de toute autre follicitude , que de celle ’aflurer fon Salut, en travaillant à celui du Prochain.

Nous avons dit qu’en embraffant l'Etat Religieux, Orfini xxxrv. avoit pris Saint Vincent-Ferrier, non feulement pour fon Pa- Plan d'une Vie tron , & fon Protecteur, mais aufli pour fon Modéle. Son plus AP°ñolique. Er défir étoit de l’imiter en tout, de marcher conftanment

ur fes traces, de vivre & de prêcher, comme avoit fait cet Apô. tre du quatorzième, & du quinzième Siécle. Le Ciel, qui lui inf piroit ces grands Sencimens, l’avoit prévenu des mêmes Gra- ces, & enrichi des mêmes Talens. On retrouvoit dans l’un tout ce que l’on avoit admiré dans l'autre : les forces du Corps, les richefles de l’Efprit, le Don de la Parole, la vivacité du zéle,

BENOiT XIIL -

-_ (1) Inde cm Bononiz meraretur, proxi-| jaceret, quafi prænofceret Fratrem Vincen- mo tunc Sacratifimæ Quadragefimæ tem-| cium Mariam Urfinum, tunc vigefimum ter- ‘pore Conciones in Diœceli habicurus ,| tium annum agentem, futurum aliquando £Clemens X, xx11 Februarii anno 1672, ne| Apoftolicæ Sedis decus atque Præfdium , #anta virtus, cujus pleni ac uberes fuprà æta-| Prefbyterum Cardinalem renunciavit, &c, tm fruétus undique apparebant , inornatal Archi, Fir, pag. $. C A

Tome VI, À

Livre XLE Benoit XIII. Éeencer scre P e]

XXXV Orfini refufe Îa Pourpre Romaine.

XXXVI. Humoles Senti- mens.

18 HISTOIRE DES HOMMES ILLUSTRES

l'amour du Travail, & de la Pénitence ; une Vocation marquée à l’Apoftolat ; un Tr enfin à l'épreuve des obftacles , in- capable de céder à la farigue, & capable de vaincre les plus grandes difficultés. Saint Vincent Ferrier étoit demeuré inflé- xible dans le refus de toutes les Dignités , dont les Souverains voulurent honorer fon mérite. Tout le monde fçait aufli avec quelle fermeté le Pere des Urfins refufa , autant qu’il lui fut pofible , les Honneurs qu’on lui déféroit. Rien de plus fincére ue les larmes qu'il répandit. Rien en même tems de plus pref. ant, ni de plus fort, que les repréfentations, les priéres, les inftances , qu'il réitera fouvent, pour engager Sa Sainteté À fai. re tomber us un autre fes graces & fes 2h | Tandis que la Cour de Rome, & coute l'Italie applaudif- foient au choix, qu’on avoit fait de lui, & défiroient de le voir monter plus haut ; l’humble Difciple de Jesus-CHRIST, toujours femblable à lui-même , s’abimoit dans fon néant. Après avoir répandu fon Amé devant Dieu, il prit la Plume, pour effayer de fléchir le Souverain Pontife , en lui repréfen- tant de la maniére la plus touchante, les vifs fentimens de dou- leur, dont il étoic pénétré, & la jufte crainte, il étoit, de trouver peut-être fa chüûte, & fa perte, dans fon Elévation. La feule chofe qu’il demandoit , avec promefle de n’oubliér jamais cette faveur, s’il pouvoit l'obtenir , étoic qu’il lui fût permis de couler fes jours , & de termingr fa carrière, dans l’état de Pau- vreté, la main de Dieu l’avoit placé. Mais cette rare Mo- deftie , qui édifia le Pape, ne put le Eire changer de réfolution. 11 crut au contraire que le Cardinal nommé eétoit d'autant lus digne de la Pourpre, qu’il la refufoit avec plus d'Humi- Sa Sainteté ordonna donc au Pere Thomas de Roccaber- ty, Général des FF. Précheurs, d’aller inceflanment à Bolo- gne ; & d'employer la perfuafon, ou l’autorité , les priéres, & le commandement , pour obliger enfin fon Religieux de fe foumettre , en acceptant le Rang, qui lui étoit marqué dans le Sacré Collège. Voici le Bref Apoltolique , que le Pere Géné- ral étoit chargé de lui remettre {1 ). ;

(1) At ille , qui delitefcere magis quâm ap- | nif Clemens, datis Kal. Martii Litteris Apof- arere cupiebat, ubi Cardinalatüs ass tolicis in formâ Brevis , miflo etizm Gene- bi delatum efle intellexit ; averfari, refu- | rali Ordinis Prædicatorum Magiftro de Roc-

gere, obfecrare , & deprecari à fe eminen- | cabertis, interpofito præcepto ex Relipione tiflimam Dignitatem. Longa cum illius mo. | Sacramenti coegiffet, ne Promorioni fuæ diu- deftia pugna fuit s nec fanè acquieviflet , | tids obfifteret, Archi. Férm. pag. 5.

DE L'ORDRE DE S. DOMINIQUE. 19

Dileflo Filio noffre Vincentio- Marie À Notre cher Fils , Vincent-Marie Urfino de Gravina , S. R. E. Orfini de Gravina, Cardinal de la Cardinali. : Sainte Eglife Romaine. CLEMENSs PP, X, LE Pare CLréuenr X Dilelte Fili nofter, Salutem & Apof- Aorre cher Fils, Salut , © Bénédislion tolicam Benediétionem, Apoftolique. on

4, qua Par erat, animi admira- Ous avons admiré, comme il Les tione [afpeximiss religiofam Hums- convenoit, l'excellence de votre lisatis praflantiam , qua Cardinalitian Humilité religieufe : Humilité d'au

dignitatém ; noffre tantummodo in Ec- tant plus digne d'admiration , qu'elle ‘recufare cogi- vous porte à refufer la Dignité même

à

clefs Dei fecundam ,

JF ; cximiamque pictatem team proli- de Cardinal, la plus élevée qui foit sis lesudlibus profecuii , accuratas Divi- dansl'Egli(e après la nôtre. Nous n'a- pa Bonitats graias egimus , que tam vons auf refufer à votre haute Pié- Praclaros , ms ex Litteris ad Nos datis les juftes louanges qu'elle mérite; pate, Cordi mo fenfus indulgere digns- & Nous avons rendu graces à la Di- 14 eff. Examinands tamen faste duxi- vine Bonté, de ce qu’elle a mis dans mus bujufmodi confilis, seit votre cœur, ces grands Sentimens, cnim [ub «mile lucis Princepstencbrarum qu’on reconnoît dans les Lettres, que later ; mentisäque melioris bons fpecie, vous Nous avez écrites. Cependant Divine glorie incremento refifiit. Sen- il Nous a paru néceffaire d'éxaminer tenti4 quoque nobis fuerat oblatum infir- avec foin les motifs de votre refus: car méat$ nofre Ponrificatés Maximi pon- Nous n'ignorons point que le Prince dus omnino declinare, Presque in id desténébres fe cache quelquefois fous Precibus ac lacrymis vehementer incubui. un déhors delumiére; & que fous l'a- "us ; fubjecimss verd tandem Poci Dei parence trompeufe d’un plus grand per Cardinales nos alloquenti, volunta- bien, s’opofe en effet à ce qui contri- tem noffram ; onerifque, Angelicis etiam bueroitàla plusgrandeGloire deDieu, bumeris formidandi, graviratem , im- Nous ne vous Éfmulerons pas, que pares licèt, fabire paf féimus. Eadem lorfqu'on voulut Nous élever au Sou- quocircà fequenda à te in prefenti vef. verain Pontificat , notre premier def- _#Higia, pronafque loquenti in ANobis Spi- {ein fut de fuir une Charge , ‘qui eft

ritwi Sanilo prebendas [atius aures effe bien au-deffus de nos forces. Nous confulium ducentes , auéloritate , quâ employâmes les priéres & les larmes, Nos in terris Chrifius donavit ; pre- pour éloigner de nous ce terrible far. cipimus hifce tibi, Dileëte Fili noffer | deau. Soumis néanmoins à la Volon-

#t dignitatem quatre, Urbe mniverfaplan- de Dieu, qui s’'expliquoit par les

dente, nuper infignivimns , omnino ac- fuffrages des Cardinaux , Nous avons ceptarevelis , jucundiss ita Pontifici Sem- fouffert qu'on mîtfur nos foibles épau- Piterno [acrificinm , inclytam nempe ani- les, un poids, qui feroit formidable ni tué repugnantiam ingenti cæm fwno- aux Anges même, Ainf devez-vous ea

re meriorum oblaturus. Nec sillus no- ufer dans cette occafion , en vous fou-

bis dubisandi locus effe poteft , retarda- mettant avec docilité au choix du tum irite à preflanda mandaïis Nofiris, Saint-Efprit, qui vous appelle par no- #1 perfetlum Religioff Infisinti Sellato- tre Miniftére, & vous parle par no- rem decet, debits cbedientiä, à periculo, tre bouche. Ne foyez donc point fur- Mi [cribis, smitienda aserne faluiis; in- pris, fi, en vertu de l'Autorité que

Ci;

LrIvRE X LI.

Benoît XIII.

XXXVII. Bref de Clé- ment X. Bullar. Ord. Tor, V 1, pag: 304

LiVRE XLE.

Benoîr XIII. à

20 HISTOIRE DES HOMMES ILLUSTRES

Nous avons reçûe de JEsus-CHRIsT, decorsm nimirum fimmopere foret, aded Nous vous exhortons , notre cher twrpem maculam inurere praclariffimo Fils ; & fi, par ces Préfentes, Nous Ordini, & quo tot Chriflianarum viriu- vous commandons d'accepter fans dé- r#m exemplaria prodiere. A pluribus ita- lai, la Dignité, à laquelle Nous vous que abflinentes, 4 perfpeüla, probatsque avons depuis peu élevé , avec l’applau- pierare tu4 hujufmods (olatism prorfis diffement général de toute la Ville, expeélemus , tibi, Dileile Fili nofter,

: Ce Sacrifice que vous fèrez en triom- Æpoflolicam Bencditlionem paterne in-

XXXVIEHI. Embarras du Sains Cardinal

phant de toutes vos répugnances , fe- rerim smpertiemies. Datum Roma , apud ra plus agréable au Pontife Eternel, Sanélam Mariam Majorem [ub Annu- & vous procurera un plus grand ac- lo Pifcatoris, die primé Marti 1672; croiffement de mérite , que celuique Pontificatns noffri anno fecundo.

vous prétendiez faire du Cardinalat, | | Nous efpérons aufli que la crainte de vous perdre pour l’Eternité ; crainte que vous alléguez pour motif de votre réliftance, ne fera plus un obftacle à la prompte obéiflance que vous Nous devez ;.& qui fied fi bien à un par- fait Relipieux, tel que vous êtes. Vous feriez certainement me de blâme, fi, par un plus long refus, vous failiez injure à l'Ordre célébre de S. Domini- que ; d'où font fortis tant de beaux Modeles de toutes les Vertus Chrétiennes. Nous ne vous en difons pas davantage, pleins de confiance, que votre Piété fi connue, & déja éprouvée, nous donnera inceffanment la confolation de vous voir foumis. Recevez cependant, notre cher Fils, la Bénédi@tion Apof- tolique , que Nous vous donnons avec une affe&ion de Pere, Fait à Rome; dans le Palais de Sainte Marie Majeure ; fous l’Anneau du Pécheur , le pre- mier jour de Mars 1672, la feconde Année de notre Pontificat,

Desexhortations fitendres , accompagnées d’un ordre fi précis, n’augmentérent pas peu l'embarras du modefte Religieux : & ce que À Général des Dominicains ajouta de vive voix , fit encore impreflon fur fon Efprit. Mais rien de tout cela ne fut capable de Je déterminer abfolument, moins encore de le raflurer. S'il crai- gnoit d’offenfer Dieu par un refus opiniâtre, il ne craignoit pas moins d’expofer fon Salut, & de manquer à fa Vocation, en fortant d’un Etat, la Grace lavoit game ; & qu'il regardoit toujours comme fon Port, fon lieu de füreté, & fon -Afyle. I

auroit fouhairé que le Pere Général eût bien voulu, dans cette

XXXIX.

Ce qu'il éxige du Général de fon Ordre.

rencontre , être fon Avocat ; & que, touché de fes larmes, il eût joint fes prieres aux fiennes , pour perfuader à Sa Sainteté de faire un autre choix. L | - Eh, quoi, mon Pere (lui difoit-il, avec cette confiance pleine » de refpc& & d'amour , qu’il confèrva toute fa vie pour pe Su- » périeurs de fon Ordre) n’aurois-je donc renoncé aux Gran- » deurs du Siécle , que pour occuper les premiéres Places dans » 'Eglife ? De part & d'autre, les périls ne font-ils pas les mê- » mes? Si vous avez approuvé la démarche que j'ai faite en me » jettant dans le fein de la Religion ; comment me çconfeillez-

DE L'ORDRE DES. DOMINIQUE. z2t vous, je le dis en verfant des larmes ; pourquoi m’ordonnez- « vous de la démentir aujourd’hui, par une autre; qui m’en fe- « roit perdre les fruits, & les avantages , en les de nou- « veau à tous les dangers, que j'ai prétendu éviter »? L'Ordre de « Saint Dominique , pour lequel le Seigneur. m’a donné tant de « tendrefle, a bien voulu m’ouvrir fes portes : voudriez-vous « me les fermer, en m’ôtant la liberté de me dire toujours votre « Fils, & de vous obéir comme à mon Pere? Vous fçavez ce que « notre Bienheureux Patriarche, & fes premiers Succefleurs ont « penfé des Dignirés Eccléfiaftiques. Le Bienheureux Jourdain « de Saxe, Saint Raymond de PE , l'illuftre Humbert de «

Livre

XL

BENOîT XIII, RENE |

E.

Romans, avoient coutume de dire, qu’ils aimeroient mieux «

voir porter leurs Religieux au Tombeau, que fur un Siège « Epifçopal. Vous tenez aujourd’hui la place de ces Grands « Hommes: vous en avez le mérite & l'Efprit : confervez donc « pour moi , je le demande au Nom de JEsus-CHRIST; montrez-moi les mêmes fentimens, que vosilluftres Prédé- « cefleurs ne pouvoient perdre , pour ceux : vivoient {ous « leur conduite : & ne permettez point que je fois feul à me dé- « fendre contre la perfécution qu’on me fait ». Par une priére fi humble, & fi couchante, le Saint Religieux pouvoit bien attendrir un Supérieur , qui le chérifloit beau- coup ; & qui n’admiroit pas moins les qualités de fon Cœur, que celles de fon. Efprit : mais il demandoit ce qu’il n’étoit point au pouvoir du Pere Général de lui faire obtenir: il étoit autre- ment ordonné dans le Ciel. Après avoir bien prié & gémi, le Pere Orfini fuivit fon Général à Rome, réfolu de faire de nou- veaux efforts, pour n’ètre point obligé de quitter la derniére place, qu’il avoit choifie dans la Maïfon du Seigneur. II parut devant Clément X , comme il avoit paru cinq ans auparavant en préfence de Clément IX. Il ne plaida pas fa Gaufe avec moins de grace, dans le fecond cas, que dans le premier. Le fuccès ce- pendant ne fut pas le même. Egalement admiré, loué , applaudi, il n’eut pas la même facilité à perfuader. Un Pape avoit pronon- en fa faveur, contre fes Parens , arrêtés à vouloir lui faire quitter l’Habit de Saint Dominique : un autre Pape, en lui per- mettant de porter toujours cet Habit, qui lui étoit fi cher , ufa en même cems de toute fon Autorité, pour lui faire accepter la Pourpre Sacrée, & la qualité de Cardinal Prètre du Titre de Saint Sixte. Le confentement d’Orfini, lorfqu'il ne lui fut plus pofhible de le refufer, caufa une joye univerfelle dans la Maifon du Pape ; & renouvella celle que le Sacré Collége avoit fair pa- a oo de C iüij

XL,

I] le fuit à Rome.

XLT.

I1 fe fou tremblanc

7 met cn

12 HISTOIRE DES HOMMES ILLUSTRES

Livere roître le jour de fa Nomination. S'il avoit refufé cet Honneur XLI. par modeftie, il accepta par obéiffance : & les louanges qu’og Essoir xiir Avoit données à une humilité, qui a peu d'éxemples, on les don. | * na depuis à fa docilité , & à fa Religion. Notre Cardinal fe montra toujours digne de ces Eloges ; & toute fa conduite fut une nouvelle preuve de la folidité de fa Vertu. Ni l'éclat de L4 Pourpre, qu'il eut la complaifance de —— porter | sq un jour , ni tous les refpe&s, qu’elle lui attiroit, Modeitie dans D lui firent rien perdre des bas fentimens , qu’il avoic de lui- l'élévation. même. Auffi recueilli à la Cour ; auf aflidu à la Priére , parmi les embarras des Affaires, auf modefte, & aufli Pénitent dans la plis grande élévation , qu’il l’avoic été daas l’obfcuriré du Cloître ; s’il fentic que fes Devoirs s’écoient multipliés , il re- doubla aufli fa vigilance , pour les remplir tous, fans en négli- ger aucun. On le vit en même tems Religieux éxact, toujours fidéle à tous les points de fa Régle ; & Prince de l’Eglife, tou- jours prêt de foutenir avec zéle, les intérêcs de la Religion, & de facrifier à ce devoir, non feulement {on repos , mais fa vie même, s’il avoit été néceffaire. En prenant l'Habit de Saint Do. minique, le Prince des Urfins avoit facrifié aux vûes d’une auf- tére Piété, tout ce que le Siécle a de grand , & de pompeux : & en fe laiffant revêtir de la Pourpre, il confacra par fa religieufe Pièté, tout ce que l’Eglife a de plus grand, ou de plus élevé aux yeux du Siécle. Ce n’eft que par fes modeftes Vertus, & parun travail aflidu, qu’il crut pouvoir foutenir toute la fplendeur de fa nouvelle Dignité : & voilà ce qui fit dire d’abord de lui, ce qu’on avoit dE dit de Saint Charles Borromée , que fa Vie étoit une leçon , & un éxemple, pour toute la Cour de Ro- me (1). | À Lorfque le Souverain Pontife donne le Chapeau à un Cardi- nal, il lui adrefle ces paroles, que nous lifons dans le premier Livre des Cérémonies Sacrées : « Pour la plus grande Gloire de Dieu Tout-Puiffane, & l’hon- » neur du Saint Siége Apoftolique. recévez ce Chapeau rouge, » comme la marque glorieufe de l’éminente Dignité, à laquelle » vous êtes élevé, & qui doit vous faire continuellenenc fou- » venir de l'obligation, vous ferez déformais , de combattre avec intrépidité , & jufqu’à leffafon de votre fang, pour (1) Itèque Romam profeëtus , Titulo | parfimoniä , eo Religionis ardore , vigi- Sani Sixti ornatus, hovum Romanæ Aulæ'|landi ac precandi afliduitate, & in Eccleñ8 vexit exemplum : priftinä enim vivendi | Dei ftrenué laborandi ftudio vitam inftituir ,

”_ confuetudine nihil admodum immutati, | ut Dignitatis fuæ fplendorem fide tant , auirgi moderatione, cuktüs modefià , viétés | ac operibus quæreret, &c. Archi. Fir. pag. 64

“= LS

DE L'ORDRE DE S DOMINIQUE. l'Exaltation de la Sainte Foi, pour la paix, & le repos du Peu-« Lrvre

23

ple Chrétien; enfin pour la défenfe, & l’accroiflement de la « Sainte Eglife Romaine (1), &c. » Le Cardinal des Urfins cape ie bien le fens de cet Avertif-

fement : auf ne parut-il occu

le refte de fa vie que des inté- ’Eglife ; fans

Benoir XII

rêts de JEsus-CHRrIST, de la 5 & de refufer jamais le travail, fans craindre le péril, fans ménager ni fes forces, ni {a fanté. On feroit fon portrait, & une partie de fon Hiftoire, fi on lui appliquoit ce qu'a dit Saint Bernard, tou- chant les qualités , qu’il vouloit trouver dans les premiers Prin- ces de lEpglife. C’eft dans fon quatriéme Livre de la Confidé, ration , que le Saint Abbé parloit ainfi au Pape Eugéne III : « Vous ne devez élever à l'éminente Digniré de Cardinal , « que des Sujets, dont les Mœurs foient pures, la Sainteté éprou- « vée, PObéiflance connue, la Douceur & la Patience éxem- « plaires : des Sujets amis de la Paix, de l'ordre, de la Difcipli- « ne, & de l'Unité : rigides Cenfeurs du Vice , & de PErreur ÿ « remplis de Foi; fidéles Difpenfateurs des chofes faintes ; Pru. « dens, Sages, Difcrets, capables de donner de bons confeils, « & de les fuivre ; Sobres, défintérellés ; qui ne défirent poinc « le bien des autres, & qui ne prodiguent point le leur . .. des « Hommes enfin qui ayent le goût, & l’ufage de l'Oraïfon, & « qui faflent moins de fond fur leur propre travail, & fur leur « ‘induftrie , que fur le fecours de la Priére (2). » | On ne peut s'empêcher de reconnoître que tous ces traits, mais les derniers fur-tout , caraétériferit parfaitement notre Cardinal de Saint Sixte. Tandis qu’il avoit vécu dans la compa. gnie de fes Freres, l’éxercice de l'Oraifon avoit toujours fait {es Chaftes Délices ; & fon occupation la plus douce, comme la plus ordinaire. On en étoit édifié , & on n’en devoit point être furpris : le filence du Cloître, la pratique, & l’éxemple de fesfemblables, favorifoient cet attrait, qu'on avoit pu remarquer en lui prefque dès fon enfance. On fut plus juftement frappé de voir un jeune

XLIII. Qualités que S. Bernard vouioit trouver dans lies Cardinaux.

XLIV. On les voit dans le Cardinat-de Saint Sixte.

{1) Ad laudem Omnipotentis Dei, & Sanc- Sedis Apoftolicæ ornamentum , accipe Ga- lerum rubrum , infigne fingulare Dignitatis Cardinalatüs , per quod defignatur, audd uf- que ad mortem, & fangainis effafionem in- clufivè pro Exaltatione San@tæ Fidei, pace, & quiete Populi Chriftiani , augmento , & ftatu Sacro-Santæ Romanæ Ecciefæ , te in- trepidum exhiberc debeas, &c. Fide Tom, FAT , de ferv. Dei Beat. Ge. p. 459. Col. 1.

(2) Qui fint compofiti ad mores , probati

manfueti ad patientiam , fubjeëti ad difcipli. nam , rigid ad cenfuram , Catholici ad Fi dem , fideles a6 difpenfationem , concordes ad pacem, conformes ad uniratem. Qui fiat in judicio reéti, in conflio providi , in ju- bendo difcreti..,. in convivio non effuf, in cur reï familiaris non anxii , alienæ non cupidi , fuæ non prodigi, .. qui orandi ftu- diura gerant , & ufum habeant, ac de omni

re Orationi plus fidant , quam fuæ indultriæ,

vel labori , &c. Liv. IV de Confid. Cp. IV.

ftimoniam , parati ad obedientiam ,| Es Tor. III. de S'erv. Dei Bear, de. p. 457.

LIVRE X LI.

| Benoîr XIII. Pr ve Rom mr. À

XL V. Ileftadmis dans pluñeurs Congré- gations,

XLVI. Emploi du Terms.

\

XLVII. Charité envers

Jes Pauvres.

124 HISTOIRE DES HOMMES ILLUSTRES Cardinal de vingt-trois ans, qui ne pouvoit être détourné d’uné fi fainte pratique, ni par le rumulte de la Cour, ni par la fuite des affaires, ni par le nombre, & l'importance de fes occupa- tions : car il en eut plufieurs, puifque le Pape le fit d’abord en- trer dans les différentes Congrégations de Cardinaux , appel- lées , des Evêques, & des Répguliers ; des KRites ; des Immuni- tés Eccléfiaftiques ; des Indulgences, & des Reliques : il avoit été nommé Examinateur des Evêques, avant que d’être déclaré Préfet de la Congrégation du Concile de Trente (1).

Les diverfes Matiéres, qu'il faut éclaircir, ou décider, dans ces fçavantes Aflemblées, noce une connoiflance particu- liére des Conciles , de la Difcipline de l’Eglife, de fa Liturgie Sacrée, & de toutes les parties de la Théologie, Dogmatique, Pofitive, & Morale : c’eft à quoi le Cardinal Orfini avoir em- ployé fes jeunes années. Mais pour acquérir toujours de nou- velles Jumiéres, il mettoit tout à profit; la Priére, la Lecture, les Entretiens mêmes familiers. Il aimoit la converfation des Sçavans, particuliérement des Théologiens de fon Ordre, qui joignoient à une rare érudition une éminente Piété : il en avoit toujours plufieurs auprès de lui; & il vivoit avec eux dans fon Palais, comme il avoit fait dans le Monaftére. Si tout le régle- ment de fa Perfonne, la modeftie de fon train, la frugalité de fa table, & l'abondance de fes Aumônes, étoient pour le Peu- ple Romain un grand fujet d'édification : ceux qui avoient l’hon neur de l’approcher de plus près, trouvoient de nouveaux char- mes dans la douceur de fes Mœurs, & de nouvelles Leçons de Vertu, dans tout ce qu’ils lui voyoient pratiquer. Les premié- res bénédiétions, que le Saint Cardinal voulut mériter, furene celles des perfonnes , que le Monde méprife res Les grofles penfons qu'il tiroit de fa Maïfon , & les bienfaits du Pontife Régnant, duroient pu le faire paroître avec tout l'éclat de fa Naifence, & de fa Dignité : mais il aimoit les Pauvres & il n'oublioit pas qu’il avoit fait lui-même un Vœu de Pau- vreté : pour pouvoir répandre plus abondanment fes libéralités

fur rous ceux qui étoignt dans l’indigence , il continua à rem-

plir les engagemens de fon Vœu, avec autant d’éxaditude, &

fans doute avec plus de mérite, que s’il n’eût été encore que

fimple Religieu |

(1) In Urbe moram ducens , ac Congre-]munitatis , Indugentiarum, & Reliquiarum, gationis Concilii Præfeétum agens , & inter | Patres Cooptatus,ac etiam Epifcoporum Exa- Congregationum Epifcoporum, ac Regula- | minator renunciatusab eodem Pontifice Cle. rium, Sacrorum Rituum , Eccleñafticæ Im- | mentc X , &c, Le S'acr, Tom, VIII, Col. 176.

Sans

: :DE L'ORDRE DE S. DOMINIQUE. :is * Sans nous arrêtér ici aux autres éxemples de Vertu, que le houveau Cardinal ne cefloit de donner , dans toutes les occa- fions à la Ville de Rome; nous pouvons dire en deux mots, que l’unique , ou le principal avantage, qu'il voulut tirer de la prééminence de fon Rang , fut de pouvoir protéger l’Innocen- ce , défendre ceux qui étoient fans fecours, faire du bien à un plus grand nombre de perfonnes, & procurer en plufieurs ma- nicres la gloire, & l'honneur de fon Ordre. | | -" Le Pape Clément X avoit mis depuis peu dans le Catalogue des Saints, le Bienheureux Louis Bertrand, lApôtre des Indes Occidentales , & l’illuftre Vierge Rofe de Lima ; Orfini, pour relever cette Solemnité, qui avoir été faite avec une magnifi- cence extraordinaire, dans notre Eglife de Bologne, publia un petit Ouvrage, qui fut imprimé à Venife l'an 1674, hu ce ti- tre: Concentus Dominicano-Bononienfis Ecclefiæ in Album Sanc- torsm Ludovici Bertrandi, @ Rofe de Sanifa Maria , Ordinis Pradicatorum. | -_ Il fignala depuis fon zéle, dans la Sacrée Congrégation des Rites, il fe trouvoic préfent , lorfqu’on y traitoit de la pro- chaine Béatification du Eine Pape Pie V ; de la Canonifation: de Saint Jacques de Mevania ; du Culte de dix-neuf Martyrs, apellés communément Gorgomiens, du lieu de leur fupplice;, & de ce qui devoit fervir à mettre au nombre des Martyrs de JEsus-CHrisT, le Pere Alphonfe Navarette, de l'Or- dre de Saint Dominique ; Ferdinand de Saint Jofeph, de POrdre de Saint Auguftin , & leurs Compagnons, qui avoient glorieufement combattu dans le Japon, & répandu leur Sang, en préchant l'Evangile aux Infidéles. Nous avons trois Brefs de Clément X , qui nous apprennent, qu’à la priére, & fur les inf- tances de notre Cardinal, Sa Sainteté permettoit à l'Ordre des FF. Prêcheurs , 1°, De faire une Fête Solemnelle de tous les Saints, & Saintes du même Ordre, le neuviême de Novem- bre : 2°, De récicer l'Office, & célébrer la Mefle, en l'honneur

Liv RE X LI. Benoît XIII

XLVIIL Zéle pour éten- dre le Culte des Saints.

XLIX, Et de plufieurs Bienheureux.

Vide Bull, Ord.Tonm, VI, pag. 306: 307» B1Sr$16:317,348 19

7

de Saint Vincent Ferrier, tous les premiers Lundis, non em.

péchés, de chaque mois. C’eft ainfi que le pieux Cardinal tras vailloit à écendre le Culte des Saints, dont il imitoit dès-lors les Vertus, | 0 Eu

11 femble que la confiance , dont le Souverain Pontife con- tiguoit à honorer le Cardinal de Saint Sixre ; l’eftime générale, il écoit dans le Sacré Collége; & le bien qu'il faifoit dejà ,

dans les différens Emplois, dont ilétoit chargé, devoient lui

rendre gracieux le féjour de Rome. Cependant il portoit ailleurs Tome VI,

LIivReEz X LL

Benoîr XIIL RS mes Tnt

26 HISTOIRE DES HOMMÉS ILLUSTRES

fes défirs ; foi peut-être par l’averfion du Fifte, & la peine de fe voir toujours dans le tumulre de la Cour , comme l’a cru un Auteur : ssmaltusm Asle pertefus : foit, felon la penfée d’un autre Ecrivain, parce qu’il fouhaitoit travailler plus immédia-

Echard, Tom, 11, temneut à l’inftruétion des Fidéles, & au Salut des Ames, par le

pag 815. Col :.

Le Cardinal re- fufe un riche Ar- chevéché.

| LI. Et en accepteun . qui cft pauvre.

Miniftére de la Prédication. Quoiqu'il en foit, il parut que le Seigneur favorifoit des défirs, que lui-même avoit fait naître dans lAme de fon Serviteur. : Charles IE, Roy pars eu & des Deux Siciles, ft préfen- ter à notre Cardinal le riche Archeyèché de Saierne, dans le Royaume de Naples , Ville Capitale de la Principauté Cité- rieure : & le Pape lui offrir en même teins celui de Siponte, fur les Côtes de la Mer Adriatique. Il y avoit beaucoup plus de Revenus, &. de Commodités dans le premier ; plus de peine, & de travail dans le fecond. Outre que l'A rchevéché de Siponte {*) n’a que de fort modiques Revenus, il fe trouvoit alors chargé de plufieurs Penfions. D'ailleurs l'air du Pays eft mal fain > Ville peu peuplée, & toujours expolée aux incurfions des Pira- tes, qui l'ont fouvent pillée, ruinée, & prefque détruite. Le choix entre deux Sièges, en tous fens fi différens, ne paroifloit donc pas bien difficile. Le Saint Cardinal choifit, mais en Hom. me, qui ne veut trouver dans À gr me que ce que Saint Paul permet d’y chercher ; le travail, le fruit fpirituel , le Salut des Ames, l'honneur de fervir Dieu, & fon Eglife : bonum opus. Le Cardinal Orfini ne pouvoit fans doute fe propofer autfe chofe ; lorfque , contre routes les régles de la fageffe mondaine, il pré. féra le Siége de Siponte ( auquel Benoît Capello venoit de re- noncer ) à l’Archevêché de Salerne , & à fa Charge de Préfet de la Congrégation du Concile ; Charge qui n'eft ordinaire- ment confêrce qu'aux plus diftingués entre les Cardinaux (1).

Dans un Siécle, de Émblables éxemples de zéle, de modéra- tion, & de défintéreflement étoient peu communs, on auroit plus pro ids impendere vehementer cuperet . AM

plifimä Præfecturà, quam Romzæ præcipui inter Cardinales optare folent , ultrà dimif

(x) S'iponte , Ville de la Pouille , au pié du Mont Sant-Ange , eft aufli apellée Manfre-

denis, du nom de Mainfroy, Fils Naturel de Frédéric II , qui la fic bâtir l’an 12$6, On la nomme affez communément Siponte, parce qu’elle s’eft accrue des ruines d’une ancienne Ville de ce non, qu’on voyoit à un mille de là.

(y) Sacræ Congregationi Cardinalium Con. eilii Tridentini interpretum Præfeétus, alñf- que Cardinalium Congregationibus annume- ratus, quantüm dottrinä valeret luculenter œftendit : fed cdm ille ahimarum faluci fele

A , Archiepifcopatum Sipontinum ad Oram Adriaci Maris lonyé ab Urbe diffitum, à Bar- taris direptum , Cœlo infalubrer, penfioni- bus præpravatum , quem Bencdiétus Capel- letus fponté cefferat , die 28 Januatii 1675. à Clemente X accepit ; prætulitque Archie= pifcopatui Salaritano , multisnominibus, ac divite cenfu percelebri , qui eidem à Carol II, Hifpaniarum & utriufque Siciliæ Rege ofiercbatur, &c. Archi, Firm. pag. 6.

DE L'ORDRE DE S. DOMINIQUE. 27 admiré celui-ci, fi la conduite toujours uniforme du Cardinalde Lives S. Sixte n’avoit déja Re les gran à ae -anet e , _XLI. ue ce qu’il y avoit de plus parfait, & de plus conforme 4 PEfprit = À poftohique, Il sb 4 ns fa dans foie année , lorf Pl ALU accepta l’Eglife de Siponte , le 18 de Janvier 167$. Pour tre facré Archevêque 1 cet âge, il falloit une Difpenfe; & Sa Sairr. teté l’accorda d'autant plus volontiers, qu’elle auroît voulu voir toutes les Eglifes Chrériennes , confiées à des Pafteurs du ca- | radére de ce nouveau Timorhée. Le Cardinal Pauluzzi Altieri, LIL Camerlingue, & Premier Miniftre du Pape, le même qui avoit Reese A ordonné Orfini Prêtre, ne céda point à an autre Phomneur de re faire la Confécration. Il la fit le 3 de Février, dans notre Eglife de Saint Sixte, en préfence de plufieurs Cardinaux, & de la rincipale Nobleffe de Rome. Mais rien ne frappoït davantage les A fiftans , dans ce fpedacle de Religion, que Îa soie Angélique, la ferveur , & le recueillement du nouveau Prélar; qui s'éroit préparé à fon Sacre par le Jeüûne, & la Priére ; & qui ‘n'éroit animé d’autre délfir , que de cefui de gagner des Ames à Jesus-CHrisT,en remplifflant, comme un Succeffeur des Apôtres, tous les Devoirs de la Sollicirude Paftorale.

Les Peuples de Siponte pouvoient juftement regreter leur dernier Archevêque, qui les avoit goavernés l'efpace de feize années , avec autant de vigilance, que de prudence & de cha- rité: mais ils furent confolés lorfqu'ils apprirent que le Cardi- nal des Urfins devoit le remplacer. Infiniment flatés de la pré. férence , qu'il faifoit de leur Eglife ; & aflurés de retrouver en lui toutes les bonnes qualités de fon Prédéceffeur , ils l’atren- doient avec une fainre impatience ; & leur attente ne fut pas longue : la rigueur de l'Hyver ne put l'empêcher de courir d'a. bord au fecours de fon Troupeau; & il eut le plaifir de voir, que fa préfence répandit d’abord la joye , fa confolation, & la paix, dans toutes les parties de fon Diocèfe.

On fçaïit ce que peut fur Pefpric, & fur le cœur des Peuples, la réputation d’un Pafteur Religieux , & Pacifique, rempli de l'Efprit de JEesus-CHr1sT, & donné de Dieu pour fa're le bonheur de {es Brebis. Les folides Vertus du Cardinal de Saint Sixte lui avoient déja fait cette réputation ; & il la foutine par les effets. Pour répondre aux pieux empreflemens de fes Diocé. Liv. fains , il les affembloit fouvent, & leur expliquoit lui-même les | Vas : ÉRbIE Devoirs d’un Chrétien, les Vérités, & les Myftéres de [a Re. de La Sollicitude ligion. Comme fes Aumônes accompagnoient ordinairemenc Paftorale. fs Exhorrations, il fe concilia ff bien sous les cœurs, qu'il pou-

Di)

LIlf, Il fe hâte de vi fiter fon Egjile.

LIVRE X EI. BENOïT XIIL

L V. Il facre un Evé- que dans lPEglife de Gravina,

LVI. Ce qu'il faiten faveur de {a Fa- mille :

LVIl Etau Mont Gar- g22.

28 HISTOIRE DES HOMMES ILLUSTRES

voit s’aflurer d'être obéi, tant du Clergé, que des fimples Fi- déles , dans tout ce | me jugeroit à propos de leur prefcrire, foit pour perfectionner la Difcipline, foit pour régler les Mœurs, ou corriger les abus. Ces premiers fruits des travaux du Car-

dinal Archevêque, ne fervirent pas peu à donner une nouvelle

activité à fon zéle. Déjà les Défercs , ou les Montagnes de la Pouille, & les pauvres Mafures de fes Habitans, lui paroifloient préférables à tous les Palais de Rome. Il aimoit le travail : & cette docilité , avec laquelle on recevoit fes inftruétions, ou fes corrections , ne lui permettoient point de fe repofer. -

Ce ne fut qu'après avoir pris une connoïiflance générale de l'état de fon Églife; & avoir mis les premiéres difpofitions à tout le bien qu'il fe propofoit d’y faire , qu'il fe rendit dans 14

Ville de Gravina. Le Pere Jacques-Marie Conilio, Dominicain,

venoit d’être nommé à l’Evêché de Cefalonie, uni à celui de Zante, fous la domination des Vénitiens : notre Cardinal, qui connoifloit depuis plufieurs années le mérite de Religieux ( puifqu’il l’avoit eu pour Prieur dans le Couvent de Saint Do- minique à Venife ) voulut le facrer de fes mains : & le Pape, qui Jui en avoit donné la Commiflion , avoit marqué aufl le lieu de

Ja Cérémonie (1). Nous ne pouvons douter que la Eu in-

tention de Sa Sainteté n’eût été de faire plaifir à la Duchefle

Douairière de Gravina, en lui procurant cette occafion,

la Vifite du pieux Cardinal. Mais la Providence avoit d’autres deffeins : les beaux éxemples de Vertu, & les faints Entretiens de notre Archevèque, commencérent dès-lors à produire de bons effets dans le fein de fa Famille. On en reconnut depuis les heureufes fuites, lorfqu’on vit fa propre Mere, fa Sœur, & deux de fes Niéces, défabufées des vanires du Siécle, prendre le

parti du Cloître, dans l'Ordre de Saint Dominique.

Le Cardinal, ayant fatisfait au double devoir, d’obéiffance

envers le Pape, & de piété à l'égard de fes Parens ; ne tarda pas

de rentrer dans fon Diocèfe, & de donner toutes fes attentions aux befoins fpirituels & temporels de ceux, qu’il avoit pris fous fa conduite. Dans le cours de fes Vifites Epifcopales, il fe ren- dit plus d’une fois au Mont-Gargan , apellé autrement le Mont Saint-Ange, Lieu fort célébre depuis plufieurs Siécles, par l’Ap-

(1) Sipontum proficifcitur, indè Gravi-pCephaleniæ érdinavie | &c. #rchi. Fir. nam, ubi Fratri Jacobo-Mariæ Conilio Ve- | pag. 7. | | neto , Ordinis Prædicatorumn , à quo Priore| {*) Ce ne fur pas le Pere Conilio, maisle Venctiis Religiofum Habitum acceperat (*) , | Pere Gentili, qui donna Habit de Religieux vices magnificè reddidit;illamenim ex Apof- | au jeune Orfini. Wid, Bullar. Ord. Tom. VI tolico mandato in Epifcopum Zacynthi, & pag. 691.

.

- DE L'ORDRE DES. DOMINIQUE. 29 _parition de Saint Michel, & le Concours des Pélerins, qui y fonc de fréquens Voyages de Dévotion ; aufli-bien que par le foin particulier , qu'ont toujours pris de ce faint Lieu les Evè- ques, & Archevêques de Siponte ; depuis Saint Laurent, qui occupoit ce Siège fur la fin du cinquiéme Siècle, Le Cardinal des Urfins aimoit à faire les faintes Fon&ions, & fes longues Priéres dans cette Grotte, ou Eglife, confacréé en l’honneut de Sainc Michel : Eglife, felon l’expreflion d’un ancien Auteur, de peu d'apparence, & fans aucun ornement de l’Arte mais or2 née, & enrichie de la puiflance du Ciel , par le nombre des Mi- racles, qui s’y font opérés (1). | Comme il étoit à craindre, que l'ignorance, la fuperftition , Ja curiofité, ou la légéreté dans les uns ; la fraude, & la cupidi- dans les autres, ne donnaffenc occafon à plufieurs abus, no- tre Archevêque voulut fe rendre ne attentif fur ce point. Il ne dédaignoit pas inftruire familiérement les Fi- déles, que cette Dévotion attiroit de routes parts : & il éxami. na de près la conduite , les Mœurs , & la Doctrine des Ecclé- fiaftiques, prépofés pour adminiftrer les Sacremens au Peuple, ou pour recevoir fes Dons. Il fit plufieurs fages Réglemens ; & il renouvella une partie de ceux . fait fes Prédécefleurs, pour maintenir.la pureté du Culte ; & éloigner tout ce qui au- roit pu l’altérer, ou le corrompre. | . Cependant le Pape Clément X , qui s'étoit diftingué par fa Bonte , & fa Douceur ; mourut à Rome le 22 de Juillet 1676, après avoir tenu le Saint Siége fix ans, deux mo, & vingt-qua- tre jours. Les Graces, qu'il avoit accordées à l’Ordre de Saine Dominique (*), & latendre amitié, dont il n’avoit céffé de don- ner des preuves à notre Cardinal, méritoient bien le jufte re- tour, qu'ils firent paroître l’un & l'autre dans cette occafion,

Lorfque l’Archevêque de Siponte eut fait, & ordonné dans

tout fon Diocèfe , des Prières pour le repos de l’Aie de fon Bienfaiceur, il fe rendit en diligence à Rome, pour procéder à l'Election d’un nouveau Pape.

La Régle fixe, qu'il fe fit dès-lors, & qu’il obferva depuis réligieufemenc dans tous les Conclaves,. fut de n’avoir aucun

(1) Memoriam Beati Michaëlis Archangeliy (*} Clément X nous avoit donné deux Car- toto Orbe venerandam, ipfus & ope condi-| dinaux (Orfini ,& Howard) un nombre cor- ta, & confecrata nomine demonftrat Eccle-| fidérable d’Evêques , & d’Archevêques : & fa, quæ non Metallorum fulgore , fed privi | avoit décerné un Culte public à liens de legio commendata fignorum, vili faéta Sche-Fnos Saints. Vide Bullar. Ord. om. VW}, mate, fed cœlefti præditä virtute , &c, Jia. | pag. 330, 331, Ce. : Sec. Tom. VII, Col, 816. : | Diÿ

Livre XLI.

Benoîr XIIL :

LVIII La Mortde Clé. ment X rapelle le Cardinal à Rome.

LIX. Régle , qu'il fe pre'crit, & qu'il fuit dans tous les

Conclaves.

Livre X LL.

Benoîr XIII.

L X. Ele&tion d’Inno- cent XI,

30 HISTOIRE DES HOMMES IELUSTRES

égard à fes intérêts sr . de confulter moins les Paffions des Hommes, que la Volonté de Dieu ; de ne s'engager.avec perfonne; de ne confidérer dans les Sujets, qui pourroiene être propofés , _ la Vertu, la capacité, les talens ; & de préférer toujours le bien de PEglife, à route autre confidération. Le fé: jour qu’il avoit déjà fait à Rome; les Congrégations, il s'é-. toit trouvé ; & les Affaires, qui y avoient été traitées : toue cela pouvoit lui avoir fait connoître le cara@ére, le mérire, & l'expériefce des Cardinaux , qui paroîtraïent fur les Rangs. Mais il ne aiffa pas de redoubler fes Priéres, avec la rigueur de fes Jeûnes, afin d’obtenir pour lui-même, & pour les autres Eleéteurs, les Lumiéres du Saïnt-Efprit ; toujours réfolu de s’en tenir à ce qu’il plairoic à Dieu de lui faire connoître, pour ne point fe cromper dans une Affaire d’une auffi grande conféquen.. ce pour la _— | mt entré dans le Conclave, avec des intentions fi pures ; le Cardinal Orfini tâcha les infpirer à tous ceux, qui de- voient concourir avec lui, pour donner un premier Pafteur À tout le Troupeau de JEsus-CHrisT,& un Chef vifible à l'Eglife Catholique. Pendant près de deux mois que dura le Conclave, on propofa bien des Sujets, qui n’étoient dl indi- gnes du Souverain Pontificat. Mais notre Cardinal ne changeoït pas facilement, & il ne perdoit jamais de vüe le deffein, d’abord formé en faveur de Benoît Odefcalchi, qui fervoic utilement l'Eglife , & faifoit honneur au Sacré Collège , depuis qu’il ÿ avoit été aggrégé par le Pape Innocent X. C'éroic, difenc les Hiftoriens, un grand Homme de bien, ferme, pieux, fçavane, incorruptible, défintéreilé, dégagé du Monde, de Ia chair, & du fang ; zélé avec modération, févére à lui feul, charitable & libéral envers les Pauvres, plein de Religion. La vie modef- te , retirée, & cependant laborieufe , qu’il avoir menée pendant fon long Cardinalat, lui avoit juftement acquis la confiance de uatre Papes, l’eftime des Romains , & celle des Etrangers. Tel étoit le Sujet , que notre Cardinal croyoitélu de Dieu, pour con- duire fon Epglife. Il eut le plaïfir de voir enfin tous les fuffrages fe réunir, pour porter Odefcalchi fur la Chaire de Sainc Pierre, il monta, fous le Nom d’Innocent XI, le 2 1 de Septembre 1676 ('). | ; (*) Bayle a parlé du Cardinal Odefcalchifeomme nous l’apprend le Sçavant Cardind d'une maniére, qui ne feroit point honneur| Lambeïrtini: Dam agebssr de introducends à fa modeftie ; & l’Auteur Anonyme de PHif- de Wenerabilis Dei S'erui Innocenti; Papa

ftoire des Papes n’a point manqué de copierk X 7, ipfe tunc fungens æunere Fidei promoto- la calomnie ; qui a été fortement réfutée , | ris «8 oppofui qua leguntur in Diffionario Hrf-

DE L'ORDRE DE S. DOMINIQUE. 317 ‘Tandis que le nouveau Pontife, pour répondre aux grandes efpérances, qu'on avoit fi juftement conçües de fa vertu , tra- vailloïc à remplir tous les Devoirs du Miniftére Apoftolique , par un foin infatigable à corriger les abus ; à rétablir la Difci- line, & les Affaires , à porter plus loin la décence & Ia ma- jefté du Service Divin ; à faire refpecter les Loix , & revivre, tant dans le Clergé, que parmi les fimples Fidéles, les Règles de la Modeftie, le bon Exemple, & la Vertu ; le Cardinal Ar- chevêque de Siponte fe häcoit de retourner dans fon Diocèfe, our y achever, avec le Secours Divin, ce qu'il avoit heureu- Pr commencé. Dans le réfolution de connoître tout par lui-même, & de pourvoir à tout, felon les Décrets du Saint Concile de Trente, il reprit fans délai le cours de fes Vifites , & il ne pafla aucune année fans les recommencer. Par tout il prêchoit, il catéchifoit , il inftruifoit les Grands, & les Petits ; ceux de la Ville, & ceux de la Campagne, Il éxaminoit foi- neufement avec quelle attention les Curés, &c les autres Béné. Éciers s’acquitroient des Devoirs de leur Charge: & il ne s’en rapportoit qu'à cet éxamen, pour juger fi les Peuples étoienc bien inftruits ; fi les Eglifes fe trouvoient fournies de Vafes Sa- crés, d’'Ornemens, de Livres néceffaires ; fi les Offices fe fai- foient réguliérement, & avec la décence convenable ; fion avoit foin des Pauvres, des Malades, & de l'éducation de la Jeunelfe ; enfin fi ceux qui fe préfentoient | sd recevoir le Sacrement de Confirmation , ou les Saints Ordres , avoient été fuffifanment inftruits, & préparés. | C’eft à rout cela que le zêlé Archevêque étendoit fes foins : & il n'étoit pas moins attentif à faire cefler les fcandales, les divifions , les procès , & les inimitiés, en procurant l'union, & la paix des Familles. Le Clergé de Siponte, fous la prote@ion, & par la vigilance de notre Cardinal, parut fe renouveller. Les Eccléfiaftiques , & les Religieux travailloient comme à l’envi &c avec une louable émulation, à feconder les intentions de leur Archevêque, & à fe montrer dignes de fa confiance. Comme il donnoit à tous les Miniftres de l’Autel, les plus beaux éxem- ples de la Piété Chrétienne, & du Zéle Ace, il aimoit

torico & Critico Petri Bayle ( Tom. IT, tertia| nonizationis ipfins numanam fanè introdu&s Ediionis pag. 1546 jex quibus defumitureurs | fiffet , nifi providi pofiulntores conjräuris, aulicis, mAlifque nriibus, oblatis videlicet ,| prefumptionibus , @ validiffimis »rgumentis, pr A ons potenti rmunsribus , officium | oppoñtionis infhbfifentiam demwnfiraent, Ce; am Freletitium , per quod sd Cardins-| De Servor. Dei Beat, &ç, Tom, 111. Cap.

stiam dignisstem facilà pervenirs peterat , ob-| XXXI , pag. 439 oo tinnile. Caufs auters Bentificaïionis, & Ca-

LIVRE X LI.

BENOÎT XIII. SRE

LX1. Vifites Epifco= pales de PArche- vêque de Siponte.

LXII La Piété, & la Ferveur fe renou= vellent dans le Diocèfe.

32 HISTOIRE DES HOMMES ILLUSTRES

Lives auf les bons Prètres; il favorifoit, & préféroit toujours ceux XLI. qu'il avoit reconnus éxaë&s, & appliqués à leur Miniftére, pour ur le fer vice , & l'édification des Fidéles. | Benoit XIII. Mur À desde ——— Outre les copieufes Aumônes, qu'il faifoit diftribuer tous les jours, à un grand nombre de Pauvres; il tenoit un Catalogue

particulier À er er miss honnêtes Familles, dont les befoins lui

étoient connus , & qui ne recevoient leur fubfiftance que de fa

main. Cependant fans rien diminuer de ces libéralités ordinai-

LXIIL res,un illuftre Auteur aflure, qu’il employa les Revenus d’une red année à la réparation de l'Eglife Métropolitaine. Le Séminaire, Le. qui avoit été non feulement pillé, maïs détruit & renverfé dans

la derniére Invafon des Turcs, fut rétabli de fes deniers, & mis

en état de loger, & d’entretenir vingt-quatre jeunes Eccléfiafti-

ques. L'Hôpiral des Pélerins, & des Halades un Mont de Piéeté,

& un Grenier public, Monumens qui fubfftent encore dans la

Ville de Siponte , ne font pas les moindres preuves de la Charité:

de notre Prélats & de fes attentions pour le foulagement de tous

fes Divocéfains. Aufli a-t'on regardé ce qu’il fit d’abord dans ce

premier Diocèfe, comme les ps préludes de ce qu'il devoit

faire un jour dans quelques autres , & dans l'Eglife Univer-

{elle (x). | |

Ses Inftruétions Paftorales, fes fréquentes Exhortations, fes

Difcours, également touchans & patériques, faifoient d’autane

plus si rate & de fruit, qu’on étroit généralement perfua-

, que fa bouche ne parloit que de l’abondance du cœur ; &

que fes actions fe trouvoient parfaitement conformes à fes pa- roles. La régularité de fa Vie ne permettoit point de penfer au-

LXIV. trement. Nous ne dirons rien ici de ce nombre confiderable de

. ri ponne Vierges Chrétiennes , que la Charité de ce Cardinal a mifes en: état de fuivre leur Vocation, en leur ouvrant de faintes Retrai- "tes; ou doncila prévenu & empêché la perte, en les érabliffanc,

ê& an au défaut des Parens, qui ne pouvoient les doter,

= pour leur procurer un honnête Mariage.

LXV. Nous ne parlerons pas non plus du Synode Diocéfain, qu'il

+ ins Diocé- Affembla dans fa Métropole l'an 1678 ; & dans lequel il fit re- cevoir, fans aucune oppofition, plufeurs falutaires Réglemens 5

qui furent jugés néceflaires , foit pour maintenir , ou perfeion-

(1) Siponti primüdm fumma illa Paftoralis | fiune fublatum , reftituit ; in quo v'pinri qua- vigilant:ailluxit, quä deinde Diæc:{es alias, | tuor Alumni numerati funt; Xenodochium ac-Univerfam Ecclefiam Cardinalis Urfinus !etiam pro Infirmis , & Peregrinis, Mons Pies erat 1Iluftraturus. Annuo cenfu reparationi tatis , & alius Frumentarius ad Cardinilem Metropolitanæ Ecclefiæz Çonfuluit. Semina- Urfinum Archiepifcopum referunt imtium , rium Clericorum , poftremà Turçcarum inva-, &c. Archi. Firm. pas. 7.

ner,

_* DE L'ORDRE DES. DOMINIQUE. 33 ñer, la Difcipline Eccléfiaftique, & Réguliére ; foit pourauto. LrvReE rifer davantage, & aflurer la pratique de diverfes Ordonnances, XLI. qu’il avoit données felon le befoin , dans le cours de fes Vifites EST x111. Épifcopales. Ayant découvert , fous la poufliére de fes Archi- ves , les Aëes d’un Concile Provincial , tenu depuis plus d’un Siécle , par l’un de fes Prédécefleurs, nommé Ptolomée Gallio, hotre Cardinal reconnut que ce Concile étoit entré dans un grand détail de tous les Devoirs des Eccléfiaftiques, des Curés, de leurs Vicaires, des Chanoïnes, des Prédicateurs, des Maï- tres, & Maîtrefles d'Ecoles de ceux qui avoient l’adminiftra- tion des Hôpitaux . & des autres Lieux de Piété. Cependant bien loin que ces beaux Réglemens fuffent tous en ufage dans le Cler- ; la plüpart n’y étoient pas mêmes connus ; parce qu’on les À avoit d'abord trop négligés , ou pie trop tôt de vûe. Pour les remettre en ss A Cardinal Orfini les joignit à fes propres Statuts ; les fit imprimer, & diftribuer FRN, à Diocèfe : & il donna depuis tous Ês foins, pour que chacun fut inftruit de tout ce qui le concernoit ; & que rt ne fe difpenfât à l'avenir de remplir fes Fonctions avec plus d’éxaétitude {1) : Pendant que les Peuples proficoient, avec Action de Grace, des Leçons, des 56 , & des libéralirés d’un Pafteur felon le Cœur de Dieu, qui ne cefluit de les inftruire , de les nourrir, & de les édifier ; le Pape Innocent XI jugea à propos de procu- rer les mêmes avantages à une autre Eglife, qui en avoit fans doute un plus grand befoin. Ce fur le r 2 a gr 1680,que LXVI. le Cardinal