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CLAUDE MELLAN

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CATALOGUE RAISONNÉ

DE L’ŒUVRE

DE

CLAUDE MELLAN

D’ABBEVILLE

PAR

M. Anatole DE MONTAXGX.ON ,

Ancien élève de l’Ecole des Chartes,

Membre résidant de la Société impériale des Antiquaires de France,

Membre correspondant de la Société impériale d’Emulation d’ Abbeville,

PRÉCÉDÉ D’UNE NOTICE

SUR

LA VIE ET LES OUVRAGES DE MELLAN

PAR P. J. MARIETTE.

11 n’est pas rare de voir une ville offrir, dans un même genre, une suite d’hommes remarquables. Telle est surtout célèbre par ses jurisconsultes, telle par ses médecins, telle par ses soldats. En général, cela vient de ce qu’un de ses enfants, devenu fameux dans une profession, l’a par même mise en relief, et l’ému- lation de son exemple entraîne à sa suite des jeunes gens qui prennent cette même carrière, devenue à leurs yeux plus honorable et qu’ils touchent de plus près. C’est ce qui est arrivé à Abbeville. Au commencement du xviie siècle, un de ses enfants se rend célèbre dans

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la gravure-, il s’y distingue au point de devenir l’un des premiers graveurs de son temps , et dès lors et sans interruption , on voit continuer à Abbeville une suc- cession de graveurs , dont plusieurs sont tout-à-fait considérables. Cette perpétuité est même si constante qu’il est à rhonneur de Mellan, qui a donné le mou- vement , de la rappeler en tête de sa vie , et d’en présenter un tableau très-succinct, mais suffisant pour justifier cette affirmation.

De son temps même, on connaît un autre graveur abbevillois : c’est Paul Maupain (1), qui grave à Rome une suite de plus de cent camaïeux en bois , d’après les dessins du Lyonnais Stella. La taille, dont la sim- plicité va même quelquefois jusqu’à la rudesse , ne manque pas de caractère et d’énergie (2). Mais Maupain est comme en dehors de notre série, surtout par la façon dont il ne paraît avoir travaillé qu’à l’étranger, et encore pendant peu de temps , puisque les seules dates inscrites sur ses bois sont 1624 et 1625 (3). De Mellan, il n’y a rien à dire ici. Mais aussitôt après lui, nous devons nommer un autre Abbevillois, Jean

(1) Félibien sur Stella. 11 y a un Simon Maupain, architecte, qui a travaillé au Louvre avec Levau : était-il de sa famille?

(2) C’est aux camaïeux de Maupain que se rapportent ces vers de l’abbé de Ma roi les :

Jacques Stella comprit une belle manière De faire, comme il fit, des figures en bois D’un dessein tout nouveau, les colorant deux fois.

(Le Livre des Peintres et Graveurs, édition de M. G. Duplessis. Paris, Bibliothèque Elzevirienne, 1855, p. 26).

(3) Dussieux, Artistes français à l'étranger , 1856, p. 323.

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r Lenfant, fils d’un maître brodeur et en 1615 (1), qui fut l’élève de Mellan même. Parmi ses sujets de sain- teté, l’admirable Sainte Julienne en prière devant un autel, traitée comme gravure dans le plus pur goût de Mellan et du plus beau sentiment janséniste, est tout- à-fait une exception ; mais ses portraits ont un mérite et une importance tout particuliers ; bien que souvent bizarres, ils ont une personnalité, une vie et une variété singulières (2). 11 mourut le 8 mars 4674. C’est le seul élève qu’Abbeville ait donné à Mellan ; car, si l’auteur de r Histoire du comté de Ponthieu (3) fait naître Daret dans cette ville , Florent Le Comte , et Mariette qui était à même d’en être bien informé, lui donnent Paris pour patrie (4), et la question reste encore pendante.

Ce fut pourtant de Daret que furent élèves ces autres Abbevillois : Gilbert Lefilleul, en 1644, sur- tout connu pour nous avoir conservé les traits du sculpteur amiénois Blasset (5), et le fameux François de Poilly , fils d’un orfèvre, en 1623 et mort à Paris en 1693 (6). François fut à son tour le maître de son frère Nicolas, à Abbeville en 1626 et mort en 1696,

(1) Pour les noms et les dates qui vont suivre , nous en sommes redevable au Dictionnaire des graveurs de Basan, et surtout à la Biographie d'Abbeville de M. Louandre.

(2) Renouvier, Types et manières des maîtres graveurs. Mont- pellier, in-4°, partie 3, p. 138.

(3) Tome il, 1755, p. 363.

(4) Abecedario de P. J. Mariette, t. il, p. 58.

(5) Son fils Pierre gravait à Paris au milieu du xvme siècle.

(6) L’abbé Goujet a écrit son éloge à la tête du catalogue de son œuvre par Robert Hecquet, Paris, 1752, in-12.

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qui fat le maître naturel de ses trois fils: Jean-Baptiste, reçu à l’Académie le 26 juillet 1714 et mort à cinquante- neuf ans le 29 avril 1728 (1), François, mort en 1723, et Nicolas-Baptiste qui a peu gravé. L’œuvre de cette famille est fort intéressant par la façon dont ils ont gravé nombre de sujets d’après les peintres de leur temps. Le burin de François de Poilly, de toutes ma- nières le chef de cette dynastie (2), est simple, quel- quefois dur, d’une taille souvent trop large, mais ferme et brillante. Dans ses portraits, il a des qualités de pastel par ses effets de couleur; ses têtes sont variées, ses bouches sans monotonie , ses yeux lins , clairs , spirituels. Après Nanteuil , Masson et Edelinck , c’est un portraitiste de valeur.

Pour en finir avec le xvne siècle , je rappellerai Robert et Louis Cordier, graveurs de lettres et de cartes , et parmi leurs œuvres , les atlas qu’ils firent pour le fameux géographe Sanson qui était d’Abbeville, et leurs livres d’écritures d’après Petré , Barbedor et

(1) Archives de VArt français, Documents, t. i, p. 378.

(2) François ft Nicolas Poilly sont d’Abbeville,

Thibaut Poissan en est, L’Enfant, Robert Cordier,

Chacun d’eux en son genre honorant son nie'tier;

Mais l’ainé des Poillis entre tous est habile.

(Le Livre des Peintres, p. 34).

Je n’ai pas besoin de dire que Poissan, non pas à Abbeville, mais à Estrées, près de Créey en Fonthieu, était un sculpteur. On peut voir sur lui les lettres du Poussin , et la notice de Guillet de Saint-Georges, publiée dans les Mémoires inédits des Académiciens, Paris, Dumoulin, 1854, t. i, p. 313-29. Ailleurs (p. 60), Marolles parle

de Crurin d’Abbeville,

Compagnon de Poissan, qui suivit Sarrazin.

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Jacques de His qui était d’Abbeville comme Sanson (t).

À partir du xvme siècle, on peut dire que la gravure abbevilloise perd de sa valeur. Les artistes ne gravent plus dans le sens artiste du mot, et leur burin n’em- prunte plus rien à la pointe ; ils coupent le cuivre, et la manœuvre de l’outil, les ficelles du métier étouffent toute originalité. Ce ne sont plus que des burinistes habiles , qui , à force d’habileté , font descendre leur qualité d’artistes jusqu’à n’être plus que des ouvriers. C’est , du reste , tout le caractère de la gravure au xvme siècle, et par il ne faut pas s’étonner si les hommes dont j’ai à citer les noms ont suivi le courant commun.

Jean-Charles Flipart , qui a gravé dans le recueil de Crozat, était vers la fin du xvne siècle -, Robert Hecquet, qui revint mourir à Abbeville en 1775, y était en J 093 ; Jean Dauilé , en juin 1706, reçu à l’Académie le 30 juin 1742 et mort le 23 avril 1763 , est autrement remarquable que les deux qui précèdent. 11 avait reçu les premières leçons de son art de son compatriote Dom Robart, religieux de l’ordre de Cluny au prieuré de Saint-Pierre d’Abbeville (2), et passa en suite entre les mains de Hecquet. Sa manière est sérieuse et solide, mais froide et sans accent, ce qui n’empêche

(1) Marolles cite ies trois clans son Catalogue de 1666, p. 114, et le dernier seulement dans son Livre des Peintres (p. 62) :

Eu beaux arts Abbeville est sans doute féconde;

En écrivains encor elle eut Jacques de His,

Avec Robert Cordier honorant son pais,

Qui de sa belle lettre agiée à tout le monde.

(2) Il est cité dans la note mise en tête de la publication de l’œuvre de Dauilé, faite par sa veuve. Marolles a parlé d’un

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son œuvre d’être encore important. 11 a eu parmi ses élèves François Dequevauviller, en 1745.

Jacques Aliamet, le 30 novembre 1720, est élève de Le Bas; il fut agréé à l’Académie en 1763, et mourut le 29 mai 1788 (1). il n’a peut-être pas gravé d’aussi grandes planches que Daullé; il a moins de brillant et de flic-flac que Beauvarlet, aussi est-il moins connu; mais je lui trouve bien plus d’intelligence des maîtres qu’il grave; la traduction qu’il en a fait a de la fidélité, de la souplesse, et, si l’on continuait ce Peintre-graveur abbevillois , dont je donne aujourd’hui le premier vo- lume, ce serait le dernier qu’il y faudrait comprendre. Lenfant, les Poilly, Daullé et Aliamet seraient, après Mellan , seuls dignes de cet honneur. Comme élèves Abbevillois, ce dernier a formé Charles-François-Adrien Macret, le 2 mai 1750, mort à Paris en 1783, et Guillaume Michault, en 1752, qui gravèrent surtout pour des recueils.

Jacques-Firmin Beauvarlet, en 1733, mourut en

autre religieux abbevillois, sur lequel on peut voir De Vérité, t. Il, p. 354-56 :

De son livre achevé le Feuillant d Abbeville De Sainte Magdelainc eut loisir d’y songer,

Et, sans mentir, il est si bon horologer Qu'on en voit l’importance en sa matière utile.

( Livre des Peintres , p. 58).

Pour réunir ici tout ce que ce volume biscornu renferme sur les Abbevillois, j’ajouterai ces deux passages; dans 1 un il cite parmi les ingénieurs (p. 63) :

Goudebout d’Abbeville,

et parmi les orfèvres (p. 62) :

Un Guillaume de Belle, arrivé d’Abbeville,

Vit Josias de Belle à Paris estimé.

« Archives de V Art français, Documents , t. i, p. 398.

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4797. Avant d’être élève de Dupuis et de Cars, il reçut de l’Abbevillois Philippe-Augustin Lefebvre, mé- diocre artiste , mais bon maître , dont furent aussi élèves Fauvel, Danzel (1) et Dequevauviller, les pre- mières leçons de dessin et de gravure. Beauvarlet les mena plus loin qu’aucun d’eux , et arriva même à l’Académie il fut reçu le 25 mai 1776 (2). Son succès et son influence furent énormes et nous pa- raissent aujourd’hui fort peu mérités. Autant sa taille est régulière et brillante, autant est-elle molle et mo- notone-, c’est l’uniformité de l’éclat; il n’y a que de l’outil. Quand il traduit de vrais maîtres, il semble que toute intelligence l’abandonne, et c’est seulement vis-à-vis de peintres contemporains à la mode, de Vanloo, de Drouais surtout, que ses gravures ont un mérite, celui de donner le goût du temps. C’était un artiste très-habile , mais qui , n’ayant pas assez de valeur pour réagir contre ce qui l’entourait , s’y est abandonné et en a même exagéré les défauts, au grand applaudissement des contemporains.

Un de ses élèves , Jacques-Charles Levasseur , à Abbeville le 21 octobre 1734, avait été reçu à l’Académie cinq ans avant son maître, le 26 janvier 1771; il mourut à Paris le 29 novembre 1816 (3). Nicolas-Joseph Voyez,

(1) Eustache est mort à Paris vers 1775; Jacques-Claude, le 5 mai 1737, est mort dans sa ville natale le 24 décembre 1809.

(2) Archives de V Art français , Documents, t. i, p. 394.

(3) Cf. Ch. -F. Bidon, Discours sur la tombe de Levasseur, Paris, Didot jeune, 181G, in-8° de 12 pages. Pélissier, Notice, etc., dans le Mémorial universel, journal du Cercle des Arts, 73* livraison. Moniteur du 29 décembre 1810, p. 1155.

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en 4742, et son frère François, en 4746, furent aussi élèves de Beauvarlet, et ce ne furent pas les seuls, car on doit citer encore François Hubert, le 2 février 4744 et mort le 44 février 4809 (4), et Louis- Charlemagne Thomas, tué aux avant-postes d’Aix-la- Chapelle le 4er mars 4793; ils étaient en même temps ses élèves et ses parents. Biaise Elluin et Louis Dennel, en 1741 et qui vivait encore en 1828, avaient aussi passé par son école.

En dehors de tous ces graveurs restés en France, il y a eu au xvme siècle un petit groupe d’Abbevillois qui passèrent en Angleterre ; ainsi François-Germain Aliamet, en 1734 et frère de Jacques, travailla pour le recueil de Boydell, Jean-Marie Delâtre , le 25 septembre 1732, Victor-Marie Picot, en 4744 et mort à Abbeville le 7 janvier 4802, Thomas Gaugain, à Abbeville en 4748 , qui fut élève d’Houston et grava complètement dans le goût du pointillé anglais de ce temps, et Pierre- Charles-Nicolas Dufour, élève d’ Aliamet, mort vieux à Abbeville le 7 février 4848.

Il s’en faut que tous ces noms soient illustres. Le plus grand nombre de ces graveurs, surtout dans les derniers cités, sont de ceux dont on ne reconnaît les ouvrages que quand iis sont signés; mais le fait de cette perpétuité constante de graveurs dans une même ville était à noter, et, si maintenant la tradition est rompue par le changement complet du goût, Abbeville a encore un graveur dont elle se doit honorer , M. François- Augustin Bridoux, élève de MM. David et Forster (2),

(1) C’était l’oncle de Millevoye.

(2) Moniteur de 1834, 250, p. 1796.

grand prix de gravure en 4834 , et auquel on doit la belle estampe de la Vierge aux Candélabres.

Quant à mon propre travail, j’ai peu de chose à en dire. La pensée m’en est venue quand en préparant, avec mon ami M. de Chennevières, la publication des notes de Mariette sur les arts et les artistes, j’ai trouvé parmi ces papiers une notice sur Mellan, dont la forme définitive est pour lui tout-à-fait exceptionnelle. En la voyant ainsi achevée et préparée pour l’impression, j’ai pensé tout naturellement à l’offrir à la ville même Mellan est né. J’ai ajouté quelques notes au travail de Mariette, et un appendice de testimonia sur Mellan ; mais , ce qui était plus important , je la fais suivre d’un catalogue complet et raisonné de l’œuvre gravé de Mellan. Les papiers de Mariette en contiennent un dressé par son père , mais tout sec et sans détails. Nous lui avons emprunté quelques remarques pré- cieuses (!) qui y avaient été ajoutées par le fils , auteur de la notice que nous publions; mais la des- cription méthodique que nous avons rédigée sur les originaux est , dans son développement , une œuvre toute nouvelle. Comme il convient, elle est faite sur le modèle des excellents catalogues de M. Robert-Du- mesnil dans son Peintre-Graveur français (2), auquel on ne saurait jamais rendre trop de justice. Et son exemple a porté fruit ; car, en attendant que le maître nous donne enfin son volume si attendu sur l’école de Fontainebleau et sur Etienne de Laune , d’autres, dans le moment même , travaillent à continuer et à

(1) Nous en indiquons toujours l’origine.

(2) Nous ajouterons une table chronologique des pièces.

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compléter son oeuvre par des monographies séparées. M. Meaume fait paraître dans le moment , à Nancy , un catalogue de l’œuvre de Callot, qui sera tout un livre; M. Faucheux en imprime un sur l’œuvre de Silvestre , qui paraîtra de même à Nancy ; M. Du- plessis termine , pour la ville de Tours , le catalogue d’Àbraham Bosse ; enfin le catalogue de l’œuvre si important de Michel Lasne, l’émule de notre Mellan, fait par MM. Thomas Arnauldet et Georges Duplessis, va bientôt paraître à Caen (î). Gomme on le voit, tous ces travaux sont publiés dans les villes sont nés ces différents artistes. 11 y a quelque chose de plus que l’utilité historique, et moi-même, après m’être occupé de Mellan comme de l’un de nos grands gra- veurs français , je suis heureux que mon travail paraisse dans la ville même dont s’est honoré l’ar- tiste avant qu’elle ne s’honorât de lui , et reçoive de la Société qui l’a accueilli un caractère d’hommage et de souvenir pieux, qu’il ne pouvait avoir que dans ses Mémoires .

A. DE M.

Paris , Novembre 1856.

(1) M. Arnauldet prépare aussi celui de Thomas de Leu.

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NOTICE

SUR

CLAUDE MELLAN

PAR

PIERRE-JEAN MARIETTE.

Les nouvelles découvertes sont, pour l’ordinaire, languissantes et presque toujours assez informes dans leur commencement*, elles doivent passer par différentes mains avant que d’arriver à leur perfection, et elles n’y parviennent qu’avec le temps et beaucoup de travail. La nature n’est pas cependant, sur ce point, tellement constante dans ses principes qu’elle ne s’en écarte quelquefois. De temps en temps elle met dans le monde de ces génies créateurs qui , s’étant emparés d’une nouveauté dont ils sont les pères et lui ayant donné presque sur-le-champ son entier arrondissement, ne laissent rien à désirer ni à faire à ceux qui leur succèdent et qui auroient voulu s’y exercer. Mellan fut un de ces hommes rares et uniques. Inventeur d’une manière de graver nouvelle, qu’il a porté jus- qu’où elle pouvoit aller , il a étonné par la rapidité de sa course , et n’a laissé à ses foibles imitateurs que le désespoir d’avoir inutilement marché sur ses traces et d’en être demeuré aux premiers pas.

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11 «acquit à Abbeville , capitale du royaume de Pontbieu , au mois de may '1598 (1), et, le 23 du meme mois, il reçut au baptême le nom de Claude, qui étoit celui de son père. Celui-ci exerçoit un métier qui, par des voyes indirectes, conduisoit assez naturel- lement son lils à la gravure. Il étoit chaudronnier et planoit des cuivres. Des affaires de commerce l’appel-

(1) Plusieurs auteurs ont parlé de Mcllan, et tous diffèrent sur l’année de sa naissance. Perrault, dans ses Eloges des Hommes illustres du siècle de Louis XIV, la met en 1594; Le Comte, dans son Cabinet d’ Architecture et de Peinture, en 1601; Brice, auteur d’une Description de Paris, la place en 1604. j’ai lu, sur un billet d’enterrement de Mellan, qu’au jour de son décès, arrivé le 9 septembre 1688, ce graveur avoit quatre-vingt-cinq ans, sept mois et onze jours, et, suivant ce calcul, il devoit être le 29 janvier 1603. 11 étoit, de plus, marqué que cette datte avoit été donnée par le neveu meme de Mellan. Qui n’y auroit ajouté foi? Cependant elle est aussi fausse que toutes les autres. J’ai, pour certitude de celle que je donne, les registres de Saint-Vulfran-de- la-Chaussée à Abbeville, Mellan a été baptisté, et son extrait de baptême que j’ay fait lever et dont voici la teneur : Le vingt- trois jour de may mil cinq cent quatre-vingt-dix-huit fut baptisé Claude Melan, fils de Claude. Les parvins , Nicolas Maillard et Claude Marchant, la marrinne A. Maillard. Je soussigné , prêtre , curé de la paroisse de St-Vulfran-de-la-Chaussée à Abbeville, certifie le présent extrait conforme à l'original , en foi de quoy j’ay signé, ce S6 jour de septembre 1735: S.-M. Mauciiembert ( Note de Mariette). Dans le premier volume des Archives de l’Art français, Docu- ments, tom. i, livraison du 15 juillet 1851, p. 261-64, j’ai publié, grâce à la communication qui m’en avait été faite par M. Hauréau, cet extrait de baptême, accompagné d’une lettre du curé de Saint- Vulfran au graveur abbevillois Robert Hecquct, qui le lui avait demandé; mais je ne savais pas alors que cette demande avait été faite par lui dans l’intérêt de Mariette. (A. de M.)

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loient quelquefois à Paris (4); il y conduisit ce lils qui avoit déjà reçu une éducation honneste , et dont l’esprit vif et pénétrant promettait beaucoup. 11 lia connoissance avec des graveurs , et , avant que de retourner dans sa ville , le jeune Mellan étoit déjà placé et mis en apprentissage. On ignore quel fut son premier maître, si ce fut Thomas de Leu ou Léonard

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Gaultier, les seuls qui, tout médiocres qu’ils étoient, pouvoient porter le nom de graveurs dans une ville cet art étoit encore dans toute son enfance. La première planche de Mellan portant une datte, c’est- à-dire cette thèse de théologie qui fut soutenue par des religieux Mathurins en 1619, pourroit faire croire que Léonard Gaultier lui auroit mis le burin à la main -, elle tient beaucoup de la manière de ce gra- veur. Et en vaut-elle mieux? Non, sans doute; Mellan étoit pour lors dans cette fausse opinion que le mé- rite de la gravure consistoit uniquement à couper le cuivre avec netteté , en un travail léché et en un arrangement de traits fins et le plus approchés qu’il étoit possible les uns des autres. 11 se fondoit sur ce qu’il voyoit pratiquer par Thomas de Leu, par Mal- lery, par Wierx et par d’autres semblables graveurs dont les insipides ouvrages n’étoient, pour le malheur

(1) Mellan avoit un frère établi à Paris et qui étoit chaudron- nier comme son père, ce qui fait suffisamment connoistrc que Florent Le Comte , qui lui donne pour père le receveur des domaines d’Abbeville, étoit aussi mal informé sur ce point que sur tout ce qu’il a débité au sujet de notre graveur, dans son Cabinet d* Architecture , tom. 3, pag. 193 (éd. de Paris, 2e partie du tome 3). Le peu qu’il en dit est un tissu d’erreurs plus grossières les unes que les autres. (Mar.)

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du siècle , que trop en vogue. Il en contracta une manière aussi mesquine et aussi aride que Fétoit son goût de dessein, ce qui n’empêcha pas que, tout jeune qu’il étoit, il ne prétendît à la qualité de peintre. 11 faisoit déjà les desseins de presque tout ce qu’if gravoit, et l’on m’a voulu assurer que, dès ce tems , il avoit essayé de manier le pinceau sous un peintre de son pays nommé Joly (1).

il aimoit éperduement sa profession, et bruloit du désir de s’y distinguer. On ne devoit donc pas déses- pérer de lui voir faire des progrès ; mais , si sa position ne les rendoit pas tout-à-fait incertains, elle les ralentissoit considérablement. Environné d’artistes aussi médiocres que lui, rien ne s’offroit à son génie qui le mît en état de s’étendre et de se développer. Continuellement il éprouvoit des sujets de découra- gement. Se présentoit-il quelqu’ouvrage qui demandoit à être partagé? Mellan avoit le chagrin de s’y voir associé avec le jeune Lasne qui, dans la même car- rière, n’ étoit pas plus avancé et qui avoit le même

(1) Sur ce peintre d’Abbeville, M. Louandre nous signale dans les papiers de D. Grenier (paq. 4, art. 4, tome 28, p. 120 et 126), cette note curieuse : « Il se trouve dans la chapelle de la Vierge, qui est dans le rond-point de l’église de l’abbaye de St-Valery-sur- Mer derrière le chœur, deux beaux et grands tableaux de prix. Du coté de l’Evangile, le Martyre de saint Pierre; du côté de FEpître, le Martyre de saint Paul. On lit au bas de celui de saint Pierre : Nicolaus Joly pinxit 1650. Ce peintre mériteroit bien d’être connu. » Tout en citant ici ce passage curieux, je n’af- tirmerais pas qu’il s’agisse du même individu. Joly, qui avait donné des leçons à Mellan vers 1615, aurait été bien vieux en 1650 pour peindre encore ces deux tableaux. ( A . de M.)

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besoin de secours; avec Gaultier, dont la main pe- sante s’étoit encore allourdie par le poids des années et ne connaissoit plus que la peinne; avec un Picquet, graveur ignorant et destiné à un éternel oubli. Il n’avoit pas moins à se plaindre des ouvrages qui lui étoient distribués. Il n’en étoit aucun qui fût inté- ressant. ; tous étoient plus propres à provoquer le dégoût qu’à faire naître et à entretenir une vertueuse émulation. Mellan, touché de sa situation et voulant en sortir , fit alors sur lui-même les plus grands efforts ; il entreprit de réformer sa manière de gra- ver. Il commencoit à en prendre une plus libre et plus nourrie ; mais , pour abréger et pour opérer plus sûrement , il se détermina au voyage d’Italie , d’où venoient à Paris tant de belles estampes, et il voyoit passer tous les jeunes artistes françois qui, désireux de gloire , y alloient en foule perfectionner leurs talens naissans.

Il arriva à Rome en 162û, et il y trouva Villamène qu’il cberchoit. C’étoit le graveur le plus accrédité qu’il y eut pour lors en Italie. Une longue expérience lui avoit fait acquérir une grande connoissance de son art , et personne ne pouvoit mieux que lui en donner des leçons. Flatté de voir un étranger quitter son pays pour venir le consulter, encore plus satis- fait de la docilité de Mellan, il lui accorda sa con- fiance et son amitié ; il lui déploya ses différens ouvrages , ils en conférèrent ensemble ; il n’y eut aucune difficulté de Fart qu’il ne lui dévoilât. Heu- reux s’il en fut demeuré , et qu’il n’eut point songé à lui faire un présent qui pouvoit avoir des suites funestes.

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Il crut le servir en lui procurant la connoissance du Pomérange (1), peintre lourd et maniéré, et qui, avec ces défauts, ne îaissoit pas de jouir d’une réputation, même au milieu de peintres infiniment plus habiles. On s’adressoit volontiers à lui pour des desseins de thèses, de titres de livres et d’autres morceaux qu’on vouloit faire graver; Mellan en reçut quelques-uns de sa main, et ce fut en les exécutant qu’il se fit con- noître dans Rome. La reconnoissance exigeoit sans doute de la préférence; mais celle ci devoit être me- surée et réfléchie. Le jeune artiste se livra trop in- considérément à un conducteur peu sûr, et il courut une seconde fois le risque de se perdre. Il n’avoit plus qu’un pas à faire, et il contractoit pour toujours une manière grossière, insipide et de mauvais goût, aussi vicieuse, pour le moins, que celle dont il vou- loit se défaire. 11 lui auroit été d’autant moins aisé de s’en garantir , que le nom du Pomérange lui en imposoit et qu’il n’en sçavoit pas assez pour démêler dans le faire de Villamène ce qu’il en falloit rejetter et ce qu’il en étoit bon d’adopter. 11 élargissoit sa taille et lui donnoit plus de corps ; mais il ne s’ap- percevoit pas qu’un burin trop quarré l’empêchoit de mettre de l’esprit dans sa touche et l’entraînoit dans la roideur et dans une pesanteur insupportable.

La mort de Villamène, qui survint, le tira de ce précipice. Obligé de mandier d’autres secours, l’école de Vouet s’ouvrit à un François qui , par le désir

(l) Cristofano Roncalli, dalle Pomerancie in Toscana , et dit le chevalier Pomerancio. 11 mourut le 14 mai 1626. Le Baglione a écrit sa vie. Ed. de 1651, p. 288-92. {A. de M.)

sincère qu’il avoit d’apprendre , méritoit d’y être admis. Cet excellent peintre , fait pour développer les talents dans tous les sujets qui en renfermoient le germe , se prêta de bon cœur à l’instruction de Mellan. il ne lui deffendit point d’étudier la manière de graver de Yillamène , de coupper le cuivre avec fermeté, et, à son exemple, de former sa main dans la conduite de tailles hardies, pures et bien suivies *, mais il lui recommanda avant tout de dessiner et de soumettre à cette étude toutes les autres, persuadé, et avec raison, que cette partie, qui est le fondement de la peinture , le doit être aussi de la gravure , et que, toutes les fois qu’on se l’est rendue familière, le reste n’est plus qu’un jeu et n’est, à proprement parler, qu’une opération purement manuelle.

Mellan écouta avec soubmission des conseils salu- taires , et , pour montrer qu’il étoit résolu de les pratiquer , il se dévoua entièrement à celui qui les ui donnoit. Ce qui restoit à courir de l’année 1624 et toute la suivante furent employés , sans mélange d’aucune autre occupation , à graver nombre de ta- bleaux que Youet lui fournissoit avec la satisfaction que cause le plaisir de faire du bien aux gens qui en profitent. En peu de tems , le burin de Mellan prit une couleur plus douce et plus harmonieuse. 11 décrivoit des tailles plus flexibles, et qui embrassoient mieux le contour de chaque objet; il se transformoit différemment, suivant que le cas l’exigeoit, et qu’il étoit besoin, pour le bien de l’ouvrage, d’un travail particulier. On commence à s’appercevoir de cette amélioration de son burin dans cette pièce , le beau génie de Youet, empruntant le langage de l’em-

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blême et dans un style digne du Guide , a exprimé l’accord des trois facultés de Pâme , de l’Intelligence , de la Mémoire et de la Volonté , dans cette autre pièce représentant sainte Catherine, martyre, et dans celle Lucrèce est prête à se poignarder. Une sorte de peluche , qui entre dans l’habillement de cette dernière figure , est une singularité. Elle est d’une fabrique qui a quelque chose de neuf et de fort ex- pressif, et qu’on ne voit point dans aucune des gra- vures qui ont précédé celle-ci. Vouet fut pleinement satisfait de l’exécution de ces différentes planches. Quoiqu’il en eût fait les frais et qu’il en fût le pos- sesseur, il consentit que Mellan s’en fit honneur, et qu’il les présentât en son propre nom à des prélats distingués , dont la protection pouvoit lui devenir utile.

Les tableaux que Mellan gravoit étoient des mor- ceaux faits , et ses planches ne pouvoient guères manquer d’offrir le même terminé. 11 ne s’agissoit que d’imiter et de rendre ce qu’il avoit sous les yeux. Mais est-il question de graver des desseins de Vouet? Ce peintre, plein de feu, ne présentoit à son graveur que de simples croquis, très difficiles à tra- duire en gravure , et qui demandoient pour les dé- brouiller un homme presque aussi foncé que l’auteur même du dessein. Quel travail ne dût pas coûter à Mellan la sortie d’un labyrinthe aussi embrouillé , toutes les fois qu’il s’y trouva engagé? J’ai eu entre les mains (il étoit dans la collection de M. Crozat) le dessein de Vouet pour la thèse dédiée à la maison de Savoie, qu’a gravé notre artiste ; je l’ai comparé avec l’estampe , et l’examen que j’ai fait de l’un et

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de l’autre m’a occasionné une surprise dont je ne reviens point. En voyant la gravure , qui est tout esprit , mais il n’y a rien qui ne soit arrêté , s’imagineroit-on que le dessein, d’après lequel elle a été faite , n’est proprement qu’une ébauche , qu’une première et légère pensée qui laisse tout à deviner et qui ne donne rien de formé?

Un graveur capable d’une pareille entreprise et qui la fait réussir , est bien prêt de toucher au but. Ge qui va paroître plus étonnant , un travail de trois années au plus a suffi à Mellan pour parvenir à ce degré d’habileté, il est vrai que ce travail fut forcé, qu’il fut excessif et presque sans exemple *, aussi pensa- 1- il le payer du prix de sa vie. Une trop grande et pénible contention d’esprit lui ravit le sommeil; son sang, déjà trop bouillant, s’échauffe et se brûle ; il tombe dangereusement malade, et ne re- couvre la santé qu’après avoir causé de vives allarmes à ses amis. Un médecin françois , nommé Joseph Truillier, qui exerçoit son art à Home avec distinc- tion , fut celui qui l’arracha des portes de la mort , et Mellan, pénétré d’une juste reconnoissance, ne se vit pas plus tôt en état de reprendre le burin que son premier soin fut de conserver à la postérité le portrait de son libérateur.

Plus il avançoit, plus il étoit aisé de s’appercevoir que celui de tous les graveurs dont il faisoit alors sa principale étude étoit Gilles Sadeler ( Sandrart , Acad. Pict. erud., p. 374) (1). Touché de la pureté

(1) Nous ne pouvons pas mettre mieux qu’ici le petit ar- ticle que Sandrart consacre à notre artiste ( Partis secundœ

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du burin de cet homme rare , il s’attache plus que jamais à simplifier son travail et à le rendre, par ce moyen , plus agréable et plus spirituel. Comme lui . il se piqua de dessiner d’après nature les portraits qu’on lui donnoit à graver , et , comme lui , il fut toujours heureux à saisir la ressemblance. Mais, ce dont il fut plus jaloux , ce fut de les animer de ce feu et de cette vie qui distinguoient de ceux que faisoient les autres dessinateurs ceux qui sortoient d’entre les mains de Youet. il le fit avec tant de succès que les beaux portraits de Raphaël Menicucci, bouffon du pape Urbain Y11I, de Jérôme Frescobaldi, musicien célèbre, qui, après avoir touché l’orgue de Saint-Pierre et s’y être distingué , passa au service du Grand-Duc, et quelques autres encore qui furent gravés dans le même tems d’après ses propres des-

libro m , cap. xxvn , Sedecim nationis Gallice chalcographi ) : « Claudius Melanius Parisiensis eodem iempore (Sandrart vient » de parler de Callot) tam picturœ quam chalcographiœ studebat', » cumque naturâ suâ ad cœlaturas acriùs ferretur, Ægidii Sa- » deleri methodo potissimum insistebat , quam etiam Romæ per » multos continuabat annos. Unde non icônes tantum virorum » summorum plurimas , inter que eas efftgiem Urbani pontificis » maximi, Bentivoglii cardinalis, Crequii mareschalli , Borgesii » cardinalis cum similibus, sed et statuas Justinianeas plurimas , » mea manu prius delineatas , thesesque et titulos librorum in » magna elaborabat copia , quibus omnibus ubique locorum ma - » gnam assecutus est nominis celebritatem. Jamque Parisiis » adhuc in vivis esse fertur (Sandrart écrivait son livre en 1G75 » et la traduction latine n’est d’ailleurs que de 1083), et nuper » demum opus iterum edidisse statuarum antiquarum simplici » dccussatione exaratarum , summâ cum elegantiâ , quod existi- » mationi ejus haud parnum adjiciet augmentum. » (A. de il/.)

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seins, ne diffèrent point, pour la méthode, du por- trait du poète Marcel Giovanetti , qu’il avoit gravé sur le dessein de Youet.

Mellan ne tarda point à éprouver qu’on n’étoit point injuste envers lui, et que, si on ne lui érigeoit point de statue, comme on l’eut fait dans l’ancienne Grèce , on le jugeoit au moins digne d’avoir son portrait en médaille. Et quel étoit celui qui pensoit à lui décerner cet honneur? Ce fut Youet, qu’on taxoit, peut-être assez mal à propos, de jalousie. Ce fut lui qui imagina une médaille, et qui en fit, en 1626, le dessein , que je conserve religieusement , sans avoir

pourtant d’autre certitude sur l’existence d’un monu-

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ment, qui, s’il a eu lieu, fait autant d’honneur à celui qui l’a élevé qu’à la personne qui en a fourni le sujet.

Quoy qu’il en soit , Mellan n’en fut pas moins prompt à en témoigner sa sensibilité à son ami. 11 rechercha ce qui pouvoit lui plaire davantage, et lui présenta le portrait d’une maîtresse chérie , au mo- ment même que cet ami , après en avoir fait une élève digne de lui, se disposoit à lui donner la main.

Ce joli portrait de Virginie da Yezzo , gravé d’un burin extrêmement léger, fut le dernier des ouvrages que Mellan fit à Rome en présence de Youet; car celui-ci, ayant été appellé par le Roi et étant repassé en France dans les premiers mois de 1627, ne put être témoin des applaudissemens que méritèrent à notre illustre graveur les belles estampes qu’il publia dans le cours de la même année.

A mesure que Youet s’éloignoit , on eût dit que Mellan redoubloit ses efforts , comme s’il eût craint

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que , ce peintre lui manquant , on pût douter de la fécondité de son génie, et qu’il fût bien aise de faire voir qu’un guide ne lui étoit plus nécessaire. La première planche qu’il mit dans le public, après avoir pris ces sentiments, ne remplit pas cependant, à beau- coup près , de si hautes veües. Dans cette planche , qu’il dédia à l’illustre de Peiresc, et qui représente la mort de sainte Madelaine, on ne dut rien trouver que d’assez ordinaire. Elle pêche du côté de l’intelligence, et elle rentre trop, selon moi, dans la manière de graver qui fait le moins d’honneur à Villamène; c’est- à-dire qu’il y a trop de roideur dans la conduite des tailles , et que toutes les touches sont égales. Cette pièce ne lui en a pas moins coûté -, il y est revenu plusieurs fois. Après l’avoir fait paroitre, il l’a retra- vaillée et y a fait des changemens assez considérables, qui ne l’ont point bonifiée, et n’ont servi qu’à rendre rares et singulières les premières épreuves : travail infructueux et qui met en évidence une maxime suffi- samment connue, qu’on ne fait bien qu’autant qu’on est en verve.

Mellan l’expérimenta bientôt, il grava , avec tout le succès possible , une petite planche représentant saint François de Paule en prières. Si l’on n’appre- noit pas, de l’inscription qui est au bas, qu’il en est l’inventeur et le graveur , elle passeroit , sans diffi- culté, pour une production du Guerchin, tant elle a de rapport, et pour le caractère de tête, et pour la distribution des ombres et des lumières, avec ce qu’on connoît de plus beau de ce grand peintre. Ne diroit- oti pas aussi, en considérant les premières épreuves de cette planche, que Mellan étoit, lorsqu’il l’enfantoit,

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dans un de ces accès d’enthousiasme qui quelquefois saisissent les grands artistes? Abysmé en luy-mesme, il oublie en quelque façon le sujet qu’il traitte : au lieu d’un saint qui s’anime à la veuë de Jésus-Christ crucifié , et qui en met plus de ferveur dans sa prière , il ne fait voir qu’un vieux moine accablé sous le faix des années et qui , involontairement , s’est endormi en priant. Cette action, il faut l’avouer, ne pouvoit être ni mieux saisie , ni mieux rendue. Mais la bienscéance n’en étoit pas moins blessée; le défaut étoit sans excuse : on le lui fit appercevoir ; il en convint, et, revenant sur lui-même, il se cor- rigea , fit une nouvelle tête , et y mit tant d’ame et tant d’onction, qu’autant la première étoit voisine du ridicule, autant celle-ci parut-elle édifiante.

Cette excellente petite pièce étoit comme l’avant- coureur d’un autre morceau bien autrement impor- tant et qui doit être regardé comme le chef-d’œuvre de Mellan , en même temps qu’il mérite d’occuper une place dans le petit nombre de ceux qu’a produit jusqu’à présent l’art de la gravure. La composition tient du grand maître. A certains égards , elle est dans le style de Vouet. 11 étoit bien difficile que Mellan abbandonna si tost la manière d’un maître , à laquelle il étoit redevable de tout ce qu’il sçavoit, et, si je le puis dire, elle se soutient entre ses mains et ne perd rien de sa grandeur et de son excellence. L’on croit , en certains endroits , reconnoître encore ici l’esprit de Guerchin et l’une de ses meilleures idées. Saint Pierre Nolasque , fondateur de l’ordre de Notrc-Dame-de-la-Merci , fait le sujet de cette incomparable pièce. Le saint est entre les bras de

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deux anges qui le portent à l’église , son corps , atténué par les jeûnes et par les années, ne lui per- mettait pas de se rendre pour assister à l’office , et il résulta de l’assemblage de ces trois figures le grouppe le mieux cadencé, et qui, varié dans toutes ses parties , ne montre rien que de naturel et de possible. Les deux anges sont dans une attitude tout- à-fait animée, ils volent plustost qu’ils ne marchent-, mais celle du saint, qui leur sert de contraste, me semble, dans sa simplicité, supérieure encore. On le voit immobile, il est absorbé dans la prière, il semble qu’il ne prenne aucune part au miracle qui s’opéra en sa faveur. N’est-ce point aller trop loin que de mettre cette ordonnance en parallèle avec celle du meilleur tableau qu’ait peint le Guerchin , et de n’oser prononcer laquelle des deux mérite la préfé- rence? Je ne crois pas me tromper; je soupçonne que Mellan , lorsqu’il en faisoit l’arrangement , avoit dans la pensée quelques-unes des compositions de l’habile peintre que je viens de nommer, et j’imagine aussi que, pour l’exécution de la gravure, il se mo- deloit sur celle de Gilles Sadeler , la réveillant par des touches sçavantes qu’il puisoit dans les estampes d’Augustin Carrache.

L’ouvrage de Mellan laisse peut-être à souhaiter des proportions plus sveltes dans les figures, et plus de légèreté dans les têtes et les autres extrémités : mais , h cela près , le morceau est accompli , et la critique la plus sévère trouveroit difficilement à y mordre. Les suffrages ne furent point non plus par- tagés -, ils se réunirent tous en sa faveur, et, ce qui rendit complet le triomphe de Mellan, ce fut d’avoir

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vu Charles Vénitien , peintre de grande réputation , traitter le même sujet, répéter à peu près la même composition et se retirer, le laissant maître du champ de bataille (1). Le père Louis Apparitius, procureur- général de la Merci en cour de Rome, qui lit graver cette planche à Mellan, voulut y être représenté c’est le premier en rang parmi les religieux qui en oc- cupent le fond et il ne se borna pas à cette seule planche. Trouvant notre artiste traittable , il lui de- manda encore une des saintes de son ordre, sainte Marie de Socos ou du Secours, de qui les matelots invoquent l’assistance dans la tempête et qui , par cette raison, est représentée dans l’estampe de Mellan marchant sur une mer dont les flots agités commencent à se calmer. Cette planche , faite un peu à la hâte , se ressent de la médiocrité du prix qu’en eut le graveur; mais la touche n’en est ni moins spirituelle,

ni moins facile , et , comme le cuivre fut envoyé à

»

Barcelone au monastère chef d’ordre de la Merci, fut pareillement portée la planche du saint Pierre Nolasque, les bonnes épreuves en sont devenues très-

(1) Le tableau de Charles Vénitien est à Rome, dans l’église de Saint-Adrien à Campo Vaccino, desservie par les religieux de Notre-Dame-de-la-Merci. ( Note de Mariette.) Voici ce qu’en dit l’abbé Filippo Titi ( Descrizione delle pitture , sculture, e archi ~ tetture esposte al publico in Roma , éd. de 1763, p. 201) : « Sur l’autel voisin de la porte de la sacristie , se voit un tableau peint à l’huile d’un saint de l’ordre de la Merci (del riscatto, du rachat) porté par les anges. Les uns le disent de la main de Guercino de^Cento, les autres de Carlo de Venise; il y en a qui le croient du Savonanzio de Bologne, et c’est un ouvrage fort estimé. » (A. de M.)

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rares, et plus rares encore que celles du saint Pierre Nolasque, par la raison qu’ayant paru moins impor- tante, il en fut imprimé un moindre nombre avant que de faire l’envoy de la planche. 11 est encore arrivé que , par négligence et par l’abandon dans lequel on a laissé ces deux planches, elles ont tellement souffert que, rayées et mangées de vert-de-gris, il n’est presque plus possible aujourd’huy d’en faire usage.

Le même désastre est arrivé à un grand morceau composé de quatre planches, que Mellan grava pour le même procureur-général de la Merci, et dans lequel il a représenté les saints martyrs de l’ordre, en quatre- vingt-dix-huit petits quarrés, qui, mis à la suite l’un de l’autre , forment en largeur huit rangées , inter- rompues seulement par trois cartouches , dont un renferme l’image de saint Pierre Nolasque, un autre celle de saint Raymond de Nonat, et le troisième, au pied duquel sont deux figures d’hommes assis , les armes de la Merci, et une épître en forme d’envoy adressée au général de l’ordre.

Ce morceau a cela de particulier que c’est presque le seul Mellan se soit servi de l’eau forte, et que, plus il est fait avec célérité, plus les coups de maître s’y font ressentir. On y voit des têtes dont la touche ferme et résolue approche de celle des Garraches et ne seroit certainement pas désavouée par ces grands maîtres. Aussi est- ce un ouvrage de fougue et qui , fait sans avoir été très-médité et sans beaucoup de préparation, paroit avoir fort peu coûté h son auteur. Si l’on excepte les deux têtes du saint fondateur et de saint Raymond de Nonat, qui, étant de plus grande forme que les autres , sont gravées entièrement au

burin et terminées avec assez de soin , tout le reste est fait , comme on dit , à la prime et au bout de l’outil. Il n’est pas même permis de soupçonner le graveur d’avoir fait un premier dessein et de l’avoir calqué sur son cuivre pour y en arrêter le trait , ainsi qu’il est d’usage. Seulement l’on apperçoit que, dans quelques endroits , il a fortifié ses touches par des traits de burin, donnés avec la même résolution

t

que les traits déjà prononcés avec la pointe. On re- marque aussi qu’il a pris occasion de ces têtes de saints pour faire les portraits de quelques-uns des principaux religieux du couvent pour lequel il tra- vailloit. On reconnoit visiblement le père Louis Appa- ritius sous l’image du B. H. Jean Claricatus, et, dans la rangée suivante , je retrouve la tête d’un autre religieux de la Merci, dont j’ai, parmi mes desseins, un excellent portrait dessiné par Mellan , suivant sa coutume, au crayon noir et à la sanguine ('!).

(1) Mariette, dans son exemplaire de Y Abecedario du P. Orlandi, avait mis cette note bonne à rappeler ici: « Claude Mellan ex- cclloit à dessiner à la sanguine, mêlée de crayon noir, de petits portraits, dont la touche est précieuse et pétille d’esprit. Il étoit, en cela, l’imitateur de Vouet qui en faisoit dans ce genre et avec le même succès. Entre plusieurs de ces portraits de Mellan, qui me sont passés par les mains, j’en distinguerai deux que Boulle avoit eu des héritiers de Mellan. L’un est celui d’un religieux de la Mercy que je possède (dans le catalogue de la vente de Mariette, il ligure sous le numéro 1288), et l’autre, que j’avois fait avoir à M. le marquis de Livry et dont j'ignore le sort, étoit celui d’un orfèvre nommé Vincent Petit, qui, du teins de Mellan, habitoit les galieries du Louvre. » Abecedario de P. -J. Mariette et autres notes inédites de cet amateur sur les arts et les artistes, ouvrage

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Si la rareté ajoute quelque chose à l’excellence d’un ouvrage , on ne sçauroit trop priser celui-ci , dont il est peu d’estampes aussi rares. On n’en a connu pendant longtemps qu’une ou deux épreuves que Mellan avoit apportées en France. Les autres , qu’il fit imprimer en petite quantité , se sont dis- persées et dissipées dans les différons monastères de cet ordre , répandus principalement en Espagne , et les planches, portées à Barcelonne, y sont demeurées renfermées et couvertes de poussière. 11 n’y a pas cinquante ans qu’elles furent tirées du lieu elles étoient reléguées, à la sollicitation de M. le marquis de Beringhen, premier écuyer du roi, qui, désirant rendre complet son œuvre de Mellan, pria qu’on lui en fit imprimer quelques épreuves. On les lui en- voya, et l’on vit alors que ces planches étoient dans le plus grand délabrement, et qu’il ne falloit les re- garder désormais que comme des cuivres inutiles ; de façon que les curieux, qui en possèdent des pre- mières et bonnes épreuves , peuvent être assurés de n’avoir rien de plus précieux dans leur collection , ni qui mérite davantage leur attention et leurs soins.

C’est le sort de toutes les estampes qui , n’ayant qu’un objet particulier , n’intéressent pas , lorsqu’on les publie , un assez grand nombre de personnes.

publié d’après les manuscrits autographes conservés au cabinet des estampes de la Bibliothèque Impériale, et annoté par MM. Ph. de Chennevières et À. de Montaiglon. Paris, Dumoulin, tom. m, p. 321. Il sera plusieurs fois question, dans cette vie de Mellan, du cabinet de Boulle; on peut voir, sur sa vie et sa collection, les Archives de l'Art français , Documents , t. iv, p. 327-49. (A. de M.)

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Elles sont oubliées presque dans l’instant qu’elles voyent le jour , et , par , d’autant plus difficiles à recouvrer quand on en a besoin dans la suite. Plu- sieurs pièces de l’œuvre de Mellan sont dans ce cas là. Je n’en ferai pas ici l’énumération, me réservant d’en donner la notice dans le catalogue des pièces qui composent l’œuvre de ce graveur , que je me propose de joindre à sa vie.

J’en choisirai seulement trois , sur lesquelles on voudra bien me permettre de dire un mot en faveur de leur rareté. Ce sont trois titres de livre. Le pre- mier se trouve à la tête d’une vie de saint Emidius, évêque d’Ascoli, écrite en italien par Marcel Giova- netti , et l’on y voit deux fleuves , le Tibre et le Tronto , assis et appuyés contre un rocher ils prennent leur source, il est du même faire que les saints de l’ordre de la Merci , c’est-à-dire , gravé à l’eau forte avec beaucoup d’art et retouché au burin encore plus artistement, et le goût du peintre, car le dessein est du Lanfranc , y est si bien rendu quon voudroit voir gravés ainsi tous les desseins de cet ha- bile maître. Non qu’une telle gravure puisse espérer de plaire à toutes sortes de personnes-, le plus grand nombre ne la regardera que comme une gravure im- parfaite ; mais les meilleurs connoisseurs en seront autant touchés qu’ils le seroient à la veuë du plus piquant dessein.

Je crains fort que le second de ces titres de livre, fait pour un discours accadémique prononcé dans le collège Romain , ne produise pas sur ces derniers la même sensation. Il a pourtant été gravé sur un dessein du fameux Dominiquain, et, je crois, dans l’année 4626.

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Mais , soit dégoût pour une manière dont la pureté et la simplicité condamnoient des licences que le graveur se permettoit dans la sienne, soit épuisement d’esprit qui , lui tenant les yeux fermés , l’empêchoit de lire un dessein peu arrêté, mais précieux, la gra- vure de cette pièce me paroit avoir le défaut d’être trop négligée , et , ce qui est pire , je la trouve presqu’entièrement dépourvue de touches.

Je ne dirai qu’un mot du troisième titre de livre qui précède un éloge de Catherine , princesse de Toscane et duchesse de Mantoue , imprimé à Sienne en 3630 , et je n’en parlerai même que parce que c’est une des pièces de l’œuvre de Mellan qui se trouve le moins fréquemment. La seule chose qui mérite d’y être considérée , est un petit portrait de la duchesse, fort bien touché; le reste est de l’in- vention d’un peintre médiocre (1), et l’exécution fait juger que Mellan cherchoit à se débarrasser prompte- ment d’un ouvrage qui lui déplaisoit.

11 en agissoit bien différemment lorsqu’il avoit la liberté de graver ses propres desseins, ou qu’on lui en fournissoit qui étoient analogues à sa façon de penser. Témoin le frontispice des poésies latines du pape Urbain VIII, représentant David, lequel, étant encore berger, étouffe un lyon qui désoloit son trou- peau. il fut exécuté en 1631 sur un dessein du Cavalier Rernin , tout autre que Mellan auroit certainement échoué; car ce dessein, qui fait partie de ceux de la collection du Roi , est si légèrement touché a la sanguine que ce n’est , pour me servir

(1) Antonio Gregory.

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des termes de l’art, qu’une fumée; on n’y apperçoit presque que des masses générales ; des contours in- certains sont capables de mettre continuellement en défaut le graveur obligé de les débrouiller et de les fixer.

Mellan comprit la difficulté de l’exécution , que , s’il mettoit plus de correction dans les contours et qu’il les arrêtât davantage, il affoibliroit un ouvrage qui , par une conduite différente , s’élevoit jusqu’au sublime du Corrége, et que, s’il chargeoit sa gravure de trop de travail, il n’arriveroit point à cette vaguezze , en quoi consistoit tout le feu du dessein. 11 lui fallut donc chercher dans le maniement de son burin des équivalens à ce qu’un heureux crayon avoit opéré entre les mains du Bernin; et, se réduisant presqu’à une seule taille qui lui fournissoit les tons suaves dont il avoit besoin , il conduisit cette taille avec tant d’habileté que , non seulement elle lui servit à donner du relief à sa figure , mais qu’en venant mourir sans affectation et comme d’elle-même , sur les extrémités, elle en dessine les contours sans trait et sans aigreur. Et encore , afin que le travail du Bernin parût plus pur et plus brillant, il lui mit en opposition des tailles moins égales, et qui, croisées en quelques endroits , exprimoient merveilleusement bien la rudesse du poil du lyon faisant grouppe avec son David. 11 voulut aussi que sa gravure produisît l’effet trompeur d’une feuille de papier volante , sur laquelle sa planche gravée paroitroit avoir été im- primée et qui seroit supposée attachée sur quelque superficie plate. Gela lui sembla avoir quelque chose de pittoresque et de neuf, et peut-être l’idée lui fut-

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die suggérée par le Bernin meme, qui n’aimoit point à marcher dans les sentiers ordinaires. De quelque part qu’elle vint, tout lui réussit 5 sa planche sortit d’entre ses mains un morceau à ravir et de toute beauté.

Il en fit un autre pour le même livre , qui ne montra pas moins de génie et qui mérita les mêmes éloges. Ce fut le portrait du pape Urbain 'VIII, tou- jours sur le dessein du Bernin. Dans cette planche, l’illusion d’une feuille de papier détachée est la même que dans la précédente , et il mit encore le moins d’ouvrage qu’il étoit possible, il s’essaya de substituer des points aux tailles qui lui avoient servi jusqu’alors pour exprimer, dans les chairs, les ombres et les demi-teintes , manière funeste pour beaucoup de graveurs qui en abusèrent par la suite. Mellan lui-même ne l’employa pas toujours avec autant de succès ; mais , pour cette fois , il dut être applaudi , et son ouvrage , que la singularité a rendu fameux et a fait rechercher, a retenu le nom de Portrait du pape au pointillé.

Ce n’étoit cependant pas la première fois que Mellan, par une grande sobriété de travail , avoit trouvé le secret de faire passer dans ses ouvrages ce caractère d’originalité qui est le propre des grands maîtres. Deux ans auparavant, en 1029, il avoit donné un Loth avec ses fdles, fait pour simmétriser avec une Dalila coupant les cheveux de Samson, gravée précé- demment, et dans cette estampe, richement composée, il se distingua par une intelligence et par une finesse de touche qu’on ne sauroit trop admirer. 11 étoit dit que toutes les productions de Mellan offriroient quelque singularité. On voit dans celle-ci un verre ù moitié

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rempli de vin, dont il n’est guères possible de mieux faire sentir la transparence.

Le Saint Jean-Baptiste, gravé dans la même année que le Loth, est encore une pièce aussi neuve qu’elle est supérieurement exécutée. On ne m’en montrera point il règne plus d’harmonie ni plus d’intelli- gence, comme je n’imagine pas qu’on les puisse donner à mdins de frais. La figure du saint paroît extrême- ment brillante, et elle est tout à fait de chair, quoy qu’elle soit presque entièrement dans la demi-teinte, et qu’elle soit seulement éclairée par éclats sur quel- ques-unes de ses extrémités. Et voici en quoi consiste cette magie : c’est que le graveur, en homme habile, a sacrifié l’accessoire au principal , qu’il a tenu son fond très-sourd, et que, pour en mieux détacher la figure, il y a employé un travail grossier, qu’il l’a ce qu’on appelle charpenté , qu’il a croisé ses ha- chures tel qu’il convenoit à des roches inégales et raboteuses, et qu’il a réservé pour le nud de sa figure une taille pure et moelleuse, et dont la flexibilité lui répondoit que la finesse de la chair seroit exprimée avec cette grâce que le pinceau seul peut donner.

Si je ne me trompe, c’est la première planche Mellan ait fait l’expérience du bon parti qu’on pou- voit tirer d’une seule taille dans la représentation des objets qui demandent une grande délicatesse de travail. 11 se confirma de plus en plus dans cette opinion, lorsque le marquis Vincent Justinien, qui avoit résolu de faire graver toutes ses statues , eut jetté les yeux sur lui pour en graver quelques-unes.

Joachim Sandrart , peintre allemand (Acad. pict. erud., p. 3Gù, et in vita autoris, ad calcem ejus operis,

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p. 6) (']), voudroit nous faire entendre qu’il eut l’en- tière direction de ce grand ouvrage et que des gra- veurs habiles , dont il avoit fait choix et dans le nombre desquels il fait entrer Melïan , exécutèrent toutes les planches sur ses desseins , ou du moins sur ceux que préparoit Pierre Testa , jeune dessina- teur, qui, pressé par le besoin, travailloit sous lui en esclave. Je ne sçais sur quoi pouvoit être fondée une prétention si chimérique et si injuste; car il est hors de doute ( et les noms du Lanfranc , de Périer , de J. Thysidio Guidi , de Josse de Pape et de tant d’autres , qui se lisent sur les planches au pied de chaque figure , en fournissent une preuve sans ré- plique ) , il est , dis-je , hors de doute que Sandrart eut plus d’un compagnon de son travail. 11 n’est pas

(1) On a vu le premier passage dans la citation de la note (p. 309) ; Sandrart y dit que Mellan grava « Statuas Justinia- » neas meâ manu priùs delineaias. » Voici le second : « Inter ea » Justinianus marchio statuas technophylacii sui, quarum aliquot » erant centuriœ , in publicum emissurus sub titulo Portions » Justinianeœ , deiineationes illarum a Sandrartio nostro confieri » colebat , cumque opus hoc, vivente adhuc patrono qui septua- » gesimum jàm septimum agebat œtatis annum, edendum esset , » artifex noster chalcographos propterea conquirebat celeberrimos » Claudium Mellanium , Auderanum, Greuterum , et e Belgïs , Blo- » martum Ultrajectanum , Theodorum Matthamium Harlemensem , » Raphaelem Persinium et Michaelem Natalem Leodiensem , qui » simul om,nes atque semel operi huic insistebant , diagraphica » Sandrartiana œri incidentes , cura ipse Sandrartius, unico saltem » Petro Testa, juvenë paupere, sed ingenii prompti diligentiœque » exquisitœ pro quodam delineandi subsidio, uteretur, quem pro- » prio etiam salaria detinebat, istiusque laboris beneficio magnarn . in arte diagraphica perfectionem provehebat. » (A. de M .)

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moins positif que , de toutes les statues qui furent gravées par Mellan , il n’y en eut aucune dont ce graveur n’eût fait lui-même le dessein. Prévoyoit-ii que quelque jour on lui en voudroit ravir la gloire? Car il eut soin d’en avertir au bas de chacune de ses planches, ce que n’eurent garde de faire les autres graveurs, qui, ne pouvant, comme lui, se prévaloir du double avantage de manier le crayon et le burin, ne pouvoient prétendre qu’à la qualité de simples imitateurs des desseins qui leur étoient distribués. Non- seulement Mellan sçut s’affranchir de cet assu- jettissement , mais il fit voir qu’il en avoit le droit par la supériorité de sa gravure , qui , entrant da- vantage dans l’esprit de la chose , rendoit , dans un plus grand degré de vérité , le lisse et la blancheur du marbre. 11 eut aussi cet avantage sur les autres dessinateurs que ses desseins montrent moins de ma- nière, et si, dans le nombre des statues qui composent la suite, il en est quelqu’une qui demande une dis- tinction particulière, on n’aura pas de peine à m’ac- corder qu’il faut la choisir parmi celles de Mellan , que c’est celle du Mercure d’après François Flamand, et qu’elle conserve sur le papier les mêmes grâces qu’on voit répandues sur le marbre.

Que diray-je du portrait du marquis Justinien qui paroit avec tant d’avantage à la tête de cette ample collection d’antiques? Ne semble -t-il pas que cette première place ne lui a été assignée que pour avoir occasion d’encourager les artistes modernes et leur insinuer qu’ils peuvent le disputer aux anciens et par- tager la réputation dont ceux-ci se sont mis en pos~ session? L’art ne peut pas aller plus loin. Ce portrait

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est gravé avec un esprit infini , et il ne pouvoit être dessiné avec plus de précision. Je pense , que si Van Dyck eût sçu manier le burin et qu’aidé de cet instrument il eût voulu graver un portrait , comme il en a fait quelques-uns avec la pointe , il ne l’eût pas exécuté autrement que celui-ci. Et comment cette gravure de Mellan n’auroit-elle pas été dans les prin- cipes de Van Dyck , puisque le dessein , qui avoit été fait sur le naturel pour y parvenir , étoit lui- même si ressemblant , par rapport à la manœuvre , à ceux qu’on connoit de ce grand peintre, qu’on eût dit qu’il sortoit de ses mains? 11 est à la pierre noire, légèrement fait ; des touches savantes et fières y mettent tout le relief et toute Pâme que peut rece- voir un dessein. Je l’ai considéré et étudié plus d’une fois, car ce beau dessein a appartenu à mon père (1); il le céda au prince Eugène de Savoye , et il doit se retrouver à Vienne dans la bibliothèque impériale.

Ce rare portrait vallut à Mellan l’estime du marquis Justinien, qui honnoroit de sa protection les artistes

(1) Ou vient de voir dans le texte de Mariette : « Ce beau des- sein a appartenu à mon père , » et dans le catalogue de l’œuvre de Mellan, on trouve cette note : « J'en ay eu le dessein à la pierre noire , merveilleusement beau. » Ces deux affirmations seraient contradictoires si nous n’avions été amenés , M. de Cliennevières et moi, à la conviction que la plus grande partie des catalogues d’œuvres de peintres et de graveurs qui forment au Cabinet des Estampes 10 volumes in-folio, a été rédigée par le père de Mariette et conservée par celui-ci qui les a annotés pendant toute sa vie. Ce n’est pas ici le lieu de démontrer cette distinction, mais la note que nous venons de transcrire nous commandait de l’indiquer. (.4. de M.)

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distingués , et qui se crut d’autant plus intéressé a soutenir la gloire de celui ci que la sienne , comme on vient de le voir, y étoit en quelque manière atta- chée. Ses caresses, ses bienfaits captivèrent Mellan et le lièrent plus étroitement que jamais à son illustre maison, il offrit à Luc Justinien, capitaine de galères, au service de la République de Gennes, son agréable estampe d’Andromède exposée au monstre marin, et au marquis Vincent Justinien un Crucifix au pied duquel est la sainte Vierge, saint Jean et sainte Madelaine. 11 paroît qu’il affectionnoit beaucoup ce dernier mor- ceau; c’est du moins l’idée que présente l’inscription, en forme de dédicace, qu’on y lit (1). Mais que les hommes se connoissent mal , et qu’ils sont sujets à se tromper dans les jugemens qu’ils portent d’eux- mêmes et de leurs ouvrages! Cette pièce, dont Mellan se vante d’avoir fait lui seul le dessein , le tableau et la gravure, et d’y avoir apporté des soins peu or- dinaires, est, à mon avis, une des plus foibles planches qu’il ait mis au jour pendant son séjour à Rome. Elle est, dans plusieurs parties, d’une indécision quon ne sçauroit pardonner à un artiste aussi consommé que lui dans l’art de la touche. Comment , avec autant d’intelligence qu’on lui en connoît, a-t-il pu graver si grossièrement son fond , et le tenir si peu d’accord avec les figures qu’il ne les soutient point et qu’il perce avec elles? Lui, qui traittoit si bien les che-

(1) Tibi Vincenti Justiniani, Bassani marchio , imaginem hanc Redemptoris nostri mea nuper industria ita delineatam , sculptamque et pictam grati animi in te mei ergo D- D. D. Claudius Mellan Gallus.

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veux, comment a-t-il pu bazarder ceux qu’il a donné à sa Madelaine? il a cru représenter une tête écher- velée et que les pleurs ont mis en désordre , et il n’en a fait que la charge.

Le peu de succès de cette estampe vient sans doute de ce que Mellan l’a fait sans consulter assez la nature. Elle prouve la nécessité, absolue pour lui, ainsi que pour tout autre, d’avoir continuellement sous les yeux ce guide sûr et de ne s’en éloigner jamais. Car , Mellan y revient-il , il reprend ce qu’il avoit perdu 5 il redevient ce qu’il étoit et reparoît le même habile artiste. Qu’on en juge par les deux excellens portraits qu’il a gravé d’après naîure en 1633 , celui du ma- réchal de Créqui , que Louis Xlll avoit envoyé au Saint Père avec la qualité de son ambassadeur ex- traordinaire, et celui du maréchal de Toiras, que la crainte du cardinal de Richelieu , dont il étoit haï , retenoit alors à Rome , ou il s’étoit retiré après la paix de Querasque (!). Tous deux montrent un sçavoir, une aisance et un feu qu’on ne peut assez louer et que je ne crois pas imitables.

Le portrait du cardinal Gui Bentivoglio, gravé dans la même année, fut terminé avec tout le soin qu’un artiste, jaloux de sa réputation, met dans les ouvrages qu’il sçait devoir passer à l’examen d’un connoisseur éclairé et d’un homme de premier rang, qui porte la confiance et la complaisance jusqu’à se laisser dessiner par son graveur, et qui, pour cela, veut bien s’as-

(1) Le traité de Querasque se signa le 19 juin 1631. Voyez la Vie du maréchal de Toiras, par Michel Baudier, 1644, in-f% p. 222. (4. de M.)

seoir encore en sa présence , tandis que , pour s’en épargner la fatigue et l’ennuy, il pouvoit le renvoyer au plus beau portrait que Van Dyck eût jamais peint (1), et qui, sous le burin de Mellan , auroit fait une estampe admirable. Celui de notre graveur, quoyque d’un travail plus froid qu’à l’ordinaire, fut jugé très-ressemblant , et mis à la tête de F Histoire des Guerres de Flandres, que le cardinal avoit com- posée et qu’il faisoit imprimer. La récompense fut digne et de celui qui donnoit et de celui qui recevoit. Mellan aimoit les belles choses; Son Eminence lui fit présent de l’excellent dessein des Amours d’Alexandre et de Roxane par Raphaël (2), celui ce grand peintre,

(1) Ce tableau de Van Dyck, le cardinal Bentivoglio est représenté assis , se trouve dans la galerie du grand-duc à Florence. 11 y en a une estampe, gravée par le Picchianti, et une autre de la tête seule par Morin. ( Note de Mariette).

(2) A la sanguine. C’est le même que M. Crozat a fait graver. Il le tenoit du sieur Boulle, fameux ébéniste, qui l’avoit achctté des héritiers de Mellan. ( Note de Mariette). Mariette en parle encore ailleurs; après avoir cité le dessin drapé qui se trouve maintenant au Louvre et qui n’cst que de l’école de Raphaël, il ajoute: « Je fais infiniment plus de cas de l’autre dessein du même sujet que M. Crozat a eu de M. Boulle et les figures sont nues sans aucunes draperies ; j’y reconnois tout le faire de Raphaël ; les expressions en sont bien plus fines et le détail en est excellent. Raphaël le dut faire pour lui servir d’étude et de préparation au dessein drapé. Ce dessein est à la sanguine. M. Boulle l’avoit eu de M. Friquet de Vaurose qui le tenoit de Mellan , à qui le cardinal Bentivoglio en avoit fait présent. » Abecedario de P. -J. Mariette, article Beatrioius, t. i, p. 90. Nous avons entendu dire que ce dessin se trouvait à Vienne, dans le cabinet de l’archiduc Charles. (A. de M.)

pour se rapprocher davantage du goût grec, n’a cou- vert d’aucunes drapperies les figures qui entrent dans sa composition , et Mellan , sensible à cette marque de bonté, et encore plus à la délicatesse du sentiment, conserva avec grand soin ce don précieux pendant toute sa vie.

S’il falloit prendre à la lettre la formule d’inscrip- tion qui se trouve au bas de plusieurs portraits de Mellan , il faudroit supposer qu’avant de les porter sur son cuivre, il en avoit fait des tableaux. Ce qui précédoit sa gravure n’étoit cependant le plus ordi- nairement qu’un dessein, j’en ay vu beaucoup, entre autres ceux qui ont servi à graver les portraits du maréchal de Toiras et de Pierre Camus, évêque de Belley, et il se peut que, comme ils sont dessinés à la sanguine mêlée avec la pierre noire , et qu’il ré- sulte de cet assemblage de crayons un travail qui fait paroître ces têtes coloriées, Mellan en prit l’oc- casion de dire qu’il les avoit peints. Je doute en effet que la couleur y eût mis plus de vie. 11 avoit emprunté de Youet cette agréable façon de dessiner, et je ne sçais si, dans ce qu’il a exécuté en ce genre, il n’a pas quelquefois surpassé son maître. Je n’ou- blierai jamais le portrait de Petit , bijoutier du roi , dont j’ai admiré autrefois le dessein chez le sieur Boulle. 11 ne me souvient pas d’avoir rien vu en ce genre de plus accompli (1).

(1) Voir plus haut la note p, 317. L’abbé de Marollcs nomme parmi les orfèvres :

Vincent Petit, aussi partout si renommé.

(Livre des Peintres et des Graveurs, publié par M. Georges Du-

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Ce n’est pas que notre graveur ne peignît aussi. Quoy qu’il ne fut pas pour tenir , dans cet art si difficile , le même rang qu’il occupoit dans celui de la gravure , il n’en étoit pas moins possédé de l’ambition de passer pour peintre, aimant mieux être confondu dans la foule des peintres de la seconde classe que de jouir tranquillement sa primauté parmi les graveurs. Cette manie , car je ne puis lui donner d’autre nom, s’empara tellement de son esprit que, pendant quelque temps, il en abbandonna presque la gravure. Les planches qu’il publia pendant les trois dernières années qu’il vécut à Rome , se réduisent à un très-petit nombre, et, dans son portrait, qui est de l’année 1635, le titre de peintre y marche le pre- mier, et celui de graveur lui est subordonné.

Je n’ai pas eu occasion d’examiner encore aucun de ses tableaux. Il ne s’en trouve point dans nos cabinets. La présomption est fâcheuse et peu favo* rable à Mellan. Si j’en puis juger sur une assez grande quantité de ses desseins , qui me sont passés par les mains , je dois en inférer que la touche de son pinceau étoit aussi molle que l’étoit son crayon dans les accadémies qu’il dessinoit d’après le modèle et qu’il préparoit pour ses tableaux. On n’y remarque presqu’aucun détail de muscles ; les contours y sont à peinne prononcés , et les emmanchemens le sont

plessis clans la Bibliothèque Elzévirienne, Paris, P. Jannet, 1855, p. 62 et 88). Vincent Petit est mort clans le courant de 1679, puisque son logement du Louvre fut donné à Boulle par un brevet du 29 octobre, qui a été publié par M. de Chennevières dans les Archives de l’Art français , Documents , t. i, p. 223-4. (^4. de M.)

avec encore plus de négligence, défauts qui ont leur origine dans une première éducation vicieuse, et qui viennent encore de ce que Mellan , s’étant appliqué trop tard à la peinture , se forma sous d’habiles maîtres , mais un peu trop praticiens. Content de distribuer avec intelligence ses masses d’ombres et de clairs, de viser à l’effet et de faire prendre à ses figures un tour flexible, il négligeoit la précision du dessein, à laquelle il ne pouvoit atteindre ; et je suis persuadé que sa couleur , puisée dans les mêmes sources , n’étoit pas plus dans le vrai et qu’elle ne devoit avoir rien de fort attrayant. S’il dessinoit les portraits avec plus de certitude, et si éminemment qu’il n’étoit guères possible de faire davantage, c’est qu’étant renfermé dans un cercle plus étroit, il avoit moins à penser, et que sa main, prompte à obéir à la vivacité de son imagination , le servoit alors plus sûrement.

Peut-on regretter assez le tems précieux que Mellan consuma ainsi, j’ose dire en pure perte? Ses amis l’en avertirent inutilement. Un plus fort penchant l’entraînoit malgré lui, et il eut avec cela le chagrin de se voir traversé par des peintres jaloux, qui, dans la crainte qu’il ne leur enleva les ouvrages, ou qu’il n’en soutint pas assez le prix , employèrent toutes sortes de moyens pour lui rendre odieux le séjour de Home et l’en éloigner. Mellan abbandonna cette ville au commencement de 1636 , et vint droit à Gennes. La famille Justinienne lui avoit ménagé des commis- sances et des amis puissans dans cette ville. On voulut l’y arrêter. On lui proposa de peindre une gallerie ; mais , en homme sage et prudent , il ne voulut point y entendre, ni courir le hazard d’essuyer

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de nouvelles persécutions , et , sans plus différer , il s’embarqua et repassa en France.

Comme il traversoit la ville d’Àix, il y fut retenu par le célèbre Fabri de Peiresc, en qui l’amour des beaux arts égaloit celui qu’il portoit aux lettres , et qui, toutes les fois qu’il voyoit arriver queîqu’artiste de mérite, se plaisoit à le bien recevoir. Mellan, qui en étoit déjà connu , en fit la douce expérience 5 il reprit sa première tranquillité dans le sein de ce res- pectable magistrat, et, en attendant qu’il sçut à quoi s’en tenir par rapport à des propositions qu’on lui avoit fait du côté de l’Angleterre , dès le tems qu’il demeuroit à Rome, il dessina et grava le portrait du fameux philosophe Gassendi et celui de Peiresc (1).

(1) Quoy que ce dernier portrait porte la date 1637, il est pourtant certain qu’il fut gravé en 1636, et qu’au plus tard, dans les premiers jours du mois de janvier 1637, il y en avoit des épreuves dans Paris. J’ai entre les mains une lettre écrite par Mellan à Langlois dit Ciatres, son ami, il lui dit : « Je suis arrêté à Aix pour quelques jours en la maison de M. du Peiresc, dont je vous envoie le portrait, que je lui ai fait. » Cette lettre est à la vérité sans datte ; mais elle est rappellée dans une se- conde lettre de Mellan, que je rapporterai bientôt, et, dans cette dernière lettre, on voit que, suivant la supputation qu’il fait, sa première lettre et l’épreuve du portrait de Peiresc, qu’elle accompagnoit, dévoient être arrivés à Paris avant le 27 janvier 1637. (Note de Mariette). L’original même de la lettre est au- jourd’hui entre les mains de M. Jules Boillv, qui l’a publiée dans les Archives de V Art français , Documents , t. 11, p. 235, d’après lesquelles nous la reproduisons: Monsieur , Monsieur Çhartre dit VAnglois. « Monsieur, celle icy n’est si non pour vous faire sçavoir de mes nouvelles et de vous ofrir mon très humble service. Je suis arrêté à Aix pour quelque jour en la maison

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Un artiste que la gloire anime , et qui , de retour dans sa patrie, est autant curieux qu’il a besoin d’y soutenir une réputation commencée ailleurs, pouvoit- il mieux débuter? 11 donne les portraits de deux hommes également recommandables dans la répu- blique des lettres , et que tout le monde aspire d’avoir, il en fait deux chef-d’œuvres de l’art. Tout y est traitté si spirituellement, les touches s’y viennent ranger si naturellement à leur place que c’est plus l’ouvrage de l’esprit que celui de la main. Veut- on sçavoir comment l’on doit graver les cheveux et la barbe , et leur conserver cette légèreté qui en est l’essence et le caractère? Ces deux pièces, et surtout le portrait de Feiresc, en fournissent le plus parfait modèle (1).

(le Monsr du Feiresc, dont je vous envoie son portrait que je luy ay faict. Je diligente tant que je poeus, a Fin de me donner l’honneur de vous aller voir et me réjouir avec tous nos amis lequel il vous plaira faire mes très humbles recommandations. C’est, Monsieur, votre plus humble et très affectionné servi- teur, C. Mellan. Vous donnerez, s’il vous plaist, la lettre à Monsr Vouët et à mon frère. » (A. de M.)

(1) La peinture d’après laquelle Mellan a gravé le portrait de Feiresc est , comme l’a remarqué M. Soulié dans son ex- cellent livret du Musée de Versailles, celle qu’on voit au second étage dans la salle 105. (Livret, T partie, 1855, in-8°, p. 609, 4,102). La peinture est anonyme. Serait-elle de Mellan? Nous ne le croyons pas. La franchise de la couleur, la violence de la brosse, l’énergie de l’effet, qui en font une belle œuvre, paraissent incompatibles avec la manière qu’on peut supposer à un élève de Vouet. Elles se rapprocheraient bien plus des écoles génoise ou provençale, et M. de Chennevières ne serait pas éloigné d’y voir la main de Finsonius. ( A . de il/.)

Ce travail fit place à un autre , moins important et moins savant, si on ne l’envisage que du côté de l’art , mais qui , ayant pour objet l’avancement des sciences et étant demandé avec empressement par les deux illustres avec lesquels Mellan vivoit , fit que, fermant l’oreille à ceux qui auroient voulu l’en dissuader, il y donna toute son attention. 11 s’y affec- tionna même au delà de ce qu’on auroit osé l’espérer d’un homme peu patient et nullement fait pour la contrainte. Ce furent des représentations exactes des phases de la lune , dans son premier quartier, dans son plein et dans son déclin. Ces figures manquoient à l’astronomie, et depuis longtems Gassendi desiroit de rencontrer quelque peintre dont l’adresse et la fidélité lui répondissent de la juste position et de la véritable figure des taches qu’on voit répandues sur cet astre. Avant que Mellan eût paru, dès les années d634 et 1035, Claude . Sauvé , jeune peintre, natif d’Auvergne , s’y étoit déjà exercé , sous la direction de Gassendi et à la prière de Peiresc ( Gassendi , in vit . Peires. tit. 5, p. 188, édit. 1641, 4°) (1); mais,

(1) Desiderium norat , quo pridem flagraram , habendi phaseis lunœ varias, varietatesque in singulis per telescopium apparenteis, vivis suis coloribus proportionibusque et situ servato depictas. Hoc sine fine exceptaram , ac tandem obtinueram ab eximio Galileo unum quoddam prolixitate perfectioneque prœcellens; expectebam- que solum industrium et fatientem satis pict&rem. Ille itaque mei caussâ ut magnâ parte superioris anni, sic maximâ hujus (1635) detinuit redeuntem Româ egregium pictorem Claudium Salvatum Alvernatem, qui, me operam dirigente, id muneris exsequeretur . Detinuit vero etiam sequente (1636) per complureis menseis Clau- dium Mellanum Abbavillœum , artifcem inter pictores cœlatoresque

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comme il est naturel qu’un premier essai soit défec- tueux en quelque partie, Gassendi entreprit de nou- velles observations , en conformité desquelles Mellan fit de nouveaux desseins et les grava. Et voilà ce ce qui l’occupoit au commencement de 4637 , ainsi qu’on l’apprend d’une lettre qu’il écrivoit à son ami Langlois, dit Chartres, le jour du carnaval de cette année.

Cette lettre contient plusieurs particularités et la preuve de la pluspart des faits que je viens d’avan- cer, je la transcrirai donc ici, sans y rien changer (1) :

« A Monsieur Chartre, dict Langlois (2), marchand » libraire demeurant à Paris.

» Monsieur, jay reçeu la vôstre du 27 janvier, par

eximium, ipsum quoque Româ redeuntem , tum ut novas phaseis exquisito suo artifcio depingeret, tum ut easdem , aut quasdam certe , ingeniosâ manu incideret œri. Pervidit nempè vir optimus posse exinde quandam speciem selenographiœ institui, insignemque fore ejus usum tum in physicâ , tum in astronomiâ. »

(1) Dans les Archives de V Art français, dirigées par notre ami, M. de Chennevières, nous avons déjà (livraison de juillet 1850, p. 264-6) publié cette lettre de Mellan, dont l’original, qui existe aux manuscrits de la Bibliothèque Nationale, nous avait été com- muniqué par la complaisance de M. Barthélemy Hauréau. Mariette n’y a, en elfet, rien changé comme sens, et sa copie a cela de précieux qu’elle confirme les restitutions que nous avions tentées sur quelques endroits entièrement détruits par l’humidité; mais il a beaucoup changé comme orthographe, et, comme nous avons l’original sous les yeux, c’est celui-ci que nous suivons. {A. de M.)

(2) Il falloit mettre Langlois dit Chartre, ainsi que Mellan l’avoit écrit sur d’autres lettres. Ce libraire se faisoit surnommer Chartre, du nom de la ville qui lui avoit donné la naissance, (il/). Cf aussi V Abecedario de Mariette, t. i, p. 370, et t. n, p. 204.

*> laquelle vous me marquez m’avoir escrit plusieurs » fois -, mais vous me donnez subjet de croire le *> contraire , sachant bien que vous avez reçeu de » mes lettres par M. de Yallavez (1) et un portrait » de M. du Peiresc , sans m’en avoir donné aucune » nouvelle , ni de mon frère , non plus que de la » lettre , que je vous avoië prié de luy donner. Je » ne vous parle point des lettres que je vous ay » écrites , il y a longtemps , touchant le plus belle » assortiment quy étoit en Italie. Je pouvois vous y » servir de beaucoup et avoië désir de vous avancer » l’argent, ou répondre pour vous, d’autant qu’il n’y » avoit rien à perdre, ny pour l’un, ny pour l’autre, » à cause que je vous ay toujours cognu galîant » homme, et, quand il vous plaira me commander, » je vous serviray de cœur et d’affection. Je vous » suis obligé de la peinne que vous avez prise pour » l’amour de moy , quand vous m’avez écrit ce que »> l’on vous a dict de mon affaire en Angleterre. J’en » ay entendu parler, il y a quelque temps, mais je » n’ay poinct heu d’assurance 5 c’est pourquoy il vous » plaira en écrire un peu, puisque l’on c’est adressez » à vous. Ce sera pour vous y servir aussi bien qu’à » Paris. Pour les bons advis que vous me donnez » de la peinture , ceux qui vous les ont dites ne »» sont pas bien informez; car c’est tout au contraire. » Lorsque i’estois à Rome , je donnois les occasions

(1) M. de Vallavez était le beau-père de Peiresc. Dans le Recueil des Lettres inédites de Rubens , publié par M. Gachet (Bruxelles, 1840, in-8°), on en trouve dix qui lui sont adres- sées. ( A . de M.)

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» aux aultres ; je crois que vous en sçavez quelque » chose. La gallerie de Gennes , je ne l’ay poinct » voulu faire; je vous parle de Gennes, parce que » vous m’en parlez : pour tant d’aultres occasions , » il y auroit trop à dire et à raconter. J’ay perdu » l’amitié, pour ne point prendre d’argent de certine » personne; basta chacun scay ses affaires. Je vous » diray, quand je seray à Paris, d’où vient cette in- » vent ion. Je me suis arrêtez pour graver une chose » fort nouvelle , que vous en serez bien ayse, parce » que vous en pourrez avoir du profit. Vous pouvez » juger par , si je m’amuse à chose que je ne » doibs; je ne lesse poinct de vous sçavoir bon gré.

» Je suis ,

» Monsieur,

» Votre plus affectionné serviteur, » G. Mellan.

»» A A ix le jour du Charnaval \ 637.

» Si vous voiez M. Vignon, faites-lui, je vous prie, » un humble baise-main de ma part, car je suis bien » son serviteur, et à M. David, graveur; je luy ay » escript à Gennes. Je vous supplie de demander à »> mon frère si mon père et ma mère se porte bien, » et de m’en donner advis; vous me ferez un grand » plaisir. Je seray à Paris au nouveau temps , et » plus tost , comme je crois. Je bois à vostre santé » et à tous nos amis. »

On ne sçait point quel étoit l’ouvrage, pour lequel Mellan étoit appelle en Angleterre. Un auteur, accou- tumé à entasser fautes sur fautes ( Cab . d’Archit. de

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Fl. Le Comte, tom. 3, pag. 493), veut que les pro- positions ayent été faites au nom du roi , et incon- sidérément il nomme Charles second , au lieu de Charles premier. Mais pour moi , qui n’ignore pas que Langlois étoit le commissionnaire afüdé du comte d’Arundel , qui vois rouler toute cette intrigue sur ce libraire, marchand d’estampes, qui sçais de plus que ce curieux Anglois , par qui il étoit employé , avoit déjà chez lui des graveurs, W. Hollar, Henri Van der Borcht , Luc Vosterman , etc. , occupés à graver les tableaux et les desseins de sa collection , je suis tenté de croire que c’étoit ce seigneur , et non le roi, qui vouloit attirer Mellan en Angleterre. Peut-être avoit-il en veue de lui faire graver ses an- tiques et d’en faire un recueil, semblable à celui de la gallerie Justinienne. Mellan n’eut point été fâché que cette affaire eût réussi. Aux premières paroles qui lui en furent portées, il écrivit à Langlois, qui étoit à Londres (la lettre, que j’ai entre les mains, est dattée de Home le 20 juin 4635), et, après lui avoir offert ses services à Rome pour si peu quil y a à y demeurer , il ne peut lui cacher son empressement de se voir bientôt en Angleterre. Il y a toute apparence qu’il porta trop haut ses prétentions. La négociation échoua , et , M. de Peiresc étant venu à mourir sur ces entrefaites (le 20 juin 4637), Mellan revint à Paris et s’y fixa pour toujours.

A peinne y fut-il arrivé que ses premiers pas le conduisirent à la porte de Vouet, son maître et son ancien ami. L’estime réciproque n’avoit encore souf- fert aucune altération. Mellan accepta sans difficulté l’offre qu’il lui lit de lui donner à graver un de ses

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tableaux, représentant la Sainte Vierge qui montre une rose à son divin Fils, et, craignant sans doute que la nouvelle manière de graver à une seule taille, dont il avoit résolu de se servir désormais, ne fût pas en- tièrement du goût de Vouet, il ne l’employa que dans quelques parties, et mit des secondes tailles aux en- droits qui demandoient des forces plus vigoureuses. 11 eut peut-être aussi bien fait de ne point sortir de cette manière, qui étoit excellente; mais, sans entrer si tost dans cette discussion , je remarquerai qu’il s’en tint à cette unique pièce et qu’il ne grava plus rien pour Vouet, soit que celui-ci, étant dans îa plus haute faveur, voulût lui faire achetter trop cher sa protection , et que cela eût produit quelque refroi- dissement dans leur commerce , soit que Mellan fut déterminé à ne plus graver que d’après des desseins de sa propre invention. En effet , si l’on excepte la belle estampe de la rencontre de Jacob et de Rachel, qu’il exécuta, peu de temps après son arrivée à Paris, pour M. Lu magne , d’après le tableau du Tintoret , appartenant à ce curieux , et que le seul besoin de se faire connoitre lui lit entreprendre, si l’on met à part quelques titres de livre , dont je parlerai dans la suite , l’on ne voit plus rien de Mellan , soit por- traits, soit compositions, dont il n’ait été l’inventeur.

Pour y accoutumer le public et le rendre de plus en plus favorable, il lui présenta, dans cette même année '1638, un saint François priant, pendant la nuit, dans l’intérieur d’une grotte. On ne peut qu’être frappé de l’heureuse disposition de la ligure , de l’expression de la tête, de la touche précieuse des mains, dignes des Carraches, et peut-être le fut-on encore plus de

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l’art avec lequel , sans beaucoup de traits et avec des hachures fort nourries dans les ombres et ré- duites à une manière de grénetis sur les jours , il étoit parvenu à si bien exprimer la grossièreté de l’étoffe, qui habilloit le saint.

11 offrit cette belle pièce au cardinal de La Roche- foucauld, et, peu de temps après, il fit paroître sous les auspices du cardinal archevêque de Lyon , frère du cardinal de Richelieu, dont il avoit gravé le por- trait , étant à Rome , un Saint Bruno , retiré dans l’affreuse solitude de la Chartreuse, et s’y occupant pareillement de la prière au milieu de ses disciples. Ici un jour lumineux vient frapper vivement sur la prin- cipale figure et l’éclaire-, le saint est vêtu d’une étoffe fine et blanche, et Mellan, qui sçait que chaque objet doit être traitté différemment et relativement à son caractère propre et particulier , prend en habile homme le contrepied de ce qui l’a si bien servi dans le Saint François. 11 élague le travail de son burin, si je puis employer cette métaphore; il y met plus de netteté et de délicatesse, et, cette estampe ayant été goûtée au delà même de ses espérances , il bannit pour toujours les secondes tailles de sa gravure et se réduisit à une seule. Cette taille, sou- lagée ou élargie suivant le besoin des ombres ou des demies-teintes, conduitte dans tous les sens qu’indique la perspective des corps, produit un effet semblable à celui que donnent les doubles tailles , employées par les autres graveurs, avec cet avantage, qu’étant bien ménagée , le travail du burin en devient plus léger et et plus animé de ce feu, qui se rallentit si aisément lorsqu’on demeure trop longtemps sur un

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même ouvrage. Mais, avant que de quitter l’estampe de Saint Bruno, j’y dois faire observer une particu- larité. La tête du saint, qui est pleine d’expression, est un portrait ; c’est celui de Christophe Dupuy , chartreux , frère aîné de Mrs Dupuy , gardes de la Bibliothèque du Roi , lequel est mort prieur de la Chartreuse à Rome (1). Vigneul de Marville , dans ses Mélanges , édit, de 1715, tom. 4, p. 255 (2).

Avec un mérite aussi distingué, Mellan ne pou voit manquer de trouver accès auprès des personnes en place , qui aimoient et qui favorisoient les arts. 11 eut le bonheur d’approcher du chancellier Seguier , et de dessiner et graver le portrait de ce grand ma- gistrat. Gassendi l’introduisit dans la maison d’Habert de Montmort , maître des requestes , regardée alors comme le séjour des muses, et il n’en sortit qu’après

avoir mis deux portraits de toute beauté : celui de cet ami des arts et des sciences et celui de son épouse. Dans l’un , l’on trouve un homme entre deux âges , dont le visage, quoyque plein, commence à se charger de quelques rides : une belle chevelure orne son front. Dans celui de la femme, une autre conduite de tailles exprime une peau unie , fine et délicate , que des grâces naissantes embellissent, et qui a toute la fraî-

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(1) « Oîi apparemment Mellan î’avoit connu. » ( Note du Cata- logue de Mariette).

(2) « Christophe Dupuy e'toit l’aîné de Messieurs Dupuy. C’est » lui qui a donné au public le Perroniana dont il avoit une

» copie Il mourut assez âgé, prieur de la Chartreuse à Rome,

» à qui il avoit donné tous les embellissements dont ce lieu étoit » capable. Le Saint Bruno gravé par Melan est le véritable por- » trait de Christophe Dupuy. »

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cheur de la jeunesse. Il ne faut point se faire dire qu’une étoffe blanche, brodée sur les coutures, fait son corps de robe, ni que celle de son mari est un satin noir et luisant; la gravure de Mellan les rend l’une et l’autre très reconnoissables. Un travail pur et léger met , dans ces deux portraits , quelque chose de lumineux et de vivant, et leur excellence me les a fait décrire plus au long peut-être qu’il ne conve- noit. J’abbrégerai ce qui me reste h dire sur les ouvrages de notre habile graveur.

Son crédit augmentant chaque jour, il eut la prin- cipale part aux travaux qui se firent sous les ordres de M. Desnoyers, secrétaire d’Etat, pour l’embellisse- ment des magnifiques éditions de livres qui s’impri- mèrent à l’imprimerie royale du Louvre. En Ifi40 et 1641 , il grava , toujours h une seule taille , et sur des desseins de Jacques Stella, le frontispice du texte latin de Y Imitation de Jésus- Christ, celui des OEuvres de saint Bernard , %et un troisième pour l’introduction à la Vie dévote de saint François de Salles. Y étoit-il entraîné par les desseins? Mais il me semble que, dans ces trois morceaux et principalement dans celui qui représente saint Bernard aux pieds de la Sainte Vierge , les tailles sont plus serrées et moins moel- leuses que dans les autres gravures de Mellan , de façon que, si l’on n’étoit pas assuré du contraire, on seroit tenté de croire que, dans la dernière, Charles Àudran, graveur un peu sec, y auroit mis la main. Du reste, le peintre eut tout lieu d’être satisfait de son graveur ; il étoit entré dans sa manière , et ne l’avoit nullement altérée. Quant à Mellan, il se peut qu’il ait porté un jugeaient différent de son ouvrage

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et que, son amour-propre se trouvant blessé, il n’ait regardé qu’avec indifférence les morceaux il avoit été contraint de s’assujettir à l’imitation de desseins étran- gers; il fut toujours constant à mettre son nom à tout ce qu’il gravoit, jusqu’aux plus petits morceaux, et il le supprima à ces trois pièces, ainsi que celui du peintre.

11 ne mit point non plus son nom , ni celui du Poussin , au fontispice qu’il grava en 1641 sur le dessein de ce grand homme, pour paroître à la tête des OEuvres de Virgile, de l’édition du Louvre, il faut croire que le peintre s’en plaignit, et qu’il le regarda comme une nouvelle insulte, qui aggravoit toutes les mortifications , qu’on ne cessoit de lui faire essuyer dans la veuë de le dégoûter et l’éloigner de la cour-, car , dans le frontispice pour les OEuvres d’Horace et dans celui de la Bible, qui furent gravés en 1642, et dont le Poussin avoit pareillement fourni les des- seins, cette obmission est réparée.

Quelque fut la façon de penser de Mellan , et

quelque couleur qu’on veuille donner à son procédé,

il n’eut point à se repentir d’avoir associé ses tra- vaux à ceux d’un si grand peintre. Ges trois fron- tispices enlevèrent tous les suffrages , et le ministre n’en entra que plus hardiment dans les veuës de

notre artiste, en le chargeant des desseins et de la

gravure de deux nouveaux frontispices, l’un pour um

édition du Nouveau Testament en grec , l’autre pour un ouvrage de controverse du cardinal de Richelieu imprimés au Louvre en 1642. On lui donna pareille! 1 ment à graver la plus grande partie des vignettes des culs-de-lampe et des lettres, grises ou fleuronnéeq qui dévoient faire l’ornement de toutes ces éditions!

;t comme presque tous les travaux roulèrent sur lui, 1 fut aussi celui qui en recueillit la récompense. Le *oi lui accorda un logement dans les galeries du Couvre, grâce distinguée et qui eut cela de flatteur, jué notre artiste la dût à son seul mérite (1).

Dans cette demeure honorable, il continua d’enrichir le ses estampes les cabinets des curieux , et bientôt e nombre s’en accrut considérablement. Chaque jour, 1 trouvoit moyen de simplifier sa manière de graver, 3t il en rendit la pratique si expéditive qu’à peinne rvoit-il entrepris une planche qu’elle étoit finie. Il iui fallut moins de six semaines pour- préparer les iesseins et achever la gravure de l’une de ces deux grandes thèses, qui furent dédiées au cardinal Ma- zarin. Et, le soupçonneroit-on, cette extrême promp-

(1) Dans son Paris , écrit ou du moins publié en 1677, l’abbé le Marolles cite Mellan dans les deux quatrains qu’il appelle les Peintres dans les Galeries :

Simon Vouet, Nocret, Bourgeois, Erard, Boursone,

Mellan, Bimbis, Gesse, Dorigni, des Martins:

Du Pré, le bon sculpteur, et les deux Sarrasins,

L’Asne, avec Séjourné, pour décorer le trosne.

Ce logement échut après Mellan à Louis de Châtillon le gra- veur, celui même dont Mariette tenait l’amusante histoire qu’on trouvera plus loin. Notre ami, M. de Chennevières, a, dans les Archives de V Art français, t. i, p. 237-8, publié le brevet même : « Aujourdvy dix-septiesme septembre 1688 , le Roy, estant à » Marly, bien informé de l’expérience que le nomé Chastillon,

> graveur, s’est acquise dans son art, luy a fait don du logement

> sous la grande galerie du Louvre qui estoit occupé par le nomé

> Meslan , etc. » Châtillon s’y prenait de bonne heure pour obtenir le brevet ; mais il peut ne pas s’en être servi de suite, car le visa du surintendant des bâtiments n’est que du 24 février 1692. (Ed.)

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titude lit la matière d’un procès , que lui intenta la

personne , pour laquelle il gravoit cette thèse. On voulut le chicanner sur le prix : il ne paroissoit pas raisonnable à quelqu’un, qui n’avoit d’autre idée des arts que celle qu’il est permis d’avoir des simples métiers , de payer seize cents livres , somme qu’on trouvoit exhorbitante, pour un travail qui coutoit si peu à son auteur. On prétendoit qu’il n’étoit pas possible qu’en un si court espace de te ms cet ou- vrage eût acquis son entière perfection. Blais, comme il fallut convenir que le prix étoit fait, qu’on ne put reprocher à Melîan de s’ être négligé , et qu’au con- traire les experts , qui furent appelîés , décidèrent qu’il n’y avoit rien à desirer à ce qu’il présentoit , il n’eut point de peinne à sortir victorieux de cette affaire , et , bien loin que le public se refroidit , il le vit accourir avec plus d’empressement que jamais.

Soutènoit-on quelque thèse de distinction? À voit-on besoin de quelque titre de livre, pour en parer une édition faite avec soin? Désiroit-on avoir un portrait, dont la publication se fit avec éclat? On ne s’adres- soit point à d’autre qu’à Mellan , sans égard à ce qu’il en coutoit-, car il ne se donne it point à bon marché. Si l’on avoit à lui reprocher quelque défaut, c’étoit celui de se montrer trop intéressé et trop ami de l’argent. Aucun graveur contemporain ne porta sesd ouvrages à un si haut prix. Ce qui n’auroit point dv arriver, mais ce dont on n’a que trop d’exemples, set c planches augmentoient en valeur à mesure qu’elle?' li diminuoient en bonté , et telle est la force du pré h jugé que la réputation décide de tout et qu’or et n’écoute qu’elle. Le plus grand nombre des hommes de

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itraîné par le torrent de la multitude, ne pense et agit point en conséquence de ce qu’il sent , mais ulement relativement à ce qu’il entend dire ou i’il voit faire aux autres.

Séduit par la nouveauté , autant que par la sin- îlarité , le gros du public ne revenoit point de sa irprise de voir qu’avec une seule taille , appliquée une infinité d’objets différents , notre graveur pût irvenir à les exprimer tous, dans un degré de vé- à peu près égal. Lui seul ne paroit pas pleine- ent satisfait d’une manœuvre , qui , aux yeux des itres, étoit si admirable et si remplie de difficultés, se propose de donner quelque chose de plus sin- ilier que tout ce qu’il a fait, et qui ait, outre cela, mérite de n’avoir encore été tenté par personne, remue son imagination , et elle lui fait entendre favec le secours d’un seul et unique trait , il peut présenter une tête de Christ ou Sainte Face , telle l’on doit supposer qu’elle étoit imprimée sur le îge appellé la Véronique.

Ce sujet étant déterminé, Mellan pose la pointe de >n burin au centre de sa planche, et, partant de là, lui fait décrire une ligne spirale , qui circule et mtinue sans interruption ses révolutions parallèles, squ’à ce qu’elle ait entièrement couvert la surface i cuivre. Quand il le faut , il fait doucement ser- 3nter ce trait circulaire , et lui fait prendre des idulations insensibles; il le nourrit et le fortifie, il diminue d’épaisseur et Faffoiblit, selon que l’exige . rencontre des ombres, des demi teintes et des clairs, ;, par cette ingénieuse marche, il parvient à lui faire sssiner, avec beaucoup d’expression et de précision,

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toutes les parties du visage de son Christ , et géné- ralement tout ce qu’il veut mettre dans son estampe. Le nés , les yeux , la bouche , les cheveux , la cou- ronne d’épines , le linge môme sur lequel la Sainte Face est imprimée , tout cela nait et part du même trait. Ce trait exprime jusqu’au nom du graveur et jusqu’à cette inscription : Formatur unicus unâ , non aller (i), qui, en exposant le sujet, semble délier tout graveur d’en faire autant , et prédire que l’ouvrage n’aura point d’imitateurs. Ce fut l’abbé de Villeloin ( Mém . de Marolles , éd. in-4°, p. 266), grand curieux d’estampes et ami particulier de Mellan, qui lui admi- nistra cette inscription , et l’événement a vérifié la prédiction. Car les graveurs (Thourneysen, Thiboût et quelques autres), qui furent assez téméraires pour en- treprendre d’en faire autant, y échouèrent tous. Mellan lui-même en demeura à ce premier essai , persuadé qu’une pareille opération ne pouvoit guères se répéter, et qu’hors du sujet qu’il avoit choisi, et l’indécision des contours convenoit, elle ne réussiroit point.

Elle fait voir aussi avec quelle circonspection il faut user des moyens singuliers, lors même qu’ils ont pris le plus de faveur. C’est un abus de croire que ce qui a été applaudi, parce qu’il aura été employé ha- bilement dans un sujet il étoit bien placé, puisse avoir le même succès dans une autre occasion , qui ne sera pas aussi heureuse. Les répétitions sont in- supportables, et il y a tout à craindre qu’une singula- rité, qui aura charmé dans sa nouveauté, ne dégénère

(1) C’est-à-dire : Celui qui est unique est formé par un trait unique, et l’opération ne se répétera plus. ( Note de Mariette).

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;t ne s’avilisse , si on la présente trop souvent. Une >remière sève venant à lui manquer, elle n’offre plus *ien qui pique ni qui rappelle le goût, il ne faut pas ion plus se laisser séduire par la louange, qui, dans ;es rencontres , ne manque guères de se faire en- endre ; elle est trompeuse et nuisible. Mellan , pour r avoir peut-être trop prêté l’oreille , et pour avoir ippliqué, sans assez de réserve, sa nouvelle manière le graver à une trop grande diversité d’objets, pour ’avoir trop prodiguée, vit cette manière s’affoiblir en ies mains et perdre beaucoup de sa première splen- leur. D’animée qu’elle étoit, elle devint froide, fade ît languissante, et ne produisit plus d’effets piquants. Quelle différence entre son saint Bernard et son beau iaint Bruno , entre la sainte Glaire gravée en 4667 ;t le saint François publié trente ans auparavant, ^a nature et la qualité des objets sont cependant les nêmes, et c’est le même genre de travail.

On me dira qu’il n’y a pas la même disparité ;ntre les statues de la galerie Justinienne, gravées à tome , et celles que Mellan a gravé , sur la fin de ;a vie, pour Louis XIY, que ces dernières semblent nême avoir quelqu’avantage sur celles qui les ont )récédécs. En voici la raison : c’est que la blancheur lu marbre, ses reflets et ses ombres transparentes ie semblent point vouloir s’accommoder d’une autre gravure que de celle de Mellan, et c’est encore parce ju’il est vrai que, dans les statues du Roi, ce gra- veur a mis moins de travail et que , par , il a nieux rendu ce qu’il imitoit. Je n’examine point si ï’étoit le fruit de ses réflexions; mais il est constant jue, plus la gravure paroissoit perdre en se simpli-

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fiant trop , plus elle étoit propre à bien faire sentir les effets de la sculpture. Ce qui étoit un mal par rappport aux autres ouvrages de Mellan, qu’une seule taille trop unie réfroidissoit à l’excès , devenoit un bien pour la représentation de statues , il n’étoit aucunement besoin de touches ressenties , et qui au contraire ne pouvoient jamais être traitées avec assez de légèreté. 11 faut lui rendre cette justice que , de de tous les graveurs , il est celui qui a le mieux saisi le caractère de cette sorte d’objets. C’est le té- moignage que j’en ai souvent entendu rendre à un de nos meilleurs sculpteurs, M. Bouchardon, dont je respecte le jugement et les eonnoissances.

Si Mellan eut été bien conseillé, il auroit pres- crire lui-même des bornes à son genre de travail , le contenir dans des limites, et surtout se garder de l’étendre, comme il a fait, jusqu’à la représentation de têtes de grandeur naturelle. Ce n’est pas ici le lieu de discuter si la gravure à plusieurs tailles peut y être appliquée ; il me suffit d’observer que la sienne n’y convenoit en aucune manière. Ce qu’il a fait pa- roître en ce genre est au-dessous du médiocre, et j’ai honte d’en parler.

1! est un teins de jeunesse , la force du tem- pérament influé jusques sur les ouvrages. Toutes les études dans ces heureux momens se tournent à bien; sont-ils passés, et approche-t-on de la vieillesse, les soins qu’on se donne deviennent infructueux ; l’on ne commet plus que des fautes. C’est un malheur attaché à l’humanité; mais, en quelqu’âge que ce soit, il est beau de voir un artiste laborieux, dont l’activité est une leçon continuelle pour les autres, qui, comme

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Mellan, ne se rebute point, aime son art, y fait céder ses autres occupations, et y sacrifie ses plaisirs même. Le trait suivant fera connoître jusqu’où notre graveur portoit cet amour. (Cette particularité m’a été contée par M. de Chatillon, graveur et peintre en émail, qui a voit fort connu Mellan).

Il étoit demeuré garçon et se trouvoit dans un âge assez avancé , car il avoit au moins cinquante-six ans, lorsqu’un homme, qui gouvernoit ses affaires et qui les connoissoit mieux que lui-même , qui par conséquent sçavoit qu’il étoit riche , vint à bout de lui persuader de se marier-, il lui fît entendre qu’on lui épargneroit tous les embarras de cette cérémonie, et, ce qui ne le flattoit guères moins, qu’on lui épar- gneroit sa bourse ; il eut par ce moyen l’adresse de faire tomber le choix sur sa propre fille. L’affaire arrêtée et conclue, on signe le contrat, on va à l’é- glise , on en revient , tout cela sans bruit et sans éclat. Mellan rentre tranquillement dans son cabinet et reprend son travail. Un dessein , dans la compo- sition duquel il entroit quelques figures de femmes , étoit alors sur son bureau. Il fait appeller celle qu’il venoit d’épouser ; il la fait prier de se rendre près de lui. La pauvre fille, tremblante et toute en pleurs, n’osoit y aller. Quitter la compagnie un jour de noces , pour se renfermer seule avec un mari , lui paroissoit quelque chose de si terrible que , sans les discours persuasifs de sa mère, elle n’eut point obéi. Après plusieurs messages elle se laisse enfin entraîner elle étoit appellée. Mellan la met dans une situa- tion, qui convenoit à son dessein; il lui fait ôter son mouchoir , découvre une partie de sa gorge , prend

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le crayon, trace quelques traits; puis, revenant vers sa femme, lui faisant changer d’attitude et ne trou- vant pas ce qu’il cherche: « Habillez- vous , lui dit- » il, vous pouvez aller retrouver votre monde ; je ne « suis point content. » Plein de son ouvrage, c’étoit à lui personnellement qu’il adressoit ces dernières paroles. Son épouse , frappée de ce qu’elle vient de voir et d’entendre , descend ; ses pleurs , qui conti- nuent de couler, excitent la curiosité de ses parents. Ils ne peuvent , au récit de cette aventure , revenir de leur étonnement. Ils vont chercher Mellan , qui n’étoit point encore sorti de son cabinet, lui portent des plaintes amères, et celui-ci, ne pouvant pénétrer sur quoi elles peuvent être fondées, témoigne la même surprise, entre en explication, et donne la véritable interprétation des paroles qui lui sont échappées. On lui persuade avec peine de quitter l’ouvrage et de se montrer dans la compagnie, pour y remettre le calme et rassurer les esprits. 11 s’y présente , prend part à la joye , et tout se passe dans l’ordre. La femme tranquillisée, étudie le caractère de son mari , et se rend bientôt la maîtresse, tandis que Mellan, débar- rassé de toute sollicitude, se livre sans réserve à de nouveaux travaux.

Il les continua jusqu’au dernier instant d’une vie, qui fut longue, et exempte de toutes les infirmités, compagnes inséparables de la vieillesse , et , ce qui n’est pas ordinaire , non seulement il conserva toute sa tête, mais la main ne lui refusa jamais le service. Dans ses dernières années qu’il s’occupoit plus vo- lontiers à préparer des desseins , que gravoient ses disciples , il étoit encore en état de donner à ces

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planches des coups de burin, ce qu’il faisoit avec tant de certitude que le travail du vieillard et celui du jeune homme se confondent et qu’on a, peinne à les démêler. C’est ainsi que furent exécutées les planches, qui parurent dans les huit ou dix dernières années de sa vie , et qui sont si médiocres et si peu dignes du nom qu’elles portent, qu’il eut mieux valiu pour la gloire de Mellan qu’elles n’eussent jamais vu le jour.

11 eut avec cela le malheur de n’avoir vu sortir de son école que d’assez minces sujets. Ladame, Pa- tigny, Brissart sont à peine connus. Jean Lenfant et Nicolas Bazin se distinguèrent davantage ; mais ils ne seurent mettre que de la propreté dans leur gra- vure, sans même avoir presque jamais osé graver à une seule taille , comme leur maître , depuis qu’ils l’eurent quitté. Le dernier étoit encore auprès de Mellan, lorsqu’une chûte sur son escalier, toujours fu- neste aux vieillards, fit périr cet habile artiste et le conduisit au tombeau, le 9 septembre 1688. 11 passoit quatre-vingt-dix ans, et il reçut la sépulture dans l’église de Saint-Germain-l’Auxerrois, sa paroisse (J).

(1) Nous devons Pacte de décès de Claude Mellan à la com- plaisance de M. de la Morinerie, qui l’a copié pour nous aux Archives de THôtel-de-Villc de Paris, d’après le « Registre des enterrements qui se feront pendant l’année mil six cent quatre- vingt-huit en l’église et paroisse de St-Gcrmain de l’Auxerrois.

Du vendredy dixiesme (sept. 1688) Claude Mellan, peintre

et graveur ordinaire du Roy, fut inhumé en cette église âgé de quatre-vingt-dix ans ou environ, décédé hier à neuf heures du matin aux galleries du Louvre, en présence du sieur Nicolas Mellan, peintre, neveu dud. deffunct, de Mre Charles Duval , prestre chapelain de cette église, exécuteur du testament dud.

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C’étoit un petit homme , vif et de beaucoup d’es- prit. Ses yeux tout pétillans de feu , son visage , ouvert et riant, lui composoient une phisionomie fine et tout à fait prévenante. Il fut sage et réglé dans sa conduite et dans ses mœurs , et cela est peint dans ses ouvrages; ils ne présentent rien que d’hon- nête. On aimoit à l’entendre discourir sur son art ; il en parloit bien et avoit , pour appuyer ses senti- mens, de beaux desseins et de belles estampes, qu’il avoit apportées d’Italie, et dont il faisoit son amuse- ment et ses délices. Mais il ne fut pas toujours d’un accès facile. 11 se plaisoit dans la solitude et , avec l’âge, il se séquestra de toute société, ce qui le rendit particulier et même un peu trop sauvage. Sans cela, il n’est point douteux qu’il auroit eu l’avantage d’être admis dans l’Académie royale de peinture et de sculp- ture, lorsqu’on y reçut des graveurs (1). Cette place lui convenoit et lui appartenoit à toutes sortes de titres. Il ne pouvoit manquer de Phonorer, et elle l’auroit elle- même illustré.

deffunct, du Sr Jean Leclerc, bourgeois de Paris, et d’autres qui ont signé : Nicolas Mellan Leclert Duval Duval. » Quel est ce sieur Jean Leclerc? Serait-ce un parent de la femme de Mellan? Ne sachant pas le nom de celle-ci, nous n’avons pas pu réussir à trouver encore l’acte de leur mariage qui a avoir lieu vers 1654, puisque Mariette nous dit que Mellan avait alors environ cinquante-six ans. (.4. de M.)

(t) Les premiers qu’on y admit Michel Dorigny et François Tortebat, reçus antérieurement, l’avaient été comme peintres furent Gilles Rousselet et François Chauveau, reçus ensemble le 14 avril 1663. Cf. Archives de l'Art français, Documents, t. i, p. 362. (A. de M .)

APPENDICE.

•»

La partie de l’invention demande un génie bien plus supérieur que la simple imitation de ce que l’on a veu pratiquer à d’autres, et, s’il est ordinaire de rencontrer des sujets qui perfectionnent ce que les autres ont imaginé de nouveau , il n’est pas moins rare d’en trouver qui fassent des découvertes et qui, ne s’assujettissant point à ce qu’ils ont devant les yeux ou à ce qui leur a été enseigné, s’écartent des routes ordinaires pour en suivre d’autres qui n’ont point encore été pratiquées. C’est en quoy Mellan paroist fort au-dessus de la pluspart de ceux de sa profession. Le mérite d’être peintre et habile dessi- nateur, celuy d’estre un des plus excellons graveurs de France , n’égalent certainement point l’avantage qu’il reçoit d’être l’inventeur de sa manière de graver, et cet avantage est d’autant plus grand, qu’étant l’au- teur de sa manière il l’a poussée par ses études au plus haut degré de la perfection. L’on peut dire que ce fut par la seule force de son génie; car, étant fort jeune, lorsqu’il commença à s’appliquer à la gra- veure , quelques fussent ses maîtres , il n’y en avoit pour lors en France que de très-médiocres, et plus capables de nuire que d’être de quelque secours à un jeune élève. De vint que , la mauvaise éducation prévalant sur scs heureuses dispositions, tout ce qu’il

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fit dans sa première jeunesse fut d’une manière mes- quine et d’un petit goût , jusqu’à ce qu’étant passé depuis en Italie, l’occasion d’étudier d’après de meil- leurs modèles, l’habileté des maîtres qu’il y trouva, le désir de s’y distinguer produisirent sur luy un tel cffect , qu’abandonnant tout- à-coup sa première ma- nière , il en prit une beaucoup plus noble et plus grande , et , ce qui fait seul l’éloge de Mellan , une manière qui étoit directement opposée à sa première. Tel est le fruit des bons exemples. Les ouvrages de Gilles Sadeler et de François Yillamène servirent plus qu’aucun autre à le former, et il n’est pas hors de vraysemblance que la liberté et l’extrême fermeté, avec laquelle ces deux artistes ont manié le burin , luy tirent concevoir l’idée de cette nouvelle manière de graver , qui lui devint particulière. Elle consiste à exprimer les ombres et les demie-teintes, qui font paroître les objets de relief, par le moyen d’une seule taille , sans qu’il en soit besoin de plusieurs qui se croisent les unes les autres , pour former plus ou moins de noir , suivant qu’il avoit été pratiqué et qu’il l’est encore par tous les graveurs. Cette seule faille , soulagée à propos en de certains endroits , élargie en d’autres , suivant que la disposition des ombre et des lumières le demande, produit un tra- vail léger et plein de ce feu si sujet à se rallentir lorsque l’on reste trop longtemps sur un même ou- vrage. Tout ce que Mellan lit dans cette manière, tant à Rome que depuis son retour en France, parut admi- rable et fut fort applaudy : mais, n’étant pas luy-même satisfait de ses premières idées , il pensa à imaginer en graveure quelque chose et de plus singulier et de

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plus nouveau , et il le fit si heureusement que l’on ne sçauroit assez estimer l’ouvrage sur lequel il s’es- saya. C’est une teste de Christ , une sainte Face , formée par un seul et unique trait en ligne spirale, fortifié et soulagé à propos, qui, prenant sa naissance au bout du nés et continuant ses révolutions toujours en tournant , exprime exactement toutes les parties du visage, le nés, les yeux, la bouche, les cheveux, la couronne d’épines , les gouttes de sang , le linge même sur lequel la sainte Face paroît imprimée, et jusques à l’inscription, qui est au bas de la planche, Mellan n’a pu s’empescher de tirer vanité de la singularité de son travail. 11 étoit logé dans le Louvre, lorsqu’il grava cet admirable morceau; le logement, qu’il occupoit, lui avoit été donné par le roy Louis Xllï, comme une récompense de son mérite, et il fut sou- vent employé dans les ouvrages de graveure, qui se firent par ordre du Prince, pendant le ministère du sieur Desnoyers, qui avoit fort à cœur le progrès des beaux-arts dans le royaume. Depuis Mellan fut choisy par le roy Louis X1Y pour graver les statues antiques et les bustes du palais des Thuilleries, comme il avoit fait étant à Rome une partie de celles de la gallerie du marquis Giustiniani. Sa manière de graver étoit plus propre qu’aucune , pour représenter ces objets , qui, étant de marbre blanc, sont susceptibles de beau- coup de reflets et d’ombres légères et transparentes, et il y a parfaitement bien réussy. Les portraits, qu’il a gravé, ne luy font pas moins d’honneur; il en a fait quantité des personnes illustres de son siècle, presque tous d’après ses desseins. 11 avoit le talent de les faire très-ressemblants et de leur donner un air animé et

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plein de vie; celuy du marquis Giustiniani est un chef- d’œuvre. A l’égard de toutes les autres pièces, tant de sujets de piété que de sujets profanes, que Mellan a gravé, si l’on en excepte quelques-unes, qui sont d’après Youet, il n’y en a presqu’aucune qui ne soit de son dessein et de son invention ; car il étoit fort jaloux de ne point travailler d’après d’autres que luy, et il avoit même tant d’inclination à dessiner et à produire que, sur la fin de sa vie, le grand âge Fempêchoit de manier le burin , i! continuoit encore à faire des des- seins, qu’il faisoit graver sous ses yeux par ses élèves.

Celuy dont je vais parler avoit deux grands avan- tages sur la plupart de ceux de sa profession , quoy

que très-habiles. Le premier , c’est qu’il n’avoit pas

seulement le don de graver avec beaucoup de grâce et d’élégance les plus beaux tableaux des plus excellents maistres, mais qu’il estoit aussi Fauteur et l’ouvrier de la plûpart des desseins qu’il gravoit : de sorte qu’on le doit regarder comme un habile graveur, et comme un grand dessinateur tout ensemble; on pourroit ajouter, et comme peintre encore, car il a peint plusieurs ta- bleaux d’un très-bon goust, et d’une très-belle ordon- nance. Le second avantage, plus grand encore que le premier, c’est qu’il a inventé luy-mesme la manière admirable de graver, dont il s’est servi dans la plûpart

(Notice de Pierre Mariette le père en tête de son catalogue ms. de l’œuvre de Mellan).

CLAUDE MELAN,

a

GRAVEUR EN TAILLE-DOUCE

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de ses ouvrages. Les graveurs ordinaires ont presque autant de tailles différentes qu’ils ont de différens objets à représenter. Autre est celle dont ils se servent pour la chair, soit du visage, soit des mains, ou des autres parties du corps ; autre celle qu’ils emploient pour les vestemens, autre celle dont ils représentent la terre, l’eau, l’air et le feu; et mesme dans chacun de ces objets ils varient leur taille et le maniement de leur burin en plusieurs façons différentes. Melan imitoit toutes choses avec de simples traits mis les uns auprès des autres, sans jamais les croiser en quelque manière que ce soit, se contentant de les faire ou plus forts ou plus foibles , selon que le demandoient les parties , les couleurs , les jours et les ombres de ce qu’il représentoit.

Il a porté cette gravure à une telle perfection qu’il n’est pas possible d’y rien ajouter, et pas un de ceux qui l’ont suivi n’a entrepris d’aller plus loin dans cette sorte de travail. Ce n’est pas qu’ils ne sceust prati- quer à la manière ordinaire des autres graveurs. 11 a fait beaucoup d’estampes à double taille qui sont très- belles et très-estimées , mais il s’est plus adonné à celle qui est simple , et c’est par celle-là qu’il s’est plus distingué. Parmi ses ouvrages dont le nombre est très-grand , il y en a un qui me semble mériter plus encore d’être admiré que tous les autres. C’est une tête de Christ dessinée et ombrée avec sa couronne d’épines, et le sang qui ruisselle de tous costez , d’un seul et unique trait , qui commençant par le bout du nez, et allant toujours tournant, forme très-exactement tout ce qui est représenté dans cette estampe, par la seule différente épaisseur de ce trait, qui, selon qu’il est plus

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ou moins gros, fait des yeux, un nez, une bouche, des joues, des cheveux, du sang et des épines; le tout si bien représenté, et avec une telle marque de douleur et d’affliction, que rien n’est plus touchant. Son oeuvre, ou le recueil de ses ouvrages, contient une infinité de pièces très-curieuses. 11 fut choisi pour représenter les figures antiques et les bustes du cabinet de Sa Majesté. Son burin réussit parfaitement dans ces sortes d’ou- vrages, qui étant tout d’une couleur, s’accommodent bien de l’uniformité de sa graveure, laquelle n’estant point croisée, conserve une blancheur très-convenable au marbre qu’elle représente.

11 avoit encore cecy de particulier , que les choses qu’il avoit gravées avoient plus de feu, plus de vie et de liberté, que le dessein même qu’il imitoit , contre ce qui arrive à tous les autres graveurs , dont les ouvrages sont toujours moins vifs et moins animez que le dessein ou le tableau qu’ils copient; ce qui ne peut venir que du goust qu’il prenoit à son travail , et de l’extrême facilité qu’il avoit de conduire son burin en la manière qu’il luy plaisoit. 11 avoit son logement aux galleries du Louvre , que son mérite seul luy avoit fait donner.

11 y est mort le 9. jour de septembre de l’année 1688, âgé de 94 ans. 11 est enterré dans l’église de Saint- Germain-l’Auxerrois.

(Les Hommes illustres qui ont paru pendant ce siècle , avec leurs portraits au naturel , par Mr Perrault, tle l’Académie françoise, t. n. A Paris, chez Antoine Dezallier, rue Saint-Jacques, à la Couronne d’Or; 1700, in-f°, p. 07-98).

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Claude Mellan, peintre et graveur au burin, naquit à Abbeville en 1601. Son père, pour lors receveur du domaine en cette ville, eut un fort grand soin de son éducation , et le voyant naturellement porté au dessein , il le mit sous Monsieur Youët , qui lui en- seigna les éléments de cet art, dans lequel ce jeune homme se plaisoit assez ; mais s’étant adonné à graver au burin , il y réussit beaucoup mieux et se lit une manière toute particulière , et l’on remarque que ce genre d’ouvrage lui étoit plus naturel que la peinture, dont il étoit entêté ; il alla à Rome en 1617, il a gravé quantité d’ouvrages, et entr’autres une partie de la gallerie Justienne et le portrait de Justinien, qui est bien recherché, aussi bien que celui de Clément Y1IÏ. Le succez de ses ouvrages lui attira l’estime de Charles II, roi d’Angleterre, qui lui fit proposer des appointemens fort favorables , au cas qu’il voulut passer dans ses Etats ; mais l’amour de la patrie se montrant supérieur à tous les avantages qu’on lui offroit , suspendit en peu de tems ses desseins ; de manière qu’étant revenu en France, il prit femme à Paris en 1654, il fit son établissement, et sa science venant à se développer avec plus d’éclat qu’aupara- vant, Sa Majesté, informée de son mérite, lui donna un logement dans les galleries du Louvre en qualité d’un de ses peintres et graveurs-, c’est qu’il con- tinua ses ouvrages , dont le goût particulier consiste dans la facilité des expressions au burin ; j’en ay donné un catalogue exact dans le second volume , c’est pourquoi je vous diray seulement qu’il a fait , entr’autres choses, une sainte Face réputée inimitable dans son caractère et dans ses parties. Elle est d’un

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seul trait en rond, commençant par le bout du nez, et continuant de cette manière h marquer tous les traits du visage , dont l’inscription latine fait assez voir par son allusion que cette pièce est unique dans sa manière; c’est ce qui Fa obligé de mettre encore au-dessous ces paroles : et non aller.

Enfin, après avoir passé sa vie dans les honneurs, dans la fortune , dans le continuel désir d’une per- fection toujours nouvelle, jouissant d’une santé par- faite toujours exempte des infirmitez ordinaires que l’âge amène quant et quant soy ; il lui fallut, pour terminer son sort, quelque accident imprévu, qui mit fin à sa vie en 1608, étant alors âgé de 88 ans.

Ses planches gravées sont passées par succession à sa femme, et de sa femme à ses neveux.

(Florent Le Comte, édit, de Bruxelles, t. m, p. 393-5).

CATALOGUE RAISONNÉ

DE

L’ŒUVRE GRAVÉ

DK

CLAUDE MELLAN.

PORTRAITS DE MELLAN.

Portrait de Mellan en buste -, il est tourné à gauche et la tête presque de face, les moustaches relevées en l’air et une épaisse royale. 11 a un col de point et à jour. Au bas sur une tablette : clavdivs mellan natione gallvs pictor et incisor Romœ superiorum pm. 1. 6. 3. 5. A doubles tailles.

H. 0,219, L. 0,152.

La planche a été réduite pour la suite d’Odieuvre (H. 0,132, L. 0,111). Au bas: Se ipsum pinxit et sculpsit clavde mellan Peintre et graveur Mort à Paris, le 9 septembre 1688. Agé de 44 ans (sic). A Paris, chez Odieuvre ... (1).

Les autres portraits de Mellan ne sont tous que des copies ou

(1) « M. Chalquois, secrétaire de M. le prince de Salin, rue » d’Enfer , possède beaucoup de planches de Leclerc et toutes » les planches de la suite des portraits de M. Odieuvre, avec un » nombre de suites complètes des premières épreuves de ces » portraits. » Joubert, Catalogue de Le Clerc, i, 142 à la note, Paris, 1774.

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des imitations plus ou moins infidèles du portrait gravé par lui -même. En voici l’indication :

Portrait de Mellan dans un cadre de pierre ovale avec son chiffre et au bas sur un appui : Claude Melan Crâneur ordinaire du Roy. Sur la planche même: Edelinck Sculp. CPR. tourné à droite. Pour les Hommes illustres du siècle de Louis XIV, par Perrault, tom. n, p. 96, édit, in-folio. 272 du catalogue d’Edelinck , dans le tome vu du Peintre-Graveur français de M. Robert Dumesnil (1).

H. 0,247, L. 0,182.

Copié plus petit et en contre-partie, c’est-à-dire avec la tête tournée à droite, par Elisabeth Marlié Lepicié. 11 est dans un ovale, et au bas : C. Mellan Pinx. El. Marlié Lepicié sculp. Et au bas, dans un appui : Clavde Mellan Peintre et graveur

à Abbeville, mort à Paris le 9 septembre 1688. Agé de 94 ans (sic). A Paris, chez Odieuvre.... H. 0,138, L. 0,097.

Portrait de Mellan tourné à droite. Au bas : Claude Melan

Konigl. Franz'ôsisches Kupfferstecher und der Acad. Di - rector. Pour une suite allemande. 11 n’est pas besoin de dire que le titre de directeur de l’Académie est une pure méprise.

H. 0,128, L. 0,108.

Dirigé à gauche dans un ovale. On lit sur la bordure : Claudius Mellan natione Gallus pictor et incisor. in-8.

(1) Un dessin à la mine de plomb exécuté par Claude Da- gommer en 17.. d’après le portrait gravé par Edelinck, in-4°, cité dans le catalogue de feu M. de *** (Pan) de Genève, 1840, in-8°, 1335, a figuré depuis à la vente d’estampes de M. Vandcn Zande, 2,955 du catalogue rédigé par Guichardot, 1855, in-8°.

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SUJETS DE L’ANCIEN TESTAMENT.

t. Le Père Eternel, debout sur un nuage, bénit Eve agenouillée à côté d’Adam endormi. Fonds de paysage: 4ï. Se Gouion ex. Au bas : le croy en Dieu le père tout puissant Créateur du ciel et de la terre. Très- mauvais-, tout- à-fait des premières manières.

H. 0,135, L. 0,091.

2. Loth entre ses deux filles ; à demi-corps. 11 tient une coupe en verre, et pendant qu’une de ses filles le tient embrassé, la seconde, qu’on voit par-derrière, met son doigt sur sa lèvre. En buste; Loth est tourné vers la gauche. En partie à double taille. Au bas:

Quid fl animas [agisse iuuat; si sœvior ignis Incesta accendit pectora casta face ?

Cl. Mellan Gallus pinx. et scalp. Romœ. sup. pm. 1629.

La planche de Mellan chez O. L. Basan (1802), 948 de son catalogue; 10 sous.

H. 0,147, L. 0,112.

Copie en contre-partie par Goyrand. Au-dessous des deux vers on lit: Cl. Mellan G allas pinx. Romœ Io. valet exud. Cl. Goyrand fecit. 1634. H. 0,145, L. 0,108. J’en ai vu des épreuves le nom de l’éditeur et de Goyran est effacé et remplacé par Contât ex.

Autre copie également en contre- partie , signée: Vienot f. a. 0,145, L. 0,109.

3. Rebeca, assise sur la mardelle de la citerne jn serviteur d’Abraham va puiser avec un seau, tient e licol d’un de ses chameaux. Une compagne de Rc- oecca va se laver le pied dans une auge boivent des

agneaux qu’un berger y pousse avec un bâton. Cum priuilegio lacobus -- Tinctorelus pinxit Cl. Mellan GalL sculp. Au-dessous du trait carré:

Connubiis auspex prœlucet flamma profanis,

Caslior hic unda conciliatur himen. Genes. XXIX.

Nobilissimo ac per Illust. Brio D. Marco -Anthonio Lu- magne (1), Liber alium artium cultori hanc tabellam de- uouet B. etc. Claud. Mellan. Quelques doubles tailles dans les ombres des accessoires.

« Si elle a été gravée en France, c’est un des pre- miers ouvrages qu’il y ait fait. » (Mar.)

H. 0,377, L. 0,426.

4. Dieu apparaissant dans le buisson ardent à Moïse respectueusement agenouillé. Wellan jn. et f. 1.6. 6. 3.

cum p. B.

H. 0,240, L. 0,335.

Il y a des épreuves ou le cum p. R. est remplacé par à Paris, chez Bligny.

(1) « Les Lumagnes sont de longtemps en possession de gé- nérosité et de courtoisie envers les hommes de valeur et de mérite, dont les exemples m’ont esté cognus, et j’ay veu sou- vent pratiquer ces bonnes qualités aux sieurs Jean André Marcantonio, Bartolomeo et Carlo , personnes recommandables de cette maison là, lesquels, manians le plus noble de tous les commerces comme le plus précieulx de tous les métaux, le font par toute l’Europe avec probité et courtoisie. » Vie du maréchal de Toiras , par Michel Baudier, 1644, in-f°, p. 231.

Cf. sur Lumagne quelques pages très-curieuses de Grosîey dans l’article sur la famille Colbert de ses Troyens célèbres, Œuvres inédites, 1812, t. i, p. 263-6. Lasne a gravé son portrait.

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5. Les Israélites dans le désert, ramassant la manne que Dieu fait tomber dans leur camp; vignette. Sur une banderole au bas à la gauche : Angelorum esca nutriuisli populum tuum, et au-dessous : Qlellan in. En haut, des caractères hébraïques dans une gloire.

H. 0,081, L. 0,112.

©. Dalila coupant les cheveux de Samson endormi sur ses genoux; sujet à mi-corps. Au bas:

Si non amplexus gustasset Sanson amoris Dalila non vires abripuisset ei.

C. Mellan G. pinx. et s. Romœ sup. pm.

« Gravé dans la manière clu portrait de Thuillier et paroist du même temps. » (Mar.)

Cette pièce,, la suivante, l’Hérodiade portant la tête de saint Jean, et la Charité Romaine, ont été faites en même temps et comme suite.

La planche chez H. L. Basan (1802) 917 du catalogue. 5 sous. H. 0,152, L. 0,112.

7. Judith s’appuyant sur la tête d’Holopherne et tenant de l’autre main une épée ; sujet à mi-corps. Au bas :

Pudica vincit impudicum dextera,

Pia impium necat, ebriosum sobria.

Virginia de Vez zo pinx. Cl. Mellan Galï . s. f. Romœ.

La planche chez H. L. Basan (1802) 917 du catalogue. 5 sous. H. 0,148, L. 0,108.

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SUJETS DU NOUVEAU TESTAMENT.

8. L’Annonciation.

La Vierge est assise sur ses talons au milieu de l’es- tampe; l’Ange, agenouillé à gauche sur les nuages et tenant un lys, semble remonter au ciel. Au-dessus de la tête de Vierge, le Saint-Esprit et le Père Eternel. A droite on aperçoit par la porte un paysage. À gauche: Qlellan in. et sc. 3666 ™~ cum pr. R. Sur un papier: Ecce virgo concipiet - et pariet [ilium et voca- bitur nomen eius Emanuel Isaiœ b. 7. Au bas de la droite, une pierre, sur laquelle les armes de la maison de La Tour d’Auvergne, écartelées aux 1 et 4 semé de France à la tour d’argent, au 2 d’or à trois besans de gueules, au 3 de gueules à trois bandes d’or; sur le tout parti au 1 d’or à un gonfanon, au 2 de gueules, à la fasce d’argent ; comme cimier, la mitre et la crosse.

état. Les armes y sont tout-à-fait effacées et la date à peine visible.

H. 0,356, L. 0,474.

9. L’Adoration des Bergers. La Vierge, à genoux, montre l’Enfant Jésus, rayonnant et adoré par des anges, à un berger, les genoux et les mains en terre. A droite, un autre berger debout. A gauche, dans le fonds, est saint Joseph auréolé et tenant son chapeau à la main.

En bas: Peperit [ilium Luc. 2. Mellan seul . Pour

le bréviaire de Meturas.

H. 0,153, L. 0,096.

1©. La Vierge assise tenant l’Enfant Jésus entre ses bras et lui montrant une rose, d’après Vouet. Sujet à

mi-corps. Au bas: Sicut Rosa inter spinas; sic arnica mea inter filias Simon Vouet P. pinx. cum priuilegio Cl. Mellan G. scalp. 1.6. 3. 8.

1er état. Avant toute lettre.

H. 0,200, L. 0,160.

« J’en ay veu deux planches, une qui estoit certainement de » Mellan, et une autre si parfaitement copiée que, si on ne le » regardoit avec la plus grande attention, il seroit très-facile » de s’y méprendre. Je crois au reste cette copie de Daret. » L’écriture qui est au bas est son caractère. » (Mar.)

11. La Vierge, assise sur une pierre à côté de pié- destaux ruinés , tient sur ses genoux l’Enfant Jésus. Fonds de paysage à gauche avec un pont. Au bas de la droite : Qîellan inuen . et sc. 1659— C. P. R.

H. 0,317, L. 0,372.

12. La Vierge assise au pied d’un arbre brisé: elle

tient l’Enfant Jésus sur ses genoux; elle a les mains jointes et la tête baissée. A droite, sur une pierre, des

armes, écartelées au 1 et 4 de à un arbre accom-

pagné de trois roses deux et une, au 2 et 3 d’azur, à un levrier courant en chef, à une coquille entre deux étoiles de cinq rais rangées en fasce et à trois losanges rangés en pointe. A côté des armes : C. Mellan G. inuen. et sculp. cum privilegio.

1er état. Celui décrit.

T état. Les armes effacées et remplacées par des tailles figu- rant des accidents de la pierre. L’épreuve avant les armes qu’indique Paignon-Dijonval n’est peut-être que de cet état.

Il y a des épreuves de la fin du dernier siècle avec l’adresse : à Paris chez Bligny Cour du Manège aux Thuilleries.

H. 0,243, L. 0,350.

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AS. Sainte Famille ; la Vierge assise tient debout l’Enfant Jésus auquel saint Joseph agenouillé offre un lange. On aperçoit à gauche l’âne mangeant dans l’é- curie. Sur une pierre plate placée à gauche, les armes suivantes: au 1 et 4 de onze billettes posées quatre, trois et quatre qui sont Beaumanoir-Lavardin; au 2 et 3 contrécartelé, au i et 4 d’un lion rampant, au 2 et 3 de deux fasces, avec sur le tout un écu de deux ours passant. Au-dessous : carolo de beaumanoir episc.

CENOMANEN. REGIS A SUPREMIS CQNSILI1S etc. CL. MELLAN OB5ERVANTIÆ MOM3IEMÜI D.D.D. Au bas .*

Romœ sup. pm 1635. Claude Mellan Galï . et pinx. et sculp .

l8r état. Sans les armes.

2e état. Celui décrit.

état. Cum privilegio Regis ajouté après le nom.

4e état. Les armes effacées, et des tailles sur la pierre.

C’est cette pièce qui a été copiée en 1645 par Nanteuil pour sa thèse de philosophie. Cf. Robert-Dumesnil, tome iv, p. 50). H. 6,218, L. 6,360.

14. Sainte Famille; la Vierge tient l’Enfant Jésus entre ses genoux ; à terre , une croix et des épines éparses. Bans le fond on aperçoit par une porte Joseph sciant une pièce de bois , et plus loin un laboureur. Dans une bordure octogone avec des sujets dans les coins : à gauche , Aaron en grand prêtre , la croix élevée par Moïse avec le serpent d’airain , Salomon sur son trône ; à droite, un homme nu assis regardant un arbre, sans doute Adam, la croix dressée, et un homme marchant les mains jointes et les yeux au

Ciel. ÆTERNÆ RATIONIS PAREXTI VIRTVTIS EXEMPLO

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DIVINARVM RERVM CONSORTÏ. Qîellan in et f. cum

p. R. (d).

1er état. Avant l’inscription et le cum prioilegio ; avant aussi, clans les petits sujets, le serpent et la croix dressée, et, dans le fond du grand sujet, les ligures de saint Joseph et du laboureur.

II. 0,24 d, L. 0,346.

>■

15. Sainte Famille. La Vierge est assise sur une pierre et tient l’Enfant Jésus debout entre ses genoux. Sur cette pierre : C. Mellan G. in. et s. Saint Joseph est debout, appuyé derrière une autre pierre, sur laquelle

des armes, de à trois nèfles (?) posées deux et une,

sous un chef chargé de trois étoiles. L’écu est surmonté du casque de gentillhomme.

1er état. Celui décrit.

état. Les armes effacées et remplacées par des tailles. L’état avant les armes de Paignon-Dijonval est peut-être celui-ci.

Le musée des dessins du Louvre en possède une copie à la plume par Overlaet.

H. 0,215, L. 0,298.

t@. L’Enfant Jésus couché sur un lit de paille et entouré de chérubins dans des nuages. Il considère une croix, et le sol de la chambre est semé de petites croix. Qîellan in. et s. 1662 cum p. R. Et plus loin : A PARIS Aux Galleries du Louvre.

1er état. Avant l’adresse et avant toute espèce de croix. Paignon- Dijonval en avait quatre épreuves avec différences.

H. 0,440, L. 0,287.

(1) La Vierge et l’Enfant Jésus ont été tirés de cette estampe et copiés en buste et avec quelques modifications, dans un ovale avec un fond à tailles croisées, par Blootelingh. En bas, sur un cartel, on lit: Mellaen in. A. Blootelingh excu: (H. 0,197, L. 0,133).

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17. Le buste de la Vierge tournée à droite, dans un ovale entouré de rayons. Au-dessous sur un papier:

MATER REGIS ANGELORVM MATRIS REGIS GALLIARYM CONSOLATRIX IX C LIT A

C. Mellan G. pinx. sculp. et addictissimus subditus piœ utrique matri dicat. cum privilégia Regis.

H. 0,446, L. 0,289.

18. Buste de Jésus enfant tourné à gauche , dans le même ovale entouré de rayons. Au-dessous sur un papier :

PVER IESV REX COELORVM PVERVM REGEM GALLORVM LVDOVICVM PROTEGE.

Summo utrique puera ac Régi îesu et Ludouico C. Mellan G. P . et seul. I). C. P. R.

H. 0,437, L. 0,288.

19. Buste de saint Joseph dans un ovale. Au bas sur un papier :

IO SE PII CHRISTS XVTRITSE PROLEM FOECVXDAM ÏMPETRA MARGARETÆ LOTIS ARÎNGIÆ

Serenissœ. Âurelianorum Duci D. 1) . C . Mellan.

H. 0,440, L. 0,290.

*2$. Buste de grandeur naturelle de Jésus-Christ homme, et donnant la bénédiction. Au bas : C. Mellan pinx. et F. adorate domixvm omxes saxcti eivs. Ps. 96. Cum Pr. R. 1652.

H: 0,422, L. 0,316.

2 t. Buste de la Vierge de grandeur naturelle, et les mains croisées sur sa poitrine. On lit au bas : Cl. Mellan G. pinx. et seul. salvtatë ma ri a m qvæ MVLTVM LABORAVIT IN VOBIS. Paul dd R. JO. CUÏÏI priuil. R. 1650.

H. 0,420, L. 0,318.

! 5

I

22. Le Christ au Jardin des Oliviers. Au-dessous de l’épée de saint Pierre , endormi sur le premier plan , on lit la dédicace : Illustriss. B. Gaspardo de Bâillon duLude Episc. Albiensi (1) in obsequij monumentum V. B. B. Claud. Mellan. Sur le tronc d’un arbre : cum priuilegio Cl. Mellan Galï . inuen. et sculp.

1er état. Avant la dédicace (Paignon-Dijonval).

H. 0,438, L. 0,286.

28. La Vierge dans la douleur, debout devant un gros pilier carré. A droite dans le fond , on voit le Christ présenté au peuple. De l’autre côté, mais plus en avant, saint Jean, joignant les mains, s’éloigne de ce spectacle: cum p. R. Qlellan inu. et f. 1685.

H. 0,435, L. 0,29 j.

24. Le Christ, nu et couronné d’épines, est traîné par les soldats. Des anges le suivent en recueillant à terre le sang tombé de ses plaies ; dans les rayons qui entourent sa tête , on lit , en lettres blanches :

PATER IGNOSCE ILLIS NON ENIM SCIVNT QVOI) FACIVNT.

Qîellan j pinx. et sculp. 1659 Parisijs cum

(1) « Gaspard de Daillon du Lude, évêque d’Àlby, mort en 1676. » (Mar.)

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pr . R. La dédicace au surintendant Foucquet est gravée sur une planche séparée; des deux côtés de ses armes, un écureuil rampant, l’inscription: illvstmo viro d. n. fovcqvet - Regis in supremo senatu procuratori Generali et sumrno regij œrarij prœfecto obsequentiss . seruus Qîellan I). B. C.

1er. état. Avant la dédicace. H. 0,450 , L. 0,300. Paignon- Dijonval en avait trois épreuves avec différences. La planche chez II. L. Basan (1802), 953 de son catalogue; 20 sous. Je connais des épreuves de Parmoirie du milieu de la planche de la dédicace; elle en avait été coupée pour faire une armoirie séparée ; on en reconnaît très-bien l’identité, parce qu’on voit encore de chaque côté le commencement et la lin des deux der- nières lignes, mais effacées. Dans cet état: H. 0,038, L. 0,127.

25. La sainte Face de Jésus-Christ imprimée sur le linge de la Véronique. La tête est couronnée d’épines; les yeux sont ouverts ; les moustaches et la barbe di- visée en deux sont courtes; les cheveux tombent des deux côtés. Au bas du linge on lit en grandes lettres : formatyr vnicvs vn a ; et au-dessous du linge dont le coin inférieur gauche se relève un peu: QIellan g. p. et f. 4649 in ædibvs reg. Enfin, au-dessous et en lettres plus fortes que ces dernières : non alter.

H. 0,428, L. 0,315. 028 de la 3e partie du ca- talogue de Mme veuve Jean.

C’est l’abbé de Marolles qui a trouvé cette heureuse inscrip- tion, et nous transcrirons ici un passage de ses Mémoires. Il parle des inscriptions de son invention qu’il rappelait dans une con- versation avec un certain Monsieur Clément, conseiller d’Etat et intendant de la maison du duc de Nemours : « Mais en voici encore une antre, qui ne lui déplut pas, pour une admirable tête de Christ, gravée d’un seul trait par Claude Mellan, For-

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i

maturque unicus una, faisant allusion à la beauté du Fils unique du Père Eternel d’une Vierge, et à la seule ligne spirale, dont le peintre artiste a si bien dessiné le portrait, avec cet autre | mot écrit encore au-dessous : Non alter , parce qu’il n’y a per- i sonne qui ressemble à ce premier des prédestinés , et que le graveur de cette image en a tellement fait un chef-d’œuvre qu’un autre auroit de la peine à l’imiter pour en faire autant. »

! Ed. in-12, Amsterdam, 1755, tome , p. 105.

Nous connaissons trois copies de cette sainte Face. L’une est italienne; à la place des inscriptions de celle de Mellan, on y lit cette dédicace en deux lignes : all’ ill™° et eccmo sigre il SIGR PRENCIPE HERCOLE THEODORO TRIVULTIO etc. A gauche on lit: mellan inve; à droite, la signature de l’artiste; mais l’épreuve que j’ai eue sous les yeux (H. 0,352, L. 0243) était telle- ment fatiguée que je n’ai pu la lire. J’y ai cru voir esaie..., mais je n’en suis pas même sûr. L’autre est signée mellan in. dvdesert. scvlp. 1735. Elle n’est pas sans mérite.- Enfin, la dernière (H. 0,423, L. 0,315) a été faite en Angleterre. On lit au bas de la droite : « Printed for Rob‘ Sayer, 53, Fleet Street » en caractères semblables à ceux d’imprimerie. Je remarquerai qu’en copiant le mot in ædirvs reg, le graveur, lisant mal, a plutôt mis neg que reg. J’ajouterai que l’on connaît avec Vexcudit de M. Kusel un buste de Jésus-Christ couronné d’épines (H, 0,375, L. 0,252), traité avec une taille circulaire inspirée par la sainte Face de Mellan.

'

26. Le Christ en croix. Au bas , sur la planche même: C. Mellan G. pinx. et sc. 1647 Cum priu. Reg. Au-dessous de la planche : dédié av roy très

CHRESTIEN DE FRANCE ET DE NAVARRE LOVIS XIIII.

Par son très humble et très fidelle subiet C. Mellan. Aux G aller ie s du Louvre.

11 y a des épreuves avec différences dans la tête du Christ.

H. de la planche 0,825, L. 0,553.

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27. Adam et Eve, nus et couchés au pied de la croix, dont le bois est entouré de nuages. Qîellan inuen. et sccul. cum. pr. R . Sur une banderole : ipse

ENIM EST PAX NOSTRA QVI FECIT VT II AQ VE VNVM. Eph.

cap. 2, et, sur une sorte de pierre tombale arrondie par le haut et appuyée contre le bas de la croix ; audi Israël Biliges Bominum Beum tuum ex toto corde tuo - et in tota anima tua et in lola mente tua. A gauche du pied de la croix se voit le serpent, et, à droite, la Mort, sous la forme d’un squelette, qui se sent vaincue et s’éloigne. Adam et Ève tiennent chacun une pomme. Quoique la pièce précédente ait au bas un trait carré et une légende, celle-ci n’en a pas moins été faite, sans doute après coup, pour l’ac- compagner et ne faire qu’un avec elle.

H. 0,365, L. 0,572.

28. Le Christ expiré sur la croix, qui est en forme de T. Sur l’écriteau, les trois inscriptions. Au pied de la croix, on voit: à droite, la Vierge et saint Jean debout , et à gauche , la Magdeleine agenouillée. Au fond, à gauche, deux personnages et une muraille ruinée au haut de laquelle des gens regardent. Au bas de la gauche : Tibi Vincenti Justiniane Bassani Marchio imaginem hanc Redemptoris nostri mea nuper industria ita delineatam scalptamq. et pictam grciti animi in te mei ergo B. B. B. Claudius Mellan Galt . cum priuilegio Regis. Romœ sup. pm. Quelques ombres à double taille.

H. 0,394, L. 0,280.

Le Christ de cette composition, reconnaissable à ce qu’il a les jambes plus ployées qu’aucun autre gravé par Mellan, à ce

qu’il est couvert de gouttes de sang et à ce qu’il a pour fond un rempart, a été copié maladroitement et en plus petit, avec les inscriptions : G. melan in. Vallet rue St. Iacques au Buste de Louis 14 Æaris auec priuil, (H. 0,260, L. 0,190).

Le Christ sur une croix en forme de T, la tête penchée sur son épaule droite 5 sur Pécriteau : Iesus Nazare - Rex Judeorum. Au bas , la Magdeleine à genoux serre la croix dans ses bras ; à gauche , un tronc d’arbre; fond de montagnes avec un château. Dans le bas : C. Mellan G. inu. et f . cum priuilegio.

1er état. Avant les armes.

2e état. Avec les armes, parties : à dextre, d’argent à un pal de gueules accompagné, au canton dextre du chef, d’une tierce- feuille ; à senestre d’azur à un roc d’argent posé en chef.

3e état. On a gravé au bas ce quatrain :

O du plus rare amour sacrifice éclatant!

De Satan foudroié quels sont donc les prestiges! Admirons à la fois et pleurons deux prodiges:

Un Dieu mort sur la croix et l'homme impénitent.

Piron.

JParis chez Odieuvre Md d'Estampes Quaxj de l’Ecole vis-à-vis le coté delà la samaritaine à la belle image.

La planche chez H. L. Basan (1802, 946; 10 sous).

H. 0,179, L. 0,127.

3®. Le Christ en croix. La croix est en forme de T: il a la tète penchée sur son épaule gauche, et Pécriteau porte les lettres inri. Au bas : C. Mellan in. et sc. 1665 cum p. R. Fonds de nuages.

Le Cabinet des Estampes en possède une magnifique épreuve i d’essai. Les bras de la croix ne sont pas terminés ; le fonds et

l’écriteau sont blancs; les mains, les pieds, tout le flanc, la partie de la draperie qui flotte, ne sont qu’indiqués.

II. 0,160, L. 0,102.

an. Jésus-Christ conduit au tombeau. Sur le second plan, les disciples le portent sur une civière-, tout au fond , le Calvaire ; sur le devant , deux tombes qui s’ouvrent et des morts qui se réveillent. C. Mellan inu. et sc. 1678. Sur le couvercle du tombeau ou- vert : Terra mola est et pelrœ scissœ sunt et monumenta aperta sunt et multa corpora sanctorum, qui dor- mierant, surrcxerunt. Mat. XXVII cap. cum pr. R.

H. 0,445, L. 0,290.

J’ai vu, à la Bibliothèque de Versailles, cette même compo- sition ayant seulement de hauteur 0,295 et de largeur 0,214. Elle était sans nom ; mais bien qu’on y lise écrit à la main : Qlellan F. et excud ., je ne voudrais pas affirmer que ce ne soit pas seulement une copie réduite, faite sous sa direction.

32. Le corps du Christ mort étendu sur son tom- beau, derrière lequel la Vierge debout. Dans le fonds, groupe de disciples et de saintes femmes dans la dou- leur; sur le tombeau: factvs obediens vsqve ad mor- tem. A droite : cum pr. R. Sur une pierre : C. Mellan Gai! inueni. et seul. 1683. Le Christ est très-beau, mais la Vierge est toute de pratique et de procédé.

H. 0,432, L. 0,322.

33. Jésus-Christ ressuscitant; il est à moitié assis sur le bord de son sépulcre et se débarrasse de son linceul ; sur le tombeau : ber se resvrgens. Sur une pierre : <Mellan G. jnuen. et seul. 1683. cum

93

pr. R . Dans le fonds, quelques figures qui paraissent sortir aussi de leurs tombeaux.

H. 0,447, L. 0,288.

34. La Résurrection du Christ. Le Christ s’élève au

milieu de nuages lumineux. Deux soldats s’enfuient avec terreur; un troisième est renversé à terre. Dans le fond, les saintes femmes viennent au sépulcre. Au bas : Surréxit Dominas de sepiilcro. Prœ timoré autem eius extèrriti sunt custodes. Mellan , sculp. Se Gouion. ex. Pour le bréviaire de Meturas.

H. 0,154, L. 0,095.

35. Le Christ dans un nuage, apparaissant après sa résurrection à la Vierge agenouillée à son prie-Dieu : ftf. Au bas : Desiderium cordis eius tribuisti ei. Psal. 20. Pour le bréviaire de Meturas.

H. 0,135, L. 0,094.

3©. Le Christ avec sa croix et le Père Eternel avec

la boule du monde, sont assis sur les nuages et tiennent une pyramide triangulaire. Le Saint-Esprit voltige au- dessus. Ovale dans un carré dont les coins sont occupés par des fleurs. Sur le sujet: S. Gouyon ex. Et sur la bordure blanche de l’ovale: C. Mellan. Inue. et Sculp. Pour le bréviaire de Meturas.

Il y a deux autres sujets: l’Ascension (H. 0,140, L. 0,088) et la Pentecôte (H. 0,140, L. 0,090), qui sont de cette suite, qui ont l’excudit de Gouion, mais sans le nom ni la marque de Mellan.

IL 0,140, L. 0,087.

94

SAINTS.

@^-44. Huit pièces de la première manière de Mellan pour une suite d’apôtres in- 12.

4. Le Christ, debout dans une vesica piscis de nuages, tenant la boule du monde et bénissant, salvator mvndï. 1 Pater nosier qui es in cœlis , Sanctificetur nomen tuum , etc . C. Mellan f. I. Messager ex.

2. s. petrus 2 Credo in Deum omnipotentem creatorem cœli et terrœ.—î. Messager ex. Sur la gravure: Qdellan. f. Le Credo, qui commence au bas de S. Pierre, se continue sous les onze autres apôtres , et le fonds de chaque pièce offre le martyre de chacun. A toutes, sauf aux nos 7 et 40, se trouve l’excudit de Messager.

Le 3, saint André, n’est pas signé.

4. s. ïacobvs major Qui conceptus , etc. 4 C . Mellan fec.

.5. s. ioanaes 5 Passas , etc. C. M.

6. s. thomas - Descendit ad in fer os , etc. 6 Mellan f.

7. s. bartolomævs 7 Âscendit ad cœlos, etc. -<k.

Les nos S et 9 , saint Philippe et saint Jacques le

Mineur, sont de Picquet.

40. s. mathævs 40 Sanctam Ecclesiam , etc. C. Mellan. fecit.

44. s. simon 4i Remissionem peccaiorum, etc.

C. Mellan. fecit .

Les nos 42 , 43 et 44, saint Jude , saint Mathieu, et saint Paul, qui a pour légende une paraphrase de ses épîtres , sont de Picquet.

« Nous en avons les planches. » (Mar.)

H. 0,402, L. 0,064.

95

45-48. Suite de douze apôtres représentés à peu près à mi-corps dans des ovales. Les coins du carré qui enferme cet ovale sont occupés par des fleurs. Huit sur les douze ont Pexcudit de Gouion 5 quatre | seulement sont signés de Mellan. Ce sont, saint Paul : Mellan f. Gouion ex.; saint Jude avec une équerre: Mellan s. S. Gouion ex. ; saint Philippe avec sa croix et son livre: C. Mellan Fecit. Se. Gouion ex c.; et saint Simon avec la scie, instrument de son supplice: C . M. Gouion ex.

H. 0,080, L. 0,060.

49. Saint Alexis couché et mort au pied des degrés de l’escalier de son père. Un jeune homme le regarde du haut d’un perron de cinq marches -, deux hommes qui sont au bas le regardent aussi avec attention. Dans le fond on aperçoit , par une porte , des moines qui arrivent, croix en tête. Au bas : s. alexivs romanvs C. Mellan G. jn. et f. 1649.

2e état. Avec les mots curn p. R. au bas de la droite.

La planche chez H. L. Basan (1802), 957 du catalogue; 20 sous.

H. 0,432, L. 0,314.

J’en ai vu, au British Muséum, une copie en contre-partie I la tête du saint est à droite et les pieds à gauche. Elle est moins haute et presque aussi large, ayant H. 0,407 et L. 0,312, dimensions qui sont celles du cuivre. La tête du jeune homme

sur l’escalier touche presque le haut de la planche.

_

5©. Saint Ambroise refusant l’entrée de l’église à l’empereur Théodose.

Le saint , en habits épiscopaux et debout sur le seuil de l’église , arrête de la main Théodose qui a

96

déjà le pied sur la première marche ; l’empereur est suivi de quelques personnages , et le saint de deux acolytes. Au fonds de la gauche , une sorte de place avec des maisons. Au bas sur un papier : apostolici vigoris exemplar , et au-dessous : cum pr. B. C. Mellan GalV . inve. et seul. 4681.

H. 0,434, L. 0,296.

51. Saint Augustin et saint Victor.

Sur le devant est agenouillé un chanoine de S. Victor en robe, tenant un bonnet dans ses mains, ayant sur le dos un manteau de fourrure en pointe, la tête nue et tonsurée. Un peu plus loin, à droite, un petit Enfant Jésus nu , assis par terre , semble montrer à saint Augustin, auprès duquel il se trouve, un trou fait dans la terre (i). Ce saint, qui a à ses pieds une mitre, est vêtu en évêque ou en cardinal j il tient à la main un coeur surmonté d’un triangle lumineux. Saint Victor, qui est à côté , est représenté en guerrier , avec la cuirasse et le manteau, la tête ceinte d’une couronne de perles, appuyé d’une main sur un bouclier et tenant de l’autre une lance garnie d’un étendard chargé d’un rais d’escarboucle de huit rayons fleurdelisés. Signé /. le Grain Poil inu. C. Mel. A double taille et de sa première manière.

(1) Allusion au récit légendaire de saint Augustin se raillant d’un enfant qui, sur le bord du rivage, avait creusé un trou pour y faire entrer Pe.au de la mer. C’était l’Enfant Jésus qui voulait donner au saint une leçon d’humilité sur sa prétention de com- prendre le mystère de la Trinité. Les Espagnols ont souvent traité ce sujet , et Murillo en a fait l’un de ses plus beaux

tableaux

97

« Tête de livre in 12, de la règle des chanoines réguliers de saint Victor. » Mar.

H. 0,094, L. 0,057.

5%. Saint Augustin dans le jardin d’Alippe. 1660. il est tourné à droite, agenouillé sur une pierre, et joint les mains en élevant la tête vers le ciel ; c’est le moment il se convertit. A côté de lui un tronc d’arbre , et à la gauche un pasteur avec un homme appuyé contre une balustrade. Au bas, sur un papier à gauche : dolores animæ salvtem partvrientis , et sur un papier à droite : Deus vita mea et lumen cordis mei, qui fugientem te persecutus es, et oblitum tuj non es oblitus. Confess. L. 13. Au-dessus , sur une pierre : 1660 Qlellan inu. et s. cum pr. R.

H. 0,433, L. 0,287.

Petite copie en contre-partie le saint est tourné à gauche; le graveur, qui pourrait être Bazin, a mis seulement Cl. Mellan jnuentor. Au-dessous, mais d’une autre gravure : Malbourê ex. La banderole a été reproduite, mais sans l’inscription Dolores... H. 0,249, L. 0,160. Il y en a des épreuves avant le nom de Malbourê.

53. Saint Benoît, vêtu de la robe noire, à genoux sur les nuages et les yeux tournés vers un globe lu- mineux et rayonnant. Au bas de la gauche , sur un papier : Eminentissimo Principi Julio Mazarini. -- S. P. E. Card. in obsequij monumentum D. D. Cum priuilegio. C. Mellan G. inuen. et sc.

état. Les deux lignes de la dédicace à Mazarin sont rem- placées par ces deux autres : cognitus est in verbis suis

FIDEUS QUIA. VID1T DEUM LUCIS. Ecclj. 46-18.

état. 11 ne reste plus que le privilège et le nom du graveur.

7

os -

H. 0,44*2, L. 0,288.

Il y en a une copie un peu réduite et sans aucune inscrip- tion. Elle est en contre-partie , le globe y étant en haut de la droite. (H. 0,343, L. 0,285).

54. Saint Bernard.

11 est à genoux et tourné à droite, vers un crucifix assez grand et planté en terre, les mains écartées et son capuchon renversé derrière sa tête nue. A gauche, un massif de pierre, sur lequel un encrier dans lequel une plume ; fonds d’arbres et de paysage , au milieu duquel une église. Au pied de la croix, un livre ou- vert avec ces lignes, dont les deux premières ne sont pas terminées à cause du bord de la gravure : Hœc sfy familiar apparet . Hœc mea sublimior Philo- sophia scire lesum et hune crucifixum in C canticoru serm. 43. Au bas, à droite, sur une pierre: IUmo Ecclesiœ Principi Fraticisco de Servien Bajocen- sium Episcopo opiiine de se merito grati animi mo- nimentum D. D. Qylellan inuen. et f. Et sur une autre pierre : cum p. R.

H. 0,434, L. 0,286.

1er état. Avant la lettre (Paignon-Dijonval).

T état. Avec la lettre (Paignon-Dijonval).

3e état. Avec la dédicace; c’est celui décrit.

4e état. A la place de la dédicace : volvptates animæ

SALVTEM SITIENTIS.

55 -58. Saint Bernard (Suite de quatre pièces en largeur sur l’histoire de).

55. Saint Bernard prêt à passer l’habit à un jeune religieux agenouillé devant lui , et accompagné d’un autre novice aussi à genoux. La crosse de saint Ber-

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nard est derrière lui et appuyée contre un mur percé d’une l’enêtre grillée. A droite , fonds de paysage dans lequel une croix surmontée de cinq étoiles 5 ce détail est expliqué par l’inscription d’une banderole placée près de la tête de saint Bernard : Multiplicabo semen tuum sicut stellas. Gen. 22. Au bas : Qîellan in. et s.

H. 0,230, L. 0,347.

5G. Saint Bernard prenant par le bras un religieux qui semble s’éloigner d’une assemblée que l’on voit à gauche , et h laquelle il parait vouloir le ramener. Qlellan inu. et s.

Mariette l’appelle Abailard conduit au concile de Soissons par saint Bernard.

II. 0,232, L. 0,331.

57. Saint Bernard donnant sa règle à des religieux qui la reçoivent à genoux ; il en tend le livre à un religieux agenouillé à droite, qui doit être le supé- rieur, et lui montre d’autres religieux à gauche. Sa crosse est à terre auprès de lui. Qtlellan in. et f.

H. 0,235, L, 0,337.

58. Saint Bernard tenant une hostie et prêt à la donner à un homme qui accourt vers lui à toutes jambes, poursuivi qu’il est par des soldats. Derrière saint Bernard, un jeune acolyte tenant un cierge et un saint personnage les mains jointes. Qlellan in. et s.

Mariette l’appelle : Saint Guillaume, duc d’Aquitaine, converti par ledit saint Bernard.

H. 0,243, L. 0,337.

J 00

5®. Saint Bruno.

îl est agenouillé dans une grotte, à côté d’un autel de pierre sur lequel un crucifix et un livre ouvert. Une lumière céleste l’illumine; à ses pieds, sa mitre et sa croix. À droite, par l’ouverture de la grotte, on aperçoit le comte Beranger chassant le cerf. Au bas :

S. B R VN O SAC11I ET INVIOLATI ORDIMS CA11T VSIENSIS

patriarcha Venerandis et antiqua pietate celeberrimis Patribus Religiosis Carlusiœ Parisiensis dedicabal Cl. Mellan inuentor et sculptor anno 1620.

H. 0,188, L. 0,141.

60. Saint Bruno à genoux dans une grotte et ayant auprès de lui un chien. Dans le fonds, plusieurs Char- treux. Sur une pierre, la dédicace : eminm.° et kmo caiid.

LVGDVNENSI ALPIIONSO LVD° PLESSIACO DE RÎCHELIEV ARCHIEP. COMITI LVGDVN. PRIMATI. AG MAGNO GALL.

eleemosynario. Claud. Mellan G. inuen. et sculp. D. D. D. Cum priuilegio regis.

2* état. Au-dessus de la dédicace , on a ajouté les armes bien connues de Richelieu, trois chevrons de gueules.

3e état. La dédicace effacée.

J’ai vu des épreuves avec les armes et la dédicace, mais sans le cum privilegio regis; elles m’ont paru tout-à-fait modernes, et je ne serais pas éloigné de croire que l’inscription aura été regravée.

« Vigneul Marville, dans ses Mélanges d’histoire et de litté- rature, édit, de Paris, 1715, t. i, p. 255, dit que la tête de ce saint Bruno gravé par Mellan est le portrait de Christophe Du Puy, chartreux, frère aîné de M. Du Puy, et qui est mort prieur de la Chartreuse de Rome, aparemment Mellan l’avoit connu. » Mariette.

H. 0,445, L. 0,293.

101

61. Saint Caietan, fondateur des Théatins.

Il est à genoux , tourné à gauche et tenant dans ses bras l’Enfant Jésus que vient de lui remettre la Vierge ; celle ci est à gauche et debout sur des nuages qui entourent une partie de ses jambes. Au bas, sur un papier : b. caietan vs Thienœus Vincent. Fund. Cler. Reg. vulgo Theatinorum. C. Mellan in. et s. C. P. R.

2e état. Avec une autre ligne d’écriture, après la précédente et avant le nom : Quoniam tu Domine singulanter in spe, corn stituisti me. P. 4.

H. 0,445, L. 0,285.

62. Saint Charles Borromée.

Il est debout, vu de face et un peu tourné à droite, la mitre en tête et en costume d’officiant, ayant la crosse à la main et bénissant de la main droite. Dans le fond, un autel. Signé Qîellan. Et au bas: s. carolvs

BORROM. PALLIO ARCHiEP. ORNAT VS.

H. 0,162, L. 0,100.

La pièce indiquée par Paignon-Dijonval : saint Stapin, debout, revêtu d’habits sacerdotaux et donnant la bénédiction , nous paraît devoir être la même que celle-ci.

63. Saint Charles Borromée, debout, vu à mi-corps, de profil et tourné à droite, les mains jointes, devant un crucilix posé sur une table et ayant à ses pieds un livre et le bonnet du saint. Sur la pierre qui parait porter le crucifix: (Mellan , et sur la table: C. P. R.

La planche chez H. L. Basan (1802) 955 de son catalogue; 10 sous.

« Je ne le crois que de son dessein et gravé sous sa cou duite. » Mariette.

H. 0,170,

L. 0,130.

102

©4. Saint Claude.

11 est à genoux et tourné à gauche, les bras posés sur un livre ouvert sur une pierre carrée portant une croix devant laquelle il prie. Sur cette pierre : vnica sollicitvdo animæ cælum ambientis. Derrière cette pierre, le piédestal d’une colonne brisée, à côté de laquelle une tête de mort. À droite, un rocher avec des arbres et une petite chute d’eau. Au bas de la droite : clavdivs episcopatvm diuinitus acceptum diuinitus fugit, et plus bas: cum p. R. Qlcllan jn. et F. \ 664.

H. 0,445, L. 0,280.

Copie arrangée et détestable, au bas de laquelle on lit: Stl,s Claudius Episcopus in Solitudine Meditans. Claudius Mellan Pinxit 131. De la fin du xvii0 siècle. H. 0,227, L. 0,183.

©5. Saint Denis l’aréopagite.

Le portrait du saint en buste, avec la légende cir- culaire X VERA x SAN CTI X DIOIMYSII X AREOPAGITÆ X

effigies + H est encadré d’une large bordure de fleurs; deux petits anges, au-dessus desquels l’IHS dans un nuage, tiennent une couronne de feuilles au-dessus de cette bordure. Aux deux bouts de l’hémicycle fleurdelisé en avant duquel est posé le médaillon, et, par suite, des deux côtés de celui-ci, se voient à gauche saint Michel avec l’inscription : tvtelaris galliæ , et à droite saint Louis avec l’inscription: patronvs galliæ. Au bas de l’estampe , au-dessous du médaillon de saint Denis: apostolvs galliæ (1). La planche du médaillon

(1) C’est une erreur de confondre saint Denis , l’apôtre de Paris, avec saint Denis l’aréopagite. Sur cette question souvent

103

est distincte de la composition de Mellan faite pour l’encadrer, et l’on aperçoit très-bien les bords de la planche. Elle est encore bien plus sèche de faire et n’est certainement pas de Mellan. 11 a signé aux pieds de saint Michel: Cl. Mellan fecit.

H. 0,230, L. 0,278.

66. Saint Dominique et sainte Catherine de Sienne aux pieds de la Vierge.

Ils sont tous deux agenouillés des deux côtés de l’estampe ; ils tiennent un lis , et le saint a auprès de lui un chien tenant une plume. La Vierge, assise sur des nuages , tend un rosaire à saint Dominique. Un petit ange couronne la Vierge et un autre l’Enfant Jésus. Fonds de paysage. C. Mellan f. Se. Gouion ex. Des premières manières.

H. 0,126, L. 0,157.

67. Saint Dominique.

11 est représenté de face et marchant; il tient d’une main un livre qu’il lit, et de l’autre un lis. Derrière lui, un petit chien assis tient une petite torche dans sa gueule. Fonds de paysage. Sur un tronc d’arbre coupé : C. Mellan fe. Au bas : Prœco novus, et cœlicus missus in fine sœculi , pauper fulcit Dommicus forma prœvisus catuli (1). Michel v lochem ex. Ces derniers mots d’une gravure postérieure. A double taille.

débattue, et pour citer un auteur contemporain de Mellan, je renverrai aux Mémoires de l’abbé de Marolles, dans sa seconde partie contenant ses entretiens avec quelques-uns des plus sa- vants hommes de son temps; éd. in-12, tom. h, p. 50-58.

(1) Ce sont quatre vers d’une prose en l’honneur du saint.

Paignon-Dijonval en avait une épreuve avec i’excuflit de 8. Gouion, qui doit être antérieure à celles au nom de Lochem.

H. 0,264, L. 0,182.

®8. Saint Dominique.

Le saint, à genoux et accompagné de deux de ses religieux , reçoit une bulle des mains du pape Ho- norius 111 assis sous un dais et accompagné de trois cardinaux et d’un jeune homme. C. Mellan f. Et au bas : Ordo prœdicatorum ah honorio tertio summo

Pontifice confirmatur. 1216. ex. A double taille

et des premières manières de Mellan ; sans doute pour quelque livre.

H. 0,154, L. 0,095.

« Ces planches (celle-là, la Résurrection, l'Apparition à la Vierge, l'Ascension, la Descente du St-Esprit sur les Apôtres (1) sont imprimées dans un Bréviaire ou Heures en rouge et noir. C’est un Bréviaire à l’usage des Dominiquains. » Mariette.

@9. Saint Eloy (Buste de).

Le Buste de saint Eloi est placé dans une niche ovale surmontée d’une coquille et d’un fronton, et ac- compagnée de chaque côté de demi- figures de femmes sans bras qui s’agencent dans les ornements. Sur le haut de l’ovale sont mis toutes sortes d’instruments relatifs au travail de l’orfèvrerie, et deux enfants ap- puyés sur le fronton tiennent suspendus à des rubans une balance et un objet qui parait être la suspension d’une lampe. Sur une bordure qui entoure la niche

On lit : EFFIGIE DELLA TESTA d’a11Gt0 P. LA RELIQVIA

(l)"Cf. l’observation du numéro 36.

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DI. S. ELIGIO TRATTA DAL VNI,a DELLI OREFÎci DI ROMA.

1.6. 2. 9. -f* Et au bas: Cl. Mellan GalV . in. et sculp. Romœ. Au bas de la niche se voit un écu rond à une fasce de sinople accompagnée en chef d’un lambei de même ; ces armoiries sont entourées des cordons de saint Michel et du Saint-Esprit. A double taille.

H. 0,168, L. 0,124.

70. Saint François (Sujets relatifs à la vie et à la règle de).

La partie principale représente des sujets de la vie de saint François et de frère Elie son compagnon , accompagnés de leurs noms gravés. Au-dessus , dans un cartouche, se lit: tipvs secvndæ régulé sd fran-

CïSCI QVAM FRATRIBV’ SERVAADÀ TRADIDIT Cldrissimo Nobilissimoq. viro D. Domino Franc de Montholon in consilio Secretio ri Consiliario Dignissimo &c Fratres Minores Capucini Provinciœ Franciœ dédie averunt. Cette inscription est coupée par ses armes, d’azur à un mouton passant tourné à dextre , surmonté de trois roses en chef. De chaque côté du sujet principal est une colonne de six sujets mettant en action les princi- paux points de la règle de saint François. Au-dessous du sujet principal est une bande avec cinq sujets carrés , quatre avec des anges tenant des tables de pierre avec le Beati... du 6e chapitre de saint Luc, et, au milieu, saint François agenouillé devant le pape, sujet auquel se rapporte l’inscription : inclinatvr sedis

APOSTOLICÆ CVLMEN REGVLAM IIVMILI FRANCISCO CON- FIRMAIS. Des deux côtés du cartouche, un moine assis tient une table de pierre avec une inscription. Enfin, tout au bas, un long cartouche offre une inscription de

106

quatre lignes : Regulam minorum, etc. C’est dans ces ornements que se trouve la signature Cl. Mellan f. Très-mauvaise pièce de sa première manière.

H. 0,411, L. 0,300.

7 t. Saint François.

11 est à genoux , en robe de bure avec le cordon et le capuchon , les mains jointes , tourné à gauche et les yeux fixés sur un crucifix posé à terre. Derrière lui des rochers, et à droite un religieux plus éloigné qui s’éloigne en le regardant. Au bas: cum priuilegio

Cl. Mellan GalV. inuen. et sc. Au bas : eminentis-

SIMO S. R. E. GARD. DE LA ROCHEFOVCAVLD TIT. S. CALIXTI HANC S. FRANCISCI EFFIGIEM PATRONI S. E. IN OBSEQVII MONVMENTVM OFFERT. D. D. CLAVD. MELLAN.

1.6.3. 8.

La planche chez H. L. Basan (1802), 936 de son catalogue; 10 sous.

H. 0,420, L. 0,288.

Copie en contre-partie et sans le religieux ; le ciel est brillant d’étoiles. A double taille. (H. 0,178, L. 0,123).

7 2. Saint François.

a

Le saint, agenouillé, baise les pieds du petit Enfant Jésus qui le bénit et qui est tenu sur les genoux de sa mère assise sur des nuages, dans lesquels on voit à droite une tête de chérubin; deux autres têtes volent à gauche. Derrière la Vierge, des rayons ve- nant du ciel, et à gauche, un fonds de paysage. Sur un papier, on voit des armes, écartelées au 1 et 4 d’un chevron chargé d’un croissant et de deux étoiles, au 2 et 3 d’une croix engrêlée en sautoir , accom- pagnée en chef et en pointe d’un tour, et aux flancs

107

dextre et senestre de lions rampants et affrontés. Pour cimier, le casque de gentilhomme. Signé : Qîellan G . in. et s.

1er état. Avec le papier, mais avant les armes.

H. 0,237, L. 0,360.

73. Saint François de Paule.

11 est vu de face , à mi-corps , les mains croisées sur sa poitrine , la tête levée vers le ciel , en avant d’un fonds de nuages. Au bas : S. P. Francisce de paula (sic) ora pro nobis . Ioan. francis. pinx. Cl. Mellan GalV . f. Quelques doubles tailles. Par ce Jean François, il est probable qu’on a voulu le Guerchin, dont c’étaient les prénoms.

H. 0,101, L. 0,073.

Il y en a une copie en contre-partie, le saint est tourné à gauche au lieu de l’être à droite. On lit sur la planche même, des deux côtés du saint : S. Vouet pinx. Et au-dessous : S. P. Francisce de paula ora pro nobis. Le copiste a ajouté au saint une auréole. (H. 0,096, L. 0,072).

74. Saint François de Paule.

Il est tourné à gauche et agenouillé devant une sorte d’autel sur lequel il a posé ses mains , et re- garde un crucifix posé sur cet autel et dans lequel le corps du Christ est entouré de rayons lumineux. Sur le côté qu’on voit de cet autel est une sorte d’é- cusson avec le mot: ciia-ri-tas. Au fonds, un mur avec un pilastre. Au bas : s. franciscvs de pavla. Memoria memor cro ; et tabescet in me anima mea. Cl. Mellan GalV inuen. et sculp. Romæ. 1627. A double taille.

1" état. Avant la date de 1627 (Paignon-Dijonval).

J 08

2* état. Celui décrit.

3e état. Après 1627, on a écrit sup. pm. et l’on a changé la tête du saint. Auparavant elle était penchée en arrière, les yeux presque fermés et tout-à-fait dans le caractère de celle du saint Pierre Nolasque. Dans celui-ci, la tête effacée a été remplacée par une qui est droite et dont les yeux regardent, sans se fer- mer, la lumière du crucifix ; les boucles des côtés de la tête ont seules été conservées.

H. 0,149, L. 0,109.

Il en existe une copie dans le même sens et avec les mêmes inscriptions, excepté qu’il y a seulement : Cl. Mellan inuen. Romœ. (H. 0,149, L. 0,108).

75. Saint François de Paule.

11 est couché dans sa bière, son capuchon relevé, les bras croisés, et tenant contre sa poitrine un cru- cifix ; on lui a passé une étole. On le voit de biais et seulement à mi corps. Au delà de la bière, une chandelle allumée, une tête de mort et un livre ou- vert sont posés sur un appui. C. Mellan G. del. et F . A double taille.

La planche chez H. L. Basan (1802), 950 de son catalogue; 10 sous.

e. 0,164, L. 0,170.

7®. Saint François de Paule.

Le saint , agenouillé sur les nuages et les mains ouvertes, regarde dans le ciel; deux grands et jeunes anges, agenouillés de chaque côté sur un nuage et gra- vés tout-à fait dans le goût des figures de l’Intelligence, lui montrent deux petits anges qui tiennent une sorte de gloire rayonnant autour du mot cha-iu-tas. Au- dessous du saint un paysage, et, sur les terrains, ces

309

inscriptions: Sim. Vouet Paris. inu. (ce dernier mot d’un plus gros caractère ) Romœ Cl. Mellan GaÏÏ f. Au-dessous du trait carré ces huit vers en deux colonnes :

Quo feror insolita raptus dulcedine mentis?

Àut quo sublimera cœlica turba rapit?

Immo rapit diuinus amor sub imagine solis,

Àrdenti que nisi lumine monstrat iter :

Sponte sequar quocumque ferat, mihi suscitet ignés Pectoraque in cineres æstus amoris agat.

Yentilet immo faces : tantis cinefacta favillis (Ut felix viuam) sic mihi vita périt.

A double taille.

H. 0,394, L. 0,277.

Il en existe une copie en contre-partie ; le bas étant coupé, Dn ne sait si elle était signée. (H. 0,385, L. 0,280).

77. Saint Grégoire, assis et occupé à écrire.

Il est assis dans un grand fauteuil, devant une table sur laquelle il écrit; il est tourné à gauche; son pu- pitre retient une feuille de papier qui tombe devant le tapis de la table et sur laquelle on lit ; gregorivs

EPISCOPVS SERVVS SERVORVM DEI CHILDEBERTO REGI

frâcorvm Quanto ceteros homines Regia dignilas antecedit, tanto ceterarum gentium Régna regni vestri profectô culmen excellit. &c. Epist. VI. Sa mitre de pape est h droite, dans un réduit du mur, couvert h gauche par un rideau. Sur un livre posé sur un coussin à terre : Qui autem fecerit et docuerit , hic magnus vocabitur in regno cœlorum. Mallh. 5. 42. Au bas: C. Mellan G’, in. et sculp. 4684. cum pr. R.

H. 0,430,

L. 0,294.

HO

ï8. La Vierge sur des nuages, au-dessus d’un temple de forme ronde, dans l’intérieur duquel on voit saint Ignace de Loyola et saint François Xavier, tenant un cœur enflammé et surmonté de rayons au milieu des- quels le signe ÎHS. En avant du temple les quatre figures des parties du monde, et des deux côtés deux obélisques en pyramide couronnés par deux anges; on lit au pied de l’un : fvndatom soc iesv et de l’autre : indiarvm apostolo. Fonds de paysage. Au bas, à droite: Mellan f. A double taille.

H. 0,292, L. 0,348.

19. Saint Ignace en extase; il est agenouillé et vu de face, son coude gauche appuyé sur un bas-relief et le bras droit étendu. Devant le bas-relief, à terre, son chapeau et son bâton de pèlerin. Fonds de paysage, dans lequel on voit à gauche deux pèlerins. Au bas de la gauche, une banderole déroulée sur laquelle C. Mellan G. in. et s. Sur le côté du bas-relief : C. Pr. Reg.

2e état. Sur la banderole, avant le nom conservé, la dédicace : Illustriss0. Dno. Henrico de Guenegaud du Plessis, Vicecomiti de Semoine, Baroni a St0 Iusto de Iully , la Garnache &c. Régi à Consilijs et Mandatis Offert D. D. C. Mellan G. in. et sc.

3e état. A la place de la dédicace: sollicitvdines patris pro bono familiæ vigilantis. C. Mellan in. et sc. D’une autre gravure qu’à l’état précédent.

La planche chez H. L. Basan (1802), 955 de son catalogue; 10 sous.

H. 0,432, L. 0,287.

80. Saint Jean-Baptiste dans le désert.

Il est représenté jeune, presque nu, les cuisses seu- lement entourées d’une peau de bête, et assis sur un

[uartier de rocher*, il a la jambe droite repliée sur la [auche, et son bras droit, appuyé du coude sur sa jambe, outient sa tête ; il regarde une croix de jonc posée sur on genou. Le fonds est entièrement occupé par des ochers d’où sort une fontaine, dont le bassin occupe i droite le bas de l’estampe. Un mouton broute auprès le lui. C. Mellan Gair. in. et sculp. A.u bas: emi-

IENTT ET Rra.° PRINCIPI FRANCESCO. S. R. E. CARDINALI

iARBERiNO Claudius. Mellan. D. D.

2e état. La date 1.6. 2. 9 ajoutée au-dessus de la signature.

« M. Boulle a l’académie par Mellan , et qui lui a servi ’étude pour cette ligure ; elle est assez bien. » Mariette.

La planche chez H. L. Basan (1802), 954 de son catalogue; 0 sous.

H. 0,367, L. 0,270.

Il y en a une copie anonyme, assez belle et en contre-partie, ’est-à-dire que le saint est à droite et tourné à gauche. Au bas le la droite: CL Mellan. Gallus. .pinxit. (H. 0,355, L. 0,273).

Si. Saint Jean-Baptiste (Hérodiade tenant sur un )lat la tête de ). Sujet à mi corps. Au bas :

Promissio maiora dédit, mihi prœmia, Herodes: Maius nam toto est, hœc caput imperio.

Si. Voüet Pari. pinx. Cl. Mellan Gall\ sculp. Romœ. La planche chez H. L. Basan (1802), 949 de son catalogue; 0 sous.

H. 0,144, L. 0,108.

82. Saint Jérôme, presque nu et à genoux dans me cellule. 11 a la main droite appuyée sur une pierre, ;t prie devant un crucifix posé contre un livre ouvert, ;ur la feuille gauche duquel : se deliciis omni auxilio destituius ad Jesu iacebam pedes Ep. 22 ad

Eustoch. Et sur la feuille droite : cum pr. R. Sur uu papier, au milieu du bas: præterita et fvtvra meditantis effigies. La signature : 4665. Qlellan jn. et sc. se trouve sur un vêtement jeté à terre. Derrière saint Jérôme se voient sa couchette , une tète de mort dans un réduit du mur , une planche avec des livres et un flambeau ; à droite , la tête brisée d’une divinité païenne , et dans un paysage lointain , un lion et une croix.

La planche chez II. L. Basan (1802), IN° 956 de son catalogue; 10 sous.

H. 0,432, L. 0,295.

§3. Saint Jude tourné à gauche et assis devant une table couverte d’un tapis , sur laquelle un sablier et un encrier ; il vient de cesser d’écrire et montre de la main gauche le livre auquel il travaillait. Une hache, instrument de son supplice , est suspendue au mur derrière lui. À côté de sa tête , une banderole sur laquelle on lit : s. ivde. En haut de la gauche , par une ouverture, on aperçoit dans la campagne le mar- tyre du saint, renversé par ses trois bourreaux. Au bas : I. Messager, ex. C. Mellan inu. et seul.

En tête de l’épître catholique de saint Jude, dans la Bible en françois de Pierre Frizon, Paris, Jean Richer et Pierre Chevalier, 1621, in-folio, second tome, p. 794 (1). Il y a un état postérieur Pon voit un A au pied du saint, un B sur sa hache et un C auprès de la représentation de son martyre.

(1) C’est à cette édition que Boulle avait fait Plionncur de la choisir pour en illustrer de gravures et de dessins un exemplaire, qui périt dans l’incendie de son atelier. Archives , Documents , tom. iv, p. 340.

« Se trouve et a été faite pour la Bible de Pierre Frizon , chez Richer, à Paris, 1622, f°. Il y a encore au moins une planche de Mellan dans cette Bible; les autres, qui s’y trouvent, sont de Gaultier, ce qui achèveroit de me faire croire que Mellan est disciple de Gaultier, aussi bien que Lasne. » (Mariette).

Nous n’avons pu trouver la seconde pièce de Mellan indiquée par Mariette. On y trouve des pièces de Léonard Gaultier, tome n, aux pages 1, 75, 180, 235, 302, 310, 398, 402, 409, 411, 414, 419, 424, 425, 428, 431, 774 et au titre des moyens de discerner les Bibles catholiques des huguenotes ; de Michel Lasne, le fron- tispice, et, dans le tome n, aux pages 617, 685, 779, 787, 796 ; quatre sont signées: M. T. fe., p. 9; Michel Faulte, p. 176; M. V. Lochom, t. ii, p. 553 ; Tavernier, t. ii, p. 448. Toutes les autres sont anonymes, et à cette époque il est impossible d’at- tribuer avec certitude à Mellan une pièce non signée.

H. 0,424, L. 0,423.

84. Saint Laurent.

11 est debout, tourné à gauche, en costume de diacre, et tient son gril, la palme et un livre. C. Mellan. Au- dessous du trait : Stus Laurentius. De la petite suite, avec le saint Sébastien, les saintes sont plus nombreuses.

H. 0,094, L. 0,060.

85. Saint Luc, assis à un chevalet et peignant le portrait de la Vierge; derrière le chevalet, le bœuf couché à terre. Le saint est tourné à droite. Quelques tailles croisées dans le vêtement et dans l’ombre portée. Au bas : s. lvcas evanga pictorL patron vs. Sim. Voüet. in. Cl. Mellan f. 4.625.

H. 0,095, L. 0,069.

86. Un mourant étendu sur un lit ; un ange lui montre le ciel. Derrière le lit, on aperçoit Saint Ni-

8

114

colas, les mains jointes, et un petit ange tenant un panier de pains. Dans le ciel, on lit sur une bande-

s ^

rôle : Nicolas ta prière est exaucée. Au bas de la droite : Ql. -—in. s. A une seule taille.

H. 0,100, L. 0,065.

87. Autre pièce sur le même sujet, dans la manière de dessiner et de graver de Mellan , et à une seule taille dans le ciel et les figures nues. La présence de quelques doubles tailles la ferait croire antérieure à la précédente. L’agonisant est assis sur la terre et ap- puyé sur le genou d’un ange qui lui montre le ciel. A gauche, saint Nicolas à genoux; dans le ciel, deux anges tenant une banderole avec la meme inscription en capitales. On trouve cette planche tirée à côté d’une autre offrant les Prières pour les Agonisants. Pour une confrérie de saint Nicolas de Tolentin, en l’église des PP. Augustins du faubourg Saint-Germain.

H. 0,135, L. 0,089.

88. Saint Paul, ravi dans le ciel, est assis sur un nuage porté par des chérubins. De sa bouche s’é- chappent ces paroles écrites sur le fonds : sive in

CORPORE, SIVE EXTRA CORPVS, NESCIO. 2. Cor. CUIU

P. R. 1.6.7. 4. Cl. Mellan G. Inuen. et seul.

1er état. Avant le nom (Paignon-Dijonval).

H. 0 535, L. 0,400.

89. Saint Pierre à genoux devant un rocher et se repentant de sa faute. On voit à gauche , dans le fond, la Vierge, saint Jean et les saintes femmes au

pied de la croix. C. Mellan G\ pinx. et seul. 1.6. 8.7 eurri pr. R.

Paignon-Dijonval en avait une épreuve non terminée.

H. 0,447, L. 0,301.

00. Saint Pierre Nolasque.

Le saint, âgé, à longue barbe, la tête nue et sur- montée de l’auréole, est porté à l’office sur les bras de deux anges jeunes et robustes, et qui n’ont que de courtes ailes. Le saint continue de lire dans un livre qu’il tient de la main droite , et laisse pendre son bras gauche qu’il a appuyé sur l’épaule d’un des deux anges. Des religieux assez éloignés sont rangés le long du mur de la salle qu’il traverse, et un seul d’entre eux, ayant les yeux levés, s’aperçoit du mi- racle et ouvre les mains d’admiration. Au fond, sur le mur, un écusson en losange de.... à quatre pals, surmonté d’une couronne à bonnet avec une petite croix. Sur les dalles, un papier jeté sur lequel : CL Mellan Galï inuen . et f. Romæ . On lit au bas : s. petrvs nolascvs en lettres blanches, et l’inscrip- tion suivante coupée par les armes de l’ordre (1): Qui fuit Fundator, et prim. Mag. Gener . Regalis ac Mili- taris Ordin. Redemptorum. B. Mariœ de Mercede, natione GaU\ ex nobili familia. Ab infâtia pietati impensus; vir factus in redimendis captiuis sua consumebat. Ex speciali

(1) Les armes de l’ordre étaient de gueules aux trois pals d’or, qui est Arragon, reliés ensemble dans le haut par une fasce d’or accompagnée en chef d’une croix d’argent. Le P. Hélyot, Histoire des Ordres monastiques , tome m, 1721, p. 271 et 281. Mellan s’est trompé en indiquant comme d’or le champ au-dessous de la fasce.

416

B. Virginis Mariœ revelatione, ad munus redimendi prœ fatum fundavit ordinem. Virginitate perpétua, Pro- phetiœque dono claruit, illud omnino mirandum. Quod cum iam, œtate, et continuis macerationib confectus, non posset in Chorum ad officium venire Angelorum manibus illuc vectabatur. Obijt clarissimus Barchinon. Anno. D. 1.2. 5.0. cum prius se ab ojficio abdicasset. Rmo. P. N. Fr. Joanni Cebrian in sacra Theologia M. totius prœfati Ordinis Mag. Generali dignissimo : ac. S. Pétri Nolasci. officio , Religione et zelo, légitima successori . Mag. Fr. Ludovicus Apparitius suus in Italia Vicarius , et in Ro - mana Curia Procurator Generalis, grato animo D. et C. Cum pm. Sup. Anno. 4. 6. 2. 7.

91. Saint Pierre Nolasque et saint Raimond Nonat.

Composée de quatre planches qui se réunissent. En

haut: CENTVRIA SAN CT O R VM MARTYRVM ET CONFESSORVM R EGAL! S ORDINIS REDEMPTOR VM S. MARIE DE MERCEDE.

Au milieu de chacune des deux planches supérieures, un portrait plus terminé (H. 0,433, L. 0,095); à gauche: s. p et r vs nolasc’ fvndator suivi, sur la bordure ovale, d’une inscription pieuse, et accompagné d’ornements au bas desquels une autre inscription ; et à droite : s. raimvnd’ nonat. card. Tous les autres saints sont en buste dans un carré de 64 millimètres de hauteur sur 53 de largeur, accompagné au-dessous d’une in- scription indiquant leur nom, la nature de leur mar- tyre et de leurs vertus , et presque toujours l’année de leur mort. Au milieu du bas, deux hommes nus, assis et appuyés contre des guirlandes de fruits, sont au-dessus d’un cartel ovale en largeur qui contient la dédicace suivante : Rmo. P. N . M. F. Joanni Cebrian

Regalis ac militaris ordinis Redemtorum S. Mariœ de Mercede Generali Pastori ac Duci meritissimo. M. F. Ludovicus Âppa ritius, suus in Italiâ Vicarius et ad Rom. Curia Proc. Gener. D. E. C. Cognosce bone pastor oves tuas, ipsœ enim te cognoscunt et quœ ad causas Dni in loco pascuœ constitute cubant in meridie ad hœc loca deserta , inuia , et inaquosa non confunduntur te pastorë sequi Candidatus hic Martyrü ac Confess: exercilus , qui ante actcc militiœ exubiis triumphans poiitur ad arenam descendit iterum , non ut manu, cum hoste cons.... jam inde donatus , sed ut nos qui eodem vexillo adhüc in studio curimus eorum imitatione lacessiti , bravium œternæ remuner adonis comprehendere, sut agamus. Numerosum agmen centuriam voco, quoniam centum cartœ cassulis , qua si tentorijs centum continetur Ne voco cartœ prolixitas inspectores offenderet , ex veteranis meis sanctis militibus huius centuriœ delectum feci : mox alteram ac tertiam legionem nedum centuriam productuf. în terim Dux} ac pastor vigilantissime , meum tibi addictissimum animum parvo hoc munusculo accepto grataretur. excipe. Cl. Mellan Gall’ delin. Romœ. Au-dessus de ce cartel se trouvent les armes de l’ordre. Toute la planche, sauf les deux grands portraits du haut, est à l’eau forte pure, très- libre et avec peu de travail; les types sont en général très-bas.

H. 0,740, L. 0,942.

02. Saint Sébastien.

il est vu de face, nu, attaché par les bras à un arbre et un genou sur une souche ; il a la cuisse, le côté, le bras et la tète traversés de llèches. C. Mellan. Au-

dessous du trait : Stus Sebaslianus. (Voyez l’observation du saint Laurent, 84).

H. 0,093, L. 0,000.

SS. Apparition de la Vierge à saint Thomas d’Aquin.

Le saint est agenouillé contre le coin d’une table et tient son livre ouvert. Saint Pierre derrière la table, et saint Paul, tous deux debout, lui parlent et l’ap- prouvent. Dans le coin supérieur de gauche, la Vierge apparaît dans les nuages. Au bas: Cl. Mellan fe , et les deux vers :

Petrus, Paulus favent obsequio ,

Dei mater mulcet alloquio.

A double taille.

IL 0,270, L. 0,184.

04. Un jeune saint, debout, tourné à gauche, joi- gnant les mains et regardant au ciel.

11 a les cheveux courts , mais sans tonsure , un camail avec un gland sur le dos, et une corde autour du corps. Dans les rayons , l’inscription : Ecce video cœlos apertos. Au bas de la gauche : { Mellan in. et s.

H. 0,158, L. 0,107.

SAINTES.

!I5. Sainte Anne entourée d’autres saints.

Réunion de cinq personnages saints sur des nuages; au centre, sainte Anne, mère de la Vierge; à gauche, saint Joseph avec son bâton, et saint Joachim; à droite, saint Bernard avec un livre et saint Jean l’évangéliste

avec son aigle. Leur réunion est expliquée par la légende : ssli. B™æ v. parentes et sponsvs cvm dvobvs qvos vt filios dilexit. 1648. La signature: Qlellan G. in. et sc. est sur la gravure même.

H. 0,410, L. 0,310.

06. Le martyre de sainte Catherine.

La sainte, à demi-nue et autour du corps de laquelle tombe un riche manteau doublé d’hermine, est age- nouillée auprès de sa roue sous laquelle s’élèvent des flammes. Un ange , sur des nuages , descend du ciel avec l’épée et la palme du martyre. Simon Voüet Parisien Pinxit Cl. Mellan sculp. Romœ superio- rum permissu 1625. Et au bas, sur un cartouche: ill™° principi ac domino meo D. Ludovico de Valetta Card. amplissm.° Tit. Sli. Adriani - Cl. Mellan GalV . humili ac deuotiss m’ seruus D. D. Au milieu, les armes du cardinal, écartelées: au 1 et 4 partis à dextre de.... à un arbre, à senestre de pourpre à une croix pom- melée , sous un chef de gueules à une’ croix potencée ; au 2 et 3 écartelés, au 1 et 4 de.... à trois pals de si- nople, au 2 et 3 de.... à deux bœufs passants de sinople.

H. 0,450, L. 0,286.

97. Sainte Geneviève , jeune , assise au pied d’un arbre , lisant un livre posé sur ses genoux , et ayant autour d’elle des moutons paissant (1). pascityr et

(1) C’est à tort que Mellan a représenté sainte Geneviève en bergère, ce qu’elle n’était pas; elle ne se trouve aux églises du moyen-âge que portant un cierge à la main et ayant sous scs pieds un démon enchaîné; mais du temps de Mellan, la tradition

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pascit. S. Aug.—Qlellan G’. inuen. et sculp. .6.8.0 cum pr . Reg. Fonds de paysage.

H. 0,404, L. 0,285.

11 y en a une copie plus petite et en contre-partie; sans nom.

98. La Magdeleine couchée sur une natte dans une grotte. Elle tient la croix et a près d’elle une tête de mort. Les chairs sont gravées au pointillé. Au coin inférieur à gauche : Cl. Mellan GalV inu. pinx. et sculp. Romœ. Mellan a ajouté des travaux dans la marge du bas, et à droite: Guillielmo Rarclaio loannis filio. Claud. Mellan d. d.

H. 0,185, L. 0,222.

Le premier état n’avait de hauteur que 0,167.

« Ce Guillaume Barclay est le fils de celui qui a composé FArgenis. » Mar.

99. La Magdeleine , assise à terre au pied d’un arbre , tenant entre ses genoux une tète de mort. Pas de fonds; les cheveux très-détachés comme dans le saint Pierre Nolasque. Sur une pierre à côté d’elle, et sur laquelle est appuyée sa croix de bois, on voit des armes d’évêque ou d’abbé : d’azur à un chevron accompagné en chef de deux étoiles, et en pointe d’un mouton passant. Sur une pierre au-dessous: C. Mellan GalV . inuen. et sc cum priuilegio Regis.

état. Les armes sont effacées, et remplacement est raccordé

était déjà pervertie. Au xvme siècle, le fameux tableau de Van Loo , gravé par Balechou , a définitivement consacré l’erreur. Cf. sur cette question les Bollandistes, 1er volume de Janvier, pag. 137-53, et, dans Pédition de YHistoria SS. imaginum de Mokmus, Louvain, 1771, in-4°, la note de Paquet, p. 237-38.

m

avec des lignes pour occuper remplacement. Il y a des épreuves de cet état avec, au bas de la droite, les mots : à Paris chez Bligny. H. 0,438, L. 0,348.

100. La Magdeleine mourante est assistée par deux anges. Fonds de rochers. Dans le ciel , l’âme de la sainte est enlevée au ciel. Signée sur la planche : 1627 Cl. Mellan GalV. inucn. et F. Romœ. Au bas :

AMPLISSIMO ET ILLM0 VIRO NICOLAO FABUITIO A PEIRESG D\0 DE CALLAS , BAROM IN RIANS ÀqUÙtriœ Abb. dC

JDno in suprema Prouinciœ curia Consiliario Regio. Claud. Mellan obseruantia atq obsequij monumëlü DD. À double taille. Au milieu de l’incription, l’écusson

des armes de Feiresc, de à un lion rampant et

tourné à dextre.

H. 0,385, L. 0,285.

1er état. Avant la date 1627.

« Peiresc étoit pour lors à Rome à ce que je crois; c’est ce qu’il faudra vérifier, et consulter pour cela la vie de ce sa- vant. » Mar. En se reportant à vie de Peiresc par Gassendi, on voit que pendant l’année 1627 Peiresc n’a pas quitté la Provence. Parisiis, 1641, in-4°. p. 212-18.

101. Sainte Marie de Socos. La sainte, en habit de religieuse et marchant sur la mer, se dirige vers la droite. Sur la mer un vaisseau, et dans le fonds, à gauche, une ville sur le rivage. Au bas : S. Maria de Socos, Regalis Ordinis. Redemptorum, B. Mariœ de Mercede Monialis. Virgo nobilis Barchinonen ex fa- milia Ceruellonum , Viuens ad hue quim et post obitum naufrag antibus ( calcatis ac sedatis fluctibus ) suceur- rebat: unde cognomento dicta est de Socos, obiit Rar- chinone. Anno 1280. M. F. Ludouicus Apparitius

Procurator General, cleuotionis ergo fieri curauit. Clan - dius Mellan GalV inuent. et sculp. Romœ. Quelques doubles tailles. Travail commun , antérieur au saint Pierre Nolasque. Cette inscription est coupée par les armes de l’ordre, d’or à cinq