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SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE

DE FRANCE

ARTICLE 96 DES STATUTS ET DU RÈGLEMENT. Les opinions émises dans le Bulletin sont entièrement propres à leurs auteurs; la Société n'entend aucunement en assumer la responsabilité.

TYPOGRAPHIE FIRMIN-DIDOT ET CG. PARIS.

BULLETIN

DE LA

SOCIÈTÉ ENTOMOLOGIQUE

DE FRANCE

FONDÉE LE 29 FÉVRIER 1832 RECONNUE- COMME INSTITUTION D’'UTILITÉ PUBLIQUE

PAR DÉCRET DU 23 AOUT 1818

Natura maxime miranda in Mminimis.

ANNÉE 1903

PARIS

AU SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ HOTEL DES SOCIÉTÉS SAVANTES 28, Rue Serpente, 28 1903

BULLE EE IN

DE LA

SOCOIÈTE ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE

MEMBRES DU BUREAU POUR 1903

PRÉCUONESÉETRERS MEME MM. F. HENNEGUY. OA RROUA ER IEEE ERA P. MABILLE. SORA RARE RER REA E Ee | CH. ALLUAUD. 1 Secrétaire adjoint. ......... P. CHABANAUD. DPSSECTCLAUTE AJOUT. A. MEÉQUIGNON. CS OP EC A a ne CH. LAHAUSSOIS. Archiviste-Bibliothécaire ....... A. LÉVEILLE. Archiviste-Bibliothécaire adjoint . J. MAGNNN. CONSEIL MM. J. DE Joannis, H. p’ORBIGNY. E. Simon (Membres res- tants); H. Desporpes, C. DuMoNT, J. MaAGniN (Membres

nouveaux), et les Membres titulaires du Bureau.

COMMISSION DE PUBLICATION MM. A. GROUVELLE, M. MAINDRON, P. MArCHAL, E. SImo,

L. Vian, et les Membres titulaires du Bureau. COMMISSION DE LA BIBLIOTHÈQUE

MM. L. BEDEL, J. pe Joannis, P. MABILLE et les Mem- bres titulaires du Bureau. COMMISSION DES COLLECTIONS MM. L. Beer, E. DONGÉ, J. DE GAULLE, J. DE Joannis, PH. GROUVELLE, J. MAGNINX, G.-A. POUJADE.

COMMISSION DU PRIX DOLLFUS

MM. Cu. AzzuAuUD, E.-L. Bouvier, R. nu BuyssoN, A. CHam- PENOIS, E. DONGÉ, J. DE GAULLE, A. LÉVEILLÉ, P. MABILLe, G.-A. POUJADE.

Bull. Soc. ent. Fr., 1903. No 1.

2 Bulletin de la Société entomologique de France.

Séance du 14 janvier 1903.

Présidence de M. F. HENNEGUY

M. P. dePeyerimhoff (de Digne) assiste à la Séance.

Après la lecture et l'adoption du procès-verbal de la séance précé- dente, le Secrétaire donne lecture de la lettre suivante adressée par M. H.-W. Brôlemann, Président de 1902, à M. F. Henneguy, Pré- sident pour 1903.

Cannes, 9 janvier 1903. Mon cher Président,

Bien souvent je me suis pris à regretter de ne plus pouvoir me ren- dre aux séances de notre chère Société entomologique, mais ces re- grets prennent une intensité plus grande à l’approche du jour j’au- rais dû, suivant l’usage consacré, vous remettre les pouvoirs qui m’avaient été confiés et dont j'ai si peu fait usage.

Il m’eût été agréable de saisir cette occasion pour me faire lécho de nos pensées à tous et dire la haute estime dans laquelle sont tenus vos travaux, votre science, votre aménité qui vous désignent si bien pour diriger les travaux de notre Société.

Il m’eût été agréable aussi de dire encore une fois à nos collègues mes sentiments de vive gratitude pour l'honneur qu’ils avaient jugé à propos de me décerner.

Étais-je digne en tous points d’une telle distinction? En y réflé- chissant, j'en doute; mais n’approfondissons pas, il m'est si agréable de le supposer et je remercie de tout cœur mes collègues de m'avoir donné cette illusion.

Ne pouvant être des vôtres mercredi prochain, puis-je, sans abuser de vous, vous demander d’être mon interprète auprès d'eux, de serrer les mains qui se tendaient si cordiales vers moi lorsque j'avais le plaisir d'assister aux séances, de dire à tous mon chagrin d’être loin, mais aussi l’espoir que j’entretiens de pouvoir un jour, trop lointain à mon gré, acquitter en partie au moins la dette de reconnaissance que j'ai contractée envers notre chère Société et envers chacun de ses Membres?

En ce faisant, vous me rendrez un service signalé et je vous prie d’en accepter par avance mes meilleurs remerciments, en même temps que je vous demande de eroire, mon cher Président, à l'expression: bien cordiale de mes sentiments de haute estime.

Henry-W. Brolemann.

Séance du 14 janvier 1903. 3

M. F. Henneguy, Président, prend ensuite la parole en ces termes :

Mes chers Confrères,

L'année dernière, à pareille époque, M. Brôlemann nous disait que l'un de ses rêves de jeunesse était de diriger un jour les travaux de notre compagnie. Moins ambitieux que lui, je dois vous confesser que jamais je n’ai osé formuler un vœu semblable et que le plus surpris de me voir aujourd'hui occuper le fauteuil présidentiel de la Société ento- mologique de France, c’est assurément moi. Nouveau venu parmi vous et mes occupations m'ayant empêché jusqu'ici de prendre une part effective à vos travaux, je me suis demandé ce qui me valait une fa- veur aussi insigne, à laquelle je ne pouvais même songer et que tant d’autres que moi méritaient à plus juste titre. J'ai compris que, vous appropriant les paroles du poète latin, vous vous étiez dit : «Nous som- mes entomologistes et rien de ce qui touche aux Insectes ne nous est étranger », et que, en me donnant l’une des plus hautes marques d’es- time dont vous disposez, ce n’est pas ma modeste personne que vous avez voulu honorer, mais bien la branche de la science que je repré- sente ici, l’histologie et lembryologie des Arthropodes. Déjà, en appe- lant successivement à la présidence les maîtres les plus autorisés de l’étude de groupes spéciaux, des Crustacés, des Arachnides, des My- riapodes, vous avez montré que l’entomologie, la science du grand groupe des Evroux d’Aristote, ne comprend pas que les Insectes de Latreille : en me choisissant comme représentant de l’anatomie, vous avez voulu prouver une fois de plus que vous comptez parmi les vôtres ceux qui, comme vous, bien qu’en suivant une voie un peu différente, cherchent à élargir le cerele de nos connaissances sur les animaux articulés. Je suis donc très touché du grand honneur que vous m'avez fait; au nom des spécialistes de ma partie je vous en remercie cordialement.

L'année qui vient de s’écouler peut compter parmi les plus heu- reuses de notre Société.

La liste de nos collègues s’est augmentée de 27 noms nouveaux et nous n'avons eu à regretter que à démissions, contre 15 en 4904.

A une société aussi nombreuse que la nôtre, la marche du temps impose chaque année, d’une manière inéluctable, la perte cruelle d’un certain nombre de ses membres; mais rarement la mort a été moins sévère pour nous. Nous n'avons heureusement vu disparaître que cinq de nos collègues : un de nos membres à vie, Alfred Blavy, de Mont- pellier, qui s’occupait spécialement des larves aquatiques d’Insectes ;

4 Bulletin de la Société entomologique de France.

Henry Julia qui a été des nôtres à peine un an, enlevé prématuré- ment à l’affection des siens et à la science; Louis Montillot, qui appartenait à notre Société depuis plus de trente ans, et dont les ou- vrages de vulgarisation, écrits d’une manière consciencieuse, sont entre les mains de beaucoup de débutants; à l'étranger, Carlos Berg, direc- teur du Musée national de Buenos-Ayres et le professeur Targioni- Tozzetti, l’'éminent directeur de la station entomologique agricole de Florence, dont les travaux de zoologie appliquée et les belles recher- ches sur les Cochenilles sont universellement connus. Comme le re- gretté Riley aux États-Unis, Targioni-Tozzetti consacra la plus grande partie de l’activité de sa longue carrière à organiser et à diriger l’un de ces services entomologiques si utiles à l’agriculture et que la France, parmi les nations civilisées, ne possède encore qu’à l’état ru- dimentaire.

Après ce trop bref hommage rendu à la mémoire de ceux qui ne sont plus, nous devons applaudir avec joie aux distinctions accordées à quelques-uns de nos collègues ainsi qu'aux récompenses que leur ont values leurs travaux.

M. le capitaine Thouvenin a reçu la eroix de la Légion d'Honneur ; MM. Alluaud, Bordage, Lesne et Malaquin ont été promus offi- ciers de l’Instruction Publique.

La nomination de M. le professeur Bouvier à l’Académie des sciences, dont nous avons tous été heureux et fiers, est venue ajouter un lustre nouveau à notre Société qui compte actuellement parmi les siens la moitié des membres de la section d’Anatomie et de Zoologie.

La Société linnéenne de Londres, après tant d’autres célèbres com- pagnies, a conféré le titre de membre honoraire à notre ancien et émi- nent président M. Giard.

A l’Académie des sciences, le prix Thore, attribué tous les deux ans au meilleur travail sur les mœurs et l'anatomie d’une espèce d’In- sectes d'Europe, semble être devenu l’apanage de notre Société; il a été décerné, en 1902, à M. Robert de Sinéty pour ses intéressantes recherches sur l’anatomie des Phasmes. M. P. Marchal a obtenu pour ses curieuses découvertes sur le développement des Hyménoptères pa- rasites l’un des prix les plus importants et les plus recherchés dont dispose l’Académie, le prix Serres.

Enfin M. Houard a reçu le prix Trémont de l’Université de Paris pour sa thèse sur les Cécidies des tiges, et M. Houlbert le prix Marie Pelluchet pour son étude sur les Insectes ennemis des livres.

Vous parlerai-je de la situation de notre Société? vous savez tous qu’elle est des plus prospères. Je vous rappellerai que, l’année dernière,

Séance du 14 janvier 1903. 5

32 membres ont pris part au Congrès annuel et au banquet; ce chiffre n'avait pas encore été atteint; espérons que, le mois prochain, nous le verrons dépassé.

Il suffit de parcourir nos Bulletins pour constater que les communi- cations y deviennent de plus en plus intéressantes par leur variété même. Je me bornerai à vous citer celles de notre président, M. Brôle- mann, sur les Myriapodes, de M. Bouvier sur les Peripatus, de M. Alluaud sur la faune de Madagascar, etc. ; il me faudrait les énu- mérer toutes. Je tiens cependant à appeler particulièrement votre atten- tion sur lesrecherches de nos infatigables collègues P. de Peyerimohft et J. Sainte-Claire Deville dont les découvertes dans le Midi sont véritablement surprenantes pour la faune française.

Bulletin et Annales paraissent régulièrement grâce au dévouement et à l’activité de notre secrétaire, M. Alluaud, qui, de loin comme de près, tout en poursuivant ses travaux personnels, tient à cœur d’assu- rer le bon fonctionnement de notre Société et assume pour lui seul un labeur ingrat et assujétissant dont nous ne saurions trop lui être re- connaissants.

Le zèle intelligent de M. Lahaussois,qui sait joindre la fermeté du trésorier à l’affabilité du collègue et tâche de pratiquer sans douleur et avec succès l'extraction toujours pénible des cotisations arriérées, assure le bon état de nos finances.

Nos collections en voie de formation attirent déjà un grand nombre de jeunes, espoir de l’entomologie française, qui se groupent presque chaque jour autour du plus zélé des fondateurs de nos collections, M. Philippe Grouvelle. L’affluence continuelle de travailleurs à la salle des collections et à la bibliothèque affirme la vitalité croissante de notre compagnie.

Que dire de notre dévoué bibliothécaire, M. veillé, le fidèle gar- dien de nos richesses et de nos traditions? les termes que je pourrais employer pour faire son éloge seraient au-dessous de la sincérité des sentiments d'estime et de gratitude que nous avons tous pour lui; di- sons simplement que nous avons le profond regret de le savoir empêché par la maladie d’être aujourd’hui au milieu de nous, et envoyons-lui nos vœux de prompt rétablissement. Puisque nous parlons de maladie, adressons nos meilleurs souhaits de guérison à nos sympathiques col- lègues H. d'Orbigny retenu loin de nous depuis plusieurs mois, et P. Lesne qui a s'éloigner pour quelque temps de Paris à la recher- che d’un ciel plus clément.

Mes chers Confrères, vous m’avez imposé une lourde tâche. Appelé, l’année dernière, à remplacer notre président qui a nous quitter à

6 Bulletin de la Société entomologique de France.

peine entré en fonction, j’ai fait preuve d’une grande inexpérience que mes collègues du bureau ont bien voulu pallier de leur bienveillant concours, dont je leur suis très reconnaissant. Ayant fait mon appren- tissage à vos dépens, j'espère être à l'avenir un peu plus à la hauteur de la mission que vous m'avez confiée. J'ai cependant encore besoin de toute votre indulgence; connaissant les solides liens de confraternité qui nous unissent tous, j'espère qu’elle ne me fera pas défaut: aussi est-ce avec un peu plus d'assurance que j’ose m’asseoir à cette place n'ont précédé tant de savants et éminents collègues.

La Société accueille par de chaleureux et unanimes applaudissements la lettre de M. H.-W. Brolemann etle discours de M. F. Henneguy.

X SCT Correspondance. MM. G. Darboux, de Lyon, R. Martin, du Blanc, V. Mayet, de Montpellier, M. Nibelle, de Rouen, se font in- inserire comme devant prendre part aux travaux du Congrès de 1903 et au Banquet commémoratif de la fondation de la Société.

Distinctions honorifiques. Le Président annonce que M. P. Viala, professeur à l’Institut national agronomique, vient d’être promu au grade d’officier de la Légion d'Honneur et que M. E.-L. Bouvier, professeur de Zoologie au Muséum d'Histoire naturelle, vient d’être nommé chevalier de la Légion d'Honneur.

Voyage. M. Ch. Alluaud donne lecture d’une lettre qu'il à reeue de M. P. Lesne dans laquelle notre collègue annonce qu'il est arrivé à Las Palmas (Iles Canaries), et qu'il va prochainement com- mencer des recherches entomologiques à l’intérieur de l’île de la Grande Canarie.

Changements d’adresses. J. Manon, médecin-major, cheï de service au Dragons, Nantes (Loire-Inférieure). |

M. Émile Oustalet, professeur au Muséum d'Histoire naturelle, 57, rue Cuvier, Paris, 5°.

M. L. Thouvenin, capitaine au 80° de ligne, Tulle (Corrèze).

Démissions. M. le D’ H. Jacob de Cordemoyÿ et M. M. Oberrieth ont adressé au Président leur démission de membres de la Société.

Dépôt d’Annales. Le Secrétaire dépose sur le bureau le 3e trimestre des Annales de 1902.

Bugdet. M. Ch. Lahaussois, Trésorier, donne lecture de son rapport financier pour l'exercice 1902.

Séance du 14 janvier 1903.

EXERCICE 1902

RECETTES Enicaisse au 21 décembre 901 Sc: ie COURAUNNIS. 2 SE LEO OE ER CREER LT ESS ESS TRES à Aro to COLOR ECO REC IERE RE Vente des Annales et du Bulletin..........:..:... Abonnements aux Annales et au Bulletin........... Foret AE MESA RTE Qi A RL REP LEURS HA LE SRE ER ER ER RER RTE On PA A Ne Re nn

Souscription du Ministère de l’Instruction publique 500 )

de l’Agriculture....... 480 | ANNONCE ET CU RES SR eat Vente d'ouvrages divers. ........... M CHER EURE REVENUS MESSE RE RE CR TE RE PXONÉTAONS CLS SOCIÉ AIT NN TN IN AE Versement à valoir sur une exonération............

Remboursement de 1 obligation Ouest 3 0/0 ancienne. Bonification de conversion de la rente 3 1/2 0/0 en

4.953 fr. 8.304 368 71 D77 200 34 980 163 2% 3.578 1.800

100 491

126 230

Ca

12 c.

22.003 tr.

TÉL ROZ U) Dr At Ne MAROMENRRE MURS AE PRERER MEMURET © IDIVÉRSE ES A en RE AT RC PRE À HOAINUESSTECE LE SRE ARRETE DÉPENSES

ÉUVÉPRASSUTANCEMMDOIS AMEL EEE ER Ur Frais d'impression des Annales et du Bulletin........ BAT CHESREMOTAVURES RCE ERA OT CL AR CAE RE ROIS De DMNOIS NE NE AA ENS AC ANS ES RE ri Administration et correspondance. ................. Bibliothèque (achats, abonnements, reliures)........ ATOTENE CEONAMENASREAR EAP ANRT EEE SEE

Achat de 5 obligations Ouest 3 0/0 anciennes, et frais de CONMELSI ON SENS EME PR LS AE RAT CA DORE RUN P SE ET"

LVÉGLLE SPP LE LR Eee 22.003 DÉDERSCS MR AT NT ER ce Po t1207

2.125 fr. 9.306 -760 688 760 220 800

2.321

Îr. 87 c. 30

fr. 57 C

En caisse au 31 décembre 1902...... 4.721 k

15

17.282 fr.

30 €.

8 Bulletin de la Société entomologique de France.

COMPTE DU JOURNAL L’ABEILLE

RECETTES Enicaisse Aue rdécempre MODIPE EPP PEER PES 213 fr. 85 c. ADONNEMENTS ER EEE A Une AR A Rte 158 ) MENTEMOUNPASES EP NET PRE PP ACER EEE ETAPE 15 » MotalUeS TECE LES PEER PE RENTE 386 Îr. 85 c. DÉPENSES IMPRESSION APTE PE PETER TE RNTORR SCAN AAA 165 fr. 15 c. Correspondance MENVOIS RULES PERMET EER EE ENN EEE 45 05 Total des dépenses............... 180 fr. 20 c. BALANCE RÉCONOS CORRE CES PET RU AE 380 fr. 85 C. DÉDENSES PPRPEECEE RE LEE 180 fr. 20 c. En caisse au 31 décembre 1902...... 206 fr. 65 c.

0

CAISSE DES COLLECTIONS

En caisse au, 31 décembre 4902... 161 fr. 65 €. PORTEFEUILLE 524 francs de rente française 3 0/0 (cours (99 îr. 65). 17.405 Îr. 55 c. 379 francs de 3 0/0, provenant de la conversion de 443 francs de rente 3 1/2 0/0 (cours DOC AO) Le RE A SP tee 12.589 11

183 obligations Ouest 3 0/0 anciennes (dont deux achetées avec les fonds de L’Abeille), (cours 467 fr.). 85.461 »

Capital au 31 décembre 1902... ‘115.455 fr. 66 €.

La Sociéte, aux termes des articles 26 et 29 de ses Statuts et de son Règlement, renvoie l’examen des comptes du Trésorier à son Conseil qui lui présentera un rapport à la réunion générale du 25 février.

Congrès des Sociétés savantes. M. le Président donne lecture d’une circulaire de M. le Ministre de l’Instruction publique annonçant que le 41° Congrès des Sociétés savantes s’ouvrira à Bordeaux, dans le grand Ed de l’Athénée municipal, le mardi 44 avril pro- chain à 2 heures précises, et que ses travaux se poursuivront durant

Séance du 14 janvier 1903. 9

les journées des mercredi 15, jeudi 16 et vendredi 17 avril. Le samedi 18 avril, M. le Ministre de l’Instruction publique présidera la séance gé- nérale de clôture.

La circulaire relative à ce Congrès et à la réduction de prix sur les chemins de Îer est déposée à la Bibliothèque.

Communications.

Sur l'instinct carnassier de Vespa vulgaris L. [HYMEN.]

par ALFRED GIARD.

On sait depuis longtemps que les Guêpes viennent souvent dans les habitations chasser et emporter les Mouches qui courent sur les vitres: qu'elles peuvent même saisir un gibier aussi gros qu’un Tabanus bovi- nus L., un Eristale ou une chenille de Pieris brassicae L. Tai eu l’occasion de constater, il y a quelques années, qu’elles attaquent par- fois des proies plus volumineuses encore.

En juin 189%, me promenant dans le bois de Meudon, j’entendis sous un taillis de Chênes et de Noisetiers un bruit que j’attribuai d'abord à un jeune oiseau voletant sous le feuillage. Mais en écartant les bran- ches, je vis qu’il provenait d’un gros Papillon qui remuait vivement les ailes sans réussir à prendre son essor, comme s’il était aux prises avec quelqué ennemi vigoureux, peut-être avec une Araignée. Au moment j'approchais pour examiner la chose plus attentivement, le tout tomba sur le sol, le Papillon continuant à se débattre pénible- ment entre les herbes avec une extrême agitation. J’armai tranquille- ment mon filet et je m’emparai des combattants; je reconnus alors avec surprise qu'il s'agissait d’un gros exemplaire de Phalera buce- phala L. attaqué par une très petite ouvrière de Vespa vulgaris L. La Guêpe avait saisi le Papillon sous l’aisselle gauche et entamé les mus- cles du thorax. Même dans le filet elle ne làchait pas sa victime et je dus l’en séparer de force. J'ai regretté aussitôt de n’avoir pas suivi les péripéties de la lutte pour constater si l'Hyménoptère aurait pu finalement venir à bout d’une pareille proie et l'aurait dépecée, puis transportée par voyages successifs. E. Girschner [3] a signalé que Vespa vulgaris garde le souvenir des endroits elle a pu trouver une riche prébende et qu’elle revient par exemple sur une même

k

10 Bulletin de la Société entomologique de France.

feuille de chou saisir successivement les chenilles de Piérides dont elle a constaté la présence dans des voyages antérieurs.

Il y à longtemps déjà [1}, j'ai attiré l'attention sur la préférence des Guêpes pour les tissus qui comme le foie, les muscles, ete., renferment des principes sucrés; mais dans le cas actuel, en s’en prenant aux muscles de la base de laiïle, il me paraît évident que V. vulgaris vou- lait avant tout mettre le Papillon dans l'impossibilité de lui échapper.

Comment la petite Guêpe ouvrière a-t-elle pu trouver caché dans un taillis un Papillon aussi mimétique que Phalera bucephala? Je sup- pose qu’elle a été guidée surtout par l’odorat. En effet, Ph. bucephula, lorsqu'il est vivant et même longtemps après sa mort, exhale une odeur musquée assez forte, comparable à celle d’Euproctis chrysorrhea L. et de Porthesia similis Fuessl.

Index bibliographique.

1. A. Gran, Comme quoi les Guëpes ont découvert la fonction glycogénique du foie longtemps avant Claude Bernard, Bull. scient. du N. de la Fr., VII, 1875, p. 49.

2. G. pe Rossi, Eine Wespe auf der Jagd. Xrrancher's Entomol. Jahrb., N, 1896, p. 115.

3. Ernst GIRSCHNER, Zur Naturgeschichte d. gem. Wespe. Z!L. wochenschr. f. Entom., 1, 1896, p. 421.

4. BARRINGTON, Ueber eine nützliche Eigenschaft von Wespen. Ill. wochenschr. f. Enlom., 1, 1896, p. 546.

5. K. Viewsc, Wespen als Fliegenvertilger. Z{. wochenschr. f. Entom., T, 1896, p. 579.

6. L. KataariINeR, Ueber die Frechheit der Wespen. I{{. Zeitschr. f. Ento- mol., III, 1898, p. 250.

Description d’une espèce nouvelle de Lépidoptère de la sous-famille des Chalcosianae, provenant de Lao-Kay (Tonkin).

par l'abbé J. pe JoanNis.

M. E. Fleutiaux m'a remis une petite collection de Lépidoptères provenant de Lao-Kay (Tonkin) (!), dans laquelle se trouvait une es- pèce inédite appartenant à la sous-famille des Chalcosianae. La nervu-

(1) La liste en sera publiée dans L'Agriculture pralique des Pays chauds, Bulletin du Jardin colonial et des Jardins d'essai des Colonies françaises.

Séance du 14 janvier 1905. 11

lation est celle du genre Soritia Walk., mais la coupe remarquable- ment triangulaire des ailes inférieures la distingue déjà très nettement des autres espèces; c’est de Soritia (Retina) rubrivitta Walk. qu'elle se rapproche le plus pour les dessins et la coloration.

Soritia vitripennis, n. sp. 43 mill. Anticis valde elongatis, nigro-virescentibus, vitta rubra arcuata a basi ad marginen, anguste semi-hyalinis secundum medianam et basim ramorum 2, 3 et 4. Posticis triangularibus, nigro-fuscis, macula triangulari hyalina, angusta, a basi fere ad marginem.

Subtus : anticis nigro-fuscis nec virescentibus, vilta rubra paulo la- tiore; posticis ut supra.

Vertice nigro-virescenti, postice rubro ; fronte in parte superiori pro- minenti nigro-virescenti, infra pallide flavo ; pectore, coxis, femoribus, abdomine subtus, pallide flavis; tibiis et tarsis griseo-fuscis ; thorace et abdomine supra nigro-virescentibus.

Ailes supérieures très allongées, très étroites, côte légèrement ar- rondie, bord externe arrondi et très oblique; noires, glacées légère- ment de vert métallique, traversées par une bande rouge arquée, par- tant de la base elle occupe la moitié de la largeur de laile, s'appuyant à la côte jusque près du milieu, laissant l’apex longuement noir et s'étendant presque jusqu’au bord externe; près de cette extré- mité, la courbure du bord supérieur de cette bande change et devient un peu concave vers la côte. La région cette bande rouge touche la portion interne noire est semi-transparente, laissant voir la médiane et les nervures 2, 3 et 4.

Ailes inférieures triangulaires, le bord externe absolument droit ; elles sont d’un noir enfumé, traversées de la base presque jusqu’au bord par une tache transparente, étroite, triangulaire, ayant son som- met à la base de l’aile et laissant voir la médiane etles nervures 2,3 et.

En dessous : aux supérieures, la région noire, sans teinte verte, est plus réduite à l’apex ; inférieures comme en dessus. ;

Sommet proéminent du front, vertex, collier, dessus du thorax et de l’abdomen, noir verdâtre métallique, la tête est bordée de rouge à l'arrière avant le collier. Face, poitrine, hanches, cuisses, dessous de l'abdomen, jaunâtre pâle ; tibias et tarses gris en dessous, noirâtres en dessus. Antennes pectinées (elles sont brisées en partie, il n’en reste que 4 ou 5 millimètres). Un G.

Dans la collection du British Museum, se trouve un & de la même espèce, un peu plus petit et provenant du Cambodge.

12 Bulletin de la Societé entomologique de France.

Diagnoses d’un Hylophilus et de deux Scraptia [Cor..] de Madagascar

par Maurice Pic (1).

Hylophilus pygidialis, n.sp. Satis brevis et robustus, opacus, griseo-pubescens, niger, elytris antice flavo-maculatis, antennis pedibus- que testaceis ; capite truncato, oculis mediocribus, satis distantibus ; an- tennis mediocribus,articulo 2 brevi,globuloso, 3°-4° elongatis, aequalibus, ultimo dilatato; apice oblique truncato; thorace brevi, convexo ; scutello triangulari ; elytris satis brevibus, post medium attenuatis, sub humeros flavo-maculatis ; pedibus posticis paulo brevibus et crassiusculis ; pygidio producto, subacuminato. Long. 2 mil.

Bassin du Mandraré, Tsilamahana (Alluaud, février, 1904).

Espèce des plus distinctes par la structure de son pygidium dont la forme se rapproche un peu de certains Mordellides et aussi par sa co- loration particulière.

Scraptia hovana, n. sp. Subelongata et subdepressa, nitida, griseo-pilosa, testacea, oculis nigris ; antennis satis brevibus et gracilibus, testaceis; thorace brevi, transverso, elytris fere aequali, distincte im- presso: scutello minuto, subtriangulari; elytris subsinuatis, fortiter punctatis, post medium paululum attenuatis, apice truncatis ; pedibus mediocribus. Long. 2 mill.

Environs de Fort-Dauphin (Alluaud, décembre, 1900). Voisin de $. anaspina Fairm., forme un peu moins allongée, pro- thorax plus court à impressions très marquées.

Scraptia soarezica, n. sp. Elongata, modice angustata, sub- convexæa, luteo-pilosa, testacea, elytris mitidis, pallidioribus ; capite ef thorace rufis, subopacis, antennis testaceis, elongatis et gracilibus; tho: race brevi, subtransverso, antice subarcuato, ad basin et lateraliter im- presso, elytris paulum angustiore; scutello subarcuato ; elytris fortiter punctatis, elongatis, post medium modice attenuatis et apice subtrunca- tis, antice modice impressis ; pedibus mediocribus. Long. 3 mil.

Diego-Suarez. (Alluaud, mai 1893). (1) Les insectes faisant l'objet de cet article ont été recueillis par M. Ch.

Alluaud etles types font partie de sa collection; Scraptia hovana fait éga- lement partie de la mienne.

Seance du 14 janvier 1903. 13

Espèce bien facile à distinguer par son avant-corps à ponctuation très dense, ce qui lui donne l'aspect opaque, les yeux clairs, etc. Peut se placer près de S. émpressicollis Fairm.

Élatérides des îles Séchelles recueillis par M. Ch. Alluaud en 1892. [Cor.]

par E. FLEuTIAUX (!).

4 Agrypnus fuscipes F. Mahé et La Digue. Madagascar; Mascareignes ; Hindoustan, Ceylan.

2. Agrypnus aequalis Cand. (punctatus Cand., sondaicus Cand., insularis Fairm.). Mahé et La Digue. Indo-Malaisie.

3.* Alaus mahenus Faiïirm., 1892, Ann. Soc. ent. Fr. [1892], Bull., p. cr. Mahé et La Digue. :

4.* Psephus Alluaudi, n. sp. Long. 12 mill. Oblong, peu convexe; un peu clair sur les élytres; pubescence jaune pas très ser- rée. Tête fortement et densément ponctuée. Antennes ferrugineuses ; troisième article subégal au suivant. Pronotum aussi long que large, arrondi sur les côtés, graduellement rétréci en avant; ponctuation forte, moins serrée que celle de la tête; angles postérieurs aigus, non divergents, carénés. Écusson plan, subpentagonal. Élytres paral- lèles, rétrécis en arrière seulement dans leur tiers postérieur, ponc- tués-striés ; interstries convexes. Dessous de la même couleur; ponc- tuation forte et peu serrée ; pubescence gris clair. Hanches postérieures faiblement dilatées en dedans. Pattes d’un ferrugineux clair.

Iles Séchelles : Mahé (Alluaud, 1892), sa collection.

Espèce voisine de P. ineptus Cand.; en diffère par la forme géné- rale moins allongée et moins convexe, le rebord du front moins sail- lant, le pronotum plus court et subdéprimé, sa ponctuation profonde au lieu d’être superficielle et ombiliquée, les interstries des élytres ru- gueusement ponctués.

>. Melanoxanthus melanocephalus F. Mahé. Madagas- car; Mascareignes ; Zanzibar ; etc. (Cosmopolite tropical).

(1) Cette note comprend toutes les espèces signalées jusqu’à ce jour des iles Séchelles. L'astérisque indique les espèces qui n'ont pas encore été retrouvées en dehors de cet archipel,

14 Bulletin de la Société entomologique de France.

6. * Melanoxanthus cribricollis, n. Sp. Long. 5 mill. Ovale allongé; jaune pâle, légèrement obscurci sur la tête et le pro- notum; fine pubescence jaune clair. Tête régulièrement convexe, ar- rondie en avant, criblée de gros points serrés. Antennes n’atteignant pas la base du thorax, légèrement élargies vers le bout, jaunes, avec les derniers articles rougeâtres ; et articles subégaux. Pronotum plus long que-large à la base, graduellement rétréci en avant, brusquement déprimé le long de la base, criblé de gros points serrés comme la tête;

angles postér ieurs aigus, non divergents, unicarénés. Écusson triangu-

laire. Élytres atténués en arrière, arrondis au sommet, fortement ponc- tués-striés; interstries plans et rugueux. Dessous jaune sur le pro- pectus, rougeâtre sur les autres parties. Prosternum criblé de gros points assez serrés; saillie longue, subparallèle, rétrécie en pointe au sommet. Propleures couvertes d’une ponetuation grosse et écartée, nulle en arrière et bordée latéralement par une série de points moins gros, rapprochés. Épisternes métathoraciques légèrement rétrécis en arrière. Hanches postérieures faiblement dilatées en dedans; leur bord externe plus large que le bord inférieur des épisternes. Pattes jaune clair.

Iles Séchelles : La Digue (Alluaud, 1892), sa collection.

Cette espèce peut être rapprochée de W. fractus Cand., de la Ma- laisie; mais elle est plus allongée et ovalaire, au lieu d’être atténuée en arrière ; sa Coloration est uniforme, insensiblement rembrunie sur tête et le pronotum; son écusson beaucoup plus petit.

Note sur Phyllomorpha laciniata Nill. [H£MiPT.]

par VALÉRY MAYET.

M. Lambertie a donné récemment (Bull. Soc. ent., 10 déc. 1902) des détails sur l'habitat de Phyllomorpha laciniata et conelut par ses observations, faites en hiver au pied d’un Pommier, que cet arbre parait être le végétal préféré par cet insecte. Nous avons souvent, dans nos chasses d'été et d’hiver, rencontré ce bizarre Coréide. Nous l’avons toujours trouvé en été sur des coteaux incultes exposés au midi, avec ou sans arbres, tantôt sur des Graminées, tantôt sur des Carduacées ou d’autres plantes. En août dernier, aux environs de Lyon, à Montagny près Givors (Rhône), dans une clairière de taillis de Chêne rouvre nous en prenions deux en fauchant sur des Hélianthèmes. A Montpellier, ce

Séance du 14 janvier 1903. 15

sont nos collines calcaires incultes avec bouquets de Chênes verts (ga- rigues) qui en juin et juillet nous donnent l’insecte toujours isolé, de même à Collioure les bois très clairsemés de Chênes liège.

Pour le trouver abondamment il faut le chercher de novembre à mars, dans ses abris d'hiver qui sont, à Montpellier et à Collioure, le pied des murs et des rochers bien exposés au soleil, loin de toute végétation ar- borescente. À Collioure, par exemple, c’est contre les murs des forts Carré et de l'Étoile, dominant la mer, loin de tout arbre, que nous les avons pris en arrachant les touffes de Graminées sèches et en secouant celles-ci dans notre parapluie.

En décembre 1881, accompagné de feu CI. Rey, dans une séance de moins de deux heures, nous en avons bien trouvé une trentaine dans cette localité, sans les chercher spécialement, puisque nous n’arra- chions les touffes que pour en tamiser la terre et y rechercher tout au- tre chose. <

Nous croyons donc qu’en novembre le pied du tronc de Pommier de St-Médard d'Eyrans, exposé au sud et garni d'herbes touffues, n’était que l'abri d'hiver de la Phyllomorpha.

Remarques sur quelques Élatérides [Cor.]

par H. pu Buyssox.

1. Cardiophorus febriens Cand. Je n’ai pas à revenir sur ce que j'ai écrit au sujet de cette espèce (Ann. Soc. ent. Fr.,p. 425, 1902), mais je peux ajouter que Candèze (Mon., IT, p. 197) au bas de sa description nous dit : « Je n’ai vu cette espèce que dans la collection de M. de Heyden. » C’est donc exactement le type visé par Candèze que j'ai reçu en communication et c’est à ce type que j'ai assimilé les exemplaires récoltés par M. de Peyerimhoff en Arabie Pétrée.

Quant à l’exemplaire déterminé par moi sous ce nom à feu Leprieur, je n’en ai guère gardé souvenance et je ne puis dire de suite à quoi il se rapporte exactement. À cette époque il ne m'était pas possible de donner sur cet insecte d’autres renseignements (!) et c’est avec doute que je l'avais ainsi classé.

(1) Kirby et Spence ont placé en tête de leur Introduction lo Entomo- logy la maxime suivante : « Dies diem docet »; nous en reconnaissons tous la véracité excepté celui qui s'étonne que je revienne aujourd'hui sur quel- ques déterminations difficiles, données jadis comme douteuses ou d'après des noms de collection non encore contrôlés.

16 Bulletin de la Société entomologique de France.

2. Cardiophorus Bonnairei Buyss.— Je n'ai encore vu qu'une seule forme pour l'espèce que j'ai décrite sous ce nom. Quant à la co- loration, si la tache obseure fusiforme disparait entièrement ou devient à peine indiquée, la suture sur toute sa longueur reste toujours plus foncée que le reste des élytres chez les exemplaires plus clairs aux- quels M. Pic a voulu imposer un nom de variété.

3. Cardiophorus bipunctatus F. La variété que M. Pic a baptisée du nom de Perrisi (L’'Échange, 407, ». 122, 1893 (!), «colo- ration générale foncée avec les élytres à peine marqués de roux sur- . tout sur la suture; tibias et tarses roussâtres, etc., » ne se trouve pas exactement mentionnée sur la liste des variétés que j'ai signalées (Ann. Soc. ent. Fr., p. 439, 1902). Je l'aurais transcrite assurément si la note de M. Pic avait été dépourvue d’un lapsus calami.

4. Cardiophorus conformis ? Desbr. var. Caroli Leprieur. (L'Échange, 107, p. 122, 1893.) Sous cette rubrique assez bi- zarre on trouve un nom de variété appliqué à une espèce dont on ne connaît même pas l’exacte détermination. Je laisse les gens clair- voyants donner leur avis à ce sujet. M. Pic à publié un simulacre de description et il en résulte que le nom de Leprieur qu'il a voulu ajouter à la suite du nom Caroli est à remplacer par celui de Pic, car une description bonne ou mauvaise prime toujours le « ën museo ». M. Pic est toujours trop pressé. En quoi a-t-il rendu service en pu- bliant les lignes auxquelles je renvoie le lecteur? Il eût bien mieux fait encore de s'abstenir. Les types des auteurs venant à disparaître, à quoi seraient bonnes ces descriptions écourtées, privées des carac- ières importants sans lesquels on ne peut reconnaitre une espèce? Pourquoi M. Pic a-t-il omis aussi de signaler la localité de cette variété ? Il est cependant utile de la donner; elle provient de Bou-Saàda et a été | récoltée en 1875, d’après les notes que j'ai conservées.

5. Cardiophorus Leprieuri Pic. (Soc. ent. Fr., Bull. 1902, p. 305). Sous ce nom, M. Pic a voulu décrire comme n,. sp. un Car- diophorus de la collection Leprieur que jadis javais nommé avec doute febriens. Gand. ainsi que je l'ai dit plus haut, me basant à cette époque sur ce que j'en savais sur ce que j'avais pu voir dans les collections. Je retrouve en effet sur mes notes les traces de l’examen de cet insecté, envoyé en unique exemplaire, provenant de Bou-

(1) 11 n’est guère admissible que ce soit une coquille de l'imprimeur, car en composition typographique le mot bipunciatus ne ressemble guère à bima- culatus ; je pencherais plutôt pour le lapsus calami.

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Sañda 4875 (D' Leprieur), mesurant 8 mill. et le tout appuyé par un fort point de doute. En rappelant mes souvenirs, je crois me rap- peler que cette bête était identique à une autre, de coloration plus foncée, que je possède toujours, et je suis porté à croire que le nom donné par M. Pic risque fort de venir enrichir la synonymie d’une espèce depuis longtemps décrite, mais mal identifiée dans les collec- tions. M. Pic, qui a largement le temps et les moyens de le faire, nous rendrait grand service en allant consulter les types d'Erichson; il jugerait alors par lui-même de la validité de son espèce de même que de la détermination que je lui ai donnée plus récemment pour un Car- diophorus de ses chasses à Brusse (14 mai 1899) et que je lui ai re- tourné sous le nom de ertinetus Er. Pour cette dernière espèce, il serait aussi bon de vérifier sur le type si elle a les ongles dentés ou simples. La longueur des sillons basilaires du pronotum et une définition exacte de la nature des gros points de la ponctuation prothoracique sont des caractères qu'il est généralement indispensable de connaitre.

6. Cardiophorus hoploderus Cand.— Dansla plupartdes collec- tions parisiennes se trouvaient rangés sous ce nom, soit le C. Bonnairer Buyss., soit C. stoliger Buyss. et à l’époque dont parle M. Pic, je ne pouvais que les déterminer sous ce nom-là. Dans la suite, trouvant qu'il ne répondaient pas à la description de l’auteur, j'ai cherché à voir d’autres bêtes s’y adaptant mieux. Finalement dans la collection Che- vrolat(> Fleutiau x) j'ai trouvé le C. hoploderus Can d. vrai qui est fort remarquable par son tubercule bien visible, acuminé, redressé, situé en face de l’écusson sur la base du pronotum. Depuis cette époque seulement, je suis fixé sur cette espèce décrite du Sénégal et probable- ment signalée à tort d'Algérie ou du Maroc.

7. Cardiophorus flavus Er. Espérant amener quelques éclair- cissements sur cette autre espèce, je peux dire que je ne suis pas en- core très fixé à son sujet. Je lui rapporte pour le moment un Cardio- phorus d'Obock récolté par le Commandant Laligant et donné jadis par M. Maurice Dollé. Je crois, en effet, que j’en avais rapproché à tort, ce que j'ai décrit dans la suite sous le nom de Chobauti, car la forme gibbeuse constante de l’écusson de ce dernier m'a prouvé que cette réunion n’était pas valable. J'ai donc fait ce qu'il y avait à faire. Si, contrairement à ce que je pense, mon Card. flavus n’était pas l’es- pèce d'Erichson, et que ce soit au contraire le Chobauti qu’on doive lui assimiler, je serais très heureux d’avoir des détails précis à l'appui de cette rectification.

8. Cardiophorus Erichsoni Buyss. Cette espèce, quoique

18 Bulletin de la Société entomologique de France.

peu abondante, est cependant répandue dans toute la France et surtout dans le centre. Tous les ans j’en récolte quelques exemplaires autour de chez moi en battant les Pins en fleur. Je ne vois pas que sa capture par M. Pic à Chauffailles (Saône-et-Loire) soit particulièrement intéres- sante. Je constate seulement que c’est une négligence de ma part de n’avoir pas ajouté l'indication de cette localité au moment jai corrigé les épreuves des Élatérides gallo-rhénans. M. Pic se montre par trop exigeant, car je puis l’informer que mon manuscrit était entre les mains de M. Fauvel bien avant la publication du Bulletin de la Société des Naturalistes d'Autun. D'ailleurs un supplément à mes Éla- terides sera pour les omissions que je jugerai bon de combler.

9. Isidus Letourneuxi Pic G = Moreli Rey GS. Si je suis revenu sur certaines déterminations de jadis, je peux cependant en confirmer le plus grand nombre. Feu Leprieur, en son temps, me communiqua 2? G de Ramlé (Égypte) qui sont assurément les types de la description de M. Pic (L'Échange, 214, p. 64, 1902), et je n’y ai rien trouvé qui méritàt d’en faire une espèce nouvelle. Jusqu'à preuve du contraire, on doit inscrire en synonymie le nom de 1. Letourneuxi Pic, qui n’a été donné que pour désigner des déformations prothoraci- ques insuffisantes pour valider cette dénomination.

10. M. Pic fera bien aussi de donner quelques éclaircissements sur les variétés vittatithorax et neosuturalis faites aux dépens de ce qu’il regardait comme C. hoploderus Cand., car ce n’est pas moi qui devi- nerai à quoi elles s'appliquent. (CÎ. L’Échange, 215, p. 72, 4902.) Il ne m'est pas possible pour le moment de les enregistrer.

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A. L.

Le Secrétaire-gérant : CH. ALLUAUD.

B'UÈE EFFIEN

DE LA

SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE

Séance du ?$ janvier 1903.

Présidence de M. F. HENNEGUY.

Correspondance. Se sont fait inscrire comme devant prendre part au Congrès et au Banquet commémoratif de 1903 :

MM. M. Bailliot, J. Bourgeois, A. Degors, H. Gadeau de Kerville, L. de Joannis, E. Olivier, Ch. Pérez, M. Pic, G. Portevin, H. Portevin, G. Sérullaz et son frère M. V. Sérullaz, J. Thibaut, J. Vachal, L. Villard, mr VIOISine è

Nécrologie, M. le Président a le regret d'annoncer la mort de M. Johannes Faust, ingénieur, décédé le 18 janvier 1903 à Pirna (Saxe).

J. Faust avait publié de nombreux mémoires sur les Coléoptères, spécialement sur les Curculionides, et ses travaux étaient tout particu- lièrement estimés. En 1902 il avait mis la dernière main à une revision des Cléonides, préparée de longue date et dont la publication fera cer- tainement grand honneur à sa mémoire.

Sa collection de Curculionides, l’une des plus considérables et des mieux classées qui existent, a été acquise en 1899 par le Musée Zoolo- gique de Dresde.

Présentations. M. A. Bonnet, licencié ès sciences, préparateur à la Faculté des Sciences, 15, place Bellecour, Lyon, présenté par M. G. Darboux. Commissaires-rapporteurs : MM. Ch. Alluaud et E. Simon.

M. E. Pelletier, 201, rue de Vaugirard, Paris 15°, présenté par M. P. Mabille. Commissaires-rapporteurs : MM. Ph. Francois et G.-A. Poujade.

Démissions. MM. E. Brenske, H. Kieffer, et G. Ducour- tioux (assistant) envoient leur démission. Bull. Soc. ent. Fr., 1903. 2

26 Bulletin de la Société entomologique de France.

«

Prix Dollfus 1901 et 1902, Au nom de la Commission du Prix Dollfus, M. E. Dongé donne lecture du rapport suivant :

Messieurs,

La Commission du Prix Dollfus s’est réunie le mercredi 21 jan- vier 1903.

Bien que la Société, qui, en février dernier, avait réservé le Prix 1904, se trouve pouvoir disposer actuellement de deux annuités, aucun ouvrage présenté directement par l’auteur n’a été soumis à son appré- ciation.

Mais une œuvre d’une haute valeur scientifique à depuis longtemps attiré l'attention des entomologistes :

M. P. Lesne a entrepris l'étude générale des Bostrychidae, famille de Coléoptères bien peu connue jusqu'alors, tandis que d’autres xy- lophages, comme les Scolytides, ont eu le privilège de provoquer à maintes reprises les recherches des monographes.

Vous connaissez tous, Messieurs, les premiers mémoires sur les Bostrychides, que l’auteur à fait paraitre dans nos Annales (1896-1901) et, en même temps que vous admiriez les descriptions si claires et si complètes, les dessins si merveilleusement exacts qui nous ont révélé tant de particularités de structure et de si curieuses formes d’adapta- tion, vous étiez frappés de la somme de travail qu'ont exiger de si longues et si patientes recherches. La monographie générale des Bos- trychides n’est pas encore achevée, mais l’auteur à eu l’heureuse ins- piration d’en détacher une étude très complète et d’un intérêt très pratique, limitée aux seuls Bostrychidae de l’Europe et des contrées limitrophes.

Ce travail, qui a paru dans le volume XXX de L’Abeille, à été publié au cours de 1901, terminé en 1902, et se trouve remplir toutes les con- ditions prévues par le Règlement.

La Commission a donc pensé que l’œuvre de M. P. Lesne était digne d’une distinetion exceptionnelle et, à l'unanimité, elle vous pro- pose de la couronner tout entière en accordant à l’auteur le Prix Doll- fus, annuités 1901 et 1902 réunies, pour son Synopsis des Bostrychides paléaretiques.

Après la lecture de ce rapport, le Président rappelle qu'aux termes des articles 14 et 63 du Règlement, le vote pour le Prix Dollfus 1901 et 1902 aura lieu à la séance du Congrès, le 25 février 1903.

Tous les membres français ont le droit de prendre part au vote qui aura lieu au scrutin secret, soit directement, soit par correspondance.

Séance du 28 janvier 1903. 27

(Le vote par correspondance doit être mis sous double enveloppe fer- mée; lPenveloppe intérieure contenant le bulletin doit porter extérieu- rement signature lisible du votant et la mention : Prix Dollfus.)

Les votes devront parvenir entre les mains du Président de la So- ciété, au Siège social (28, rue Serpente, Paris 6€), au plus tard le mer- credi 25 février 1903, à 8 heures du soir.

Observations diverses.

Note d'habitat. M. E. Olivier indique que Phyllomorpha laci- niata Vill. existe dans le département de l’Allier. Voici ce qu'il dit à ce sujet dans sa Faune de l'Allier, t. I, p. 41 : «€ On le rencontre rare- ment, çà et sur les feuilles des arbres ou sous les pierres. Mulsant dit qu’il est principalement crépuseulaire ou nocturne. Les Ramil- lons, Brout-Vernet, Digoin, Combronde entre Riom et Ganat. »

Communications Notes et synonymies relatives aux « Byrrhidae » de Reitter [CoL.]

par Maurice Pic.

Contrairement à l'opinion de Reitter (Bestimm. Tab. XLVII, p. 7), Hedobia angustior Pic ne doit pas être considéré comme une simple va- riété de magnifica Reitt. En outre du dessin élytral bien différent, H. an- gustior Pic diffère de magnifica Reitt. G type, par la forme plus étroite, moins atténuée ou moins acuminée au sommet, le prothorax à impres - sions plus petites, cet organe largement pubescent de gris de chaque côté, les élytres dépourvus de nombreuses rangées de soies couchées. D'ailleurs Reitter n’a pas connu H. angustior Pic en nature, du moins je ne l’ai pas vu dans sa collection, et la note qu'il à écrite au sujet decet insecte prouve qu'il ne Pa pasexactement compris; cette note laisse entendre que angustior est analogue à la variété senex Kraatz de émperialis L., ce qui est inexact car le dessin des bandes chez senexr est voilé et non modifié par la pubescence grise générale qui le re- couvre, tandis que‘celui de angustior Pic est tout autre.

Les noms (1. €. p.16 et 18) de Bedeli, oxycedri, cedri (genre Ernobius) doivent être attribués à Reitter. Il estregrettable que l’auteur ên litteris de ces noms ait cru devoir substituer sa personnalité à celle de collè- gues méritant d’être cités les premiers. A ce propos, je signalerai un

28 Bulletin de la Socicté entomologique de France.

cas exceptionnel : les types de Ernobius Bedeli Reïitter ne se trouvent pas plus dans la collection Bedel (!) que dans la collection Reïitter ac- tuellement en ma possession.

Ernobius angusticollis Ratz. et tabidus Kiesw. sont synonymes; le premier estle sexe ©, le le sexe © d’une unique espèce qui doit pren- dre le nom le plus ancien de angusticollis Ratz. En outre, d’après Rey (L'Échange 85), E. parvicollis M. R. se rapporte à angusticollis Ratz, synonymie inaiquée, d'autre part, par de Marseul dans son catalogue. Schilsky (Kaefer Europa’s XXX VI) à bien à tort séparé spécilique- ment ces trois noms, séparations que Reitter à malheureusement ac- ceptées sans les contrôler, en rééditant presque textuellement, dans ses Tabellen XLVIT, l'étude antérieure de l’auteur berlinois.

Theca (Anomotheca) Reitteri Schils.(Kaefer Europx’s XXX VI 40, décembre 1899) Theca latior Pie (Bull. Soc. Hist. Nat. Autun, p. 207, juillet, 1899). Cette espèce a également pour synonyme dorcatomoides Reitter (1885) (?).

Deux Noctuelles paléarctiques nouvelles de la sous-famille des Agrotinae ()

par l’abbé J. DE Joannis.

Euxoa polybela (‘)n.sp. —31 mill. Anticis triangularibus ; gri- seo-flavidis, absque lineis ; maculis, saturatioribus, valde distinciis ; re- niformi partim nigro cincta, orbiculari cum ipsa connexa ; clavifor mi longa, nigro marginata, alteraque macula, basali, ipsam praecedente ; maculis sagittatis prominentibus, nigro signatis ; margine externo dilu- tiore; margine interno saturatiore, striga brevi nigra notato. Posticis flavido-albidis, squamis fuscis conspersis, lunula discoidali fusea, mar-

(1) Cette espèce existe bien dans la coll. Be del et même dans ma collection, grâce à la générosité de notre collègue, mais aucun de ces insectes n’a été étu- dié par M. Reitter.

(2) En 1884 (Dts. Ent. Zeits., p. 87)Reitter a décrit, sousle même nom, une tout autre espèce.

(3) Sir G.-F. Hampson, qui prépare la révision de la sous-famille des Agro- tinae, a bien voulu examiner ces deux espèces et m'indiquer les genres aux- quels elles devaient être rapportées. Elles seront figurées dans son travail.

(4) to), nombreux; Bédos, trait, flèche.

Séance du 28 janvier 1903. 29

gine punctis nigris notato. Subtus : anticis griseis, margine pallidiore ; posticis flavido-albidis ; in utrisque lunula discoidali valde apparent.

Capite, collari,scapulis, abdomine, concoloribus ; thorace et pectore pal- lidioribus. |

Supérieures triangulaires, côte droite, apex assez aigu, bord externe droit jusqu’à la nervure 4, au delà arrondi. Fond gris jaunâtre, sans lignes, taches très marquées et plus foncées. Orbiculaire un peu allongée et rejoignant la réniforme, celle-ci lisérée de noir à l'extérieur, un au- tre liséré noir à la partie supérieure du trait de jonction des deux taches en remontant le long de la réniforme, Un liséré clair longe l’ensemble des deux taches en dessous. Claviforme très longue, lisérée de noir des deux côtés et contiguë, du côté de la base, à une tache plus foncée : une ombre noire à la jonction de ces deux taches. Traits sagittés au nombre de huit, en ligne parallèle au bord et un peu convexe vers la base au dessous de la nervure 2; contenant chacun un petit trait noir à leur base, réduit à quelques écailles dans les deux plus voisins du bord interne. Nervures très finement relevées de brun des deux côtés, très saillantes en particulier dans la réniforme. Pl dorsal traversant en clair la claviforme et la tache qui la précède. A la base, près de la côte, deux petits traits parallèles, l’inférieur plus long, plus foncés que le fond. Bord interne également plus foncé et marqué d’un trait noir près de la base. Espace terminal clair, une série de petits traits noirâtres avant le bord. Frange brune, traversée par une ligne noire lisérée de blane de :haque côté.

Inférieures blanc jaunâtre, saupoudrées d’écailles noirâtres, plus nombreuses au bord interne, des deux côtés de la nervure transverse et le long d’une ligne subterminale vague; une série de points noirs au bord ; frange blanc jaunâtre.

Dessous : supérieures gris brunâtre, côte et bord externe plus clairs. Inférieures plus claires qu’en dessus. Lunules discoïdales très appa- rentes aux quatre ailes, traversées par la nervure en clair et précédées, aux inférieures, par un trait noir, venant de la base, le long du pli.

Tête, collier, ptérygodes, abdomen concolores. Thorax et poitrine plus clairs. Deuxième article des palpes et tour des yeux garnis de poils brun noirâtre.

Une ©, prise par M. A. Théry près de Philippeville (Algérie). Lycopho tia fidelis (!) n. sp. 37 mill. Andticis griseis; lineis

ad costam tantum bene signatis, excepta Subterminali,obliqua,ad margi-

(1) Pris aux environs du collège de S'. Ficl; fiel (en portugais) fidèle.

_

30 Bulletin de la Societé entomologique de France.

nem retracta ad venas 3 et 4; margine obscuriori; regione inter sub- terminalem et postmediana albescente. Orbiculari leviter triangulari, infra notata linea nigra versus basim producta ; ipsa orbiculari et reni- formi albo notatis ad partem inferiorem ; claviformi linea nigra ad ba- sim signata. Ciliis albo nigroque notatis. Posticis albis,margine externo fuscescenti. Subtus anticis griseis, posticis albis ; utrisque albo griseoque conspersis ad costam.

Capite, collari, scapulis, thoraceque cinereis ; collari et scapulis linea nigra notatis. Abdomine et pectore pallidioribus.

Supérieures légérement élargies vers l'extrémité; côte droite, bord externe arrondi, oblique. Grisde fer; demi-ligne marquée par un trait costal; pas d'ombre médiane, extrabasilaire et coudée bien marquées à la côte, au delà très indistinctes ; subterminale oblique, rentrant vers le bord sur les nervures 3 et 4, précédée d’une zone lavée blanchâtre ; espace terminal plus foncé que le fond. Traits sagittés un peu visibles dans les intervalles 2 à 6 et prolongés par des traits noirs jusqu’à la frange. Taches ordinaires à peine plus claires que le fond; réniftorme et orbiculaire éclairées de blanc à leur partie inférieure ; orbiculaire un peu allongée en pointe vers la base et soulignée d’un trait noir qui se prolonge vers la base; réniforme émettant, de sa partie centrale, une éclaireie un peu gris rosé jaunâtre, dirigée vers le bord et se fon- dant dans la zone lavée; une seconde éclaireie semblable entre la mé- diane et la claviforme; celle-ci lisérée de noir et traversée par une ligne noire, au-dessus de laquelle la base est plus claire. Nervures lé- cerement marquées en noir; bord externe précédé de petits traits noirs et d’une ligne claire; frange entrecoupée de blanchâtre.

Inférieures blanches, avec une bordure enfumée s’élargissant un peu de l’angle interne à la côte ; frange blanche, traversée par une ligne noiratre.

Dessous : supérieures grises, inférieures blanches ; les unes et les autres saupoudrées de gris blanchâtre à la côte.

Tête, collier, ptérygodes, thorax gris; le bord de la touffe frontale noir, collier et ptérygodes marqués d’une ligne noire. Abdomen plus clair ainsi que la poitrine. Antennes légèrement crénelées et fasci- culées.

Deux G dont un dans ma collection ; envoyés par M. C. Mendes de Soalheira (Portugal). s

Séance du 28 janvier 1903. 31

Description de deux nouveaux genres de Cynipides

par l'abbé J.-J. KIErFFER.

Fioria n.g.— Ce genre se distingue de Callirhytis, auquel je l'avais

abord réuni, par les caractères suivants : Corps non trapu, mais allongé comme chez Synophrus. Front excavé, traversé par une arête médiane et longitudinale qui s'étend de l’ocelle intermédiaire jus- qu'entre les antennes et forme ainsi deux fossettes longitudinales. Mesosternum allongé et muni de trois arêtes longitudinales et paral- lèles, dont les deux latérales sont plus courtes que la médiane. Han- ches antérieures séparées des intermédiaires par une distance qui dé- passe leur longueur. Arêtes du metanotum circonscrivant une aire en trapèze. Second segment abdominal égal au tiers de-l’abdomen, les cinq Suivants proéminents et d’égale longueur. Comme dans le genre Callirhytis, la cellule radiale est ouverte, la base du scutellum munie de deux jossettes, les crochets des tarses simples, les sillons parap- sidaux plus ou moins évanouis en avant et l’abdomen avec une spinule ventrale.

Ce nouveau genre à pour type un insecte dont la forme agame m'a été envoyée d’abord par M. Fiori, professeur à l'Université de Bo- logne, puis par M. Mariani, sous-inspecteur des forêts à Velletri ; j'ai décrit cette dernière sous le nom de Callirhytis Marianti. La forme sexuée, que j'ai décrite sous le nom de Callirhytis Meunieri, à élé obtenue de galles produites à Bitche par les insectes agames que j'avais reçus d'Italie.

Liebelia n.g. Antennes de la femelle composées de 16 articles. Pronotum rétréci en ligne au milieu. Mesonotum lisse, glabre, à sillons parapsidaux percurrents. Fossettes de la base de l’écusson indiquées seulement par deux légères dépressions éloignées l’une de l'autre. Second segment abdominal n’atteignant pas la moitié de l'abdomen ; les cinq segments suivants proéminents ; spinule ventrale courte. Cro- chets des tarses simples. Cellule radiale ouverte.

Le type de ce genre, dont la description paraîtra prochainement dans un autre travail, forme sur Rosa Seraphini des galles plurilocu- laires qui n’ont été observées jusqu'ici qu’en Sardaigne et qui ont été décrites d’abord par le D C. Massalongo (Nuovo Giornale botanico Italiano, 1895, p. 99-102, pl. 3).

32 Bulletin de la Société entomologique de France.

Sur des formes nouvelles de zoocécidies

par E. LEMÉE.

Au mois de mars dernier M. Leboucher, Vice-Président de la So- cièté d’'Horticulture de l'Orne, trouvait des excroissances ou procéci- dies sur les rameaux inférieurs de presque tous les arbres et arbustes poussant sur les bords du ruisseau, dit du Gué-de-Gênes, qui traverse sa propriété sise à Alençon (Orne). À la même époque, je trouvais dans l’une de mes pépinières les mêmes déformations sur Salix vimi- nalis L. J'envoyai les échantillons à M. Pabbé Kieffer, le savant céci- dologue, qui m'écrivit, le 16 mars 1902, la réponse suivante.

« Galle nouvelle! Je vous donne une description détaillée que vous pourrez publier :

Bosselettes très nombreuses sur les rameaux, n’atteignant même pas la grosseur d’un grain de millet, ordinairement alignées dans le sens de l’axe du rameau. À chaque bosselette correspond une loge ovalaire ou ellipsoïdale un peu brunie, contenant un ou deux corps jaunes, fusiformes, à extrémités brunes, longs de 1,5 mill. et larges de 0,40 mill. En l’examinant au miscroscope, on reconnait que ce corps fusiforme n’est autre chose qu'un œuêi ellipsoidai, sans doute d’une Tenthrédinide, et qu’il est entouré d’une enveloppe fusiforme, brune aux deux bouts, plus longue que lui et fendue plus ou moins largement sur le dessous dans le sens de sa longueur.

Cette enveloppe est probablement le résultat d’un liquide gluant dont l’œuf a été entouré au moment de la ponte et qui s’est durci à l'air. Quelques exemplaires des œuîls n’offrent encore aucune trace de seg- mentation à leur intérieur ; d’autres renferment un embryon avec une segmentation distincte et même deux grosses taches brun rouge com- posées de petits points et qui sont les yeux composés de la future larve. La cavité est toujours située en dessous de l’épiderme, dans la cou- che corticale, et n'atteint pas la couche ligneuse ».

D’après les indications de M. Kieffer, nous avons, M. Leboucher et moi, cherché à obtenir l’insccte auteur de ces déformations , mais nous n'avons pu y parvenir. M. Kieffer lui-même n’a pas été plus heureux, ainsi qu'il résulte de la note publiée à ce sujet dans Allege- imeine Zeitschrift für Entomologie, Bd. VII, 1902, 23, p. 495-497.

A ce qui précède j’ajouterai : Les bosselettes ne se trouvent que sur les rameaux placés directement au-dessus du cours d’eau, principale- ment à la face inférieure, quelquefois, mais plus rarement, à la face su- périeure. Les branches s’élevant verticalement, ou opposées au cours

Séance du 28 janvier 1903. 33

d’eau, n’en portent aucune trace. Seuls sont atteints les rameaux de l'année. La ponte doit se faire à une époque assez avancée, lorsque les rameaux sont presque entièrement développés, les déformations se trouvant presque toujours à la partie supérieure. Tout porte à croire que la larve, une fois éclose, quitte la cécidie et achève sa translorma- tion dans l’eau.

Voici sur quels arbres et arbustes elles ont été trouvées :

Aus glutinosa Gærtn., Cratoequs monogyna Jacq., Evonymus eu- ropœus L., Fraxinus excelsior L., Ligustrum vulgare L., Prunus spinosa L., Saliæ alba L., S. caprea L., S. véiminalis L., Sambucus nigra L., Solanum dulcamara L., Viburnum lantana L., Viburnum opulus L.

Le Peuplier n’en porte aucune trace.

Dans un autre envoi que je lui fis, M. Kieffer me signala comme formes nouvelles qu'il n'aurait jamais vues :

Sur Achilleamillefolium L. : pousses arrêtées et changées en une agglomération de petites galles en tubes produites par Rhopalomyia millefolii H. Low.

2 Sur le même, forme souterraine; chaque pousse souterraine changée en une galle charnue d’un noir bleuâtre ou rougeàtre plus orande et plus épaisse que les normales et à peine lobée; parfois fermée à l'extrémité. Rhopalomyia millefolii H. Low.

30 Sur Picea orientalis déformation d’un côté du rameau ayant beau- coup d’analogie avec celle produite par Adelges abietis. Les aiguilles ont la partie basale seule déformée, fortement épaissie, sans cavité al- véolaire.

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30 Bulletin de la Société entomologique de France.

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A. L.

Le Secrétaire-gérant : P. CunaBanAuD.

BULLETIN

DE LA

SOCIETE ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE

Séance du LL février 1903.

Présidence de M. F. HENNEGUY.

Distinction honorifique. M. le Président annonce que M. Ga- lien Mingaud, conservateur du Muséum d'Histoire naturelle de Nimes, vient d’être nommé Chevalier du Mérite Agricole.

Changement d'adresse. M. E. Massé, 31, rue d’Annonay, Saint-Etienne (Loire).

Admissions. M. A. Bonnet, licencié ès sciences, préparateur à la Faculté des Sciences, 15, place Bellecour, Lyon (Acariens).

M. E. Loppé, étudiant en médecine, 240, rue de Vaugirard, Paris 19° (Arachnides) ; présenté par M. E. Simon comme membre as- sistant.

M. E. Pelletier, 201, rue de Vaugirard, Paris 15° (Coléoptères et Lépidoptères).

Présentations. M. le Proiesseur D' E.-A. Goeldi, Directeur du Musée Goeldi, caixa do Correio 399, Para (Brésil), présenté par MM. H.-W. Brolemann et E. Simon.

Commissaires-rapporteurs : MM. Ph. François et R. du Buysson.

M. Rodollo Ihering, conservateur des collections entomolo- giques, au Musée Paulista, caixa do Correio 500, Sao Paulo (Brésil), présenté par M. R. du Buysson.

Commissaires-rapporteurs : MM. J. de Gaulle et A. Poujade.

Démissions. Le frère Apollinaire-Marie et M. A. de Mont- lezun ont envoyé leur démission.

Observations diverses.

Capture. M. Ch. Alluaud annonce à la Société qu'il vient de capturer un exemplaire vivant de Cimex lectularius L. sur le tapis du bureau, au début de la séance.

Bull. Soc. ent. Fr., 1903. NÈNS:

38 Bulletin de la Société entomologique de France.

Observation biologique. M. Gaston de la Barre fait passer sous les yeux de la Société, des bois de Saule (avec galles) attaqués par des insectes et recueillis par lui en 1902 (communes de Ribemont et de Sissy, dans l'Aisne).

Il signale principalement l’éclosion (juin-juillet) dans ces bois d’un certain nombre de Sesia formicaeformis, Lépidoptère déjà signalé par Berce de Saint-Quentin. L

M. de la Barre fait remarquer que les galles n’apparaissent jamais que sur les bois de deux ans. Y aurait-il une corrélation avec la vie évolutive de la Sesia qui est également de deux ans?

Communications.

Nouvelles remarques sur quelques Elatérides [Cor.]

par Maurice Pic.

Je me plais à constater tout d’abord que M. H. du Buysson a con- firmé récemment dans divers paragraphes (Bull. Fr., 1903, p. 15 à 18) quelques-unes de ses anciennes erreurs de détermination, erreurs dont j'avais cru devoir parler incidemment (Bull. Fr., 1902, p. 306), l’occa- sion s’en présentant, non pour les reprocher, mais pour les rappeler à notre collègue qui, je le croyaïs par ses écrits, les avait complètement oubliées. Si j'ai rappelé quelque oubli que je croyais regrettable, ce n’est nullement pour déprécier le savoir de notre collègue, que je me plais à constater quand il y a lieu, mais simplement pour lui laisser entendre, sans esprit de malveillance, je l’espérais du moins, qu'il avait eu tort d'attribuer à certains entomologistes des découvertes revenant à d’autres.

D’après les notes de M. du Buysson, il semblerait que le droit de constater les divergences ou les différences m'est tout aussi contesté que celui de décrire des variétés (1). Ne serait-ce pas trop exclusif?

Je ne me pose pas en spécialiste pour l'étude des Élatérides, et c’est pour cela sans doute que je n’ai pas à revenir ici sur mes détermina- tions personnelles ; mais je me crois cependant possesseur de capacités entomologiques suffisantes pour reconnaître que, si deux noms ont été donnés successivement à un seul Cardiophorus, l'un de ces noms est erroné ou superflu, et je me juge capable d'écrire à mon tour des notes

(1) Allusion à l’article (Rev. d'Entomologie, 1901, p. 95) point de départ de notre pseudo-polémique. Tout ce que j'ai pu écrire depuis, je l'ai fait, soit par droit de réponse, soit par raison de défense.

Séance du 11 fevrier 1903. 39

complémentaires ou rectificatives sur un sujet que j'ai pu étudier au moins aussi sérieusement que l’a fait tout d’abord mon prédécesseur.

10 Cardiophorus febriens Cand.et Leprieuri Pic. —M.H. du Buysson (Bull. Fr., 1903, p. 15) dit ne pouvoir se prononcer exacte- ment au sujet de l’insecte de la collection Leprieur (febriens, olim), et cependant plus loin (p. 16) notre collègue prétend que C. Leprieuri Pic, autrement dit le même insecte, doit tomber en synonymie. Je regrette que M. du Buysson ne dise pas eæactement à quelle espèce doit se rapporter C. Leprieuri. Serait-ce à extinctus Er. (1)?

N'ayant pas à réfuter une synonymie qui, en somme, n’est pas sé- rieusement présentée, je n’en dirai pas plus long; je juge ma description (Bull. Fr., 1902, p. 305) suffisante pour faire connaître C. Leprieuri.

2 Cardiophorus BonnaireiBuyss. Si M. du Buysson (sa note 2 peut nous le laisser entendre) juge que ma variété laghouatensis est insignifiante et mérite d’être supprimée, je suis tout disposé à me ranger à son avis; mais, au préalable, je lui demanderai de supprimer les variétés analogues qu'il à nommées antérieurement, par exemple Athous var. impallens (Le Coléoptériste, p, 243) Cardiophorus var. saa- densis (Ann. Fr., 1902, p. 426).

J'accepte le lapsus calami pour C. bipunctatus F., si ce lapsus doit excuser M. du Buysson dans l’omission qu'il a faite d’une variété intéressante.

&Cardiophorus conformisDesbr.?v.CaroliPic. En effet le nom de Caroli a été donné par Leprieur èn litteris et doit m'être attri- bué comme descripteur, mais celui de conformis est un nom d’autrelois de M. du Bu ysson : c’est dire que le pointde doute quis’y rapporten’est vraisemblablement pas déplacé ni superflu et, si notre collègue n’en connaît pas, comme il le prétend (1. c., p. 16), l’exacte détermination aujourd’hui, c’est sans doute parce qu’il a retrouvé une ancienne note sur cet insecte. Il pourrait se faire que Caroli soit une bonne espèce. J'en reparlerai plus tard quand j’aurai vu les types d'Erichson (2), me

(1) M. du Buysson me conseille d'aller étudier les types d'Erichson, c’est une étude que notre collègue ferait peut-être bien d'entreprendre tout le premier. Ses notes laissent entendre, je crois, que je ne connais pas les Élaté- rides. Dès lors, à quoi me servirait l'étude des {ypes que je ne saurais pas étudier? mieux vaut que cette étude soit faite par quelqu'un doué d’un coup d'œil sûr et immuable.

(2) Élant donné que la consultation de ces types doit seule permettre à M. du Buysson de comprendre mes diagnoses ou de ne plus interpréter va-

A0 Bulletin de la Société Entomologique de France.

contentant aujourd’hui d'aller au plus pressé, c’est-à-dire de réluter une partie des graves griefs qui me sont reprochés. M. du Buysson me trouve trop pressé d’avoir décrit en 1893 un insecte dont il ne constate la description insuffisante qu’en 1903, dix ans après. Si j'ai été trop pressé pour décrire, notre collègue ne la guère été pour publier sa critique; ce dont je ne peux que le remercier, car ce retard m'a laissé pendant un certain nombre d'années l'illusion d’avoir été capable de publier une description sans mériter de reproches. Au sujet du même insecte M. du Buysson dit : « Une description bonne ou mauvaise prime toujours le än museo », ce qui exprime précisément le contraire de ce qui a pu être dità un autre moment (Bull. Fr., 1900, p. 303) dans une circonstance analogue. Les notes seraient-elles, comme les insectes, continuellement variables ?

M. du Buysson a eu raison de mentionner la provenance de Bou- Saada, omise à l’impression, mais notre collègue aurait pu ajouter, pour être plus complet, que les exemplaires pâles dont j'ai parlé (LAS change, 107), et qu'il avait autrefois nommés conformis, se rapportent aux insectes décrits depuis sous le nom de bou-saadensis.

Isidus Letourneuxi Pic. Je ne puis accepter la synonymie de M. du Buysson : I. Letourneuxi Pic GS = Moreli Rey G. Je ne sache pas que les angles postérieurs plus saillants du prothorax puissent passer pour des déformations, puisque les caractères du plus moins sont employés par les auteurs dans la systématique. À quel heureux hasard M. du Buysson, à qui la collection Leprieur est redevable de plusieurs déterminations erronées, devrait-il l'exactitude exception- nelle du nom de Moreli? En décrivant I. Letourneuxi (L'Échange, 214), j'ai cité plusieurs caractères pour distinguer ma nouveauté de I. Moreli Rey. Donc, si la déformation prothoracique existe, comme le dit M. du Buysson, elle n’est pas seule; d’ailleurs une déformation propre à plusieurs individus d’une même origine me semble bien près d’être une deformation spécifique. Dernièrement M. Fleutiaux a vu un de mes J. Letourneuxi (un des exemplaires indiqués comme & par M. du Buysson), il me l’a retourné étiqueté « Moreli 9? »; est-ce à dire que j'ai eu affaire non à une espèce nouvelle, comme je le pen- sais, mais à un hermaphrodite ?

nee lieu de la synonymie supposée par M. du Buysson je Drésen

rai la suivante, plus vraisemblable : {sidus Moreli (Buyss.) nec Rey = on Pic. riablement les insectes de la collection Leprieur, je souhaite de pouvoir entreprendre celte consultation le plus tôt possible.

Séance du 11 février 1903. 4A

Note sur des chenilles de Saturnia cynthia attaquées par Vespa vulgaris L. [HYMÉN.]

par L. DE LA PORTE.

J'ai été à même de constater à différentes reprises un fait que je crois utile de rapprocher des observations présentées par M. A. Giard, à la séance du 14 janvier dernier, au sujet de l'instinct carnassier de Vespa vulgaris L. (voir Bulletin 1, 1903).

Il s’agit de la prédilection particulière de cet Hyménoptère pour les chenilles de Saturnia cynthia, principalement lorsqu'elles ont atteint tout leur développement.

Mes nombreuses tentatives pour acclimater Saturnia cynthia sur quelques Aïlantes que je possède dans le département de la Vienne ont toujours êté inutiles. J'ai essayé successivement de lâcher des fe- melles fécondées ou de placer des œufs et de jeunes chenilles sur les feuilles, mais je n’ai jamais pu conserver de chenilles qu’en les en- fermant, avec les branches sur lesquelles elles se trouvaient, dans des sacs de forte mousseline. A cette condition elles prospéraient ad- mirablement, tandis que toutes celles que je laissais à l’état libre ont toujours disparu sans m'avoir donné un seul cocon.

Je mettais d’abord cette disparition sur le compte presque exclusif des Ichneumons pour un peu et des oiseaux pour beaucoup, mais j'ai pu me convaincre que les Guêpes communes avaient leur lourde part de responsabilité dans le carnage. J’en voyais souvent rôder autour des Aiïlantes et, dès qu’on enlevait les sacs, elles cherchaient à se jeter sur mes élèves. Maintes fois, après avoir laissé à un certain moment toutes mes chenilles intactes, je trouvais le lendemain quelque sac percé et l’habitante qu'il avait contenu entièrement dévorée. J'ai fréquemment surpris l’'Hyménoptère à l’intérieur de la mousseline, surtout lorsqu'il y restait encore quelques débris de la chenille; je m'en emparais alors aisément et, comme dans le cas cité par M. Giard, c'était toujours un petit individu de Vespa vulgaris. Souvent aussi le sac était complètement vide et, à la place de l’habitante, je ne trouvais plus qu’une sorte de bouillie informe. Dans l’un et l’autre cas l’ouver- ture pratiquée par la Guêpe dans la mousseline était facile à constater. Ce trou n’était pas assez grand pour livrer passage à plusieurs Guêpes simultanément.

J'ai peine à m'expliquer comment l’anéantissement complet d’une

chenille si volumineuse pouvait s’accomplir dans un temps très court 3

12 Bulletin de la Socièté entomologique de France.

(12 heures et même moins, si on tient compte du repos de la nuit). Combien aurait-il fallu de voyages à un seul Hyménoptère pour trans- porter par morceaux une pareille proie, après l’avoir dépecée ? Je mai eu, je l'avoue et je le regrette, ni le loisir, ni la patience d’assister d’un bout à l’autre à cette œuvre de destruction, mais je me promets de l’étudier plus en détail à la première occasion.

Une autre particularité digne de remarque, c’est que les Guêpes paraissaient se soucier assez peu des chenilles d’autres espèces que j’é- levais dans le même temps. J'avais notamment un très grand nombre de chenilles de Saturnia piri Schiff. sur un Poirier peu éloigné de mes Ailantes et qu’elles avaient à peu près complètement dépouillé de ses feuilles ; bien qu’elles fussent ainsi on ne peut plus apparentes, et que rien ne les protégeàt, je ne me suis point aperçu qu'elles fussent attaquées par Vespa vulgaris.

Descriptions de quelques genres nouveaux de la famille des Aviculariides [ARACHN.]

par E. SIMON.

Bemmeris, nov. gen. À Bessia Pocock, cui verisimiliter af- fine est, imprimis differt area oculorum tantum duplo latiore quam longiore, oculis mediis anticis lateralibus paulo minoribus, parte labiali apice denticulis quatuor uniseriatis munila et ungue tarsorum inte- riore dentibus biseriatis armato.

B. pardalina, sp. nov. © long. 12 mill. Cephalothorax laevis et fere glaber, fusco-olivaceus, postice leviter dilutior. Area oculorum ni- gra. Abdomen ovatum, Supra nigrinum et setosum, maculis testaceis, parum expressis seriatis, in parte apicali notatum, Subtus et in lateri- bus dilutius et fulvo-testaceum. Chelae fuscae, dentibus rastelli nume- rosis, 8-10, intus sensim longioribus, uniseriatis. Partes oris, Sternum coæaeque fulvo-rufescentia. Pedes fulvo-olivacei, tibiis 1 paris aculeis longis, setiformibus binis uniseriatis, metatarsis aculeis validioribus eætus 4, intus 1, apicali, subtus armatis. Pedes postici, praesertim 3 paris numerose aculeati. Prom. Bonae Spei!

Ctenonemus, nov. gen. À Bemmere differt oculis quatuor anticis inter se aequis, in lineam vix procurvam, parte labiati denti- culis 4-5 fere inordinatis munita, sterni sigillis posticis parvis subro-

Séance du 11 février 1903. 43

tundis, a margine spatio sigillo haud minore distantibus, pedibus an- ticis longioribus, metatarso Æ paris intus ad apicem pectine, ex setis contiquis quatuor composito, munito.

C. pectiniger, sp. nov. © long. 43 mill. Cephalothorax laevis et subglaber, fusco-castaneus, postice leviter dilutior, area oculorum ni- gra. Abdomen ovatum, teslaceum, antice late nigrum, postice parce punctatum, arcubus transversis seriatis lineaque media atro-lividis no- tatum, subtus albido-testaceum. Chelae fuscae, dentibus rastelli longis paucis uniseriatis. Sternum pedesque fulvo-rufescentia vel olivacea, ti- biis anticis longis, setis spiniformibus apicalibus binis atque, ad mar- ginem exteriorem binis, subtus munitis, metatarsis longis, setosis, aculeis validis et longis, extus 3 vel 4, intus 2, subtus armatis. Pedes 3! paris metatarsusque ÆÀ paris numerose aculeati. Africa austr, : Matjesfontein !

Damarchodes,nov.gen. 4 Damarchoimprümis differt sigillis sterni cunctis minutissimis et submarginalibus, parte labiali mutica, valde crinita, multo latiore quam longiore, metatarsisque anticis bre- vioribus usque ad basin scopulatis.

D. Purcelli, sp. nov., © (pullus) long. 10 mill. Cephalothorax lonqus, parum convexus, fuscus, sat longe et crebre sericeo-pubescens, linea tenur nigra cinctus, area oculorum nigra. Abdomen longe oblon- gum, supra fusco-lividum, pilosum, valde et crebre testaceo-marmora- tum et quitulatum, subtus albidum. Chelae fuscae, apice crebre crinitae, dentibus rastelli numerosis sat brevibus. Sternum pedesque fulvo-ru- fula, tibiis anticis fere muticis, setis spiniformibus apicalibus binis, atque ad marginem exteriorem duabus, subtus munitis, metatarsis usque ad apicem crebre scopulatis, aculeis brevissimis subbasilaribus binis apicalibusque binis instructis. Pedes postici valde et numerose aculeati. Africa austr. : Stellenbosch!

Aphantopelma,nov. gen. Ab Ischnocolo differt tarsis cunc- tis setulosis, anticis utrinque leviter scopulatis, tibia 1 paris maris apice anpliata et bicalcarata, tarso pedum-maxillarium breviore, apice obtuse et aequaliter bilobato.

A. macellum, sp. nov. G long. 10 mill. Cephalothorax fuscus, pilis pronis, longis, fulvo-rufulis, setis Spiniformibus mixtis, vestitus. Abdomen fuscum, subtus dilutius, fulvo-rufulo-pubescens. Chelae pe- desque fusci, fulvo-pubescentes et hirsuti. Tibia 1 paris apice ampliata, calcaribus binis, inferiore gracili, longo, leviter flexuoso-arcato, in-

4% Bulletin de la Société entomologique de France.

teriore multo minore, compresso et truncato, armata. Pedes-maxil- lares robusti, tibia mutica crassa, non multo longiore quam latiore. Colombia : Mine Purnio.

Bulletin bibliographique.

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Nouvelles Archives du Muséum d'Histoire naturelle, sér. IV, t. IV, fasc. 2. A. GRUvEL : Cirrhipèdes de la Collection du Muséum. Public Museum of the City of Milwaukee (Anual Reports, etc.), 1906.© R. Accademia dei Lincei (Atti), 1902, IT, 11-12. Bornr : Contribu- zioni alla sistematica dei Culicidi con speciale riguardo alla diffu-

sione della malaria umana.

- R. Accademia dei Lincei (Atti), 1903, I, 1 ©

Revista agronomica, I, Let 2, 1903 (2 exempl.). De SouzaA pa Ca- MARA : Quatro especies de Cochenilhas portuguezas, 3 pl Demande d'échange.

Revue éclectique d'Apiculture, janvier et février 1903.

Revue générale de Bibliographie française, I, L, 1903.

Revue scientifique du Bourbonnais et du Centre de la France, XV, 179- 81, 1902. Pierre : Sur la ponte d’un Névroptère. MEUNIER : Culicidae de Ambre. C. BruyAnT : Faune de l’Auvergne. Or- thoptères. Du Dore : l’'Acheronthia atropos.

Rovartani Lapok, déc. 1902. Notes entomol. en langue hongroise.

Royal Society (Proceedings), LXXI, 469-470, 1902.O

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Royal Society of N. S. Wales (Journ. and Proceed.), XXXV, 1902.O

Societas Entomologica, XVII 14 et 19-21, 1903. O. Scxuzrz : Ueber eine bemerkenswerte Form von Apatura iris L. (ab. et var. thau- mantis m.). M. GiLLMer : Berichtigung! Amorpha populi ab. pal- lida, Tutt und Amorpha populi ab. Subflava Gillmer. B. SLevocr : Entomologische Kleinigkeiten. P. Born : Meine Exkursion von 1902 (2 art.). R. PÜNGELER : Caradrina Wulfschlegeli n. sp. G. BReppiN : Neue tropische Wasserlaüler der Gattung Ptilo- mera Am. J. RoBer : Zwei neue Morphiden. W. NEUBURGER : Drei neue Thais-Aberrationen aus Digne und Budapest.

Société des Sciences historiques et naturelles de l Yonne (Bulletin), LV, 1901-2.0

48 Bulletin de la Société entomologique de France.

Société des Sciences naturelles de Saône-et-Loire (Bulletin), novembre, décembre et janvier, 1902-1903.O

Société des Sciences naturelles et d'Enseignement populaire de Tarare, 15 janvier 1903.O

Société d'Études Scientifiques d'Angers (Bulletin), XXXI, 1901-2.©

Societe Scientifique du Chili (Actes), XIT, 1 et 2, 1902. A.-C. Pino- cHET : La Isla de la Mocha.

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Union apicole (L’), janvier 1903.

Wiener Entomologische Zeitung, XXI, 10, 1902 (2 exempl.) et XII, 1, 1903 (2 exempl.). H. SCHOUTEDEN : Pentatomidae et Reduvidae novae africanae. E. Csixr : Nochmals über Oriorrhynchus Fus- sianus. H. Kr:uss : Bemerkungen zu vorstehender Erwiderung. À. Herscako : Notiz (Ahngeria Mel. Melicharella Sem.). L. Czery : Bemerkungen zu den Arten der Gattungen Anthomyza FI. und Ischnomyia LWw. E. Reirrer : Uebersicht der Arten der Coleopteren Gattung Trichoceble Thoms. F. HeNpEL : Ueber die systematisch Stellung der Dipteren Gattung Pseudomyza Strobl. und Rhienoëssa Lw. (fig.). Dipterologische Anmerkungen. E. Rerrrer : Uebersicht der Arten der Carabiciden-Gattung Trechus Clairv., mit Augeu, aus dem Kaukasus, Russisch-Armenien und Transcaspien. A. Herscako : Zur Kenniniss der Verbreïtung von Orthezia cataphracta (Shaw) und O0. floccosa (de Geer). E. Rert- MER : Nachtragliche Bemerkungen zu den Coleopteren-Arten aus der Verwandschaît des Onthophagus Amyntas OL. Erganzung und Berichtigung. G.-W. KirKkALDY : Einige neue und wenig bekan- note Rhynchoten (fig.). E. Rerrter : Uebersicht der Arten der Coleopteren-Gattung Entomogonus Sol. M. Bezzi : Ueber Calli- myia-Wankowiczi Schnabl und Agathomia aurantiaca Bezzi (Dipt.).

FR. HARTMANN : Neue exotische Rüsselkafer. E. RerrTer : Coleopterologische Notizen. L.-P. Czerny : Zu Anthomyza und Ischnomyza.

A TE.

Le Secrétaire-gérant : P. CHABANAUD.

BULLETIN

DE LA SOCIÈETEÉ ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE

CONGRÈS ANNUEL

Seance du 23 février 199%.

Présidence de M. F. HENNEGUY

MM. M. Baillot (de Tours), F. de Beauchèêne (de Vitré), A. Belle voye (de Reims), J. Bourgeois (de St-Marie-aux-Mines), Briot (de Wimereux), G. Darboux (de Lyon), A. Dubois (de Versailles), A. Fauvel{(de Caen), H. Gadeau de Kerville (de Rouen), C. Gerber (de Marseille), A, Gruvel (de Bor- deaux), V. Mayet (de Montpellier), L. Mesmin (de Bussière- Poitevine), M. Nibelle (de Rouen), —M.Pic (de Digoin), J. Thi- bault (de Caudebec-les-Elbeuf), L. Villard (de Lyon), assistent à la séance.

Après la lecture et l'adoption du procès-verbal de la séance précé- dente, M. F. Hennegu y, Président de la Société, prononce l’alloeution suivante :

Messieurs et chers Collègues,

Je déclare ouverte la séance du 13° Congrès annuel de la Société en- tomologique de France.

En décidant, il y douze ans, sur l'initiative de nos collègues Antoine Grouvelle et J. Gazagnaire, de convier à Paris ceux de ses mem- bres habitant la province pour célébrer l’anniversaire de sa fondation en se réunissant en assemblée générale, notre Société a créé une ins- titution dont l’utilité est attestée par le succès.

Chaque année notre Congrès prend une importance plus grande par suite du nombre des adhérents et de celui des communications qui y sont faites. Je suis particulièrement heureux de constater que nos col- lègues des départements se montrent de plus en plus assidus à cette réu- nion. Nous tirons grand profit de leur fréquentation et nous ne sau- rions trop leur être reconnaissants de la peine qu’ils prennent de se

Bull. Soc. ent. Fr., 1903. 4.

D0 Bulletin de lu Société Entomologique de France.

déranger pour venir nous entretenir de leurs travaux. Au nom de Société, je les en remercie et je leur souhaite une cordiale bienvenue. Mais je suis persuadé qu’eux-mêmes ne regrettent pas leur déplace- ment et qu'ils y trouvent aussi quelque avantage. ne

L’entomologiste, en effet, comme tout autre savant, ne peut vivre aujourd’hui complètement isolé. Les progrès continus et rapides des connaissances humaines forcent chacun de nous à se spécialiser plus ou moins dans une branche déterminée de la science. À ne considérer le vaste domaine de l’Arthropodologie, le temps des Malpighi, des Swammerdam, des Réaumur, des de Geer et des Latreïlle est bien passé. De nos jours, rares sont les esprits assez vastes pour em- brasser l’ensemble de l’un des groupes les plus importants du règne animal. Ceux-là seuls qui poursuivent avee méthode et persévérance l'étude d’une question spéciale arrivent à la notoriété scientifique et peuvent se flatter d’avoir fait œuvre utile, si, travailleurs modestes, ils sont parvenus à extraire de la carrière quelque bloc solide, de premier choix, capable de résister à l’épreuve du temps et destiné à l'édifice de la science. /

Mais, si la spécialisation est devenue fatale et indispensable, elle pré- sente un grave inconvénient : elle nous réduit parfois au rôle du ma- nœuvre qui, loin du chantier, équarrit son bloc et ignore à peu près l'œuvre à laquelle il collabore. Trop souvent ceux qui se livrent à des travaux spéciaux, faute de notions générales assez étendues, n’ont pas l'idée de l’ensemble qui seul donne du prix à leurs recherches.

Le but des sociétés scientiliques et des congrès est précisément de réunir les spécialistes, de manière à leur permettre d'échanger leurs vues personnelles et surtout d'augmenter leur bagage scientifique en entendant parler d'autre chose que de ce qui fait l’objet de leurs tra- vaux habituels. |

Bien que spéciale, notre Sociélé renferme les éléments les plus di- vers; les uns se cantonnent dans l'étude systématique d’un ordre ou seulement d’une famille d'Insectes, les autres dans celle des mœurs d'un groupe particulier, d'autres dans celle de faunes locales plus ou moins étendues, d’autres enfin dans des recherches d’ordre purement anatomique. Faute d'entente commune, beaucoup d'observations in- téressantes se trouvent perdues, parce que ceux qui sont à même de les faire ne considèrent que le but spécial qu'ils poursuivent, ignorant l'importance qu’elles peuvent avoir pour ceux qui envisagent les êtres organisés à un autre point de vue. Que de fois n'est-il pas arrivé à cha- cun de nous, demandant à un collègue s’il a eu l’occasion de trouver ou d'observer tel ou tel animal, de recevoir celte réponse topique :

Séance du 25 fevrier 1903. d1 « Oui, je l’ai trouvé, mais comme je ne m’en occupe pas, je ne l'ai pas conservé; si j'avais su qu'il pût vous intéresser, je vous l'aurais mis de côté. »

Notre Société ne comprend pas que des savants et des maitres ; elle admet un grand nombre de jeunes travailleurs qui, d’abord simples curieux de la nature, viennent pour ainsi dire y chercher leur voie: Ne conviendrait-il pas de les y aider en leur montrant les points de vue bien différents, mais concourant tous à un même but, sous lesquels se présente étude des animaux articulés? C’est ce que je me suis demandé plus d’une fois en présidant nos séances. Certes ceux de nos collègues qui se bornent à suivre de loin nos travaux et à lire notre Bulletin, sont persuadés, à en juger parlesnotes substantielles et variées qu’il contient, que nos séances sont toujours bien remplies; il faut avouer cependant que souvent notre réunion manque un peu d'intérêt. Après la lecture du procès-verbal, le dépouillement de la correspondance qui ne com- prend quelquelois que des changements d'adresse, la présentation ou l'admission de collègues nouveaux, les membres qui ont une com- munication à faire se bornent le plus souvent à déposer une note ma- nuscrite dont ils ne donnent que le titre, et votre président se voit à grand regret obligé de lever la séance, personne ne demandant la pa- role. Quel profit nos jeunes collègues peuvent-ils tirer de ces séances? Ne pensez-vous pas, comme moi, qu'il serait facile de donner à nos réu- nions un peu plus de vitalité et d'animation en inscrivant de temps en temps à notre ordre du jour une question générale, qui serait traitée par l’un de nous compétent en la matière ?

Il ne s'agirait pas bien entendu d’une longue conférence qui cause- rait autant d’ennui à celui qui la préparerait que de fatigue à ceux qui l’entendraient, mais d’une simple mise au point de certains su- jets, que beaucoup de spécialistes ne connaissent que vaguement, faute de temps pour les étudier. Ces sortes de causeries pourraient être suivies de discussions, de demandes de renseignements complémen- taires, dont tireraient grand profit non seulement les jeunes débutants, mais aussi ceux qui ne veulent pas ignorer systématiquement tout ce qui n’est pas du domaine de la branche de la science qu'ils cultivent.

On objectera peut-être que les questions qui pourraient donner lieu à ces causeries sont en nombre limité et que nous les aurions vite épuisées; celte objection ne me parait pas fondée. Outre que les ques- tions d'ordre général sont plus nombreuses qu’on ne croit, chacune d'elles peut être, suivant la tournure d’esprit de celui qui la traite, en- visagée d’une manière bien différente ; de plus, par suite des progrès de nos connaissances, elle est constamment en voie d'évolution, et

d2 Bulletin de la Société Entomologique de France.

quelquefois, à moins d’un an d'intervalle, elle pourrait, sans inconvé- nient, être remise à l’ordre du jour.

J’aurais désiré, pour donner l’exemple et innover la réforme que je propose, vous entretenir ce soir des phénomènes intimes de la méta- morphose des Insectes. C’est un sujet d'actualité et que nos collègues J. Anglas, Ch. Pérez et L. Terre, suivant les traces de leurs de- vanciers Künckel d'Herculais et Viallanes, ont abordé avec succès, mais qui est encore plein d’obscurité. Le programme de notre séance générale annuelle étant toujours très chargé et ne manquant jamais d'intérêt, je n’ai pas voulu vous faire perdre un temps précieux qui sera mieux employé à écouter les communications originaies qui vont nous être faites, et je n’ai pas osé prendre l’initiative d’une inno- vation sans avoir au préalable votre approbation.

Si ma proposition etait agréée, nous ne ferions que suivre la tradi- tion de sociétés sœurs étrangères, dont les membres ne se contentent pas d'exposer à leurs compatriotes les résultats généraux auxquels les ont conduits leurs recherches spéciales, mais qui encore, moins casa- niers que nous, ne craignent pas de se déplacer pour faire connaitre à leurs collègues des pays voisins l’ensemble de leurs travaux.

À ce propos, je suis heureux de vous annoncer que M. le Professeur E. Poulton, d'Oxford, Président de la Société entomologique de Lon- dres, veut bien nous faire le grand honneur de venir nous entretenir, dans notre séance de 22 avril prochain, de ses Nouvelles recherches sur le mimétisine chez les Insectes et le dimorphisme chez les Papillons de l'Afrique australe. Nous aurons tous à cœur de faire à notre éminent collègue une réception digne de lui. Puisse-t-il avoir de nombreux imi- tateurs! c’est ce que je souhaite ardemment pour la bonne renommée de notre compagnie.

Excusez-moi de vous avoir entretenu si longuement d’un projet qui n’aura peut-être pas de suite. Si je l'ai fait, c’est que j'ai cru qu'il était de mon devoir de vous signaler tout ce que je pense pouvoir augmen- ter la prospérité toujours grandissante de notre Société dont j'ai l’hon- neur d'être aujourd’hui le porte-drapeau.

Correspondance. M. le Président donne lecture d’une lettre de M. E. Poulton, Président de la Société entomologique de Londres, annonçant qu'il assistera à notre séance du 22 avril prochain et fera une communication, accompagnée de projections, sur ses nouvelles recherches relatives au mimétisme chez les Insectes et au dimorphisme chez lés Lépidoptères de l'Afrique australe.

M. E. Pelletier remercie la Societé de son admission.

Séance du 25 fevrier 1903. 93

Admissions. M. le D'E.-A. Gocldi, directeur du musée Go6eidi, caixa do Correio 399, Para (Brésil). Faune du Bresil.

M. Rodollo Jhering, conservateur des collections entomologi- ques au musée Paulista, caixa do Correio 500, Sao Paulo (Brésil). Entomologie générale.

Présentations. M. Georges Guénau x, répétiteur à l’Institut agronomique, 124, rue Picpus, Paris, présenté par M. P. Marchal. Commissaires rapporteurs : MM. E.-L. Bouvier et R. du Buysson.

M. Ange Jaubert, maître répétiteur au Collège Rollin, Dampierre (Seine-et-Oise), présenté par M. F. Henneguy. Commissaires rap- porteurs : MM. A. Lécaillon et Ph. Francois.

Voyages. M. Maurice Maindron annonce à la Société qu'il à recu les meilleures nouvelles de notre excellent confrère M. G.-A. Baër. A la date du 16 janvier dernier celui-ci lui écrivait de Tapia (Tucuman) pour lui apprendre que la bonne saison pour les Insectes n'était pas encore commencée, mais que par contre, les Oiseaux étaient abondants, et en nombre et en rares espèces. M. Baër s'était tenu jusque-là à d’assez faibles altitudes et avait heureusement échappé aux accès de fièvre paludéenne qui ne sont que trop fréquents dans la contrée et qui sont dus tant aux émanations du sol qu'aux différences extraordinaires de température. Dans un même jour la chaleur atteint 41° centigrades pour faire place, la nuit, à la gelée blanche.

M. Baër se félicite du bon accueil qu'il a trouvé partout grâce aux recommandations de nos confrères MM. Giard et Künckel d’Her- culais. Mais il donne de curieux renseignements sur la manière dont les gens de l’Argentine et du Tucuman apprécient l’activité entomolo- gique :

« J'ai pu constater toutefois que dans toute la République Argentine le naturaliste est plutôt regardé comme une espèce de fou, et l’on m'a cité à cet égard quelques exemples typiques. Ainsi il y à quelques années Burmeister, le savant Directeur du Musée de Buenos-Ayres, s'était aperçu de l'apparition dans la ville d’un Papillon, assez rare d'ordinaire, et le soir il avait envoyé divers employés du Musée, munis de filets, chasser cet insecte près des lampes électriques des squares.

« Les chasseurs ont été pris pour des fous et accueillis à coups de pierres et de bâtons, de sorte que l’on en ramena plusieurs fort mal- traités sur des brancards. Deux naturalistes de Tucuman, Dinelli et Girard, ont été arrêtés plusieurs fois par la police, chassant auprès

J4 Bulletin de la Société entomologique de France.

des lampes électriques de la place principale. Une fois, arrestation à eu lieu près de la cathédrale, à l’instigation du curé qui croyait à une manifestation antireligieuse. »

M. Baër termine sa lettre en envoyant ses meilleurs souvenirs à tous nos confrères de la Société entomologique.

M. E.-L. Bouvier donne de bonnes nouvelles de notre collègue M. P. Lesne, qui s’est installé à Tatira près de Las Palmas (Grande Canarie).

M. L. Mesmin annonce qu'il part demain pour le Caucase il compte explorer la région comprise entre Tiflis et Bakou.

Budget. M. H. Desbordes, au nom du Conseil de la Société, donne lecture du rapport suivant sur la gestion financière du Trésorier pendant l’exercice 1902 :

Messieurs,

Votre Conseil m'a fait l'honneur de me charger de présenter le rapport d'usage sur les comptes de l'exercice 1902, et je viens m’ac- quitter de cette mission, d’ailleurs spécialement agréable, étant donné, d’une part, que l’ordre parfait qui règne dans notre comptabilité rend “les vérifications faciles et rapides, d'autre part, que la situation de notre Société devient, au point de vue de l'argent, meilleure d'année en année.

Je ne reprendrai pas le détail des chiffres fournis par M. Lahaus- sois. Chacun d’eux est rigoureusement exact, et il serait au moins inutile de vous en infliger une seconde lecture. Je me contenterai de faire remarquer que la Société a payé en 1902 six trimestres d’Annales, pour une somme de 9.306 francs, alors qu’elle n’en avait payé que trois, pour une somme de 4.951 francs, en 1901, et que, malgré cette dépense supplémentaire de 4.355 francs, il nous restait en caisse, au 31 décembre 1902, une, somme de 4.724 francs sensiblement égale à l’encaisse de 4.953 franes existant au 31 décembre 1901. Cette situation -provient en grande partie d’un accroissement d'environ 2.500 francs au chapitre des recettes, et elle nous permet d'espérer que nous pour- rons augmenter très sensiblement l'importance de nos publications dès que nous aurons atteint le jour, et ce moment est prochain, la distribution des Annales sera au courant.

Notre capital, qui dépasse 145.000 francs, s’est augmenté de 4.800 francs, provenant de l'exonération de six sociétaires.

Votre rapporteur, Messieurs, n’a que des éloges à adresser à l’habile et dévoué Trésorier qui administre si correctement notre avoir, et il

\s

Séance du 25 février 1903: 5b)

vous propose de vous associer à lui pour remercier M. Lahaussois de son excellente gestion en 1902.

La Société accueille et ratifie par d’unanimes applaudissements la conclusion du rapporteur du budget.

Prix Dollfus de 1901 et de 1902. Conformémentiaux articles 1% et 63 de son Règlément, la Société procède au vote sur les con- clusions du rapporteur de la Commission du Prix DoLLrus, rapport lu à la séance du 28 janvier et imprimé dans le Bulletin 2, p. 26.

Soixante-dix-huit membres prennent part au vote soit directement soit par correspondance, ce sont :

MM. Ch. Alluaud, E. André, M. Bailliot, G. de la Barre, F, de Beauchène, L. Bedel, A. Bellevoye, M.-J. Belon, Ch. Benoît, G. Bohn, R.-M. de Boissy, A. Boucomont, J. Bourgeois, E.-L. Bouvier, E. Brabant, Briot, H. du Buysson, R. du Buysson, P. Chabanaud, A. Champenois, J. Clermont, P. Daguin, G. Darboux, H. Desbordes, L.-A. Dessale, E. Dongé, A. Dubois, J. Duchaine, C. Dumont, P. Dumont, Ï;. Fairmaire, A. Fauvel, Ch. Ferton, Ph. François, El. Gadeau de Kerville, J. de Gaulle, C. Gerber, A. Grouvelle, J. Grouvelle, Ph. Grouvelle, A. Gruvel, F, Henneguy, —- M.-A. Jeanson, J. de Joannis, J. Künckel d'Her- culais, Ch. Lahaussois, A. Lamey, E. Lamy, A. Lécaillon, L. Léger, Ch. Le Hardelay, A. Léveillé, D. Lucas, J. Ma- gnin, M. Maindron, —* P. Marchal, J. Martin, V. Mayet, A. Méquignon, L. Mesmin, M.Nibelle, H. Normand. E. Pel- letier, R. Peschet, P. de Peyerimhoff, M.Pic, l'abbé Pierre, H. Pierson, L. Pottier. G.-A. Poujade, A. Puton, M. Royer, M. Sédillot, Th. Seebold, E. Simon, J. Thibaut, L, Viard, L. Villard.

Le dépouillement des votes donne le résultat suivant : M. P. Lesne [pour les deux annuités 1901 et 1902] : 77 voix M. E. André (Mutillides d'Europe)......... RAT SAVOIR

M. P. Lesne est proclamé lauréat du Prix Dozzrus (annuités 4901 et 1902 réunies) pour son travail sur les Bostrychides paléarctiques.

56 - Bulletin de la Société entomologique de France.

Observations diverses.

Sur une hyménoptérocécidie. M. Gerber présente au Congrès des galles de la tige de Centaurea aspera. Ces galles, produites par un Cynipide appartenant au genre Aulax, semblent bien différentes de celles observées par Giraud sur la tige de Centaurea scabiosa par Aulax scabiosae Giraud, à en juger par les exemplaires que M. Gerber soumet au Congrès grâce à l’obligeance de M.E.-L. Bouvier. L'auteur de ces galles diffère également d’Aulax scabiosue ainsi qu'il résulte d’un examen auquel M. R. du Buysson a bien voulu selivrer.

M. Gerber distribue des photographies des hyménoptérocécidies de la tige de Centaurea aspera et présente un certain nombre d'Hymé- noptères parasites de l’auteur de la galle.

Note cécidologique. M. G. de Rocquigny-Adanson éerit :

Depuis le savant article de M. l'abbé Pierre « Sur la ponte d’un Névroptère cécidozoon (Lestes viridis van der Lind.) », publié dans le numéro nov.-déc. 1902 de la Revue scientifique du Bourbonnaïs et du Centre de la France (1),nous avons encore rencontré un certain nombre d'espèces végétales présentant les lésions caractéristiques.

Nous citerons entre autres :

Acer pseudoplatanus L. Aesculus rubicunda Lois. Amelanchier sp. canadensis Médik.? Azalea Sp., viscosa L.? Cornus florida L. Cotoneaster Sp., buæxifolia Wall.? Cytisus laburnum L. Deutzia crenata Sieb. et Zucc. Evonymus latifolius Scop. Ilex aquifolium L. Juglans regia L. Liquidambar orientalis Mill. Pinus strobus L. Pterocarya caucasica C. A. Mey. Sambucus nigra L. Syringa Sp.?

Toutes ces espèces appartiennent au parc de Baleine (Allier). La plupart des lésions ont été soumises à M. l'abbé Pierre qui se ré- serve d'examiner plus attentivement certaines déformations paraissant. au premier abord, être l’œuvre d’espèces différentes de Lestes.

(1) Est-il nécessaire de rappeler que c’est M. l'abbé Picrre, le cécidologue moulinois, qui a découvert, le 23 septembre 1902, au parc de Baleine, l'ori- gine des bosselettes ou bourrelets, dus à l'action de Lestes viridis, et attribués antérieurement par les cécidologues à des Tenthrédinides, comme M. Lemée l'écrit encore dans le du Bulletin de la Société entomologique de France (15 février 1903)?

Séance du 25 fevrier 1903. 97

Note cécidologique. À propos des bosselettes signalées par M. E. Lemée (Bull. 2, 1903, p. 32 et 33), M. l’abhé Pierre écrit :

« Les observations, déjà anciennes, de M. Lemée, et relatées dans le dernier Bulletin, m'ont vivement intéressé. La liste des arbres ou ar-. bustes qui présenteront les déformations en question est loin d’être close. Dans un rapport de quelques pages (Revue scient. du Bourb. nov.-déc. 1902) j'ai essayé d'établir, à l’aide de nombreuses formes, le type de la déformation que je préfère nommer bourrelet. Il sera pos- sible d'y lire aussi que les prévisions de M. Lemée se trouvent véri- fiées : des pontes, en effet, ont été observées en septembre et en octobre ; de plus, comme l’insecte est Lestes viridis, il est sûr que la larve se développa dans l’eau.

« Désormais il ne saurait être question de Tenthrédinide. Les obser- vations de M. Lemée se réfèrent évidemment aux mêmes cécidies que les miennes. M. l'abbé Kieffer d’ailleurs, dans la publication citée par M. Lemée (Alleg. Zeits. für Ent., Bd., VII, 1902, 23, p. 497, note du bas de la page) identifie les cas, en signalant l'observation de la ponte de Lestes viridis, gentil et délicat Névroptère qui ne ment point à son nom ».

Sur Phyllomorpha laciniata Vill. M. l'abbé Pierre envoie ses observations sur cet Hémiptère dont le Bulletin nous a entretenu déjà plusieurs fois.

« En août, je l'ai trouvé abondant sur un mamelon granitique, à Montsvieq (Allier). Il prenait ses ébats, entre les plantes basses, sur les sables qui résultent de la désagrégation du granit. Ses couleurs variées le dissimulent parfaitement quand il est immobile au milieu des grains de quartz, des cristaux de feldspath et des lamelles de mica. Je me suis contenté de capturer une dizaine d'exemplaires &, ©, adultes et larves. Plusieurs adultes, tant le G que la ©, portaient des œufs sur le dos, près de l'extrémité. Ces œufs étaient éclos, ou en voie d’éclosion : ainsi, en collection, j'ai un individu qui porte deux œuis, l’un éelos, l'autre avec la jeune larve de Phyllomorpha presque dégagée des en- veloppes, elle est encore prise par les pattes. Les épines dont son£ munies les expansions foliacées de l’abdomen et le relèvement en dessus de ces mêmes expansions, assurent le maintien des œufs. »

58 Bulletin de la Société entomologique de France.

Communications.

Sur la signification du nombre des segments ventraux libres et du nombre des ganglions nerveux de l’abdomen chez les Coléoptères

par P. DE PEYERIMHOFF.

On mesure souvent le degré d'évolution des Coléoptères à deux ca- ractères pouvant se chiffrer, et particulièrement expressifs par consé- quent : le nombre des segments ventraux libres, et le nombre des ganglions nerveux de l'abdomen. Plus ces nombres sont élevés, plus la forme considérée est ancienne. En faisant usage, comme Paul Mayer par exemple, des deux quantités à la fois, on paraît supposer qu’elles varient de concert, qu’elles ont, par conséquent, la même si- gnification, et personne, que je sache, n’a cherché à savoir si cet accord existait réellement.

Il n’en est rien, et l’on s’en rendra compte aisément à examiner le tableau suivant, ces deux nombres ont été confrontés pour les prin- cipales familles de l’ordre :

TABLEAU DU NOMBRE DES SEGMENTS VENTRAUX LIBRES ET DU NOMBRE DES GANGLIONS NERVEUX DE L'ABDOMEN CHEZ LES COLÉOPTÈRES (1).

TYPES EXAMINÉS NERVEUX DES SEGMENTS ABDOMINAUX VENTRAUX LIBRES a CARARIDAER eee ne tie eee gl 6 (Brachinus 7-8) DNA socobcoouesasouoodocsoproogoogoc 6 6 (CSANRIMINDonococbeneconacoc Doosoooooconcuoe 1 7 STAPHYLINIDAE (Séaphylinus Philonthus. | Quedius, Xantholinus).......... 00060600 7 1 (Oxytelini 8) SAUDAS s0000000004000b000000000000000080 7 6, ÉCATETNINT Go obaeocodogendonoucocougsce 1 5 HNSEBNDNIL OS Sos noocoueoococu-duyno0oc oo 1 5 « Nitidula aenea Linn. » (sec. Blanchard). 1 5 TRONOSUT TOCRATOUCIQUOTe nn ecoccacccodgbeo 8 5 BULURUSMOMENTOSUS EEE EEE EEE Terre 6 5 1

({) D'après Blanchard, complété par Brandt pour ce qui concerne les ganglions, d’après Leconte et Horn pour ce qui concerne les segments ventraux.

Séance du 25 fevrier 1903.

TYPES EXAMINÉS

MYCETOPHAGIDAE, EROTYLIDAE (Triplax, Tri- TONMVUS) Eee ee nets eee nie ee see Endomychus coccineus Re. COCCINELTIDAE ee lee eee ue Gao Japon eue BYRRHIDAE (Byrrhus), DERMESrDAE (Der- mestes)...... = renp sectes Dovaocanan HYDROPHILIDAE (Hydrophilus, Hydrous. Sphaeridium)..... DL et CS LE

Scirles haemisphaericus..... DORE CU GEL BUPRESTIDAE... ELATERIDAE......... Dodo Porno CEBRIONIDAE........... DocHboéarodooécososs CLERIDAE, DASYTIDAE, MALACHIDAE .......... VO CHINE éd acc too oo condobs PTINIDAE (Pinus), ANOBnDAE (Anobiuim)... LAMPYRIDAE, CANTHARIDAE Dictyopterus sanguineus.................. SCARABAEIDAE......-.... HHénngon pes ces pon LUCANIDAE...... TENEBRIONIDAE

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EEE

NOMBRE DES GANGLIONS NERVEUX ABDOMINAUX

; | 4

Si

1 (Tenebrio 8 sec. Blanchard, 6 sec. Brandt).

D9

NOMBRE DES SEGMENITS VENTRAUX LIBRES

D) > (Pleganophor. 6 5 (Hyperaspis 6-7

5 (Limnebius 7, Cyllidium

Fe

APATIDAE 5-6 5 1-8 ot 8, 97 6 (rarement à)

9

On

> (6 chez quelques ®) 6 5)

a ,

L’'inspection de ces chiffres suggère quelques rapprochements inté- ressants. Ainsi le nombre des ganglions nerveux est tantôt supérieur (Silphidae, Trogosita, Byturus, Byrrhidae, Dermestidae, Elateridue, Dascillidue, Ptinidae, Tenebrionidae, etc.), tantôt inférieur (Gyrinidue, Histeridae, Buprestidae, Scarabaeidae, Meloidae, Curculionidae, etc.) à

60 Bulletin de la Société Entomologique de France.

celui des segments ventraux. Le minimum des ganglions (!) peut se rencontrer dans un même organisme (Gyrinus) avec un nombre de segments (7) voisin du maximum; et inversement le minimum des segments (>) peut se rencontrer (Trogosita) avec le maximum des ganglions (8). Dans la série des Clavicornia, les segments ventraux sont, sauf quelques cas très rares, au nombre de 5, la chaine nerveuse peut varier, quant au nombre des ganglions, du minimum au maxi- mum (1-8). Chez les Scaraboidea, qui forment un groupe parfaitement homogène, les Lucanidae ont 5 segments ventraux et 6 ganglions. tandis que les Scarabaeidae ont 6 segments et un seul ganglion.

Comme on le voit, la discordance, ou, pour mieux dire, l’indépen- dance est telle, que lorsque les variations des segments et des gan- glions s’exercent dans la même direction, il semble qu'il n’y ait qu'une coïncidence accidentelle. Ces deux caractères n’ont donc pas la même signification. Au point de vue phylogénique, il en est un au moins, qui est pratiquement dépourvu de valeur, et il n’est pas sans intérêt de rechercher lequel des deux doit être éliminé, ou tout au moins affaibli.

On se souviendra tout d’abord que la composition de l'abdomen est soumise à deux sortes de variations : celle portant sur les anneaux ventraux des premiers segments (urites) qui peuvent disparaître, tandis que les anneaux dorsaux (tergites) correspondants sont toujours présents, et celle portant sur les derniers segments qui, à la vérité, sont toujours présents, mais invaginés dans le corps, et plus ou moins adaptés à des rôles physiologiques variés.

Ces deux réductions sont loin d’avoir la même signification. Celle qui concerne les premiers urites, de beaucoup la plus importante, est une marque d'évolution avancée. Elle est essentielle et définitive. On l’'observe chez tous les Coléoptères : la majorité ont perdu les deux premiers urites; un petit nombre, tels que les Caraboidea, la plupart des Malacodermata, et beaucoup de Necrophaga, ont encore le deuxième urite visible.

Celle qui concerne les derniers segments de l'abdomen n’est qu’appa- rente. C’est une simple adaptation. Qu'ils soient visibles ou inclus dans le corps, les segments abdominaux sont toujours présents, en nombre constant (!) (10 selon Verhoeff, 9 selon Peytoureau). « Il n’est pas

(1) Certaines femelles de Curculionidae ont seules un chiffre de segments inférieur d'une unité au chiffre typique.

Séance du 25 février 1903. 61

plus scientifique, dit Peytoureau (p. 196) de compter uniquement chez un Arthropode, le nombre des segments visibles extérieurement et de tabler ensuite sur cette donnée, que de ne pas tenir compte des réductions et diffusions d’anneaux capables de dénaturer le schéma ordinaire. »

Les formes peu évoluées (Malacodermata, Necrophaga, ete.) ont à la vérité un grand nombre de segments apparents et ce grand nombre en effet, coexiste presque toujours avec des caractères primitils. Mais dans certains cas, il semble être, tout au contraire, le signe d’une évo- lution très avancée. Chez les Coléoptères du genre Rhipidius, dont le parasitisme est intense, le mâle a 7 ou 8 segments, et la femelle 9. Cet accroissement du nombre des segments ventraux paraît être en corré- lation avec l’éthologie, puisque les Rhipiphoridae voisins, assujettis à un parasitisme moins étroit, présentent au plus 6 segments (Wa yiodes). Chez les Strepsiptères, encore plus modifiés, et que l’on incline à con- sidérer comme des Coléoptères dérivés des Rhipiphoridae, la segmen- tation de l'abdomen est poussée au maximum, le mâle a de 7 à 9 seg- ments abdominaux, et la femelle 10. Il est difficile cependant, de trouver des insectes plus dégradés, et l’on sait aussi, depuis les recherches de N.Nacono w, queleursystèmenerveuxabdominal, extrêmement centra- lisé, est réduit à un ganglion unique accolé au ganglion métathoracique. On peut interpréter ces faits dans le sens d’un arrêt ontogénique, mais au point de vue phylogénique, il ÿ a eu évolution régressive, et les seg- ments de l'abdomen, primitivement inelus, sont FapDaIs sous forme de segments libres.

On pourra objecter, par exemple, le cas des Staphylinidae et celui de l’'Afractocerus. Le premier me parait devoir être écarté par ce fait, que les Staphylinidae, à tous les points de vue autres que le nombre des segments ventraux libres, sont nettement plus évolués que les Silphidae, qui ont le même nombre de ganglions nerveux. En particu- lier, ces Staphylinidae ont perdu, sauf une seule tribu (les Orytelini), le urite, encore présent chez les Silphidae, en sorte que leur grand nombre de segments apparents porte exclusivement sur les derniers. Quant à l’Atractocerus, qui est aux yeux de M. Lameere la forme la plus primitive de l’ordre, le cas est plus embarrassant. On n’a d’ail- leurs sur cet insecte, aucune donnée anatomique. Son aberrance, la réduction des élytres, la simplification de la nervation, et précisément le grand nombre des segments apparents, m'ont porté à croire qu'il s’a- gissait d’une forme parasite, et j’ai constaté récemment que c'était aussi Popinion de Gorham. Je maintiendrai donc, jusqu'à nouvel ordre, les considérations qui précèdent.

62 Bulletin de la Société Entomologique de France.

Ainsi, lorsqu'on parle du « nombre des segments ventraux » on confond d’abord deux variables bien distinctes par la nature et la si- gnification, et ensuite on néglige les segments invaginés qui, ajoutés aux apparents, constituent toujours un nombre constant. En outre, si le grand nombre des segments visibles est d'habitude un ceriterium d'ancienneté, il peut dans certains cas, signifier tout le contraire.

Ces considérations démontrent que l’on s’est exagéré l’importance du caractère phylogénique fourni par la composition extérieure de l’'ab- domen. Le nombre des ganglions nerveux, par contre, ne tombe sous aucune critique. Il constitue certainement une excellente mesure du degré d'évolution, et en bonne interprétation, ses indications devront prévaloir toutes les fois qu’elles seront contradictoires avec celles four- nies par le nombre des segments ventraux apparents.

Bibliographie.

[=

. Mayer, P. Ueber Ontogenie u. Phylogenie der Insekten (Jenaische Zeitschr., X. 1876, 186). 2. Blanchard, Em. Du système nerveux des Insectes. Mémoire sur les Coléoptères (Ann. Sc. nat. Zoologie, t. V, 1846, 273). 3. Brandt, Ed. Vergl. anat. Untersuch. des Nervensystems der Kaïer (Coleoptera) (Horae Soc. entom. rossicae, t. XV, 1879, »1). . Leconte, John L. and Horn, George H. Classil. of the Co- leoptera of North America. Washington:Smiths. Instit., 1883.

=

5. Verhoeîf. Vergl. Untersuch. über die Abdominal-Segmente, eic. (Deutsche Entom. Zeitschrift, 1893, 209).

. Peytoureau, A. Contribution à l'étude de la morphologie de l’armure génitale des Insectes. Paris, 1895.

= Do

7. Naconow, N.-V. Position des Strepsiptères, etc. (Deuxième Congrès de Zoologie, Moscou 1892, I, 179). 8. Lameere, Aug, Notes pour la Classification des Coléoptières

(Ann. Soc. ent. Belg., t. XLIV, 1900, 355).

9. Gorham, Rev. H.-S. (Biologia centrali-americana. Ins. Col. I, part. 2, Malacodermata, M).

Séance du 25 fevrier 1903. 63

D’où vient le Laemostenus complanatus ? par Albert FAUVEL.

Peu d’entomologistes ont la bonne fortune d’avoir leur entrée libre dans les Catacombes et d'y chasser le Trechus micros qu'un auteur figure defiguré par le transformisme au point d’être devenu tétramère. Mais, à défaut de ce privilège, presque tous nous possédons au moins une cave plus ou moins bonne pour les Coléoptères et Articulés d’autre sorte, et plusieurs collègues, à Paris même, y ont fait d’intéressantes captures.

C’est d’un habitant de ces lieux obscurs que je me propose de vous entretenir, et cet hypogé est aussi un Carabique, mais non transformé et bien pentamère, le Laemostenus complanatus.

Dejean, qui l’a décrit le premier, le signale en Portugal, Espagne, France méridionale, Italie, Sicile, Barbarie et Égypte. Il ajoute que Lacordaire l’a trouvé assez commun au Chili, sous les pierres, dans les montagnes (près de Valparaiso).

En 1833 Gory le décrit à nouveau dans nos Annales sous le nom de chilensis et le déclare « le seul exotique du genre ». Puis vient la description de Curtis (1839), qui l'indique du Détroit de Magellan sous le nom de rufitarsis; celle de Wollaston (1854), qui le note de Madère et de Porto-Santo sous le nom d’alatus; celle de Raffra y (1870), qui l’appelle Beloni, d'Alger: celle de Fairmaire (1877), qui le nomme crassicornis, de Collo ; enfin celle de Blackbur n (1889), qui le baptise australis, d'Australie.

Au total, sept noms différents pour le moment. Et peut-être il en éclora encore !

Aux patries déjà citées Schaufuss ajoute la Corse, la Sardaigne, la Dalmatie et le Pérou; Wollasto n, les Canaries, Sainte-Hélène et les Acores. Les auteurs américains et anglais le signalent aux États-Unis, surtout en Californie, aux Bermudes, en Irlande et en Angleterre.

En France il m'était connu que de Morlaix, Brest, Bègles (Gironde), Port-Vendres, La Nouvelle (Aude), Béziers, Vendres (Hérault), Nimes (dans les arènes), Toulon et Fréjus, et notre savant collègue Bedel, qui connait sur le bout du doigt son bassin de la Seine, ne mentionne dans sa Faune que le terricola.

Nous en étions de ces renseignements lorsque, il y a une dizaine d'années, notre collègue le capitaine de Beauchêne m’apporta trois complanatus qui venaient d’être pris sous les pierres, aux environs de

64 Bullelin de la Société Entomologique de France.

Danvou (Calvados), localité située à environ 50 kilomètres du littoral. Un peu plus tard, j’en trouvais moi-même deux autres exemplaires à Caen, et, depuis quatre ans, je le retrouve souvent dans la cave de ma nouvelle maison, construite depuis trente ans seulement, tandis que, dans l’ancienne, vieille de plus d’un siècle, je ne prenais que le terricola.

Mis en éveil par cette observation, je priai ces temps derniers un jeune collectionneur caennais de visiter le dépôt des ordures ménagères de la ville, et, chose étrange, à chaque visite il prend le complanatus et jamais le terricola.

Jadis il y avait dans le Calvados, surtout à Caen, des amateurs de Coléoptères ; j'ai étudié leurs collections; elles ne contenaient que le terricola. I est bien permis de croire qu’à cette époque le complanatus n’était pas encore arrivé chez nous. Son introduction paraît donc toute récente, et cependant c’est aujourd’hui le plus commun; c’est même, je le répète, le seul qu’on trouve au dépôt des ordures provenant de toutes les maisons de la ville et, si ce n’est déjà fait, il semble en train d’exproprier son congénère terricola.

À Paris, vous ne le soupconnez pas encore. Mais Paris est presque port de mer, et, avant qu'il le soit tout à fait, j'imagine que le com- planatus sera installé intra muros. Descendez donc, je vous prie, dans vos caves cela est bien permis, surtout à des entomologistes et voyez si c’est encore le terricola qui les habite.

Maintenant, Messieurs, permettez-moi de tirer de ce petit fait, si petit qu'il soit, quelques remarques générales.

D'où vient ce Laemostenus complanatus ?

Il est d’un genre essentiellement paléarctique ; ce genre est assez nombreux, et cependant, seul de ses congénères, il a fait son tour du monde, fondant ses colonies à droite et à gauche dans les régions plus ou moins tempérées, ne s’éloignant guère du littoral et confiné dans les ports maritimes ou leurs zones voisines. De sorte que partout il semble importé, et pourtant c’est à peine si on l’a pris une ou deux fois dans un navire.

Si, pour déterminer, son point de départ, nous cherchons dans quel pays il est le plus commun, nous trouvons Madère, Sainte-Hé- lène etle Chili. A Madère et à Porto-Santo, je l'ai pris en grand nombre, à Funchal surtout et aux environs; toutefois il ne parait pas exister dans l’intérieur. A Sainte-Hélène, d’après Wollaston, il serait plus commun encore. Mais Sainte-Hélène et le Chili sont loin de la région paléarctique et il faut bien conclure qu'il y à été introduit. Restent Madère et Porto-Santo comme dépendances de notre faune.

Séance du 25 fevrier 1903. 65

Est-ce sa patrie d’origine? Remarquez qu'il n’y a pas 500 ans que ces îles sont connues ; elles étaient inhabitées quand les Portugais les ont découvertes et, pendant un siècle ou deux, elles ont reçu et ren- voyé à peine quelques pauvres caravelles. Il n’est guère admissible que le. complanatus en soit parti pour émigrer en Europe ou en Barbarie et de un peu partout, tandis que le terricola, son voisin, de mœurs iden- tiques,reste depuis tant de siècles confiné dans notre Europe tempérée.

Faut-il donc évoquer l'hypothèse de la fameuse Atlantide, dont Madère ne serait qu'une crête émergée de l'Océan? Les fervents de ce continent disparu affirment qu'il se prolongeait justement au nord vers la Bretagne, le Pays de Galles et l'Irlande. Admettez le compla- natus comme une espèce de cette Atlantide paléarctique et tout s’ex- plique. Il en est venu s’échouer au nord à Brest, à Morlaix et sur les côtes de la Grande-Bretagne ; au sud, il est resté nombreux à Madère. Et seul il n’a pas eu le bonheur d'échapper au naufrage. Un petit Cha- rençon, le Cathormiocerus curvipes W o1l., commun aussi à Madère, et d’autres encore, ont presque la même distribution géographique dans l'Europe occidentale.

Pour n'être pas déclarés en faillite d'arguments, acceptons provisoi- rement cette liquidation plus ou moins judicieuse de laffaire. Aussi bien cela nous dispense de recourir à la solution de Lacordaire (Introd. à l’Entom., 1838, IT, p. 548), qui déclare nécessaire d'admettre que « l’es- pèce a eu deux souches primitives » l’une au Chili, l’autre en Eu- rope « qui se sont propagées chacune de leur côté »!

Il n’en reste pas moins certain que la répartition géographie des êtres, notamment des Insectes, se pose fréquemment en problèmes inextricables.

D'abord, cette répartition, telle que nous la constatons aujourd’hui, ne ressemble pas à ce qu'elle fut jadis, même à ce qu’elle était il y a quelques centaines d'années.

Quels insectes habitaient déjà la région parisienne dans l’ancienne Gaule? Qu'’était la faune de la Normandie, il y a dix siècles seulement, quand mes ancêtres scandinaves débarquaient à l'embouchure de la Seine et l’Orne? Nous l’ignorons absolument.

Rien que pour les Coléoptères, je pourrais rappeler une masse d’es- pèces dont la distribution sur le globe est inexplicable. Elles semblent tombées du ciel, et de fait elles en tombent parfois, emportées par le sirocco ou de semblables ouragans à des distances énormes.

Mais, sans même invoquer ces perturbations de l’atmosphère, ne voyons-nous pas à bref délai la faune se transformer naturellement sous nos yeux? Je vous en citerai deux exemples au hasard.

#*

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Il y a une trentaine d'années nous avions dans le Calvados les mêmes petits bois de pins qu'aujourd'hui. En les battant on ne prenait rien de spécial. Et maintenant ils s’enrichissent rapidement des espèces particulières à ces arbres dans les autres pays de France.

Et une pareille invasion peut être extrêmement rapide, même pour des espèces indifférentes à tel ou tel végétal. En voici une preuve cu- rieuse.

Wollaston et ses collaborateurs ont, pendant dix ans, si bien ex- ploré la faune madérienne qu'ils n’ont presque rien laissé à découvrir par leurs successeurs. Or vous connaissez tous le Coenopsis Waltoni, ce petit Charançon qui vit dans les mousses de nos bois. Dans ses premiers ouvrages sur Madère, Wollaston ne cite pas l’espèce, et seulement en 1871, dans son supplément final, il annonce sa capture aux environs de Funchal. Eh bien, après lui je n’ai pas secoué là-bas une mousse, un nid d'oiseau, un amas de végétaux humides sans trouver en familles le Coenopsis Waltoni. C’est un des Coléopteres les plus communs de l’île et il n’a pas mis 25 ans à s’y multiplier. J'ai noté dans mon catalogue de Madère une série d’espèces dans le même cas, arrivées depuis l’époque de Wollaston et quelques-unes vont peut- être s’y développer comme le Coenopsis.

Les anciens auteurs n’avaient aucune idée de cette extension pos- sible des espèces. Klug et Erichson ont décrit par exemple 34 Sta- phylinides de Madagascar et les donnent tous comme exclusivement malgaches. Aujourd'hui, grâce surtout à notre aussi bon secrétaire qu'excellent voyageur Alluaud, on en connait près de 500 et nous constatons qu'il en est venu de partout dans Pile, autant de l'Inde que d'Afrique et même d'Europe. L’Aleochara puberula, entre autres, que vous prenez à Paris, a été décrite d’abord par Klug comme propre à Madagascar.

Certains pays, sans que nous sachions pourquoi, semblent des terres promises aux envahisseurs. J’ai donné la liste de 20 espèces de Staphylinides d'Europe acclimatées en Nouvelle-Zélande, dont plusieurs sont devenues là-bas plus communes que chez nous, et cependant les relations suivies avec ces antipodes ne datent pas d’un siecle!

Les iles Hawaï sont une véritable colonie d'immigrés. Pourquoi plutôt que d’autres? Nous n’en savons rien.

Pourquoi certaines familles de Coléoptères tendent-elles surtout au cosmopolitisme? Nous ne l’expliquons guère. Notre collègue Régim- bart, le fin connaisseur des Dytiscides, nous montre toute une pha- - [ange de ces carnassiers d’eau douce rayonnant sous tous les climats, comme l’Eunectes sticticus, à la poursuite de proies aussi variées que

Séance du 25 février 1903. 67

les latitudes, et mettant en pratique cet axiome de la sagesse des ex- plorateurs : Vivre de la vie du pays et s’accommoder toujours du menu indigène.

D'autres, au contraire, mauvais globe-trotteurs, rayonnent peu ne rayonnent point. Ainsi, pendant que les Dytiscides vagabondent, leurs cousins germains, les Gyrinides, ne voyagent pas. Est-ce par cet attachement au sol natal que le poète latin a célébré en un si joli dis- tique, ou parce que, depuis qu’ils sont au monde, ils ont passé leur temps à danser en rond?

Je ne me charge pas de résoudre ces problèmes, aussi obscurs que les caves d’où vient le Laemostenus complanatus.

Descriptions de quelques Coléoptères de la faune malgache

par L. FAIRMAIRE.

Megalomma biguttulum, n. Sp. Long. 9 mill. Fusculo-coeru- leum, leviter sericans, parum nitidum, elytris utrinque macula discoi- dali, rotunda aurantiaca: capite medio depresso, antice transversim fortiter plicato, oculis valde exsertis, globosis, labro piceo, nitido, valde convexo, apice acuto, antennis gracilibus, fuscis; prothorace cylindrico, elytris fere dimidio angustiore, lateribus fere rectis, antice et basi mar- ginato, disco lineola longitudinali vix distinquenda : scutello triangu- lari; elytris oblongis, subparallelis, ad humeros angulatis, ante apicem angustatis, apice truncatulis, dorso subtilissime asperulis, ante me- dium transversim impressis, sutura sat elevata, basi depressiuscula : subtus nitidius, pedibus gracilibus, piceis, vage coeruleo tinctis. Ma- _ dagascar; ma collection.

Cette espèce est bien reconnaissable aux 2 taches orangées des élytres, qui tranchent sur le fond bleu obscur de la coloration. Le W.

uniguttatum Fairm. à aussi deux taches, mais pâles et placées sur le bord marginal des élytres.

Lonchotus lateretusus. Long. 30 mill. Oblongus, valde con- verus, fusco-niger, nitidus; capite antice fere truncato, cornu brevi, leviter arcuato, utrinque carinato, basi crasso armato, parte antica ru- gulosa, clypeo truncatulo; prothorace paulo transverso, elytris hauwd angustiore, late et oblique parum profunde depresso, sat dense aspera- to, marginibus basi angulato elevatis et compressis, margine basali sat

68 Bulletin de la Société enlomologique de France.

acuto , modice elevato, prothorace lateribus grosse rugoso, basi multo laeviore: seutello triangulari, laevi; elytris ovato-subquadratis, subse- riatim foveolis transversis impressis, utrinque bicostulatis, foveolis et costulis post medium obliteratis, humeris laevibus, stria suturali forti- ter impressa; propygidio subtilissime dense transversün strigosulo, py- gidio laevi, basi tantum punctulato ; pectore rufo-villoso, abdomine laevi, pedibus validis, tibiis anticis late tridentatis, posticis brevibus, conicis, compressis, dense ac grosse granulatis, apice setis brevibus dense corona- tis, tarsorum articulo longiore, apice angulatim dilatato. Fara- fangana (Blucheau).

Remarquable par la dépression large, peu profonde, qui occupe presque tout le corselet et dont les bords médiocrement carénés ne sont saillants qu’à la base.

Phileurus hovanus. Long. 20 mill. Oblongus, convexus, fusco-niger, nitidus, glaber, pectore, subtiliter fulvo-pubescente; capite sat minuto, antice angustato, clypeo apice breviter recurvo-acuminato : prothorace transverso, elytris haud angustiore, lateribus a medio ro- tundatis, dorso subtiliter coriaceo, disco medio oblonge sat profunde eæcavato, antice profundius, marginibus haud acute eleratis, antice le- viter bituberosis, tuberculis anticis ad marginem sitis et valde approxi- matis, basi marginata, utrinque transversim valde impressa, angulis fere rectis, anticis brevibus, deflexis; scutello punctato, obtuse ogival ; elytris sat brevibus, parallelis, apice rotundatis, grosse punctato-sub- striatis, intervallis convexis, alternatim magis elevatis, costis discoida- libus et externis apice obliteratis, callis posticis laevibus, parte apicali rugoso-punctata; pygidio piceo, dense subtiliter strigosulo, transversim fere bigibbosulo ; pectore subtiliter rugosulo et breviler fulvo-pubescente ; abdomine laevi, nitido, pedibus sat validis, femoribus sat latis, com- pressiusculis, lacvibus, linea punctata excepta. Madagascar : ma col- lection.

Ressemble au P. vervex Burm., du Brésil, en diffère par la tête sans crêtes transversales, avec un tubercule au sommet du front, le corselet assez largement et fortement excavé au milieu, les tibias plus grêles, les postérieurs plus fortement dentés au milieu et plus sinués ensuite.

Il est curieux de trouver à Madagascar une espèce d’un genre amé- ricain, bien que quelques-unes soient indiquées de la Chine ; mais ces dernières ont un faciès assez spécial tandis que celle trouvée à Mada- gascar a tout à fait le faciès des espèces américaines.

Séance du 25 février 1903. 69

Prosodidius, n. £.

Caput breve. truncatum. Oculi laterales, angusti, integri, labrum exsertum, Subquadratum, integrum, mandibulae angulatim arcuatae, palpi sat graciles, articulis elongatis, apicem versus paulo latioribus, ultimo obtuse truncatulo. Antennae breves, prothoracis medium paulo superantes, @r'ticulo quarto paulo longiore, ceteris [ere moniliatis. Prothoraz parum transversus, postice obtuse biconveæo ; scutello sat mi- nuto. Elytra G elongata, compressu, lateribus acute marginata, & am- pla, ovatulo-oblonga, tenuiter marginata. Prosternum latum; fere planum, apice obtuse angulosum,mesosternum lato, concavo, metasterno brevissimo, coxis globosis, posticis inter se distantibus, sed ad coxas me- dianas contiquis, processu intercoxali latissimo. Pedes 5 magni, validi, postici longiores, tibiae omnes apice leviter incurvae et breviter bispi- nosae, tarsi elongati, subtus dense pilosi, articulo 1 secundo parum lon- giore, & pedes breviores, gracilioribus, tarsis brevioribus.

Ce nouveau genre de Ténébrionide est fort intéressant à raison de la différence des deux sexes; le G ressemble à certains Prosodes dont les ® sont assez différentes. Mais je crois que sa place est plutôt près des Pelecyphorus et des Asidesthes.

Prosodidius Perrieri, n. sp. Long. 5 22 à 24 mill., © 22 à 27 mill. G Elongatus subparallelus, lateribus compressus, elytris

planatis, fere concavis, lateribus acute et valde curinatis, nigro-fuseus, parum nitidus, subtus cum pedibus nitidus, his picescentibus ; capite sat lato, sat fortiter punctato, inter antennas transversim impresso, antice truncato, labro transverso, truncato, punctato, mento apice leviter emarginato, palpis sat brevibus, articulo ultimo oblongo, truncatulo, oculis angustis, antennis piceis, fere nodulosis, articulo quarto lon- giore, ultimo globoso; prothorace parum transverso, basi elytris paulo latiore, lateribus sat rotundatis et sat acute marginatis, dorso sat dense aspero-punctalo, medio fortiter sulcato, sulci lateribus postice magis convexo, basi fere recta, angulis obtusis ; scutello sat parvo, cordato, po- lito; elytris elongatis, dorso planatis, utrinque costulis 2 angustis, ante apicem obliteralis, sutura minus elevata, interstitiis coriaceis, parte laterali nitidiore, asperulo-punctata; subtus cum pedibus dense punc- tulato-asperulus, pedibus posticis longioribus, femoribus omnibus valde incrassatis, tibiis posticis paulo undulatis.

© Major, ovato-oblonga, modice convexa, paulo nitidior ; capite densius punctato, antice utrinque vix timpressiusculo, antennis brevioribus, pro- thoracis medium haud superantibus; prothorace transverso, similiter

70 Bulletin de lu Société entomologique de France.

sculpturato, latiore, lateribus magis rotundatis: scuteilo polito, sed minus truncato; elytris ovato-oblongis, leviter conveæis, subtiliter co- Wiaceo-asperulis, utrinque costis 2 modice elevatis, costa marginali paulo magis elevata, sutura modice elevata, parte laterali nitidiore, «s- perulo-punctata; subtus cum pedibus nitidior, magis picea; abdomine magis amplo, pedibus gracilioribus, tarsis posticis minus elongatis. Ankarahitra (H Perrier); trouvé au bord de la Betsiboka dans un bois sablonneux, sous des feuilles et dans le sable. Doit être nocturne: court rapidement.

_Gratopus squaius, n. sp. Long. 22 mill. (rostr. excl.). Elon- gatus, ab elytrorum basi postice gradatim angustatus, fusco-submetal- lescens, vix nitidulus, fronte rostroque utrinque linea pallida oculos circumdante ornatis, vertice paulo rufescente, prothorace antice et late- ribus vage rufescente; scutello rufo, elytris vitta marginali rufa usque ad apicem ornatis, subtus cum pedibus tenuiter rufo-puberulus ; vertice subtiliter asperato, fronte supra transversüm rufogranata, rostro va- lido,'parallelo, supra planato, medio obsolete impresso ; prothorace trans- verso, elytris haud angustiore, a basi rotundatim valde angustata, sub- tiliter densissime granuloso, antice paulo fortius, basi recta, subtiliter marginata; scutello fere rotundo; elytris valde elongatis, ad humeros angulatis, dein gradatim angustatis, apice conjunctim rotundatis, dorso modice lineato-punctatis, intervallis planis, subtiliter granuloso; abdo- mine medio paulo denudato, pedibus crassis, rugosis, femoribus anticis inflatis, subtus dente valido acuto armatis. Ile Maurice: donné par M. Bovie que je remercie de sa générosité.

CeLl insecte est bien remarquable par sa taille et sa forme ichthyo- morphe, assez étrange dans le genre dont il offre tous les caractères et qui du reste renferme une ou deux espèces pisciformes.

Description d’un Trechus nouveau de Corse [Cor]

par J. SAINTE-CLAIRE DEVILLE.

Trechus Varendorffi, n. sp. T. Delarouzei Pan d. valde sümilis. Piceo-castaneus, palpis, antennis pedibusque rufotestaceis, elytrorum margine suturaque obscure rufescentibus. Caput pronoto angustius ; oculi parum prominuli, temporibus diametri ocularis dimidianr partem fere aequantibus; frons in media parte puncto unico profundiusculo

Séance du 25 février 1903. . 71

instructa. Antennae mediocres, articulo secundo tertio evidenter minore, quartum aequante. Pronotum vix transversum, subcordiforme, ejusdem basi versus angulos posticos leviler at evidenter oblique exsecta, utrin- que fovea profunda instructa. Coleoptera parum convexa, ad basin subtruncata, humeris obluse rotundatis, striis lacvibus, tribus internis sat profundis, ceteris obsoletis, octata in media parte omnino evanes- cente. Long. 3 mill.

Habitat in montibus altissimis Corsicae.

Corse : sommet du Monte Renoso, au bord des névés, 2 © (de Va- rendorff!); bergeries de Cappiajola, dans le même massii, fin août. également au bord d’un névé, 1 G (Vodoz!).

Je suis heureux de dédier cette espèce à M. de Varendorif, ma- gistrat à Guhrau (Silésie), qui a bien voulu me la communiquer par l'intermédiaire de M. Vodoz, et m'abandonner l’un des deux exem- plaires qu'il a capturés.

Ce nouveau Trechus ressemble beaucoup aux exemplaires foncés du T. Delarouzei Pan d., avec lequel il à d’ailleurs une réelle affinité. Sa forme est un peu plus allongée que celle de ce dernier, sa taille moyenne aussi un peu plus grande. La tête est légèrement chagrinée, moins brillante, les yeux un peu plus petits et surtout à facettes moins nombreuses et plus grossières:; les pores orbitaires disposés à peu près de la même façon; enfin les trois individus que j'ai pu examiner présentent sur le milieu du front un gros point isolé (1). La différence de longueur entre le article des antennes et ses deux voisins est bien plus accusée. La base du corselet, au lieu d’être à peu près rec- tiligne, est obliquement coupée vers ( sangles postérieurs, comme chez le T. quadristriatus, bien que d’une manière moins accentuée. La disposition des Stries élytrales est absolument la même que chez le T. Delarouzei; comme chez ce dernier, la strie est absolument effacée dans sa partie moyenne, entre les séries ombiliquées subhumé- rale et apicale (2).

L’exemplaire pris par M. Vodoz présente une particularité intéres- sante : la marge prothoracique porte du côté gauche deux pores séti-

(1) Le même caractère S'observe chez divers Bembidium, notamment B. Dahlir.

(2) Chez une espèce des Alpes Maritimes, 7. Putzeysi Pand., la sirie est au contraire très bien tracée et bien séparée du bord latéral au niveau des premiers segments abdominaux. Je ne crois pas que ce caractère ait été déjà signalé.

12 Bulletin de la Société entomologique de France.

gères jumelés au lieu d'un pore unique comme dans le cas normal. Je me borne aujourd'hui à signaler cette anomalie, comptant revenir un peu plus tard sur la valeur phylogénique du caractère en question chez les Carabidae.

Le principal intérêt de la découverte de M. de Varendorît est qu’elle ajoute une unité à la faune alpine de la Corse, jusqu'ici repré- sentée par un très petit nombre de formes (Nebria Lareyniei, Bembi- dium agile, Dichotrachelus Koziorowiczi, ete.). Il n’est pas indifférent de remarquer que, si la Nebria des montagnes de la Corse est presque identique à une espèce des Abruzzes, leur Trechus est infiniment voisin de celui des Alpes Provençales. Au reste, la dispersion de nos espèces s’est assurément beaucoup modifiée depuis la fin de la période tertiaire : c’est pourquoi la comparaison de la faune actuelle de la Corse avec celles des continents voisins nous donne sur les affinités de cetfe faune des indications si diverses et paraissant si souvent incon- ciliables.

Diagnose d’une espèce nouvelle de Cicindela [Cor.]

par Ed. FLeurTiAaux et M. MAINDRON.

Cicindela malabarica, n. sp. —- Obscure aenea, impolita, capite thoraceque cupreis. Labro transverso, nigrescente, forsan luteo-signato : antennis longis; pronoto subquadrato, fortiter et dense rugoso, angulis posticis rectis ; elytris leviter sat parce granulosis ; pedibus longissinris. Long. 7 mill. 1/2-9 mill: 4/2.

Habitat in ripis fluminis Mahesiae, in terra malabarica.

_ Les types de cette espèce, voisine de C. limosa Saund., dont nous donnerons une figure et une description plus complète dans un pro- chain mémoire (!) sur le dernier voyage de M. Maurice Maindron dans l’Inde méridionale, sont déposés au Muséum d'Histoire naturelle de Paris et dans nos deux collections.

(1) Ce travail, presque complètement terminé, est destiné aux Annales de la Société, ainsi que ceux du D’ Régimbart sur les Carnassiers aquatiques et les Palpicornes, et de M. Antoine Grouvelle sur les Clavicornes.

Séance du 25 février 1903. 73 Notes sur quelques espèces de Malacodermes de la faune méditerranéenne [Cor] par J. BourGxois (!).

1. Cantharis pulicaria F. Espagne : Grenade, avril, sur Lu- pin, G ©. (D' Bugnion).

Li]

. C. deportataFairm. Algérie : C., Medjez-Amar, mai (D° Cho- baut).

3. C. colona Er. Algérie : A., Teniet-el-Haad, juin (D' Chobaut).

Dans le nombre, un ex. à pattes et abdomen entièrement

roux.

Æ

NC: curtalMars. Algérie : A., Teniet-el-Haad, juin (D' Cho- baut).

5. C. convexicollis Fairm., var. nov. Chapelieri. Algérie : C., Philippeville, mai; Mont-Edough, juin (D' Chobaut).

Cette variété, à laquelle je conserve le nom sous lequel Reiche, qui la considérait comme espèce nouvelle, l’avait désignée dans sa collection, diffère du type par une plus grande extension de la colo- ration noire : e

4°) Sur la téte, Dans les ex. typiques, la coloration noire posté- rieure s'arrête au niveau des yeux et le front est marqué de deux taches médianes noires; dans la var. Chapelieri, la coloration noire recouvre toute la partie postérieure de la tête jusqu'aux torulus et se prolonge entre les antennes jusque sur l’épistome ;

2) Sur le pronotum. Celui-ci ne présente, dans le type, qu’une tache médiane noire élargie postérieurement, tandis que dans la variété, il est entièrement noir, à l'exception d’un fin liséré antérieur et d’une bordure latérale d’un flave pâle ;

3°) Sur les pattes. Dans le type, les pattes antérieures sont en entier d’un jaune roussâtre, à l'exception de la tranche supérieure des cuisses, et les tibias intermédiaires sont également en grande partie de cette même couleur, tandis que dans la variété, les pattes sont

(1) Ces notes, d'intérêt purement géographique, ont trait à diverses espèces de Malacodermes recueillies, dans ces dernières années, par M. le D' Chobaut en Algérie et par M. le D' Bugnion en Espagne, Sicile et Algérie.

Abréviations : O., province d'Oran; A., province d Alger; C., province de Constantine,

74 Bulletin de la Société entomologique de France.

toutes entièrement d’un noir brunâtre, à l'exception des genoux et des tarses qui sont souvent un peu plus clairs;

4°) Sur les antennes qui sont jaunes, à l'exception de l’extrémité, chez le type, tandis qu’elles sont entièrement rembrunies (sauf le dessous des deux ou trois premiers articles) dans la variété;

5°) Enfin sur l'abdomen qui est beaucoup moins largement bordé de jaune dans la variété que dans le type.

Il existe d’ailleurs de nombreux passages entre ces modes extrêmes de coloration.

6. C. mauritanica Luc. Algérie : O., Tleméen, aux Cascades, sur ombellifères, avril (D' Bugnion):; Mekalis, mai (D' Cho- baut); A., Margueritte, Médéah, Laghouat, mai; Teniet-el- Haad, juin (D' Chobaut).

7. C. praecox Géné.— Sicile: Palerme (D' Bugnion).

8. Rhagonycha fossulata Luce. Algérie : A., Bou-Berak, près

Dellys; C., Djebel-Aurès (D' Chobaut).

. R. barbara Luc. Algérie : O., Oran, mai; A., Bou-Berak, près Dellys; Margueritte, mai; Teniet-el-Haad, juin; C., Dje- bel-Aurès; Philippeville, mai; Mont-Edough, juin (D' Cho- baul).

10. R. herbea Mars. Algérie : Bou-Berak, près Dellys: Margue- ritte, mai; C., Saint-Charles, Philippeville, Medjez-Amar, mai ; Mont-Edough, juin (D' Chobaut).

A1. R. quadricollis Kiesw. marginella Baudi. limbipennis Mars. Espagne : Grenade, avril, sur Yeuse (D' Bugnion). Aussi en Algérie : A., Boghar (Raffray); Teniet-el-Haad (Bedel).

12. R. ornaticollis Mars. Algérie : A., Hammam-Rira, mars, sur lentisques (D' Bugnion); Teniet-el-Haad, juin (D' Cho- baut).

13. R. querceti Kiesw., subsp. Bugnioni, m. Algérie : O., Tlemcen, aux Cascades, sur ombellifères; Les Trembles, sur Pinus, avril (D' Bugnio n).

R querceti Kiesw. a été décrit d’Andalousie (Sierra de Jaen) et n'avait pas encore été, que je sache, signalé d'Algérie. Les exemplaires récoltés par M. le D' Bugnion se rapportent en tous points à l'espèce typique (dont je possède deux individus provenant de Kiesenwet- ter), à l'exception toutelois de quelques particularités de forme et de

ce

Séance du 25 février 1903. 79

coloration qui m'ont paru constantes. Je suis d’avis de les considérer comme constituant une sous-espèce ou race africaine de R. quercelà (*), caractérisée comme suit :

1°) Forme générale plus allongée, surtout chez le G.

20) Antennes à articles plus grêles (5), les basilaires entièrement noires. Chez querceti sens. str., les articles À et 2 sont d’un testacé plus ou moins clair, le premier légèrement marqué de noirâtre en dessus.

3°) Coloration noire postérieure de la tête s’avançant largement et sans interruption entre les torulus jusque sur l’épistome. Chez querceti sens. str., cette coloration noire s'arrête à peu près au niveau du mi- lieu des torulus et le devant de la tête est jaune, avec le milieu de Pé- pistome seulement maculé de brunâtre.

4°) Palpes entièrement noirs, Chez querceti sens. str. ils sont testacés avec le dernier article légèrement rembruni à l'extrémité.

5°) Trochanters en grande partie et extrémité des hanches d’un jaune testacé. Chez querceti sens. str., les hanches et les trochanters sont d’un noir brunâtre comme les pattes.

6°) Chez querceti sens. str. les arceaux ventraux de l'abdomen sont bordés de testacé pâle postérieurement et sur les côtés, tandis que dans Bugnioni, ils le sont seulement postérieurement (G) et nullement sur les côtés.

A1. Progeutes longipennis Luc. Algérie : O., Hamman-Bou- Hadjar, avril (D' Bugnion); A., Margueritte, mai (D° Cho- baut). Parmi ces derniers, un ex. à élytres entièrement fauves.

12. P. longipennis var. nigripes Bourg., Rev. d'Entom., 1897, p. 40. Algérie : A., Margueritte, mai; Teniet-el-Haad, juin (D' Chobaut).

13. P. longipennis var. nov. flavicams. Algérie : C., Biskra, mai (D: Chobaut).

(1) Dans le sens que l'on attache aujourd'hui à ces expressions. Voir à ce sujet : GanGzBAuEr, Der Artenumfang in der Orinocarabus-Gruppe und no- menclatorische Vorschläge (Verhandlungen der K.K. zoolog.-botan.- Gesells- . chaft in Wien, 1901, p. 791 et suiv.); P. de Peyerimhoff, Sur l’état dela Systématique en entomologie, principalement chez les Coléoptères (Feuille des Jeunes Naturalistes, 387, 1°’ janvier 1903, p. 37 et suiv.); J. Sainte- Claire Deville, Platysma des Alpes occidentales (Ann. Soc. ent. Fr., 1902, p. 588 et suiv.).

be Bulletin de la Société entomologique de France.

La var. nigripes est une var. par excès de la coloration noire; la var. flavicans est une variété par défaut. Comme la précédente, elle affecte les deux Sexes. La tête est jaune, avec une tache noire posté- rieure de chaque côté, tantôt n’atteignant pas le niveau des yeux, tantôt prolongée jusque vers leur milieu; les deux premiers articles des an- tennes sont en partie jaunes: le pronotum est largement jaune dans son milieu; les élytres sont chacun longitudinalement parcourus par une bande flave plus ou moins large; les fémurs sont jaunes à l’excep- tion de leur sommet; l’abdomen est jaune, à peine maculé de noir sur les côtés des segments. ;

14. Malthinus scriptus var. filicornis Kiesw. Sicile : Pa- lerme (D' Bugnion); Algérie : A. Teniet-el-Haad, juin; C.. Mont-Edough, juin (D' Chobaut).

15. M. scriptus, color. interm. (Bourg., Bull. Soc. ent. Fr., 1900, p. 302). Algérie : A., Margueritte, Guelt-es-Stel, mai; C., Philippeville, mai (D' Chobaut).

16. M. obscuripes Kiesw. Espagne : Aguilas, fin mars (D' Bu- gnion).

17. M. nigribuccis Mars. (G varus Bourg.). Algérie : A., Sidi- Madani-les-Gorges, mai ; Teniet-el-Haad, juin ; C., Saint-Charles, avril-mai; Philippeville, mai; Mont-Edough, juin (D' Cho- baut).

18. M. fuscipes Bourg. et var. obscurior Bourg. (Rev. d'En- tom., 1897, p. 42). Algérie : A, Margueritte, mai; C., Saint-Charles, avrilkmai (D° Chobaut).

19? M. femoralis Pic, L'Échange, 1900, p. 87. Algérie : À. Margueritte, mai; C., Saint-Charles, mai (D' Chobaut).

20. M. dryocoetes Rotib. Sicile : Palerme, au pied du Monte Pe- legrino, sur Euphorbia maritima en fleurs, avril (D' u- onion).

21. M. sicanus Kiesw. Sicile : Palerme, au pied du Monte Pele- grino, dans les mêmes conditions que le précédent (D' Bu- gnion).

22. Malthodes chelifer Kiesw. Espagne : Barcelone; Calderas, mars (D' Bugnion).

23. M. bifurcatus Ksw. (var. à élytres tachés de jaune à l’extré- mité). Sicile : Palerme, avril (D' Bugnion).

IQ uS)

. M. picticollis Ksw. Cette espèce, décrite d'Italie méridionale

Séance du 25 février 1903. 77

et de Sicile, habite aussi l'Algérie : A., Margueritte, mai: Teniet-el-Haad, juin; C., Saint-Charles, mai (D' Chobaut): Biskra, fin avril (D' Bugnion). Je la possédais déjà de Médéah et de Dijelfa (A.).

29. M. pulchellus Luc. Algérie : A., Hammann-R'ira, mars; Tu- nisie : Gardimaou, avril; Béja (D' Bugnion).

26. M. laciniatus Kiew.— Sicile : Palerme, sur ÆEuphorbia mari- tima, avril (D' Bugnion).

27. M. ruralis Kiesw. Sicile : Palerme, sur Euphorbia maritima, avril (D' Bugnion). Aussi à Taormina et à Bronte (P. de Peyerimhoff).

Observations sur le genre Heterosoma [Cor. CÉTON.] et description d’une espèce nouvelle

par CH. ALLUAUD.

Le genre Heterosoma s’est augmenté dans ces dernières années d’un nombre important d'espèces du Nord, de l'Ouest et de l'extrême Sud de Madagascar, mais il est bon de remarquer que les trois an- ciennes espèces : Æ7. collatum Gory et Perch., Æ. Guerini Westw. et H. Polleni Snellen n’ont pas été retrouvées, ou plus exactement n’ont pu être identifiées à aucune des espèces récemment décrites.

En considérant que Eucatheta bicarinata Fairm. est sûrement une © d’AÆeterosoma (!) et que le genre Trachychlaenia Kraatz ne peut guère être considéré comme distinet d’'Heterosoma, nous arrivons à un total de 10 espèces décrites dans ce genre :

1. Aïlluaudi Kraatz [Trachychlaenia], Deutsche ent. Zeilschr., 1895, p. 219, et 1897, p. 334. Diego-Suarez, Montagne d'Ambre (Ch. Alluaud).

. attenuatum Fairm., Bull. Soc. ent. Fr., 1902, p. 224. Majunga.

3. bicarinatum Fairm. [Æucatheta], Ann. Soc. ent. Belg., 1894, p. 140 et 1897, p. 110. Madagascar (sans localité précise).

4, breve Fairm., Notes Leyd. Mus., XXIII, 1902, p. 67. Pays Androy- Sud (D' Decorse et Ch. Alluaud).

D

(1) Mais je ne crois pas que ce soit la © d'A. sycophanta Fair m. comme l'a supposé l'auteur (Ann. Soc. ent. Belg. 1897, p.110),

78 Bulletin de la Société entomologique de France.

5. collatum Gory et Perch. [Celonia] Silberm. Rev. ent., III, 1835,

p. 125. Schaum, Ann. Soc. ent. Fr., 1844, p. 390, pl. X, fig. 5. Coq'uerel, Ann. Soc. ent. Fr. 1852, p. 379. Küncxkel in Grandidier [Parachilia], Hist. Madag., Col., pl. LL, fig. 9. Fianarantsoa (D. Cowan) (1).

6. exasperatum Fairm., Notes Leyd. Mus., XXIIT, 1902, p. 66. Pays Androy-Sud (D: Decorse et Ch. Alluaud).

7. Guerini Westw./[Schizorrhina], Arcana ent.,}, 1841, p. 127, pl. XXXIT, fig. 2. Coquerel, Ann. Soc. ent. Fr., 1852, p. 380. Künckel in Grandidier [Parachilia], Hist. Madag., Col., pl V, fig. 5. Fairm., Ann. Soc. ent. Belqg., 1897, p. 110. Madagascar (sans lo- calité précise).

8. Polleni Snellen [Parachilia], Rech. sur la faune de Madag., 1869, p- 9, pl. I, fig. 5. Nosy-Bé (Pollen et van Dam).

9. suturale Fairm., Le Naturaliste, 1902, p. 286 (n° 379, 15 décembre 1902). Madagascar (probablement Montagne d'Ambre) (?).

10. sycophanta Fairm., Ann. Soc. ent. Belg., 1897, p. 109. Bassin de l'Ikopa (Scalabre, H. Perrier).

Schaum admettait que H. collatum était la © de H. Guerini; Co- querel a refusé de s'associer à cette manière de voir.

La figure de Æ. Polleni Snellen, de même que la figure de H. Gue- rini, donnée par Westwood, rappellent singulièrement H. sycophanta Fairm.

H. exasperatum Fair m. semble avoir de l’analogie avec la figure de H. collatum Gory et Percheron, mais l'espèce de Fairmaire a l’échancrure du labre remarquablement étroite et profonde.

Enfin H. breve Faïrm. ei Æ. elephas n. sp., que je décris plus bas, forment un groupe très distinct qui ne peut être confondu avec aucun autre en raison de la différence considérable qui existe entre le & et la ®. Les G, comparés aux G des autres espèces, sont proportionnelle- ment plus larges aux épaules, plus courts, et ont des & qui Leur res- semblent peu, très peu atténuées en arrière, convexes, massives. Dans ce groupe, les côtés des élytres des S ne tombent pas perpendiculaire- ment et encore bien moins chez les ©.

Heterosoma elephas, n.sp. © Long. 20-21 mill. Ressemble beaucoup au G de H. breve Faïirm., mais plus grand et proportion-

(1) Citée par Waterhouse, Ent. monthl. Mag., 1897, p. 84. (2) Espèce ressemblant beaucoup à Trachychlaenia Alluaudi dont elle n’est peut-êlre qu'une race,

Séance du 25 février 1903. 79

nellement moins court, plus fortement sculpté, surtout le prothorax dont la ponctuation est plus forte, moins serrée et moins régulière. Les impressions des élytres sont un peu plus fortes, les carènes latérales beaucoup moins marquées, presque obsolètes au milieu, par consé- quent les côtés ne tombent pas abruptement. (Chez . brevele bord in- fléchi n’est pas perpendiculaire, mais la carène est élevée, nette et lisse sur sa tranche). Le labre a les côtés légèrement arrondis en dehors (pa- rallèles chez H. breve). La couleur varie du brun rouge au noir.

© Long. 23-26 mill. Beaucoup plus forte que la © de H. breve. Échancrure plus profonde au labre qui est plus élargi en avant avec les bords plus épais. Sculpture du prothorax plus espacée et plus ré- gulière ; sculpture des élytres notablement plus forte. Carène latérale moins marquée, mais une ligne lisse entre la suture et la carène mieux indiquée. Côtés du prothorax plus régulièrement arrondis. Pattes très robustes, surtout les fémurs et les tibias postérieurs énormes. Toutes les © que j'ai vues sont noires.

H. elephas vit dans la même localité que A. breve, mais est beaucoup plus rare. Le D' Decorse et moi en avons pris un petit nombre près d’Ambovombé au Sud du plateau de l’Androy (extrême Sud-Est de Madagascar.

Les Æeterosoma volent pendant peu de temps avant le coucher du soleil (vers 5 heures); leur vol est rapide et n’a lieu que pendant quel- ques jours de chaque année.

Notes entomologiques par Maurice Prc.

I. Notes synonymiques ou rectilicatives sur divers Coléoptères du Sud-algérien.

La récente étude de Reitter (Bestim. Tabelle 50, Melolonthidae) m'a rappelé que le D' Chobaut avait mentionné en 1898, dans sa bro- chure « Voyage chez les Beni-Mzab », p. 74, plusieurs espèces de Pachydema qu'il avait alors jugées nouvelles et nommées sans les dé- crire : Letourneuxi, mozabita, Bayonnei. Quelques renseignements au sujet de ces insectes ne seront pas inutiles.

80 Bulletin de la Societé entomologique de France.

P. Letourneuxi Chob. (étudié d’après desexemplaires des chasses de Letourneux communiqués par moi) serait d'après Reitter, à qui je l'ai soumis, Lethierryi Luc.minor.— P.mozabita Chob. doit être sans doute l'espèce signalée par Reitter p. 11, sous le nom de mozabensis Chob. in litteris et porté en synonymie de phylloperthoides Reïtter. P. Bayonnei Chob. Doursi Luce. (ex. Reitter, p. 409).

Puisque j'ai occasion de parler du curieux (1) voyage du Docteur, je ne m'en tiendrai pas aux Pachydema seulement, plusieurs autres in- sectes cités, ou nommés par ce voyageur, méritent d'être Corrigés ou contrôlés :

Paussus aethiops Blanch. (p. 73), est P. saharae Bedel, ex Bedel (Bull. Fr. 1900, p. 278).

Europtron Bayonnei Chob. gracile Mars., d’après Bedel ën lit- teris et Reitter (Tab. 50, p. 96) qui considère à tort Bayonnei comme inédit.

Psammobius Chobauti d'Orb. laevicollis Klug. (ex. Clouet, in Ann. Soc. Ent. Belg., 1900, p. 12 et 15).

D'après la récente étude synoptique de Clouet, le blâme qui m'a été adressé par le D' Chobaut (p. 74), au sujet de cet insecte, n’est pas mérité (?).

Cardiophorus dilutus Er. (p. 75) ne doit pas être cette espèce, mais plutôt C. Chobauti décrit par H. du Buysson (Bull. Fr. 1899, p. 213).

C. permodicus Fald. (p. 75) n’est sans doute pas cette espèce.

Xylopertha Auberti Ch ob. (Bull. Fr. 1897, p. 170)— forficula Fairm. (ex. Lesne in Mon. p. 106 (3), et non pas forficulata comme l'écrit le D: Chobaut (Voyage Beni-Mzab, p. 75).

Xylopertha Lesnei Chob. (Rev. d'Ent. 1898, p. 81) trispinosus Variété (ex. Lesne, 107).

Je ne parle pas, bien entendu, de plusieurs espèces inédites : Zaplo- enemus mirabilicornis, Thylacites mozabensis, etc., sur lesquelles il m'est naturellement impossible de me prononcer, et je ne signale pas tout ce qui mériterait d'être relevé, afin de ne pas allonger trop cet article.

(1) Je dis curieux parce que la relation contient quelques curiosités, par exemple la liste des Orthoptères (p. 48) ne figurent que des noms de Co- léoptères.

(2) C'est du reste le cas pour plusieurs autres venant de la même origine, par exemple ceux concernant Tetropiopsis.

(3) L’Abeille, XXX, 1902.

Séance du 25 février 1903. 81 II. Notes sur plusieurs Anobiidae d'Afrique.

J'ai trouvé dans la collection des Anobiidae de F. Ancey, sous le nom d’Anobium abyssinicum, le type d’une espèce, provenant des chasses de Raffray en Abyssinie, dont je n’ai pu retrouver la description, es- pèce qui doit prendre place dans le genre Metholcus Duval. Parait différer de cylindricus Germ. par le prothorax distinetement élargi en arrière (vu de dessus), les élytres ayant des traces de côtes, à stries la- térales plus marquées. ;

Le genre Oligomerus Redtb. se retrouve en Algérie : Philippeville (Théry)et Tunisie : Ain Draham, il est représenté par une espèce ayant les yeux ciliés et les antennes de 11 articles, caractères dési- gnant le Reyi Bris., d’après le récent synopsis de Reitter.

M. A. Théry et moi avons capturé en Algérie, à St-Charles près de Philippeville, une Theca (numidica m.) qui me parait devoir être con- sidérée comme une sous-espèce nouvelle de cribricollis Aubé. La sous-espèce numidica présente la forme de cribricollis Aubé, mais est seulement un peu plus robuste et a une ponctuation prothoracique fine ou indistincte et par se distingue de cribricollis à ponetuation plus ou moins forte; diffère en outre : de batnensis Pie, par le rebord pro- thoracique plus large; de remota Reïitt., par la ponctuation latérale des élytres moins forte.

Theca breviuscula Fairm. d'Obock, dont je possède le {ype (ex. coll. Dollé) est beaucoup plus robuste que les autres espèces africaines et même plus large que latior Pic, de Syrie, et distincte, à première vue, par sa forme robuste et son aspect brillant.

III. Note sur Ananca heluanensis Pic.

Dans L'Échange 497, 4901, p. 3%, j'ai donné la diagnose d’une nou- veauté d'Ovdemiridae, de mes chasses en Égypte, que j'ai nommée he- luanensis. À ce moment je ne connaissais pas Ananca spurcaticollis Fairm., d'Obock et, par la description, je croyais l'espèce de Fair- maire très voisine de la mienne, tandis qu’en réalité (ex. type de la eoll. Dollé => coll. Pic) elle est différente par plusieurs caractères très nets, notamment par la forme du corps plus large, le prothorax bril- lant dessin différent), moins long et plus élargi en avant. À. helua- nensis est plus allongé que Colobostomus griseovestitus Fair m., d’Obock (dont les types sont aussi maintenant dans ma collection), ses yeux sont moins gros et plus transversalement placés, ses élvtres parallèles.

82 Bulletin de la Société entomologique de France.

IV. Note sur quelques Pedilus Fisch. paléarctiques.

Il est fort possible que le Pedilus mongolicus Reïitter, récemment décrit, soit le véritable fuscus de Fischer, à cause de son abdomen à l'extrémité testacée; dans tous les cas, le fuscus signalé par Reitter, dans son synopsis (Wien. Ent. Zeit. 1901, p. 116), ne peut être l’espèce décrite par Fischer, et doit être considéré comme une variété de cette espèce, à cause de son abdomen entièrement foncé; je propose de désigner cet insecte sous le nom nouveau de Reitteri.

J'attribue provisoirement à P. pallidipennis Sem., à üitre de variété sous le nom de lateobscurus un exemplaire de ma collection, prove- nant de Perse, ayant une coloration générale foncée, les élytres obs- curcis antérieurement et légèrement roussâtres à leur extrémité, la tête présentant une impression très distincte entre les yeux, caractère juste- ment attribué au pallidipenins par Semenow.

V. Sur un système de préparation pour les insectes collés.

Le collage des insectes sur le milieu d’un carton qui les déborde de tous les côtés à un inconvénient sérieux pour l'étude (!), celui de ne rendre étudiable qu’une partie de l’insecte, et c’est pour remédier en partie à cet inconvénient, que depuis longtemps je prépare mes in- sectes débordant le carton en avant, car de cette facon on peut étudier en même temps que le dessus une partie du dessous du corps de lin- secte. J'avoue que ce mode de préparation n’est pas gracieux au coup d'œil et, à ce point de vue, mérite d'être critiqué. Afin de tenter de concilier les exigences de l'étude et celles de l'esthétique, j'ai ajouté dernièrement un carton supplémentaire vide piqué à l’épingle et qui, placé peu en dessous de l’insecte, lui donne l'illusion d’être préparé d’une facon normale; ainsi ce mode de préparation reste pratique, tout en perdant de son imperfection première.

(1) A ce propos je conseille la lecture d’une page écrite par M. Desbro- chers des Loges (Le Frelon VII ne 6-7, p. 82) qui raille avec beaucoup d'à propos Ge nouveau mode de préparation un peu trop exelusif, pour cer- tains entomologistes, ce système de préparation est gracieux sans doute au coup d'œil,:mais peu pratique pour l'étude.

Séance du 25 fevrier 1903. 83

VI Description d’un Notoxus de Djibouti.

Notoxus Martini, n. sp. Ælongatus, nitidus, griseo et sparse pubescens, testaceus, elytris nigro bimaculatis, macula prima ad hume- ros, Secunda paulo post medium sita, his brevibus; pectore lateraliter nigro maculato.

Allongé, attenué à l'extrémité, brillant, orné de poils clairs espacés, en partie redressés ; insecte entièrement testacé ou roussâtre avec les élytres bimaculés de foncé. Tête un peu roussâtre, yeux noirs; an- tennes moyennes, roussätres, à premiers articles plus elairs ; prothorax à peine rétréci en arrière, subglobuleux, corne longue et assez étroite, indistinctement dentelée sur les côtés, un peu creusée et relevée vers l'extrémité; élytres un peu plus larges que le prothorax, relativement longs, aitténués après le milieu, courtement tronqués au sommet, à ponctuation moyenne espacée, ces organes testacés avec deux macules foncées, une humérale, l’autre près du milieu, celles-ci isolées du bord externe et de la suture. Dessous du corps testacé avec la poitrine ma- culée de noir; paltes testacées. Long. 3,3 mil. El Hadj (D'Mar- tin).

Par son dessin, parait se rapprocher de distigma Faïrm. (Ann. Fr. 1893, p. 156), du Sénégal, mais la forme élytrale est différente et ja macule foncée médiane n’est pas marginale.

=

Noctuelle espagnole nouvelle de la sous-famille des Agrotinae par C. Dumoxr.

Euxoa Chretieni n. sp. #0 mall. Alae superiores fusco-violaceae, cinereis squamis inspersae ; linea basilaris usque ad maculam claviformem ducta et signo juncta hastiformi. Macula reniformis fulva, fusco pupil- lata et spatio triangulari inclusa, linea subterminalis concolor, ad cos- tam dilatata, leviter curva usque ad nervum 2, deinde usque ad macu- lam reniformem flexa, ibique duabus virqulis sagittatis innisa. Spatiwm terminale albidum, nervis nigris sectum. Fimbria subfusca, luteo inter- rupta et licio nigro circumducta. Alae inferiores fuscae ®. Subtus alae superiores dilute fuscae, cum lineis paginae superioris : posticae similes cum linea curva cbscuriori. Quatuor alae puncto cellulari praeditae. Palpi erecti, subtus pilorum nigrorum penicillo muniti. Antennae seta-

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ceae. Frons et thorax cinerei; collare cruce fusco-nigra praeditum, pedes ferruginei luteo intersecti.

1 © ad Granja in Hispania capta.

40 mill. Supérieures rectangulaires, côte droite et saillante sur les deux premiers tiers, s’efface en s’infléchissant légèrement jusqu’à l’apex, celui-ci assez aigu ; bord externe légèrement arrondi. Fond des supérieures d'un gris brun violacé, saupoudré de blanchâtre sur lequel les taches brunes ressortent très vivement.

Trait basilaire noir, s'étend très finement jusqu’à la claviforme plus épaisse, allongée et terminée en pointe; à leur point de jonction, au-dessus et au-dessous, deux traits fins reviennent obliquement en arrière dessinant une flèche dont le fer serait dirigé vers le bord ex- terne ; orbiculaire nulle; la réniforme fauve, fortement pupillée de brun, est enfermée dans un triangle très nettement écrit en noir et dont la pointe très eflilée s’avance au centre de la cellule; en dessus avant d'arriver à l'extrémité une petite dent s’en détache obliquement, ren- dant la pointe bifide; la base du triangle est appuyée sur un trait noir allongé occupant l’espace entre les nervures 6 et 7, formant ainsi li mage d'une pique pourvue de sa hampe.

L'intervalle des nervures 2 et 3 d’un brun foncé forme une tache oblongue très en relief.

Subterminale de la couleur du fond, dilatée et enfumée à la côte, li- mitée intérieurement par des traits sagittés-noirs ; elle forme une courbe légère jusqu’à la nervure 2, là, elle s’infléchit brusquement jusque sous la réniforme deux traits sagittés se réunissent pour former une Æ couchée dont le premier et le dernier jambage plus long s'appuient sur la nervure 1 et 2

Espace terminal gris blanchâtre très finement coupé de noir au pas- sage des nervures. S'étend de la nervure 1 jusqu’à l’apex, celui-ci en- fumé avec une petite éclaircie à la côte. Frange brunâtre, entrecoupée de jaunâtre et précédée d’un liséré noir, légèrement festonné.

Nervures très finement, mais très nettement écrites en noir, bordées de blanc sur leur longueur. Inférieures brunâtre uniforme, frange plus claire. Dessous des supérieures brunâtre clair, assez fortement irisé, bandes du dessus, assez nettement dessinées. Inférieures de même couleur, avec une ligne coudée plus foncée.

La lunule est visible sur les 4 ailes, plus fortement marquée aux inférieures. Palpes droits, garnis en dessous d’une touffe épaisse de poils noirs, dernier article acuminé, noir en dessous, dessus blanc jau- nâtre : antennes filiformes, noires ; toupet frontal, collier et pterygodes

Séance du 25 février 1905. 85

gris blanchâtre, collier marqué au sommet d’un trait crucial brunâtre. Thorax et dessus de l'abdomen gris, dessous brun, poitrine velue; pattes brun ferrugineux, entrecoupé de jaunâtre.

Je dédie cette espèce à mon savant collègue et ami M. Chrétien, mon compagnon de chasse de l’année dernière à la Granja.

Un seul exemplaire © dans ma collection, trouvé au commencement de juin à la Granja, près de Ségovie.

Cette espèce examinée par sir G.-F. Hampson sera figurée dans le travail qu'il prépare sur les Agrotinae.

L’accouplement des Forficulides [ORTHOPTÈRES)]

par Henri GADEAU DE KERVILLE.

Après avoir étudié les généralités de l’accouplement des Coléoptères, des Lépidoptères et des Hémiptères, au sujet desquelles j'ai eu l’hon- neur de publier, dans le Bulletin de la Société entomologique de France (ann. 1900, p. 101; ann. 1901, p. 76, et ann. 1902, p. 67), un modeste résumé accompagné de figures, j'ai fait l'an dernier, tenant à continuer nes études sur cette question, des recherches sur l’accouplement des Forficulidés.

Ces Orthoptères, connus vulgairement sous le nom de Perce Oreilles, forment un groupe bien homogène. Le plus commun, dans notre pays, est le Forficula auricularia L., qui habite une très grande partie de notre planète et supporte fort bien la captivité, en le nourrissant avec des fruits ou d’autres substances végétales ; mais il ne faut pas négli- ver de lui donner de la nourriture, car, ainsi que je l’ai constaté, ce Perce-Oreilles dévore partiellement au besoin, en captivité, ses sem- blables , non seulement morts, mais encore vivants, toutefois plus ou moins affaiblis ou malades. Ceite espèce possède une grande résis- tance vitale, aussi bien aux vapeurs anesthésiques, qu'aux basses tem- pératures. J'ai conservé vivants, dans un endroit il gelait, des in- dividus de cette espèce qui étaient fort peu abrités. J’en ai même gardé pendant vingt-quatre heures à nu dans un tube en verre plongé dans un bocal rempli de morceaux de glace. Le froid les avait immo- bilisés ; ils paraissaient morts, mais ils revinrent à la vie sous l’action de la chaleur. Dans la région de Cauterets (Hautes-Pyrénées) et dans la région de Bagnères-de-Luchon (Haute-Garonne), j'ai capturé des Forficula auricularia sous des pierres, à des altitudes d'environ

SD Bulletin de la Société entomologique de France.

1,500 et 1.800 mètres, en des points la neige recouvre le sol pen- dant une partie de l’année, fait nullement étonnant, car on trouve, à des altitudes beaucoup plus élevées encore, d’autres espèces de Perce- Oreilles.

Mes observations sur l’accouplement des Forficulidés n’ont porté que sur le Forficula auricularia. Bien que le fait soit très possible, étant donnée la grande homogénéité de la famille des Forficulidés, il serait néanmoins imprudent de dire que l’accouplement s'opère de la même facon chez toutes les espèces de Perce-Oreilles. Mais il me parait fort légitime de penser que le mode d’accouplement du Forficula auricularia est le même chez beaucoup d’autres espèces de Forficu- lidés.

Quand il désire s’accoupler, le Forficula auricularia mâle s'approche d’une femelle, va et vient auprès d'elle, avance et recule, contourne son abdomen en différents sens, et paraît chercher à saisir la femelle avec sa pince, qui, en réalité, j'insiste sur ce point semble ne lui être utile ni dans les préliminaires de l’accouplement, ni pendant cet acte.

Sans jamais, pour le coit, monter sur le dos de la femelle, il con- tourne son abdomen de manière à ce que son extrémité postérieure et les deux branches de la pince passent en dessous de l’abdomen et des deux branches de la pince de la femelle. Lorsque, après plus ou moins de tentatives infructueuses, il a réussi à mettre son organe gé- uital en contact avec l'organe génital féminin, et que le coït a lieu, son corps est contourné. La partie postérieure de son abdomen est en l'air ou sur le côté. Le mouvement de torsion du mâle se produit parfois jusqu’à la tête inelusivement, tandis que, seule, la partie pos- térieure de l'abdomen de la femelle est plus ou moins faiblement con- tournée. Les branches de la pince du mâle sont en dessous du corps de la femelle ou légèrement de côté; celles de la pince de la femelle sont en dessus de l'abdomen du mâle ou latéralement. Pendant la co- pulation, dans les deux sexes, la partie basilaire des deux brañches de la pince d’un individu touche l'abdomen de l’autre, et la partie terminale de ces branches en est plus ou moins près.

La figure ci-jointe, qui repré- sente, un peu grossi, l’accouple- ment du Forficula auricularia L., montre nettement la position du mâle et de la femelle pendant l’accouplement, :

Le mâle est l'individu dont les branches de la pince sont les plus

Séance du 25 février 1903. 87

longues. Cette figure m'a été fidèlement dessinée, d’après les indica- tions que je lui avais fournies, par notre excellent et distingué collègue M. A.-L. Clément.

Tantôt, les deux individus accouplés sont situés bout à bout, con- stituant ainsi un accouplement en ligne droite; tantôt, ils forment entre eux un angle plus ou moins obtus ou plus ou moins aigu. Tantôt, c’est la femelle qui se déplace en avant, suivie par le mâle qui reste accouplé; tantôt, c’est le contraire qui a-lieu.

Ainsi que je l’ai observé, l’accouplement dure parfois pendant plu- sieurs heures: dans d’autres conditions, la durée est beaucoup moins longue; dans d’autres, elle l’est peut-être davantage, je l’ignore. Les mâles de ce Perce-Oreilles sont ardents: le même mâle se réac- couple un certain nombre de fois, mais je ne veux pas dire que tous les mâles aient des accouplements réitérés. Pour se prononcer avec certitude sur ce point, il faudrait faire un très grand nombre d’obser- vations, dans des conditions variées et à différentes époques de l’année. Je dois ajouter que les individus accouplés se séparent facilement quand ils sont dérangés.

Mes observations sur l’accouplement du Forficula auricularia ont été faites pendant l'automne dernier, sur des individus gardés en cap- tivité. Je ne saurais dire à quelles époques s’accouplent ces insectes à l'état libre, et compte élucider ce point dans l'avenir.

L'accouplement de cette même espèce a été observé par l’illustre naturaliste Charles Degeer, qui l’a décrit ainsi dans ses Mémoires pour servir à l’histoire des Insectes (K. IT, p. 552) :

« J'ai vu l’accouplement de ces insectes. Le mâle s'approche à recu- lons de la femelle, dont il tâte le ventre avec sa pince pour rencontrer l'endroit propre à s'unir à elle, et appliquant alors l’extrémité de son ventre contre le dessous du corps de la femelle, ils se trouvent ainsi joints l’un à l’autre par une partie qui sort de la jonction du pénul- tième au dernier anneau du corps du mâle. Ils restent tranquillement dans cette position, la pince du mâle appliquée contre le ventre de la femelle, et réciproquement celle de cette dernière contre le ventre du mâle. Les Perce-Oreilles sont alors placés dans une nrême ligne, la tête de l’un tournée d’un côté, et celle de l’autre du côté opposé. »

La fig. 25 de la planche 25 du tome en question représente, en co- pulation, le mâle et la femelle du Forficula auricularia, placés subrec- tilignement. Cette figure n’est pas irréprochable.

Je termine cette petite note en exprimant le désir que des obser- vations attentives soient faites sur des Forficulidés exotiques.

88 Bulletin de la Société entomologique de France.

Description de Coléoptères anomaux des genres Mecinus et Galerita, et de Lépidoptères albins du genre Ocneria

par Henri GADEAU DE KERVILLE.

Mecinus piraster Hbst. La très intéressante anomalie d’un exemplaire femelle de cette espèce consiste en ce que la tête est enfoncée dans le prothorax, lequel présente la forme d’un anneau un peu aplati supéro-inférieurement et dont les deux extrémités, termi- nées en pointe obtuse, se rejoigneat, sans toutefois se toucher, sur la ligne longitudinale supéro-médiane de l’insecte. D'ailleurs, la figure 4, qui représente ce Curculionidé, me dispense d'entrer dans de plus amples détails sur cette curieuse anomalie dont, à ma connaissance, aucun autre exemple semblable n’a été publié jusqu'alors. . La figure 1 montre, grossi 8 fais li- néairement, ce Mecinus piraster Hbst. anomal, capturé au hameau de Glati- ?\ gny, à Versailles (Seine-et-Oise), par

notre collègue M. Albert Dubois, qui me l’a donné fort aimablement, et auquel je tiens à renouveler lassu- rance de ma vive gratitude. La figure 2 représente, grossis 7 fois linéairement, la tête et le prothorax Fig. 1. Fig. 2. d'un individu normal de la même espèce.

Ces deux spécimens ont été déterminés par notre éminent collègue M Albert Fauvel, et ces deux figures dessinées avec précision par notre talentueux collègue M. A.-L. Clément.

Galerita leptodera Chaud. (G. gracilis Murr.). Un in- dividu femelle de cette espèce présente au sommet du second article de l’antenne droite formée de onze articles identiques à ceux de l'antenne gauche normale deux articles supplémentaires qui, réunis, ont une longueur égale à celle du troisième article de l'antenne droite et font un angle aigu avec le troisième article de cette antenne.

Le même individu présente, dans la partie médiane du fémur de la patte antérieure droite, une expansion chitineuse dirigée en haut et terminée en pointe arrondie. Cette expansion est perpendiculaire au fémur, un peu moins haute que la moitié de la longueur de ce

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dernier et, comme lui, de couleur noire. Ce spécimen n’a été obligeam- ment déterminé par notre savant secrétaire, M. Charles Alluaud.

L’entomologie possède la description d'un certain nombre de cas d'articles antennaires supplémentaires et d’expansions chitineuses analogues à ceux que montre ce Galerita leptodera Chaud. provenant de Sierra-Leone (Afrique occidentale), et que je dois à l’obligeance de notre collègue M. Fernand de Beauchène, à qui je réitère mes viis remerciements.

Ocneria dispar L. Cinq individus mäles de ce Lépido- ptère présentent de l’albinisme partiel. Ils montrent, à deux, à trois ou aux quatre. ailes, des taches blanches anomales d’étendue très va- riable, couvertes d'’écailles comme le sont les parties colorées, écailles qui n’ont pas de pigment.

L'’envergure du plus petit male est de 31 millimètres, et celle du plus grand de 43.

Le plus petit mâle provient de Bonn (Allemagne), et l’un des plus erands des environs de Bruxelles (Belgique). J'ignore la provenance des trois autres.

Sesia formicaeformis produit-elle des excroissances sur les rameaux des Saules ?

par A. BELLEVOYE.

M. l'Abbé Kieffer, dans son synopsis des Zoocécidies, indique d’a- près des auteurs Allemands, deux espèces de Sésies qui produiraient des nodosités ou excroissances ligneuses plus ou moins arrondies (Brischke 1882, Sorhagen; et Sorhagen 1898 III Ent. Zeit., p. 115).

Or, dans les Saussaies de notre collègue, M. de la Barre, à Armen- tières (Aisne), j'ai trouvé quantité d’excroissance sur les rameaux des Saules et j’ai également rencontré sur ces Saules un assez grand nom- bre de chenilles de Sesia vivant sur ces rameaux, mais cette Sesia ne me parait pas être l’auteur de cette excroissance, dont je désirais bien vivement connaître l’origine.

Voici en effet dans quelles conditions se trouvent ces chenilles :

Beaucoup d’entre elles vivent et se transforment dans le canal mé- 4ullairé des rameaux et sortent à la base des rameaux près des racines en laissant leurs fourreaux, à l’origine du trou de sortie.

90 Bulletin de la Societé entomologique de France.

Un certain nombre de chenilles ayant d’abord vécu dans le ca- nal médullaire et trouvant sur son passage le centre ou la racine d’une exeroissance, entrent dans cette excroissance, s’en nourrissent et s’y transforment.

Enfin, et voilà ce qui me rend perplexe, dans quelques excrois- sances mangées par les chenilles de Sésie, je ne trouve pas trace de leur passage dans le canal médullaire du Saule: la chenille me pa- raît avoir vécu seulement dans l’excroissance, Une femelle de Sésia aurait donc pondu un œuf dans cette excroissance et la chenille n’en serait sortie à l’état de papillon que la année ?

Je n'ai pu observer d’'accouplements des Sesia formicaeformis qui sont écloses chez moi; je n’ai par conséquent pu observer de pontes: peut-être quelques-uns de nos collègues s’occupant spécialement de Lépidoptères pourront me renseigner sur la manière dont se fait cette opération chez les Sesia.

Cette espèce éclôt pendant toute la durée du mois de juin et elle a probablement pour parasite un Hyménoptère qui éclôt quelque peu avant, c’est le Lisonota impressor Grav. dont un certain nombre sont éclos dans les boîtes contenant les branches de Saules attaquées par les larves de Sésia.

Le cycle évolutif du Polygnotus minutus (Lindm.)

par le D' PAUL MARCHAL.

Les observations antérieures que j'avais faites sur ce parasite de la Cécidomyie destructive (!) m’avaient depuis plusieurs années déjà porté à penser qu'il présentait un nouveau cas de polvembryonie compa- rable à celui de l’Encyrtus fuscicollis.

Des matériaux d'étude, que j'ai reçus l’année dernière du Loir-et-Cher par l’obligeant intermédiaire de M. Vezin, prolesseur d'Agriculture départemental, m'ont permis de compléter l’histoire du cycle évolutif du Polygnotus minutus et de constater qu'un seul œuî de ce parasite donne directement naissance à une douzaine d'individus.

C'est aux premiers jours d'avril, soit dans l’œuf lui-même de la Cé- cidomyie, soit dans la larve primaire tout de suite après l’éclosion,

(L) Les Cécidomyies des céréales et leurs parasites (Ann. Soc. Ent. Fr., 1897, D Qi)

Séance du 25 fevrier 1903. 91

que s'effectue la ponte du parasite. L’œuîi de ce dernier se trouve tou- jours dans l'estomac de la larve de la Cécidomyie, et comme il à à ce moment une grande réfringence et un contour très accentué, il est malgré sa petite taille très visible. C’est un spectacle curieux auquel on assiste, lorsque l’on observe par transparence au microscope une larve vivante de Cécidomyie ainsi parasitée, après lavoir soumise à une légère compression : l'œuf du parasite se trouve en effet brassé par les con- tractions de l'estomac, et est lancé comme une balle d’une extrémité à l’autre de l'organe.

On observe souvent deux, trois, exceptionnellement quatre œufs dans le même estomac; mais tous ne se développent pas, ou bien les larves qui sont ainsi parasitées d’une façon excessive finissent par mourir, de sorte que par la suite on ne trouvera plus qu’un seul œui par sac gastrique de Cécidomyie. Au premier stade observé, on trouve à l’intérieur de l’œuf une dizaine de noyaux irrégulièrement distribués et semblables entre eux. Puis le nombre des noyaux se multiplie de facon à constituer une sorte de masse muriforme d’une vingtaine d'élé- ments. Ceux de la périphérie s’isolent des autres et grossissent sans se multiplier pour constituer les noyaux amniotiques. Ceux du centre au contraire se multiplient rapidement, et avec Le protoplasma qui les entoure constituent une masse muriforme centrale, qui, d’une facon très pré- coce, se fractionne de facon à donner cinq ou six boules cellulaires par- faitement sphériques et étroitement pressées les unes contre les autres : ces sphères sont creuses et représentent des blastulas typiques : elles n’ont d’abord qu'un nombre de cellules minimum pour circonscrire une cavité presque virtuelle, augmentent ensuite progressivement de taille par multiplication de leurs éléments et agrandissement de la cavité centrale, puis elles se fractionnent encore de facon à donner définitive- ment 10 à 12 blastulas (Ann. Soc. Ent. Fr., 1897, pl. 8, fig. 47). Je n’entrerai pas ici dans le détail du développement de ces dernières et je me contenterai de dire que chacune se tranforme en une petite larve primaire, caractérisée par de grands crochets mandibulaires (pl. 8, fig. 48). A ce moment l’œuf transformé en un complexe polyembryon- naire ellipsoidal à atteint un volume énorme et occupe une place con- sidérable à l’intérieur de l’estomac de la larve de Cécidomyie. Les embryons sont plongées dans une masse protoplasmique commune, tout à fait comparable, sauf pour la forme, à celle au milieu de laquelle sont englobés les embryons de l’'Encyrtus, et qui représente le protoplasma de l’amnios des autres Hyménoptères parasites, avec cette différence que dans les deux cas de développement polyembryonnaire, l’amnios ne s’individualise pas en une membrane périphérique, mais constitue

92 Bulletin de la Société entomologique de France.

une masse nutritive riche en matières grasses dans laquelle se .trou- vent noyés les embryons. Les noyaux amniotiques persistent d’ailleurs toujours au nombre de 12 à 15 et se présentent sous la forme de dis- ques géants se colorant en rose vif par le carmin (1).

Lorsque les larves primaires sont entièrement constituées, la masse nutritive qui les entoure devient de plus en plus diffluente, la mem- brane externe qui la circonserit finit par céder, et, sous l’influence des contractions énergiques de lestomac qui l’étirent et le déforment dans tous les sens, tout le complexe se dissocie et les larves parasites sont mises en liberté dans la cavité gastrique de la larve de Cécidomyie qui est arrivée au terme de sa croissance. Elles se nourrissent pendant quelque temps encore aux dépens de la masse nutritive, puis rompent la paroi de l’estomac et passent dans les autres tissus qu'elles se met- tent à consommer.

Vers le 20 juin, les larves du Polygnotus minutus passent à leur deuxième forme larvaire (loc. cit. pl. 8, fig. 50), puis elles atteignent bientôt leur taille définitive et occupent alors toute la cavité du corps de la larve de Cécidomyie qui à atteint un volume plutôt supérieur à la normale et dont il ne reste plus que l'enveloppe tégumentaire. La cuticule de cette larve est distendue par les parasites qu’elle contient, et chacun de ceux-ci repousse la surface en y laissant son empreinte, de sorte que tout l’ensemble se trouve partagé en autant de petites loges. Cette dépouille ainsi bourrée de parasite$ se trouve d’ailleurs elle-même logée, comme toutes les larves de Cécidomyie destructive normales qui ont terminé leur croissance, dans un puparium dur et d’un brun foncé, comparable à une graine de lin. De ce puparium on voit sortir soit à la fin de juin, soit plus tardivement, 10 à 13 Polygno- tus minutus. Un bon nombre passent l’hiver dans le DRDanT pour n’éclore qu’au printemps suivant et dans ce cas il n’y a mu ‘une généra- tion annuelle.

Il résulte de ce qui précède que la germinogonie peut se pré-

(1) Il convient de noler ici que le complexe polyembryonnaire du Poly- gnotus minulus n'est entouré d'aucun follicule épithélial comparable à celui qui limite extérieurement le cordon de l’Encyrtus. Ainsi qu'il résulte de mes dernières observations, le follicule épithélial de l’Encyrtus, contrairement à ce que j'avais d'abord pensé, ne peut être en effet assimilé à un amnios : la masse nutritive avec les gros noyaux qu'elle contient a seule cette significa- lion ; quant au follicule, il représente un kyste adventice qui se constitue dès les premiers stades du développement. 11 est done tout naturel de voir cette enveloppe kystique faire défaut pour l'œuf du Polygnotus minutus qui n’est en rapport avec aucun élément conjonctif de l'hôte.

Séance du 25 février 1903. 93

senter non seulement chez les Chalcidiens, mais encore chez les Proc- totrypides, et que dans les deux cas elle se manifeste avec des carac- ières très comparables. L'absence chez le Polygnotus minutus du follicule épithélial adventice que l’on rencontre chez l’'Encyrtus est un fait connexe de la localisation de l’œuf du parasite dans l’estomac de l'hôte. Les autres faits principaux qui distinguent le développement du P. minutus de celui de lEncyrtus consistent dans la différenciation plus tardive des noyaux amniotiques, dans la non-multiplication et l'augmentation de volume de ces derniers, dans la formation de blas- tulas typiques au lieu de morulas. Il importe aussi d'attirer l'attention sur le milieu nourricier dans lequel se développe l'œuf du Polygnotus minutus, œuf qui d’abord minuscule et sans réserves nutritives s’accroit ensuite dans d'énormes proportions. Ce milieu est en effet très diffé- rent du milieu habituel, et c’est uniquement aux dépens de la sève du blé modifiée par les secrétions gastriques que se constitue la douzaine de larves primaires du parasite : ce cas, mieux qu'aucun autre, est de nature à montrer le rôle d’intermédiaire que remplit, au point de vue de l'assimilation, la substance amniotique qui englobe les embryons.

Notes hyménoptérologiques

par l'abbé J.-J. KIEFFER.

I. Observations sur les Evaniidae.

On peut répartir la sous-famille des Gasteruptioninae dans les trois genres suivants :

1. Ailes antérieures sans cellule discoïdale fermée..........

Aüiles antérieures avec une cellule discoïdale fermée....... DA

2. Cellule discoïdale située avant la cellule sous-médiane in- terne; pédicule de l'abdomen fixé à une proéminence du segment médiaire............... Hyptiogaster D. 2.

Cellule discoïdale située à côté de la cellule sous-médiane interne ; pédicule de l’abdomen non inséré à une proé- minence du segment médiaire........ Gasteruption Latr.

94 Bulletin de la Société Entomologique de France.

Le nouveau genre Hyptiogaster aura pour type G. crassiceps Schlett., auquel il faut ajouter les espèces suivantes : G. antennale Schlett., australe Westiw., Darwinii Westw., fallax Schlett., Hollandiae Guér., humerale Schlett., infumatum Schlett., macro nyx Schlett., plicatum Schlett. et rufum Westw.

IT. Observations sur les Cynipidue.

Dans la description du genre Timaspis Mayr nous lisons « que les antennes sont composées de 14 articles et que le premier article du funicule est deux fois aussi long que le second », tandis que chez Aulax (Htg.) Mayr, les antennes peuvent avoir moins de 14 articles etle premier article du funicule est au maximum un peu plus long que le second. Or les deux espèces décrites récemment sous les noms de Aulax sonchi D. St. et A. urospermi Kieff. ont d’une part l’écusson conformé comme chez Timaspis, mais d'autre part les antennes sont composées de 13 articles chez la première et de 1% chez la seconde, et le premier article du funicule est, chez l’une et Pautre, à peine plus long que le second, comme c’est le cas pour Auwlax. Je range ces deux insectes dans le genre Tünaspis, dont la diagnose générique devra subir la modification suivante : Antennes de 13 ou de 1% articles; premier article du funicule plus long que le second. Quant à Ti maspis urospermi, dont je n’ai donné qu’une courte diagnose faite d’après un échantillon desséché et extrait d’une galle (Ann. Soc. ent. Fr., 1902, p. 542), en voici la description détaillée : G €. Noir; genoux, tibias et tarses roux; abdomen d’un brun marron plus ou moins sombre ou noir. Tête chagrinée, plus large que le thorax; face fine- ment striée; joues non traversées par un sillon, aussi longues que les yeux. Antennes de 14 articles dans les deux sexes; premier article un peu plus long que le second, celui-ci un peu plus long que gros; troi- sième dépassant d’un quart la longueur du suivant, trois fois aussi long que gros, courbé chez le mâle; le 12° et le 14° deux fois aussi longs que gros, le 13° une fois et demie. Pronotum non rétréci au milieu. Mesonotum luisant, glabre, et chagriné; sillons parapsidaux n’atteignant que le milieu du mesonotum. Écusson mat et chagriné ; fossettes très petites, transversales, en forme de sillon et séparées par une arête. Crochets des tarses simples. Ailes ciliées; cellule radiale ouverte à la marge, fermée à la base et au sommet; nervures noires, y compris le eubitus qui atteint presque le bord alaire. Taille : 1,5 à 2 mill.

Séance du 25 fevrier 1903. 95

HI. Changement de nom.

M. Brôlemann et M. Gust Mayr ont eu l’obligeance de m'informer que le nom de Fioria par lequel je viens de désigner un nouveau genre de Cynipides, a été employé en 1898 par P. Silvestri pour un senre de Myriapodes; je change donc cette dénomination en celle de Fioriella.

Note sur Euaspis Gerst. et Ctenoplectra Sm., deux genres d’'Hymenoptera mellifera peu ou mal connus

par J. VACHAL.

Si dans une même note ces deux genres sont réunis, ce n’est pas qu'ils aient entre eux la moindre affinité, le premier étant très voisin du genre Stelis Pz., parasite dérivé des Anthidium Fab., et le second ayant été rapproché par Fr. Smith du genre Macropis Pz., et placé dans les Andrenidae (Leach). Mais leurs espèces ont une aire d'habitat commune, des côtes occidentales de l’Afrique tropicale à Pékin et au Japon, en passant par l’Inde, la péninsule indo-chinoise et larchipel de la Malaisie et de la Mélanésie ; et ils ont en outre eu la commune ‘infortune d’être absolument méconnus.

Tout récemment encore M. William H. Ashmead, entomologiste fédéral à Washington, a publié dans Transactions Amer. entom. Soc. XXVI, may 1899, sous le titre de : « Classification of the bees, or the superfamily Apoidea » une table synoptique de tous les genres d’A- pides connus jusqu'alors il place les deux genres dont il s’agit dans des groupes dont certainement ils ne peuvent faire partie.

Euaspis Gerst. in Monatsb. d. K. Akad. d. Wissensch. zu Berlin, october 1857, p. 461.

Nous exclurons tout ce qui se rapporte au G que Gerstaecker pa- rait ne pas avoir connu, le G qu’il donne à cette nouvelle espèce étant Anthidium africanum Sm., mâle probable d’Anthidium bicolor Le p.

La diagnose du genre porte « corpus fere nudum », celle de la nouv. espèce Euaspis rufiventris « Nigra, fere glabra », ce qui exclut néces- sairement tout appareil pileux pollinigère chez la ©. La description du genre dit aussi « ligula nuda, labio terminali lenticulari »; ce lenti- culari ne peut être qu’une erreur de plume du compositeur, rien de semblable m’apparaissant: on va en voir plus bas les conséquences.

96 Bulletin de la Société entomologique de France.

Il s'ensuit que ce genre ne diffère du genre Stelis Pz, que par la lorme en lame horizontale du scutellum, comme Anthidium bicolor @ (africanum G) diffère du reste des Anthidium, et aussi par le bas du front en relief.

C'est donc à tort que M. Ashmead (loc. cit.) colloque ce genre dans sa famille Megachilidae, au lieu de sa famille Stelidae est sa véritable place, tellement près de Stelis, qu'à la rigueur il pourrait n’en être qu’un sous-genre.

En 1858, notre éminent collègue M. Fairmaire, ne pouvant con- naître le travail de Gerstaecker qui venait à peine de paraître, a créé un nouveau genre Délobopeltis, absolument synonyme de Euaspis (in Archives entom. de Thomson Il, 1858) pour une espèce qu'il croyait nouvelle Dil. fuscipennis, qui est Euaspis abdominalis Fabr. ou Euaspis rufiventris Gerst.

En 1874 Ritsema ayant à décrire une espèce nouvelle qu’il trou- vait congénérique de Stelis carbonaria Sm. et de Stelis abdominalis Sm., reconnut la proche parenté de ces trois espèces avec le genre Euaspis ; mais détourné par la languette lenticulaire que Gerstaecker attribuait à ce dernier genre, il crut nécessaire de constituer un nou- veau genre, que, pour affirmer sa relation avec Euaspis, il dénomma Parevaspis, et décrivit une nouvelle espèce : Parevaspis basalis, du Japon.

Il constata que tous les mâles connus avaient la valve anale dorsale tridenticulée.

De ce qui précède il résulte que le genre Euaspis Gerst. 1857 a pour synonyme Dilobopeltis Faïirmaire 1858 et Parevaspis Rits. 1873.

Les caractères de ce genre doivent être établis de la manière sui-. vante :

Caractères essentiels. Bouche de Stelis avec 2 palpes max. (toujours ?); aile d'Anthidium et de Stelis.

Bas du front limité jusqu’à la racine des antennes par deux arêtes saillantes se réunissant à la carinule du scutum nasale, et formant une aire surélevée un peu comme dans les Camponotus (Formicidae), offrant un peu l’aspect de l'aire pygidiale des Cerceris (Sphecidae).

Bord du chaperon à peu près tronqué dépassant plus ou moins le niveau du coin antérieur de la base de la mandibule.

Écusson prolongé en lame horizontale en arrière ayant ses bords latéraux plus ou moins droits et plus ou moins convergents en arrière, plus ou moins échancré ou sinué ou du moins écrasé fovéolé au milieu du bord apical.

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Écaillettes assez grandes, ponctuées. Prototarse 3 grêle, trigone.

?. La valve anale ventrale le plus souvent (toujours?) chargée d’une carène transversale ou longitudinale. Le valve anale dorsale ayant une petite échanerure au milieu du bord apical. G. La valve anale dorsale tridenticulée.

Caractères secondaires. Tête, tronc (moins quelquefois le bord apical de l’écusson, les éperons et les derniers articles des tarses) et les pattes noirs, sans macule pâle du tégument; la tête, le tronc, les cuisses et les tibias plus ou moins fortement ponetués.

Espèces connues :

PAbdomenrouse enMtoutoURen pDArte CAE EN RER A.

RONMOMOICIS AIN PREENE EN EPRRERr E. carbonaria Gm. De l'Inde. Je n’ai pas vu cette espèce.

RATOMENTENLCTE MENT OUL OA PP AA NE D AE PO de

CARE MOUSE © LENS PRET OL AUX E. busalis Rits. Du Japon. Je n’ai pas vu cette espèce.

3. Écusson ayant son bord apical lamelleux tranchant, fran- chement échaneré ou sinué au milieu, maïs sans fossette se . prolongeant sur son disque; chaperon avec une ligne médiane un peu élevée, lisse. Les © ont sur la valve anale. ventrale une carène transversale formant une courbe à peu près parallèle au bout de la valve (qui rappelle les 2 carènes convergentes des ©